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COUPS DE COEUR

COUPS DE GUEULE

 

ON TROUVERA SUR CE CHANTIER (CONSEILLÉ AU PUBLIC) UN POT POURRI
DE RÉACTIONS ET INFORMATIONS DIVERSES, PUBLIÉES OU PAS,
AU GRÉ DE L'ACTUALITÉ ET DE L'HUMEUR DE L'ARTISTE


retour à la page d'accueil  du site TNP Jean Kergrist



Certains des échos sont traités en "affaire à suivre" : des additifs viennent parfois, quelques mois plus tard, s'y ajouter, ce qui permet de suivre la fin du film.
(cf, par exemple : "intox")

Les échos, du plus récent aux plus anciens, sont toujours datés et jamais modifiés après coup... aux risques et périls de réactions parfois trop spontanées de l'auteur

CETTE PAGE A VOCATION À FIGURER AU GUINESS BOOK COMME LA PLUS LONGUE DU WEB

Si vous voulez réagir : contact 

Représailles
marine

"Produit en Bretagne", soutient à fond la relocalisation… ce qui n’empêche pas Armorlux, un de ses partenaires privilégiés, de façonner l’essentiel de sa production… en Tunisie. 

Encore mieux : l’association s’est offert en janvier une publicité dans le Télégramme avec des petites phrases de candidat-e-s à la présidentielle soutenant «enfin la relocalisation» : François Hollande, Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon… et Marine Le Pen. Bizarrement Eva Joly n’est pas citée. Dans un communiqué du 27/01/12 les Verts ELLV y voit l’effet d’avoir à plusieurs reprises « dénoncé le fait que Produit en Bretagne ne se préoccupe en rien de la qualité des produits labellisés (et notamment concernant la présence d’O.G.M), ni des conditions de travail des salarié-e-s de ses entreprises partenaires. » Des représailles « produites en Bretagne » ou en Tunisie ?

Neige
neigeEn période électorale, la télé en raffole. Voilà un sujet consensuel ! Le CSA ne vérifie que rarement le temps de parole des flocons. Sur France 3, vendredi 3 février au journal du soir, un envoyé spécial attendait la neige en direct à l’Est de Paris. Grand reporter au désert des Tartares, il nous égrainait en détail, frémissant des vocalises, tout ce qui était susceptible de nous tomber sur le râble : l’épaisseur de la couche, les embouteillages, les sableuses et les accidents. À l’entendre, les Prussiens de 1870 étaient prêts à envahir la capitale. 

Autrefois, quand l’ex-ORTF interrompait la nuit ses programmes, la neige sur l’écran nous faisait rêver. À l’époque quand ils n’avaient rien à dire, les journalistes savaient fermer leur gueule.

Enterrement

La Damrec, qui extrait sur Glomel un minerai réfractaire au plus haut point stratégique - en bénéficiant donc de nombreux passe-droits, dont une autorisation datant de… Chaban-Delmas ! - s’apprête à étendre sa zone d’excavation sur une zone humide alimentant l’étang de Glomel, ceci à l’intérieur du périmètre de protection rapproché de la prise d’eau de Mézouet. 1 million de mètres cubes vont être détournés par pompage vers le bassin versant de l'Ellé. Autant d'eau de source qui n'alimentera plus le Bavet et l'étang. Le résultat : baisse en quantité, mais aussi en qualité, car les eaux de ruissellement, avec leurs effluents agricoles, ne seront plus compensées par des eaux de source.

Le dossier d’enquête publique, mis à disposition du public en novembre, comportait des études d’impact très fouillées, avec recensement exhaustif de dizaines d’espèces animales et végétales, dont certaines très rares... vouées à disparition. Le jour de son enterrement le disparu se voit toujours paré de toutes ses qualités.

AAA CONCOURS LITTERAIRE

GLOMEL entend conserver son AAA + : Amour, Affection, Amitié.


    À cet effet, l’association BAGNE (Breizh Association Glomel Nature Environnement) organise, à l’occasion de la St Valentin 2012, un grand concours littéraire sur le thème des « lettres d’amour ». Nous tenons ainsi à apporter notre modeste contribution à la construction d’un monde plus fraternel.

    Les concurrents devront écrire une lettre, SMS ou mail, d’un maximum 3.000 signes (une page ou deux), adressée à une personne réelle ou fictive, vivante ou disparue, individuelle ou collective.
    Ces lettres seront lues en public au cours d’une grande soirée, intitulée « Nuit des lettres d’amour », organisée à la salle du lac de Glomel, le samedi 11 février 2012 à 20h30

    coeur

    Durant les lectures, le dessinateur Alain Goutal, laissera courir son inspiration. Ses dessins seront projetés sur écran tout au long de la soirée. D’autres artistes chanteront ou mettront en musique certaines de ces lettres. Lors Jouin, Soïg Sibéril, Hervé Bellec, Marlu et Erwan Chotard ont déjà donné leur accord pour intervenir au cours de cette soirée.

    Un jury littéraire, composé d’écrivains, sous la présidence d’Hervé Bellec, couronnera la lettre qui lui semblera la plus pertinente, originale ou émouvante.

    Le premier prix consistera en une nuit pour deux en chambre d’hôtes à Canal Chouette (Glomel), avec vue sur le canal de Nantes à Brest.

    Les lettres contenant injures ou diffamation seront écartées du concours.

    Tous les participants seront personnellement avertis de leur sélection. Les lettres seront lues par des comédiens ou des comédiennes, mais ceux qui souhaiteraient lire eux-mêmes leur contribution pourront évidemment le faire.

    Les lettres sont à adresser à l’association BAGNE, soit par courrier à Kergérard 22110 Glomel, soit par courriel à bagne@orange.fr  avant le 1er février 2012.

À vos plumes !

Dette

La dette expliquée à ceux qui n'y comprennent rien :
 
Une journée maussade dans un petit bourg humide au fin fond de l’Irlande…ou de la Grèce ou de l'Italie, ou de l'Espagne ou de la France ...!   Les rues sont désertes, car les temps sont durs, le pays est très endetté, tout le monde vit à crédit  Là-dessus arrive un touriste Allemand ( ou Suisse, ou Luxembourgeois, ou Monégasque...)  bref , un riche. Il arrête sa belle voiture devant le seul hôtel de la ville et il entre.  Il pose un billet de 100 €sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d’en choisir une pour la nuit.  Le propriétaire de l’établissement lui donne les clés et lui dit de choisir celle qui lui plaira.  billet
Dès que le touriste a disparu dans l’escalier, l’hôtelier prend le billet de 100 €, file chez le boucher voisin et règle la dette qu'il a envers celui-ci.  Le boucher se rend immédiatement chez l'éleveur de porcs à qui il doit 100 € et rembourse sa dette.  L’éleveur à son tour s'empresse de régler sa facture à la coopérative agricole où il se ravitaille en aliments pour le bétail.  Le directeur de la coopérative se précipite au pub régler son ardoise.  Le barman, glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit déjà depuis un moment.  La fille, qui occupe à crédit les chambres de l’hôtel avec ses clients, court acquitter sa facture chez l’hôtelier.  L’hôtelier pose le billet sur le comptoir là où le touriste l’avait posé auparavant. 
Là-dessus le touriste descend l’escalier, annonce qu’il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s’en va.  Personne n’a rien produit, personne n’a rien gagné, mais plus personne n’est endetté et le futur semble beaucoup plus prometteur…  C’est ainsi que fonctionnent les plans de sauvetage au profit des pays de l’Europe en difficulté !
 
La dette : quelle belle invention , l'argent n'a aucune valeur mais il dicte tout ...

Saint Lisier

sans commentaire

FluideGlacial

Fluide Glacial Novembre 2011

Décision de justice

Le TRIBUNAL ADMINISTRATIF de Rennes me donne gain de cause en annulant une décision du Conseil Général du Morbihan.

    En 2004, pour mon spectacle « Bagnards en cavale », joué l'été le long des voies fluviales de Bretagne (cf photo), j’avais acheté d’occasion une pénichette de 9,50 mètres. Elle était amarrée au port de Rohan (56). péniche

    Le 19 décembre 2008, la commission permanente du Conseil Général 56 décidait, à l’unanimité des présents et sans débat, sans avertissement ni discussion préalable avec les plaisanciers, d’instaurer une nouvelle « redevance pour services complémentaires » (de 170€) au port de Rohan, dépendant de sa juridiction. La taxe d’amarrage ordinaire se trouvait ainsi augmentée de 100% sans aucune justification.
Ces « services complémentaires », invoqués pour justifier cette nouvelle taxe, étaient, en effet, déjà inclus dans la taxe initiale.


    Après avoir tenté, début 2009, un recours amiable auprès du Président du CG 56, puis vainement fait appel à certains membres de la commission permanente que je connaissais, puis au médiateur de la République, désespérant d'être entendu, j’ai dû me résoudre à porter l’affaire devant le Tribunal Administratif de Rennes. Ceci sans avocat. L’Association Bretonne de Plaisance Fluviale (ABPF) s’est jointe à mon recours.

    Après deux années et demie de procédure, ponctuées par 3 mémoires en réponse, succédant à trois mémoires en défense, l’audience publique s’est déroulée à Rennes ce 20 septembre 2011. Le Rapporteur public a conclu son intervention en adoptant mes conclusions et en demandant au tribunal d’annuler cet arrêté du Conseil Général 56.
    Le jugement du tribunal, prononcé en date du 18 octobre 2011, vient de me parvenir. Il est conforme aux conclusions du Rapporteur. L’arrêté litigieux du CG56 est annulé. Cette annulation vaut pour tous, même si, comme je l'avais demandé, les autres plaisanciers amarrés à Rohan ne peuvent récupérer leur trop versé.

    Je ne peux évidemment que me réjouir de cette décision. Les élus ne sont pas au-dessus des lois, même si, dans la rafale des dossiers présentés en commission permanente, on leur fait parfois voter n’importe quoi. En démocratie, un citoyen peut encore se défendre en justice. Même sans avocat.

        
        Glomel, le 21 octobre 2011

Sortir du nucléaire

manif Rennes

CE 15 OCTOBRE 2011 : Manifs partout en France pour réclamer la sortie du nucléaire.  

À Rennes (photo Philippe le Sauze, avec le sous secrétaire d'étable sur la gauche), l'accent était mis sur l'EPR de Flamanville. Il a déjà doublé de prix (6 milliards annoncés au lieu de 3 au départ) avec 4 ans de retard. Areva se heurte à des problèmes techniques et de sécurité insolubles. La construction ne continue que parce qu'elle est subordonnée à de gros contrats à l'exportation. Autant de fonds qui ne seront pas consacrés aux énergies renouvelables. Comme pour le surrégénérateur de Malville : 20 ans de construction, 20 ans de déconstruction : pas un kilowatt produit au compteur.

Autre catasrophe prévisible : Fessenheim. La centrale est sur les genous après 40 ans de fonctionnement. Mais elle vient d'obtenir l'autorisation de repartir pour 10 ans avec une petite piquouze de 600 millions d'euros dans les réacteurs, destinée à la faire tenir debout.

Reportage France 3 Bretagne bretagne.france3.

La honte !
Ils ont osé. La Bretagne ne croulait pas encore assez sous les fientes et lisiers.

lisierLe décret assouplissant les règles d'épandage agricole vient de sortir au JO ce 11 octobre. Le député UMP Marc Le Fur, qui poussait les feux derrière ce décret scélérat, mérite la palme des algues vertes et des cyanobactéries.

Toutes les surfaces agricoles de l'exploitation (et non plus seulement les surfaces épandables) vont désormais servir pour calculer la charge nitrate de l'exploitation. Ceci le même jour où le même ministère rendait pulic le coût induit des nitrates dans l'eau pour les citoyens : 54 milliards par an. 522 milliards si on y ajoute la dépollution des eaux souterraines.

Pour couronner le tout : devinez qui va maintenant former les commissaires enquêteurs affectés aux enquêtes publiques concernant les installations agricoles classées (ICPE) ? La chambre régionale d'agriculture ! Autant dire tout de suite la FNSEA. (info publiée dans la lettre Contact n°54-1 du syndicat SYGMA-FSU )

Comme si les automobilistes étaient maintenant appelés à former les gendarmes et les chasseurs les gardes chasses.

Chiche ?

Derniers soubresauts d'une histoire abracadabrantesque

tribunal

Je me suis rendu au tribunal de St Brieuc, le jeudi 22 septembre (cf photo ci-contre), porter au procureur la liste des 4 033 personnes (une centaine d'autres signatures sont arrivées depuis) qui, en cas de poursuites, devraient logiquement subir le même sort que moi, puisqu'ayant signé un texte identique à celui qui m'était reproché par le maire de Glomel (cf plus bas : plainte)

Dès le lendemain, le procureur, silencieux depuis 3 mois, se fendait d'une lettre pour m'annoncer que "l'examen de la procédure ne justifie pas de poursuite pénale, au motif que l'infraction ne paraît pas suffisamment constituée". L'affaire semblait donc close.

C'était sans compter sur l'esprit revanchard du maire de Glomel qui, dès le mardi suivant, 27 septembre, gonflait les pectoraux dans Ouest-France en déclarant que cette décision du procureur ne le satisfaisait pas et qu'il "n'excluait pas de faire assigner directement Jean Kergrist au tribunal"

Dans la foulée, il se permettait d'avancer un gros mensonge à mon encontre, me faisant affirmer que l'installation contestée se trouvait à 5 mètres du canal de N à B, alors qu'elle se trouve "à 110 mètres, derrière un talus". Ce talus, nouveau bouclier de protection contre les émanations toxiques -525.000 mètres cubes / heure annoncés dans le dossier soumis à enquête- a beaucoup fait rire dans les chaumières... surtout qu'à l'endroit où se trouve le poulailler actuel il ne fait pas un mètre de hauteur.

Hélas pour lui, 3 jours plus tard, Ouest-France rectifiait ce gros mensonge -en terme de justice, cela s'appelle une diffamation, une vraie celle-là- concernant la distance ! N'étant ni bigleux, ni menteur, j'ai toujours bien parlé de "5 mètres du site historique et public de la grande tranchée de Glomel", et non, comme il l'affirmait, 5 mètres du canal de N à B. sur la plage

J'attends donc avec impatience le nouvel épisode du feuilleton : ma citation directe devant le tribunal. Chiche ! On pourra alors tout déballer sur la table. On sortira les photocopies du permis de construire, comportant oublis et fausse domiciliation du demandeur, ainsi que le constat d'huissier concernant l'enlèvement du panneau d'interdiction aux poids lourds sur la voie communale menant à l'usine à fiente. On prendra aussi un décamètre pour vérifier les distances. 

Pas fini de rigoler !

Vraiment excellent ce maire !

Je n'exclue pas de faire un grand numéro clownesque avec lui.

Fouesnant

RASSEMBLEMENT CONTRE LES MARÉES VERTES, LE 18/09/11

Quelques bribes du discours du sous-secrétaire d'étables aux colloques agricoles, s'adressant aux "intégristes" et aux "végétariens extrémistes" (voir aussi l'excellente vidéo de Fanny Chauffin) :

À Crozon, en juin dernier, le président nous a assuré que la solution contre les algues vertes existait : le ra-mas-sage, avec les dents et les pattes de derrière. Dans ramassage il y a ramage, et si votre ramage est égal votre plumage, c’est vous, mes amis, qui serez plumés. Mais dans le message du ramassage il y a aussi l’évocation du massage et je vois déjà les coquins et les coquines que vous êtes s’exciter en se frottant aux ulves… initiative de nature à faire frémir le marché.

sur la plage


    Il nous a aussi assuré que la méthanisation nous débarrasserai de l’azote excédentaire. Après recherche très fouillée, nous n’avons trouvé aucune trace d’azote dans l’hélicoptère présidentiel. Plus fort que le magicien David Copperfield, qui, lui, avait réussi à faire disparaître un train ! Gloire à toi président, grand timonier, plus fort que tous les autres magiciens ! Bientôt, comme Jésus, tu vas nous transformer l’azote en vin. Ce qui devrait rassurer le marché.
podium
    

    Dans cette affaire des sangliers, mon ministère et tous mes services administratifs ont joué la transparence. Nous avons été tellement transparents, que nous en sommes devenus invisibles. Suite à ces morts en série, je puis assurer, à ceux qui nous le reprochent, que nous n’avons négligé aucune piste. Le gaz, le poison, l’étranglement, le dépit amoureux, le suicide collectif d’une secte apocalyptique, le crime passionnel ? Ont-ils été euthanasiés par le docteur Bonnemaison ? Ou embauchés par Madame Bettencourt ? Transportaient-ils vers l’Élysée des mallettes bourrées de billets de banques? Toutes les pistes devaient être inventoriées, de manière à rassurer le marché.

 

    Je vous signale d’ailleurs que l’enquête sur les bêtes est toujours en cours. (Bettencourt… ah ah !) Car avant de prendre les décisions, nous enquêtons toujours sans relâche. C’est dire notre sérieux. Oui, nous attendons incessamment les résultats des analyses… Nous sommes prêts à les attendre très longtemps. Que dis-je, nous les attendons depuis plus de trente ans. C’est dire notre constance à travailler dans le durable. Donnez nous encore trente ans et nous saurons tirer des conclusions sans failles… sans compter qu’en trente ans, en vertu de l’espérance de vie, cela nous fera toujours quelques emmerdeurs en moins. (En a parte) il a quel âge Ollivro ? et Le Lay ?
Céline
    N’oublions pas non plus, dans ce rapide récapitulatif de l’année écoulée, le match de foot international mémorable qui, sur la plage de Morieux, encombrée d’algues vertes, a opposé, en août dernier, la FDSEA à la FDSEA. Devinez qui a gagné ? La FDSEA ! Bravo, comment avez-vous deviné ? Je suis formel : aucun ballon utilisé ce jour-là sur la plage n’a crevé. Ce qui prouve bien que les scientifiques sont tous des écolos, les écolos tous des menteurs et les marcassins tous des mauviettes… ce qui devrait rassurer le marché.

    Quant aux sangliers disparus, rassurez-vous , nous les remplacerons. Mais dans le cadre de la limitation des cheptels d’élevage, que vous réclamez tous, nous ne remplacerons qu’un sanglier sur deux partant à la retraite, ce qui devrait rassurer le marché.

Photos : Madeleine Ropars et (celle du milieu) Christian Pierre

Masques et  mise en scène : Compagnie BOCOCO

Locomotive

Pour appeler à la grande manif régionale anti-marées vertes de Fouesnant (18 septembre, 15h) une pré-manif était organisée, ce vendredi 9 septembre, en gare de Carhaix avec la compagnie BOCOCO et le sous-secrétaire d’étable aux colloques agricoles. Les voies fluviales, empruntées l’an passé à même époque pour la manif de Ste Anne la Palud, étant aujourd’hui trop dangereuses, pour cause de cyanobactéries, pas question cette fois d’y aller en barge. Une locomotive à vapeur (photo) a donc été réquisitionnée par l’Ankou et ses 36 marcassins. Le sous-secrétaire d’étable, de son porte-voix du haut de la locomotive, a annoncé une activité pharaonique à cette locomotive, « lâchement abandonnée, sans nourriture ni affection » en gare de Carhaix :

locomotive

« Nous allons, avec l’aide du SMATAH, qui a grande expérience en ce domaine, débarrer le canal de Nantes à Brest. Puis nous y installerons des rails. Cette locomotive pourra alors tirer des wagons bourrés de fientes et lisiers, aussi unis que Sambre et Meuse, du Kreizbreizhkistan vers la mer, puisque c’est toujours là qu’ils vont. Cela permettra, au passage, d’épargner nos rivières. »


   
Il a aussi donné des nouvelles d’une plainte récente, qui fait toujours beaucoup couler de salive :
« Le maire d’une commune du Kreizbreizhkistan vient d’être agressé par un individu louche, dans la suite 2806 du Sofitel de Glomel. Ce malotru a été arrêté à l’aéroport de Guiscriff, alors qu’il s’apprêtait à violer l’espace aérien breton. Il sera bientôt jugé et enfermé dans un camp ouvert sur la grande tranchée de Glomel : un immense bagne à poules, bourré de fiente, le camp de Guanta-guano. »


(ce lundi 12/11/11, la pétition -cf plus bas- en est à 3.250 signatures)

Plainte

bouéeSuite de manif imprévue en brigade de Rostrenen (cf plus bas la manif "Bagne à poules") : 

une plainte du maire de Glomel

...et, comme la surveillance d'Internet (sport international très en vogue dans certain pays dictatoriaux !) plait beaucoup à notre cher élu local, je lui dédie ce petit court métrage. Il ne sera pas déçu, car on y voit de très beaux poulaillers, dont le + grand, le + beau, situé sur la commune d'à côté, appartient au même industriel que le méga bagne à poule (+ usine à fiente) en construction à Glomel  résistance

Cette plainte a maintenant donné lieu à pétition de soutien qui sera bientôt transmise au procureur. Vous pouvez la signer sur le site de cyberacteurs
ou encore faire circuler la pétition papier

Attention : tous ceux qui signent, seront comme moi, susceptibles de poursuites. Ce 3 septembre, déjà 2.800 futurs inculpés en puissance. La fête continue. Du boulot pour le procureur ! C'est ça qui va créer des emplois ! Avec réouverture de tous les tribunaux de proximité. D'une poule deux œufs ! Merci les potes !

Ci-dessous à gauche, le clin d'oeil de Nono, signataire de la pétition de soutien, dans le Télégramme du 12/08/11

dessin de Nono

pour faire bonne mesure, Ouest-France n'est pas en reste : Hervé Lossec, qui y conjugue tous les jours ses bretonnismes, a aussi signé.

Dans cette liste, beaucoup d’inconnus et aussi des noms prestigieux : des artistes, des journalistes, des scientifiques, des écrivains, des paysans, des fonctionnaires, des historiens, des psychiatres, des élus régionaux, un amiral, les président (e) s de la totalité des associations de protection d’environnement de Bretagne et d'ailleurs (pas de ratons laveurs).

 Cette solidarité provient de tous les coins de l’hexagone (aucun département ne manque à l'appel)… comme autrefois ces forçats, creusant, dans la sueur et les larmes, cette Grande Tranchée du canal de Nantes à Brest, aujourd’hui mise à mal par une décision de gribouille. C’est aussi pour le respect symbolique de leur mémoire que je me bats.

Le maire ayant qualifié "d'idéologique et politique" le soutien dont j'étais l'objet (Télégramme du 22/08/11), un des signataires s'est fendu d'une lettre au maire de Glomel, dont il m'a adressé copie : 

                                         Monsieur le Maire,
                                        
                                         Ai-je bien lu ? Une journaliste de votre presse régionale prétend que vous
         attribuez une « nature idéologigue » à la signature qui atteste mon soutien à votre concitoyen Jean Kergrist. J'ai ainsi soutenu, trop mollement et tardivement, je l'admets, les quelques dizaines de sangliers qui nous ont pété dans les plumes sur les côtes de votre département...
    Vous imaginez bien que, dans cette affaire, je ne m'incline également que par errance idéologique.
                                        Le Maire d'une si belle commune que la vôtre ne peut être un imbécile, et si vous confirmez avoir ainsi désigné ma signature, il faudra bien que vous me précisiez à quel idéologue vous me réduisez ; car vous m'avez réduit à bien peu, admettez-le, méprisant édile.
                                        Depuis la fin des années soixante, je suis familier de Glomel, au point d'évoquer la tranchée des bagnards à l'ouverture d'un livre que j'ai consacré, en 2002, à Danielle Collobert, écrivaine née à Rostrenen, votre voisine.
                                         La tonalité excessive de vos déclarations me blesse - à moins que vous ne les contestiez - et j'imagine qu'aujourd'hui une grande partie de vos administrés doivent se sentir bien misérables d'avoir consenti à votre mandat.
                                          Vous vous souvenez sans doute que, tout comme vous, le Président du Conseil Régional de Bretagne s'en était pris à ceux qui prétendaient que des algues vertes souillaient nos côtes (j'ai, si vous le souhaitez quelques photos toutes récentes à votre disposition), avant de retirer sa plainte tant il risquait le ridicule.
                                           N'agissez pas de même, Monsieur le Maire de Glomel, soyez ferme !     
Ne m'ôtez pas le plaisir de témoigner, contre vous et ce que Jean Kergrist appelle le « bagne à poules », en compagnie d'idéologues de toutes plumes...

                                           Veuillez croire, Monsieur le Maire, à mon respect différé.

Jean Pierre Nédélec, 29100 Tréboul

Si d'autres écrivains, amateurs ou pro, se fendent de missives de ce genre - ni injurieuses, ni diffamatoires, mais humour non exclu - n'oubliez pas de m'en adresser copie. L'association BAGNE compte organiser, l'an prochain, un festival des "lettres à mon maire". Nous nous ferons un plaisir de les lire en public.

Et tous à FOUESNANT le dimanche 18 septembre 2011, 15h, pour la manif anti marées vertes. La compagnie Bococo et le sous-secrétaire d'étables y seront.

Une pré manif est aussi prévue devant la gare de Carhaix vendredi 9 septembre à 18h, avec détournement d'une locomotive à vapeur.


Marcassins, l'hécatombe

sous titre : En attendant l'analyse

Drame en plusieurs actes 

marcassinsActe 1 - Défaut d’oxygène
Le 7 juillet 2011, la plage de Morieux (près de Lamballe, 22) était déserte d’estivants pour cause d’algues vertes. Deux marcassins en ont profité. On les a retrouvés morts. Dès le lendemain, le maire interdisait la plage. Dans la foulée Le préfet des Côtes d’Armor, chaussant ses mocassins officiels, organisait une conférence de presse pour annoncer, rapport d’autopsie à l’appui, que les animaux étaient morts « par étouffements et non par asphyxie ». Ne pas confondre les deux. Et les algues vertes ? « Juste une concomitance ». Une affaire d’oxygène qui n’arrive plus jusqu’aux poumons. 20 jours plus tard, l’hécatombe atteignait le chiffre de 31 marcassins. Une simple affaire d’arrêt cardiaque... ...comme auparavant le ramasseur d’algues Thierry Morfoisse, les chiens d’Hillion et le cheval de St Michel en Grève. Circulez !

Acte 2 - Prestidigitation
Ce même 7 juillet, où agonisaient les premiers marcassins sur la plage de Morieux, un hélicoptère battait des ailes au-dessus de Crozon. Notre président en descendait, protégé par 450 gendarmes, pour stigmatiser, devant un aréopage agricole bien choisi, « les intégristes de l’écologie ». Fort de l’approbation de son auditoire, il évoquait ses deux solutions miracles pour la chasse aux nitrates : le ramassage des algues (sur deniers publics, bien entendu !) et la méthanisation. 
Lavoisier  ("rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme") lui avait soufflé à l’oreille la formule idoine du méthane : CH4. Aucune trace du méchant N, coupable des marées vertes dénoncées par les « intégristes » ? La méthanisation ne fait donc disparaître aucun atome d’azote ! Juste un transfert pour prestidigitateur. Plus fort que David Copperfield. Du grand art !

Acte 3 - Transparence
En août 2009, la mort par algues vertes du cheval de St Michel en Grève avait déplacé le Premier Ministre ; l’hécatombe de marcassins sur la plage de Morieux seulement le Président de Région. Ce 27 juillet, zappant à pieds joints sur le modèle productiviste régional (60% des porcs et 40% des poulets sur  seulement 7% du territoire national), Jean Yves le Drian s’est montré très ferme concernant le résultat des analyses :  « J'appelle à la plus grande transparence sur les causes de cette mortalité brutale et surprenante » (AFP 27/07/11). Cette transparence n’allait donc pas de soi ? Quelqu’un s’apprêtait-il à mentir ? On veut des noms !

Acte 4 - Un problème mondial
Ce 30 juillet, on compte un 36ième cadavre. Trois hypothèses sont désormais officiellement envisagées : asphyxie par l’hydrogène sulfuré émanant des algues vertes en décomposition, intoxication par les cyanobactéries présentes dans le lit du Gouessant ou, enfin, empoisonnement intentionnel. Un professeur de Rennes 1, Luc Brient, mesure les cyanobactéries du Gouessant avec un « florimétre » de son invention. Pour lui, « le problème est mondial, pas seulement breton ». Les porchers du coin, les élus et le préfet, au bord de l’asphyxie, respirent. Toujours pas de résultats officiels d'analyses... sauf celles de Sauvegarde du Penthièvre et Sauvegarde du Trégor, qui on trouvé
sur la plage  des doses d'hydrogène sulfuré à décorner des sangliers.

Acte 5 - Un ragondin
Alors qu’un ragondin vient de subir le même sort que les sangliers, le secrétaire général de la préfecture commente, début août, le résultat des analyses faites sur 6 sangliers… en évitant toutefois de les communiquer. Cinq marcassins sont morts suite à la respiration d’hydrogène sulfuré. Le sixième « ne  présente aucune trace de ce gaz ni dans son sang ni dans ses poumons ». Il conclue donc : « Pour le moment, ces résultats ne permettent de tirer aucune conclusion ». Les représentants de la FDSEA s’engouffrent aussitôt dans la brèche, avec conférence de presse à l'appui, le 4 août, pour entonner leur habituel « les paysans en ont ras le bol d’être montrés du doigts » et aussi « stop au discours intégriste ». Le discours du président à Crozon a bien été entendu.

La tragédie grecque se limitait à 5 actes. Impossible, cette fois, de s'y tenir.
 ... à suivre donc ...

Acte 6 - Un renard
Un renard a été jeté dans la cour d’André Ollivro, président de l’association « Sauvegarde du Penthièvre » qui se démène avec Yves-Marie le Lay ("Sauvegarde du Trégor") pour contrer le déni préfectoral. Le 5 août, 5 scientifiques, dont le Docteur Lesné, demandent "que toutes les informations des rapports d'expertise soient rendues publiques, sans restriction". Eva Joly, sur la plage de Morieux, déclare que les paysans ne sont pas à stigmatiser. « Ils ont fait ce qu'on leur demandait et nous allons, avec eux, changer de modèle ». La responsabilité étant clairement placée du côté de l’état, le soir même la préfecture rend les armes en annonçant que, d'après les labos de l'école vétérinaire de Lyon, "les seuls résultats significatifs portent sur le H2S". Les analyses continuent néanmoins. Résultats en fin de semaine.

Acte 7 - Une mise au poing
Mardi 9 août, la Ministre de l’Environnement NKM tape du poing sur la plage : « L’agriculture a une part importante dans les nitrates qui sont produits en Bretagne et se retrouvent dans les rivières. Cela fait vingt ou trente ans que ça dure… un jour il faut que ça s’arrête ».(Télégramme 9/08/11) La Ministre avait sans doute été oubliée dans l’hélicoptère lors de la visite présidentielle de Crozon (cf acte 2). Un gros boulot de  mise à niveau l’attend à l’Élysée.

Acte 8 - Ballon rond
Le président de la Chambre Régionale d’Agriculture a trouvé les propos de la Ministre « profondément révoltants et particulièrement insultants ». Pour entonner, de manière plus originale, son désormais fameux refrain : « LA profession en a marre d’être montré du doigt », quelques militants de la FDSEA et JA des Côtes d’Armor (qui s'arrogent aussi le titre de "LA" profession) ont, en fin de semaine, bravé l’interdiction municipale de la plage de Morieux pour un rapide match de foot médiatique. Le discours s’est enrichi d’une affirmation à la sauce Buson : les algues vertes ne sont pas dangereuses... et, en matière d’écologie, les scientifiques sont tous des militants et les militants tous des menteurs (Télégramme du 13/08/11). La preuve : aucun ballon n’a crevé sur la plage. 

Dessin d'Alain Goutal

Bagne à poules

à Glomel, un immense bagne à poules est en projet près des remblais historiques de la grande Tranchée du Canal de Nantes à Brest. 

L'association BAGNE (Breiz Association Glomel Nature Environnement : site de Bagne) lutte depuis l'été 2009 contre un immense bagne à poules pondeuses (75.000) doublé d'une usine à fiente, en projet à moins de 5 mètres des remblais de la Grande Tranchée. Il s'agit d'une extension qui prévoit de dégager, par d'immenses ventilateurs, 550.000 mètres cubes/heure (c'est le chiffre avancé dans le dossier) de saloperie diverses : ammoniac, virus, toxines, bactéries, particules diverses et surtout le fameux gaz d'hydrogène sulfuré (mortel). 

Après le sol et l'eau, maintenant c'est l'air qui sert de terrain d'épandage.panneau

En plus d'être une aberration économique (en Allemagne aujourd'hui aucune grande surface n'accepte de mettre en rayon des œufs produits en batterie), ce projet met en cause l'atout historique (évocation d'une étonnant bagne militaire sous la Restauration), sportif (un centre de canoé kayak juste à côté), touristique (des milliers de visiteurs tous les ans) et environnemental (zone d'intérêt floristique et faunistique) de ce patrimoine exceptionnel. 

l'appel à manifester

Plein la gueule pour pas un rond ?

Non ! il va nous falloir, en plus, payer notre empoisonnement.

Car le gros bulldoozer de l'agrobiss, constitué par des connivences et des intérêts divers et énormes (Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol, est derrière ce dossier), s'est mis en route pour bousiller ce patrimoine remarquable. Tous les coups tordus sont bons pour arriver au but, en particulier l'enlèvement par le maire des panneaux d'interdiction aux poids lourds sur une petite route communale menant à l'élevage. La remise des panneaux d'interdiction constituait l'objet de cette petite manif du samedi 25 juin (photo de droite).

gros cul


dessin d'Alain Goutal, signataire de la pétition de soutien (cf plus haut)


Blason du cochon breton
Ce mois de juin 2011, le Comité Régional Porcin a lancé une nouvelle campagne publicitaire très subtile, destinée à redorer le blason du cochon breton : le-slogan-qui-va-redorer-le-blason-du-porc-breton
blason
 « Il grogne, il pète : sain, sûr, bon et breton ».
À l’appui de la démonstration, l'éleveur de Plouvorn (29) posant sur l'affiche, déclare: « Nous sommes des gens normaux… moi je pars au ski tous les hivers pendant une semaine » (Télégramme 10/06/11). Et les étés ? Plouvorn n’est pas très loin de St Michel en Grève. Il pourrait
skier facilement en fartant ses skis aux algues vertes. 

Car le cochon ne fait pas que grogner et péter, il chie et pisse aussi… et c’est bien là le problème.


Pour lui faciliter la glisse, on est en train de lui concocter dans les ministères un aménagement des règles d’épandage du lisier : on ne touche évidemment pas aux 170 unités azote aujourd’hui autorisées à l’hectare… avec les beaux résultats que l’on connaît sur les plages et aussi sur les plans d’eau... car algues vertes et algues bleues, ou cyanobactéries, se tiennent tendrement enlacées.

On va tout simplement prendre en compte, dans le calcul des surfaces dites « épandables », toutes les surfaces agricoles de l’exploitation… sans défalquer surfaces en pente, marais, forêts, terres à proximité des tiers… qui, jusqu’ici, étaient, logiquement, exclues du calcul. Cette mesure astucieuse va permettre, selon les cas, d’épandre de 20 à 30% de lisier en plus.

cf : le "tsunami environnemental" annoncé par Eau et Rivières de Bretagne

De quoi en effet redorer le blason du cochon breton !

Fukushima

Alors le clown atomique ? On ferme sa geule sur ce qui se passe au Japon ?

Que vous apprendre que vous ne sachiez déjà... sinon quelques petits échos par la bande pour vous montrer à quelle intox nous sommes aujourd'hui soumis. Rien de changé depuis le début des années 70. Les nucléocrates contrôlent toujours infos et décisions... même si c'est du genre parfois contradictoire : "on va faire un audit transparent de nos centrales, mais rassurez-vous chez nous il n'y a aucun pb". Sur les 58 réacteurs français, 32 sont construits en zones sismiques et 17 en zones innondables. Quelques-uns ont droit au cumul des deux. Tout baigne ! Sans oublier, en Bretagne, la petite centrale de Brennilis (70Mgw), fermée depuis 1985, dont le réacteur ne peut toujours pas être approché, ni les anciennes mines d'uranium de Berné-Lignol (56) dont la radiocativité, d'après les mesures du Criirad en avril 2008, était décelée 20 fois supérieure à la normale.

fukushimaÀ titre d'anecdote concernant cette omerta, suite à une pleine page d'un interview du revenant VGE dans le Monde du 25/03/11 (avec 2 interviewers à son chevet, tellement ce VGE pèse encore son pesant de suffisance !), j'ai adressé au courrier des lecteurs du Monde ce courriel :

« VGE, l’atome tranquille » (Le Monde du 25/03/11). Vous auriez pu titrer « VGE, l’atome agressif », tant notre maquignon du nucléaire, équipé, sur cette photo de 1977, de sa blouse de marchand de vache et accompagné de son complice Boiteux, profère de contre vérités pour vendre sa camelote. Il vous aurait fallu un troisième interviewer et un numéro spécial pour les relever toutes, tant elles parsèment chacune des phrases de ses affirmations péremptoires. Juste une seule, pour ne pas alourdir ce courrier des lecteurs : VGE fait comme si sa « source d’énergie nationale » qui ne dépend en rien « des importations de l’étranger » n’était pas grevée par l’uranium du Niger. Si ce numéro du Monde tombe dans les mains de nos otages africains d’Areva -les 4 enlevés en septembre dernier, car ceux tués en janvier n’ont plus la possibilité de lire- ils auront le choix entre rire ou pleurer.
        Jean Kergristvge

Cette lettre, qui n’était ni injurieuse ni diffamatoire, n’est évidemment pas parue au courrier des lecteurs du Monde -style sans doute trop décoincé pour un journal qui se veut « de référence », c.a.d avant tout sérieux, donc si possible tristounet. Comme dans « Au nom de la rose » d’Umberto Eco, l’humour est une injure faite à Dieu ! ».

Mais figurez-vous que dans l’édition de ce vendredi 1er avril (vive le gros poisson !), le courrier des lecteurs rajoute une couche à ce même interview de Giscard, en publiant la lettre d’un pro nucléaire du Val de Marne, reprochant à VGE dans cet interview ahurissant… de ne pas avoir assez rendu hommage au Général de Gaulle, notre sauveur atomique d’après guerre !
Tant qu’à m’abonner à un journal de droite (il est indispensable à chacun de connaître les arguments de l’adversaire), j’hésite désormais entre Le Monde et le Figaro.
                                                                                                        J.K. 2 avril 2011

pace"PLOGOFF"
J'en profite pour vous signaler que le Clown Atomique (cf photo) a repris du service à l'invitation de  Korriged Is, cercle de Douarnenez, qui vient de monter un spectacle endiablé (60 personnes sur scène) intitulé "Plogoff", avec danseurs, chanteurs, groupe rock, groupe de percussions sur bidons et extraits du film "Des pierres contre des fusils" de Nicole et Félix le Garrec.

Ça pulse, sa éclate, ça rebondit à un train d'enfer. Y'a du tendre et du rugueux. C'est du pro qui ne se coince pas la tête avec subventions vaselines ou dramaturges à la mords moi le nœud et qui ose afficher son plaisir de jouer. Plus besoin d'images du Japon pour comprendre comment les nucléocrates nous roulent dans leur farine radioactive.

photo Fabienne Bescou

Ce spectacle joyeux, comédie-tragédie musicale à la Hair ou West side story qui dure 2h, devrait être impérativement programmé partout.
VITE INVITEZ-LES , vous en aurez pour vos picaillons !
Contact :
gildas.sergent@bbox.fr  tel : 0298522319
ou
clebozec@free.fr

extraits vidéo : plogoff-an-arvest

Prochaînes dates :
-9 avril 2011 en soirée à Pacé (35)
-12 juin 2011 à 15h à Cavan (22)
cf ci-dessous : Plogoff_revu

autres photos du spectacle prisent à Pacé : HISTORIQUE-!!!

écoutez aussi Jean Lebrun, sur France Inter ce lundi 4 avril à 13h30, évoquer Plogoff dans sa "Marche de l'Histoire"

lisez, enfin, "Plogoff, l'apprentissage de la mobilisation sociale" de Gilles Simon, aux Presses Universitaires de Rennes, 410 pages, 22€

ET SARKO ?
Quant à notre président, il s'enfonce tous les jours un peu plus, comme un réacteur en fusion devenu incontrôlable
. Il a sorti, ce 5 avril dernier, un slogan fleurant bon les années 70 : "Je me battrai pour défendre le nucléaire, parce qu'il n'y pas d'énergie alternative en l'état actuel des choses, sauf à dire aux Français qu'ils vont maintenant se chauffer et s'éclairer à la bougie".
Se chauffer à la bougie ? Après tout pourquoi pas, si on peut s’éclairer au radiateur.

(11/04/2011)


Guerlédan : UN VIEUX  PROJET REFAIT SURFACE 

En quoi consiste ce projet de STEP et d’où vient-il ?
   Un projet de transfert d’énergie par pompage (STEP) consistant à pomper l’eau du lac Guerlédan (22) aux heures creuses vers une retenue collinaire, pour ensuite la turbiner aux heures de pointe, refait aujourd’hui surface en Bretagne :
UDB
Vivarmor
guerlédan
    Cette technique n’est pas en soi une aberration. Elle existe ailleurs en France et peut s’avérer très pertinente quand elle est mise en œuvre au plus près de la source de courant....ce qui n'est pas le cas à Guerlédan, où il faudrait faire venir l'électricité de très loin pour alimenter les pompes. 
    Dans le cas présent, le projet a été initié par EDF, il y a plus d’une trentaine d’années. Il était étroitement lié à l’accroissement du parc nucléaire faisant suite au choc pétrolier de 1974 (dont le projet avorté de Plogoff). Il était destiné à compenser le manque de souplesse des centrales nucléaires, construites en anticipant les pointes de consommation, mais totalement inopérantes aux heures creuses, car ne pouvant être arrêtées. La question était alors : « que faire du courant excédentaire fourni par ces centrales ?»  D'où  les nombreuses aberrations qui ont suivi : l'exportation à tout va à prix cassé vers les pays voisins ainsi que la propagande acharnée d’EDF pour doper la consommation des particuliers en les incitant à adopter le chauffage électrique.
 


    Cette gabegie commerciale organisée, liée à un parc énergétique dimensionné en prévision des pointes hivernales, aboutit à ce qu’aujourd’hui RTE (gestionnaire du réseau de transport) avance, à grand renfort de constats fatalistes, la nécessité d’installer en Bretagne une centrale thermique d'appoint, projetée un temps à Ploufragan (200 Mgw), puis maintenant du côté de Guipavas (400 Mgw).

STEP
Pourquoi des réserves à son propos ?  
 
    Ce projet de pompage à Guerlédan qui, en théorie, pourrait fournir 700 Mgw, avait été, à l’époque, l’objet d’une forte contestation des habitants ainsi que des associations de protection de l’environnement. Le ressortir aujourd’hui, sans consultation des élus locaux, ni des habitants, ni des associations écologistes, semble pour le moins imprudent, d’autant plus qu’il n’est accompagné d’aucune étude d’impact, en particulier celui provoqué par le marnage incessant (variations du niveau du plan d’eau) sur la flore, la faune et les activités diverses… ce marnage bi-quotidien devant se conjuguer l’hiver avec les baisses obligatoires de niveau, liées à la fonction anti-crue du barrage. L’utilisation des eaux du lac de Guerlédan a, en effet, été conventionnée par un accord entre les différents utilisateurs (Départements, État et EDF) équilibrant tourisme, activités nautiques, production de courant, fourniture d’eau potable, fonction anti-crue. Remettre en cause unilatéralement ses différents usages ne peut que ranimer les tensions.

cf ci-contre la carte des interconnexions démentielles proposées par l'UDB : faire venir du courant (thermique, donc modulable aux heures de pointes) de Cordemais !

Y a-t-il d’autres solutions ?
    Le courant le moins cher c’est celui qu’on ne consomme pas. Le meilleur gisement énergétique consiste à commencer par isoler toutes les maisons, locaux commerciaux et industriels, par bannir le chauffage électrique des constructions nouvelles, (une aberration technique consistant à transformer la chaleur en électricité pour la retransformer ensuite en chaleur avec parfois jusqu’à 50% de perte en réseau cf principe de Carnot ), par utiliser des ampoules basse consommation (à Genève des "ambassadeurs" ont fait du porte à porte auprès des particuliers (O-F du 23/02/11) et la consommation a baissé de 13,5%).
    En plus de faire appel massivement aux énergies renouvelables, EDF devrait obligatoirement proposer
aux  particuliers, comme autrefois, l’installation systématique de compteurs Tempo permettant la modulation des tarifs de pointe (période rouge, bleue ou blanche). 

Les 400MgW, qui, aux dires de RTE, manqueraient l’hiver, en Bretagne, aux heures de pointe, seraient alors vite trouvés. Nous éviterions ainsi cette fuite en avant vers la consommation électrique avec, comme corollaire, la création d’une ligne à très haute tension sur l’axe Saint Brieuc/Lorient, pour alimenter de l’extérieur, avec d’énormes pertes, ce pompage consommant plus d’énergie qu’il n’en produirait. 25/02/2011

Logos

Quand l'image prend le pas sur la réalité et la forme sur le contenu, tout se résume à une question de com et au choix du logo magique, celui qui fera le mieux vendre aux gamins que nous sommes la belle image du catéchisme officiel. Il engage parfois des budgets faramineux. La Région Bretagne vient de consacrer 250.000 € (400.000€ si on tient compte des enquêtes préliminaires : cf à ce propos agencebretagnepresse) à la création (par une boîte lyonnaise !) de ce logo lourdingue, monolithique, triste et sans mouvement, enfermant la Bretagne derrière les barreaux de ses E.

Bretagne 

ce ne sont pas pourtant les logos qui manquaient. 

en voici quelques-autres :

ex-Bretagnecelui là est exclu : c'était l'ancien logo de la Région Bretagne sous la droite.

régionBZHCelui-ci est le logo actuel de la Région. Il ne manque pas d'élan

produit en Bretagnece dernier, bien didactique, a le mérite au moins d'être lisible.

 Métro

afficheFNELes affiches «algues vertes » de France Nature Environnement, souhaitant aux Parisiens "bonnes vacances"  dans la salade des plages bretonnes parfumées à l’hydrogène sulfuré, ne seront finalement pas apposées dans le métro, car jugées par Métrobus (la régie publicitaire de la RATP) «  trop violentes et agressives ». 

Pistolets, femmes à poils, bidoche sanguinolente,whisky et p'tites pépées… pourront, par contre, y avoir toujours droit d’affichage, car émanant des grandes firmes agroalimentaires nous assignant à consommer. 

Le partage du territoire publicitaire est ainsi fait : aux seuls groupes céréaliers –Sofiprotéol-Glon-sanders contrôlant aujourd’hui la FNSEA- le droit de nous agresser par 900 placards de 4m x 4m posés sur les grands axes de Bretagne et bourrés de gros mensonges ventant la filière porcine -c’était en juin 2010, cf plus bas-. 

Chacun à sa place : aux grands arnaqueurs le grand public, aux associations de protection de l’environnement la confidentialité de leurs feuilles de choux ! *


    Et l’inénarrable « député cochon » Le Fur de réclamer à la ministre Kosciusko-Morizet de sucrer les subventions de la FNE. Par contre nos céréaliers, cités plus haut, à l’origine de presque tous les dossiers de création des porcheries et poulaillers bretons, pourront continuer à pomper impunément 60% des 11 milliards de subventions versés par Bruxelles aux « agriculteurs » français (Montant 2010, annonçé dans le Canard du 16/02/11). 

La Cooperl, trônant à la Mecque du cochon à Lamballe, pourra récupérer le magot des 650.000 euros que lui a voté Le Drian (commission permanente de la Région Bretagne, le 15/07/10). Et ce même le Drian d’assigner en justice  la FNE pour « atteinte portée à l’image de la Bretagne ». L’atteinte à l’image est évidemment plus importante que l’atteinte à la qualité des plages et à la santé des bretons.

*cf en particulier l’excellent détournement récent fait par Eau et Rivières de Bretagne d’une campagne de pub du désherbant Elumis
 Hélas ERB n’aura jamais les moyens de l’afficher dans le métro, ni même dans les journaux locaux offrant, à pleine page, la pub initiale !

Additif au 17/02/11 : Gérard Alle, pennsardine de renom, me fait remarquer à juste titre le détail qui tue : "sur ces affiches, le mot Bretagne n'est jamais employé, ni le mot agriculture. Et pourtant, "ils" se reconnaissent ! Magnifique aveu de leur culpabilité !"
Comme le disait mon père paysan "qui se sent morveux se mouche".

Additif au 21/02/11: Une photo, publiée récemment dans Ouest-France, circule beaucoup sur le web. On y voit une maitresse d'école créative mais un peu inconsciente. Elle n'a pas du voir les panneaux "danger", désormais apposés sur plus de 80 plages bretonnes.... à moins qu'elle ne soit embauchée par la Région Bretagne pour contrer la méchante campagne de la FNE.

ronde

Additif au 24/02/11 : Katia Ivanoff-Aumaître, chargée de communication de Métrobus y va avec le dos de la pelleteuse : « la direction de Métrobus a considéré que ces affiches dépassaient le principe de neutralité qui simpose au secteur public, comme la RATP… de la même façon, nous n’affichons pas de pub pour le tabac, ou pour des campagnes politiques, ou encore pour les religions, dans les couloirs du métro. »
Le fléau des algues vertes assimilé à celui du tabac et des religions ! bravo la RATP ! La réflexion progresse à grands pas. Après les paysans, se sont les curés qui vont monter au créneau !

Salons

salons2                                                                                                                                                                                                                                                         Encore une invitation à un salon du livre! L’auteur devrait sauter de joie. Mais pourquoi accepterait-il de n’être que la variable d’ajustement des salons, éditeurs, libraires et autres organisateurs ?

Le paiement des frais serait-il réservé à quelques vedettes parisiennes destinées à attirer le chaland médiatique lors des « grands » salons ? Pourquoi devrait-il considérer comme une faveur de se voir proposer un linéaire d’exposition gratuit… belle entourloupe permettant de mieux faire l’impasse sur les frais réels. Pourquoi l’auteur devrait-il, avec ses 8 à 10% de droits, touchés un an plus tard -si l’éditeur n’a pas fait faillite avant- subventionner organisateurs, libraires et éditeurs en jouant les Bernard Palissy de la littérature enfournant dans le réservoir de sa bagnole ses maigres kopecks. Pourquoi un auteur serait-il moins considéré qu’un maçon, un fonctionnaire ou un voyageur de commerce qui, tous, se voient rembourser repas et frais de déplacement quant ils naviguent loin de leur port d’attache ? 

salon1
    Un jour -« vas-y pépé raconte ! »- je me suis retrouvé à perpette les oies, dans un salon du bord de mer -c’était la côte ouest- en train de signer entre un paraplégique en pleine forme, dont la mère avait écrit un opuscule du genre « moi aussi j’écris », et un peintre du dimanche, ventant ses croûtes paysagères à deux sous, tandis qu’une palanquée de gamins, sous l’œil attendri de leurs géniteurs, barbouillaient de hiéroglyphes absconds de grandes feuilles de papier peint. La résonance médiatique locale avait été superbement orchestrée les jours précédents et nos artistes du dimanche déplacèrent la foule des parents, admirateurs et amis. Bravo pour eux! Toute la journée, les quelques auteurs jaloux, égarés dans cette kermesse colorée, entendirent les cris du paraplégique ébahi, avec l’humiliation de ne pouvoir vendre, dans un tel capharnaüm, un seul de leurs bouquins dans lesquels ils essayaient de privilégier écriture et construction romanesque. 

J’ai quitté ce salon en me promettant de ne plus y remettre les pieds, secouant, comme prophète de l’ancien testament, la poussière maudite accrochée à mes godasses.
    Ce cirque des villes a, depuis peu, gagné les champs, offrant aux badauds sa triste exhibition d’auteurs humiliés, singes savants destinée à faire mousser sans frais l’animation locale. N’allons pas nous étonner ensuite de la faillite des éditeurs et du peu d’attrait des gens pour les bouquins.   

Dindon

reveillon

La cuisine inspire décidément nos poètes. Une publicité des éleveurs de porcs bretons -signée « cochon de Bretagne »- parue dans la presse régionale en fin d’année, nous incite à arrêter de « fourrer la dinde » pour nous convertir -avec Jésus- au cochon de Noël. Ce transfert audacieux ne précise pas qui, dans l’affaire, restera le dindon.

Pics

Electricité : zéro pointé pour la France
 
 Le pic de consommation d'électrons en France a fait des heureux ce mercredi 15 décembre 2010. Mais ce ne sont ni la planète ni les contribuables.

94,2 milliards de watts produits ce 15 décembre ! Comme chaque année, le record de puissance électrique est battu, cette fois-ci avant même l’arrivée officielle de l’hiver. Un « record » dont on se passerait volontiers car à chaque fois que la bise vient, la fée Electricité se retrouve fort dépourvue. Elle est ainsi obligée d’importer au prix fort du courant et de construire de nouvelles centrales au gaz afin de subvenir aux usages de pointe : au niveau de la production, en amont de nos appareils de chauffage électrique, il y a de plus en plus de gaz russe ou de lignite allemande.
pylone
Les perdants de ce « record » sont multiples : la planète par accroissement des émissions de gaz à effet de serre, la collectivité qui finance le surdimensionnement des infrastructures, les consommateurs qui paient au prix fort cette électricité de pointe, enfin les contribuables couvrant le coût social de la précarité énergétique qui en découle. Et même les producteurs, à commencer par le premier d’entre eux – EDF – avec un parc nucléaire dont la productivité est faible. Une conséquence de cette curieuse exception française sur un parc très majoritairement nucléaire (adapté à la base) et un très fort taux d’équipement en chauffage électrique (utilisé en pointe).
 
Quels sont « in fine » les vrais gagnants de la pointe ? Les traders qui jouent et spéculent sur l’électricité, les promoteurs de logements « tout électrique » (les occupants paieront la note plus tard) et les pays producteurs qui nous vendent du gaz. Des producteurs stupéfaits mais ravis de nous le vendre pour produire avec un médiocre rendement (40% au mieux) de l’électricité pour chauffer nos logements. Alors qu’en utilisant directement ce même gaz pour se chauffer on diviserait par 2,5 les importations et les émissions correspondantes de CO2 !

Chaque nouveau « record » de la pointe électrique est donc une très mauvaise nouvelle pour la France, conséquence structurelle du développement sans frein du chauffage électrique : 75% des constructions neuves en sont équipées. Une mauvaise nouvelle qui nous éloigne un peu plus du trio gagnant de la démarche négaWatt « sobriété, efficacité, renouvelables ». Et qui nous rappelle qu’en matière de pointe électrique, la France mérite… un zéro pointé !
 
SERGE ORRU Directeur général du WWF France

Et en Bretagne ?

La moitié du parc de chauffages électriques européen est en France. En France 30% de l'habitat existant (7,8 millions de logements) est chauffé uniquement à l'électricité. En Région Bretagne c'est pire: 35%. Or, dans les nouvelles constructions le chauffage électrique, c'est 75% des installations de chauffage. Donc le phénomène s'aggrave. Et comme la Bretagne est un territoire en forte croissance démographique, 25 à 30.000 habitants supplémentaires chaque année, c'est la "double peine".

hessel

Sales Gamins !

Plus moyen de faire confiance aux jeunes !

gamin

"Tout le socle des conquêtes sociales de la Résistance est remis en cause. On ose nous dire que l'État ne peut plus assurer les coûts des mesures citoyennes. Mais comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l'argent, tellement combattu par la Résistance, n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l'État."

Stéphane Hessel, 93 ans, "Indignez-vous", 3€ chez votre libraire

Bococa à la giga-manif de Plouray

Avisss au bon peuple des badauds !

L’auguste, l’ineffable et très odorante
compagnie BOCOCA (bouc, coq, caïman)
de retour d’Abidjan (À-fric occidentale)
Participera au giga rassemblement organisé par NPCB (Nature et Patrimoine Centre Bretagne)
à Plouray le samedi 13 novembre 14h
(place de la bascule)


Monsieur GDE (Gros Désastres Environnementaux)
Chaperonné par le SSEPR (Sous-Secrétaire d’Etables aux poubelles du royaume),
Délégué Génial du GE (Gronul de l’Environnement),
cherchera un PCT (Petit Coin Tranquille)
pour faire un max de fric avec sa GC (Grosse Crotte)

Son navire poubelle PK (Probo Koala)
accostera ensuite aux rives de l’Ellé
vers 15h30 GMT (Greenwich Mean Time)

-Tout ceci ne serait-il pas un peu trop énoorme, père Ubu ?
-La réalité est encore bien plus piire, mère Ubu. Notre avenir ne tient qu’à une corde.
-Faudra que je la choisisse bien costaud.
Plouray = Plogoff

DISCOURS du Sous secrétaire d'étable et ÉCHOS PHOTOS signées Éric Legret  autres photos de la manif

visible en vidéo sur le site Agence Bretagne Presse

Electeurs, électrices électriciens
    En ma qualité de sous-secrétaire d’étable aux poubelles du royaume de Petite Sarkosie, sénéchal en chef du Gronul de l’Environnement, j’ai l’insigne honneur de vous présenter un nouveau venu dans notre paysage rural, qui manquait jusqu’ici un peu d’animation, car les poudjas, du côté de Kerguzul, ça finit par devenir un peu monotone : je veux parler de mon maître et ami GDE, que voici.
(GDE, cigare, chaîne en or, gros bide et haut de forme, le tient au cou par une corde)
    GDE : un sigle que certains d’entre vous, mal intentionnés, traduisent par Gros Dégâts Environnementaux. Ce qui le peine beaucoup, hein Guy ? GDE : il s’agit de Guy Dauphin Environnement.
    GDE ici présent, accompagné aujourd’hui de son petit navire.
(Navire poubelle à tête de mort)

        début

    Oui GDE, qui sait naviguer, ou du moins vous mener en bateau, veut vous aider à protéger votre environnement. S’il n’aimait pas l’environnement, soyez certains qu’il n’aurait pas inscrit ce E dans son sigle. Il se serait, par exemple, au lieu de GDE, appelé DGM comme Dauphin Grosse Merde. Ce qui aurait fait, ma foi, très mauvais effet.

    Surtout du côté d’Abidjan où son joli bateau poubelle le Probo Kaola que voici, avec son commandant, que voilà, a déjà plusieurs macchabées sur le dos (Il chante avec le commandant « il était un petit navire qui n’avait ja-ja-jamais pollué »)
-Tout va bien commandant ?
-Rien à signaler !
-Pas d’iceberg à l’horizon ?
-Rien à signaler
    Guy a fait de la taule en Afrique, mais faire de la taule en Afrique n’empêche pas de faire du fric en taule.
 … Il est vrai que la dizaine de macchabées consécutifs au déchargement des produits toxiques à Abidjean, étaient tous Africains… faut bien qu’ils meurent d’une façon ou d’une autre, ces Africains. Si c’est pas avec les déchets toxiques, ce serait en crevant de faim en mer, dans des embarcations de fortune, en fuyant l’avancée du désert lié au réchauffement climatique. Vous croyez que c’est mieux ? Autant donc qu’ils meurent utiles, en nous prévenant de la dangerosité de certains déchets toxiques, chose que mon ami Guy ne pouvait pas deviner à l’avance… comme au Moyen âge, pour vérifier que la nourriture du châtelain n’est pas empoisonnée, il faut bien d’abord la faire goûter au chat.

    au micro

    Y’en a qui dise que 150 hectares de décharge c’est quand même beaucoup et qu’avec ça on pourrait avoir une jolie ferme. Vous croyez qu’un grand gaillard comme Guy n’est pas capable de tenir une ferme ? La ferme, il connaît, d’ailleurs il va vous le dire lui-même :
-(Guy, sortant son pistolet) « La ferme » !
    Vous voyez qu’il peut faire un bon paysan !

    Y’en a qui disent : Va y avoir des incendies. Et alors ? Vous n’avez jamais entendu parler des pompiers ? Guy peut même vous faire un pompier gratuitement…(plus bas)  et même vous enculer si vous voulez !

    Y’en a qui disent : ça suffit ! c’est assez ! Cétacé parfaitement, ce Dauphin fait partie de la famille des Cétacés.

    Y’en a qui disent ouais…bon… et puis alors… et ceci et cela etc etc. Je réponds non !

    Y’en a qui disent que ça va éloigner les touristes, alors qu’un Dauphin dans l’Ellé ça devrait plutôt de les attirer. Regardez à côté de chez vous le Zoo de Pont Scorff.

    Y’en a qui disent que ça va être la pollution permanente. Faux ! Avec Guy ce sera la protection périodique. Il s’en tamponne, mais il sait tirer les ficelles.

    Y’en a qui disent : on a déjà le tout à l’égout. Avec Guy, en plus du tout à l’égout,  vous aurez le tout à l’Ellé, ce qui est quand même du niveau au-dessus.

    Y’en a qui disent qu’il va y avoir plein de camions sur les routes. Vous voulez qu’ils circulent où les camions ? Dans les chemins creux ? Alors fallait pas commencer par les bousiller, bandes d’ignares !
marche
    Y’en a qui disent : pas de Dauphin au pays du roi Morvan ! Mais qui dit roi, dit forcément dauphin. Faudrait tirer la leçon de l’histoire. Louis 2 était bien le dauphin de Louis 1, qui lui-même était le Dauphin de Louis zéro. Louis 3, le dauphin de Louis 4. Louis 11 le dauphin de Louis 10. Et ainsi de suite. Dites-moi n’importe quel chiffre et je vous trouve aussitôt son dauphin.

    Y’en a qui disent : va y avoir des huiles usagées à Plouray. Et alors ? Vous avez déjà Michel Morvan, une huile qui en est à son 5ième mandat. Avec les huiles, vous pourrez toujours faire des frites et comme les poulets Doux sont juste à côté : poulets frites tous les jours, ce qui vous changera de l’andouille de Guéméné.

    Mais les gens sont comme ça : ils veulent toujours plus. On leur donne l’huile, ils veulent les frites. On leur donne les frites, ils veulent le poulet. Et quand on leur donne rien, ils en veulent un peu. Retraite à 60 ans et compagnie.

    Faut bien savoir que si vous mettez la batterie en charge, faut bien un jour qu’elle décharge et qu’on la jette à la décharge. Pas de charge sans décharge. Et réciproquement le contraire. Comme la clôture électrique pour les vaches. Seul conseil pendant la décharge : ne pas pisser sur le fil électrique.
   
    Qui dit pollution, dit dépollution. Qui dit merde dit démerde. Y’a du fric à faire des deux côtés. Surtout du côté de la merde, car personne n’en veut et ça fait monter le prix du water.


    Vous seriez vraiment trop bêtes de refuser cette merde que GDE vous offre à l’œil, sous prétexte qu’elle sent mauvais. Comme disait ma grand-mère : « Quand on donne à manger au chat, faut bien s’attendre aussi à ce qu’un jour il fasse sa crotte… et qu’il l’enterre ensuite avec les pattes de derrière. »

flotte


    Sur son lit de mort, ma grand-mère disait aussi (Il sort un papier de sa poche)  « La meilleure façon d’éliminer les déchets, c’est de ne pas en pro… en pro… en pro… » 

Elle n’a pas pu finir sa phrase. Elle a clamsé avant la fin du mot. Depuis je cherche en compulsant les dictionnaires. 

Pro… téger ? Pro…spérer ? Pro…specter ? Pro… fiter ? Pro… state ? Pro… stituer ? 
    (S’adressant au premier rang) Vous avez une idée ?

    (GDE le bâillonne pour le faire taire et le fait descendre du podium avec sa corde puis la manif se met en route sous la pluie vers le site convoité par GDE en bordure d'un affluent de l'Ellé)

Autres échos visuels et sonores : site ABP

Détournement

Le détournement d'images est un art. Déjà, en 1968, les situationnistes s'y étaient attelé.

retraites

    Sur le web, en ces temps de manifs et de déroute sarkosienne (cf cette photo de manif, prise en Vendée), le film "La chute" inspire avec bonheur l'humour féroce des artistes du détournement. Bruno Ganz, réfugié dans son bunker élyséen, fait merveille à organiser la riposte du pouvoir ou a faire vendre par ses ministres les CD de Carla ...

bunker élyséen

Carla :

les CD de Carla

... tandis qu'un éminent professeur chinois nous dit tout le bien qu'il pense des larbins français :

professeur kouign aman

24/10/2010

Embarquement immédiat

La Compagnie BOCOCO, de Bretagne Intérieure,
dépasse les bornes !

port-carhaix


    Elle rame depuis quelques jours avec persévérance sur le Canal de Nantes à Brest pour rejoindre Douarnenez, capitale de la sardine, afin de participer au grand rassemblement régional contre les algues vertes et bleues du 19 septembre 2010 à Sainte Anne La Palud.


    Elle a franchi la frontière des Côtes d'Armoc'h et du Finistère le vendredi 10 septembre à 2 heures du matin GMT et fait escale sur le coup de 14 heures à Port-de-Carhaix pour embarquer vivres, eau potable (le peu qui en reste), la bannière de Saint Nitrate de Lisier, l'abbé Ollivro des Algues, bientôt cardinal, venu du Grand Nord pour bénir l'embarcation, un apothicaire pour soigner le foie d’un matelot ainsi que l'urticaire d’un cochon tombé dans les algues bleues lors d'une manoeuvre, un porcelet évadé d'une maternité porcine industrielle que l'équipage a décidé de nourrir au biberon pour le soustraire à l'élevage concentrationnaire, une fosse portative mais néanmoins septique, un pan de talus sauvé du remembrement, un bouc, une fourche, deux coqs, une pleureuse, une mairie annexe, un radeau, deux méduses, quelques bons mots et une grosse surprise.

    Mr Algues Bleues et Vertes, placé par le gouvernement à la barre de l’arche de Noé, espère conduire l'expédition à bon port. Le bon peuple des badauds a été invité à encourager l’équipée ce vendredi 10 septembre 2010 à 14.00 heures précises à l’embarcadère de Port-de-Carhaix.

Photo : Après l'embarquement, l'équipage au complet vogue vers Douarnenez 

Manif contre les algues vertes à Ste Anne la Palud le 19 septembre :

voir la vidéo de Fanny Chauffin

et aussi les nombreuses autres photos sur le site d'Eric Legret : http://actualites.ericlegret.fr/index.php?topic=59.0

Le Fur no futur

Le 16 juin, l’Assemblée Nationale a cédé une fois de plus devant l’offensive des organisations professionnelles du cochon. À la demande de députés bretons, emmenés par M. Le Fur (UMP), un amendement relève désormais le seuil d’autorisation, pour les porcheries de 450 à 2000 places, et pour les poulaillers, de 30 000 à 40000 places. L’État se priverait ainsi d’un moyen de contrôle de la production de lisier, et ouvrirait encore plus le robinet de la pollution. 

Lamballe

Manif ce samedi 26 juin 2010 devant la permanence du député Marc le Fur. Dépôt d'algues vertes et serment des manifestants de ne plus consommer de cochon industriel.

À l’heure où les marées vertes envahissent nos plages, où les algues bleues ( cyanobactéries) prolifèrent dans nos rivières, cette Loi du Lisier Maximum serait une trahison des engagements pris par le gouvernement pour lutter contre ces pollutions, et une capitulation en rase-campagne devant les pollueurs.
Nous appelons toutes les citoyennes et tous les citoyens à rejoindre les associations signataires, à s’opposer à cette décision en signant la pétition demandant son retrait : http://www.cyberacteurs.org/actions/presentation.php?id=119

le Fur

Plus que jamais nous avons besoin d’elles et d’eux pour s’adresser en leur nom aux parlementaires, pour leur dire que la Bretagne n’est pas une porcherie, que c’est vers la qualité et non la quantité qu’il faut se tourner, qu’il faut diminuer le nombre de cochons ( 600 au km2 en Côtes d’Armor pour une moyenne nationale de 50), et non permettre son augmentation clandestine.

Organisons la résistance pour que l’eau de nos rivières n’ait plus l’odeur de lisier, et nos plages celle des algues vertes en décomposition.

Si cette mesure n’est pas retirée (elle est mise au vote de l'assemblée le 30 juin), nous demanderons à l’Europe de sanctionner la France, devenue alors un véritable État voyou en matière d’environnement.

Devant la porte de la permanence Le Fur, le représentant des cochons bretons sur paille propose un "amendement Bettencourt" : le transfert sur une île des Seychelles de tous les cochons industriels excédentaires.

Petit avantage collatéral de cet amendement le Fur : les dégâts à l'environnement tournant en Bretagne -60% des cochons de l'hexagone pour seulement 7% du territoire- à la catastrophe économique : tourisme en berne, mais aussi impasse d'une agriculture ne tenant debout qu'à coups de subventions et d'aides à l'export, écologique (coût faramineux du ramassage des algues) et sanitaire (mort des chiens, du cheval, du transporteur d'algues vertes...) un nouveau scandale identique à celui de l'amiante et du sang contaminé va finir par éclater devant les tribunaux. 

Le travail des enquêteurs sera largement facilité pour remonter la piste des coupables. L'adresse de la permanence lamballaise du député Le Fur dans cette "mecque du cochon" : 8 rue des Augustins. Signe distinctif : pas de boîte aux lettres sur la porte, ce qui est un comble quand on se veut représentant du peuple !

(photos André Morice) 

Blum et Mandel

Petite diversion aux histoires de cochons : le plaisir de remonter sur scène en compagnie de Jean Lebrun

Première lecture-spectacle publique de la pièce de théâtre
« L’UN DE NOUS DEUX »
de Jean Noël JEANNENEY
(Edition Portaparole novembre 2009)

avec
Jean Lebrun dans le rôle de Mandel
Jean Kergrist dans le rôle de Blum

    Jean Noël Jeanneney a confié à Jean Lebrun, Directeur-adjoint de France culture, le soin d’une lecture publique de sa pièce de théâtre récemment éditée. Jean Lebrun,
 avec qui j'anime l’émission de télévision mensuelle d’Armortv, «Les Frères Jean » se glissant dans la peau de Mandel, m'a proposé de de lui donner la réplique dans le rôle de Léon Blum. Après plusieurs répétitions à Saint Brieuc, sur une terrasse dominant la vallée du Légué (cf photo ci-dessous), le travail, esquisse sobre d’une mise en scène future, vient d’aboutir. À l’invitation du député-maire, la lecture-spectacle a été proposée au public de Saint Dizier, pas très loin de Colombey-les-deux-églises, pour fêter la réouverture du théâtre à l’italienne de la ville, récemment restauré.

    Blum


LA PIECE
    Il s’agit d’un dialogue imaginaire, les 27 et 28 juin 1944, entre Léon Blum et Georges Mandel, livrés par le régime de Pétain aux Allemands, et emprisonnés dans une petite maison proche du camp de concentration de Buchenwald. Ils y sont demeurés ensemble près de quatorze mois à partir du printemps 1943.
    Apprenant l’exécution de Philippe Henriot, ministre de l’information de Vichy, par la Résistance le 28 juin 1944, ils pressentent que l’un d’entre eux va être éliminé en représailles. C’est finalement Mandel qui est renvoyé en France, livré à la Milice, et assassiné en forêt de Fontainebleau, le 7 juillet. Léon Blum, après s’être attendu constamment à subir le même sort, survivra.
    Les deux hommes, au fil des péripéties de leur angoisse et de leur espoir, confrontent leur vision du monde et de la politique, en se référant aux deux grands hommes dont ils se veulent les disciples : Jean Jaurès pour Blum, Clemenceau pour Mandel, si bien que leur dialogue paraît souvent s’élargir à quatre voix.

le programme des festivités :
-Dernière répétition en public à Blumeray (Haute Marne), le 18 juin 2010
-Première lecture-spectacle pour l’inauguration du théâtre de Saint Dizier (52), le 19 juin 2010
-Reprise à l’atelier Picasso (Grenier des Augustins, Paris 6e) le 28 juin 2010 à 20h
... puis peut-être à Brest début décembre (festival Longueur d'ondes)

Nouvelle Résistance

Ce 13 juin 2010 à Trédudon le Moine (29) plus d'un millers de militants se sont regroupés pour un pique-nique résistant.  Les premiers maquis bretons avaient vu le jour en 1940 dans ce hameau des Monts d'Arrée.
Il s'agissait de commémorer, comme sur le plateau des Glières, le programme du Conseil National de la Résistance (protection sociale, retraites, liberté de la presse...), aujourd'hui remis en cause par l'internationale du capitalisme financier, contraignant les états à sacrifier sans scrupules leurs citoyens.
Beaucoup plus revigorant que les apéros géants ! Résistons !

resistance

en avant, avec les moyens du bord,  pour la nouvelle résistance !

benne

"Les cochons parlent aux cochons" : du haut d'une benne de tracteur le délégué des cochons sur paille, lance son appel à la résistance.

Les cochons industriels vont-ils rejoindre le maquis ?

C'est qui qui ?

qui ?

900 panneaux publicitaires de 4m2, commandés par le comité Régional Porcin de Bretagne, ont fait leur apparition, début juin, sur les grands axes de 4 départements bretons. On y apprend, à coup de cœurs et de flèches, que les 31.000 emplois de la filière porcine sont « directs et non délocalisables » , « investis dans l’environnement et le durable»… 

...aussi peu délocalisables que les poulets Doux, qui se sont fait la malle au Brésil, plus près du soja et de la main d'œuvre corvéable à merci

...et aussi durables, hélas, que depuis trente ans les algues vertes et bleues !

7 juin 2010

Appel du 9 mai du Général Ubu à Truie-Brivan

 La Compagnie BOCOCO prend le maquis en cette fête de Jeanne d'Arc

Arrivée du Général Ubu sur son char Patton, tirant la papamobie agricole du grand prêtre Ollivro, précédé de l'écuyer de Jeanne d'Arc

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L'appel solennel du 9 mai à bouter les cochons industriels hors de Bretagne, bénédiction par le grand prêtre Ollivro

et remise de son bâton à merdre à Jo Boulic, sénéchal de Truie-Brivan, puis dévoilement de la plaque de la nouvelle mairie.

(photos Madeleine Ropars)

QUELQUES EXTRAITS DU DISCOURS DU GÉNÉRAL UBU (et n'engageant que lui) :

        ... "Vengeons Jeanne d’Arc, brûlée vive sur le bûcher à Rouen par l’évêque Cochon. Appelons une nouvelle croisade pour bouter hors de Bretagne cette merdre infâme ruisselant de partout, asphyxiant nos sols et nos poumons, polluant nos rivières et nos plages, nos lacs et nos esprits.
       Comme Jeanne d’Arc, qui, à Domrémy, gardait les moutons biologiques de plein air -Jeanne d’Arc avait sa carte à la Conf- sauvons ce vieux continent devenu incontinent, cette vieille Armorique, dont les couches géologiques sont aujourd'hui transformées en couches culottes. Entendons le cri du ver de terre qu’on égorge, croulant sous la merdre, englouti sous le flot de lisier. Boutons dehors les Glons, Sanders, Coopagri, Gouessant Cooperl, Ceccab... pilleurs du Tiers monde et de ses cultures vivrières pour leur seul profit. Qu'ils arrêtent de nous bassiner avec les emplois, car ils ne songent qu’à les détruire. Qu’ils arrêtent de nous faire croire qu’ils nourrissent la terre, alors qu’ils ne font que l’affamer. Que le préfet de ce département, qui a aujourd’hui le culot de s’abriter derrière le parapluie de ses chefs de service, aille donc lui-même, avec son petit seau en plastique et son râteau, ramasser les algues vertes sur les plages. Qu’il vienne à Glomel faire du canoë Kayak pour frotter sa peau poupine aux algues bleues. Que Jo Boulic, sénéchal du canton, arrête de croire, ou de nous faire croire, qu’il est paysan, alors qu’il n’est qu’un larbin au service des grosses boîtes d’aliment." ...

Rideau

6 mai 2010 : la culture en rideau

Depuis la mise en place du Conseil de la Création Artistique -sous la main directe du président de la République et avec la complicité d’anciens maos arrivistes, dont Jacques Blanc du Quartz de Brest (… que sont mes amis devenus !)- jusqu’aux dernières réformes des directions culturelles (Sarko va maintenant jusqu’à nommer les directeurs de chaînes), le démantèlement du ministère de la Culture est aujourd’hui opérationnel.
Parallèlement, la réforme des collectivités, pour leur retirer la clause de « compétence générale », alors qu’elles sont les premières à financer les activités culturelles, vise avant tout à saigner la création artistique ainsi que la vie associative.

Le grand élan d’après guerre, avec Malraux aux commandes, est aujourd’hui totalement sabordé par des affairistes. De la privatisation culturelle à la primatisation des citoyens, il n’y a qu’un pas. Ils veulent faire de nous des bœufs, le nez rivé sur leur volant, la parole en berne et les pieds englués dans les algues vertes pour le profit de quelques-uns.

Ne nous planquons pas dans le terrier du chacun pour soi. Ne nous laissons pas écraser individuellement au fond du trou. Il nous reste le lien de la parole. Il nous reste l’héritage des mots. Il nous reste le cri et le rire.

En solidarité avec tous les artistes réunis ce jeudi 6 mai partout en France -et à Saint Brieuc à la Passerelle- pour dire non à cet enterrement programmé, prenez le maquis.
Il y a mille manières de le faire.
La mienne, dérisoire mais déterminée : ce jeudi 20h30, dans la petite librairie Cairn, rue Olivier Perrin à Rostrenen (22), je lirai des textes jusqu’à plus soif et en parlerai. 

Faites de même, partout où existent encore des espaces de parole. Jouez hautbois, résonnez musettes ! Ouvrez vos fenêtres !
Sortons de nos trous à rats !

« Si les vaches pouvaient parler entre elles, l’abattoir n’en aurait plus pour longtemps » Bertolt Brecht.

Fontaine

Ce 1er mai 2010, après un chantier commencé le matin, les membres du BAGNE (Breizh Assocition Glomel Nature Environnement) ont inauguré le sentier conduisant à la fontaine républicaine des bagnards du Camp de Glomel, débarrassée de ses broussailles. Autre manière de dire non au bagne à poule qu'on voudrait nous imposer, juste à côté, à seulement 20 mètres des remblais de la Grande Tranchée, au mépris de nos narines, de nos yeux, de nos poumons et de notre patrimoine.

À 18h les officiels (Compagnie Bococo) ont coupé le ruban à l'entrée du chemin et devant la fontaine républicaine.

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...en souhaitant que l'eau qui coule de cette fontaine arrive en bon état à l'estuaire !

(photos : Suzanne Hamon et Émilie Resmond)

Larbins

(« De necessitas larbinis » Cicéron)

    Portes valises des puissants, tels de gentils caméléons, les larbins mettent toute leur énergie à se fondre dans un décor bureaucratique tirant généralement sur le gris. Bertold Brecht les appelait, à juste titre, « les petits hommes gris ». Mardi 8 avril 2010, en préfecture des Côtes d’Armor -que certains bretons, allez savoir pourquoi, appellent aussi « Côtes d’Ar Morc’h »- deux d’entre eux ont été propulsés dans la lumière crue des médias par leur préfet.
    Il s’agissait pour ce dernier, lors d’une conférence de presse solennelle, de donner son feu vert à la création d’une maternité porcine géante sur la commune de Trébrivan. Un préfet, à l’ordinaire, ouvre son parapluie en s’abritant derrière le gouvernement dont il n’est que le fidèle rouage départemental. La casquette à glands a fait
très fort en s’abritant, cette fois, … derrière ses subalternes.  porcelets  
    Annonçant tout d’abord que ce dossier de porcherie n’avait rien à voir avec celui des algues vertes (sic !), il a fait plancher, devant les journalistes, deux de ses chefs de services, bien embarrassés de se retrouver ainsi sur la sellette. S’imaginant dans la culotte courte d’un arbitre de rugby, le préfet a appelé cet exercice « faire appel à la vidéo ». Une vidéo bien pâlichonne, fonctionnant en noir et blanc. « Au niveau de la réglementation, il n’y a pas de problème », a déclaré l’un des techniciens, le nez planté sur sa copie. Il s'agit « typiquement d’un projet de développement durable » a rajouté l'autre.
    Avec de tels chefs de service en guise de parapluie éthique et politique, les algues vertes dans ce département en auront encore pour longtemps. On peut conseiller à notre préfet, lors de sa prochaine conférence de presse, de faire appel à une vidéo encore plus performante :  des techniciens de coopératives porcines et autres marchands d’aliment. Avec une telle caution morale, il se sentira couvert jusqu’aux narines. À problème tech, solution nique !

Ciseaux

Télérama publie ou publie pas selon. 

Ci-dessous un courrier des lecteurs auquel vous avez échappé. Il faisait écho au N°3142 : “La nouvelle censure à la télévision”

CISEAUX
Le mariage d’Œdipe et d’Anastasie -je castre mon fils, avant qu’il ne vienne me piquer ma femme- a partie liée avec l’idée d’Etat. De De Gaule à Sarko, une deuxième loi s’affirme : plus les jambes raccourcissent, plus le coup de ciseaux devient vigoureux.

22 avril 2010

1er avril

A Saint Brieuc, ce 1er avril, sur le parvis du théâtre de la Passerelle , à l'occasion de la journée mondiale du poisson frais, la compagnie BOCOCO, de Bretagne Intérieure Libérée, a remis le couvert, après sa prestation préfectorale très remarquée du Mardi Gras dernier, 16 février.  

Cf, pour rappel : 
Photos Eric Legret
et
Photos Le Telegramme

 Il s'agissait, cette fois, d'une GRANDE VENTE AUX ENCHÈRES, présidée par Chantal Jano, Secrétaire d’étables à la pollution, championne de karaté anti-algues vertes et bleues -souvenez-vous : « Nous allons mettre fin aux extensions d’élevages, sous quelque forme que ce soit » (France Culture, 5 septembre 2009)-. « Ventre bleu, par ma chandelle verte, vive les karatékas, mère Ubu ! »encheres

Monsieur Algues Bleues-Algues Vertes,  équipé de son porte-voix, a mis aux enchères tous les dossiers d’extension d'élevage de Poulaillie Intérieure et de Grande Cochonnie  s’accumulant aujourd’hui en sous-sol de Préfecture, suite à leur mise en sommeil, durant la dernière campagne électorale régionale, pour ne pas nuire au soldat Maligorne, ex préfète de Région, candidate officielle qui a déjà beaucoup œuvré pour l’environnement avec les résultats spectaculaires que l’on sait.

chambellan

Les dossiers ne trouvant pas preneur ont été ensuite enfournés dans le foyer de la centrale ambulante de Ploufragan -qui paraît, disparaît, reparaît au gré des inspirations technocratiques et politiques des décideurs- après bénédiction du grand prêtre Ollivro Des Algues, bientôt promu cardinal. 

  benediction

Photos Madeleine Ropars
Masques Sylvie Gourdon et Erwan Chotard (+ percussions)

-14 associations de Bretagne ont tenu à s'associer à cette action artistique :
                                                       -Sous le vent, les pieds sur terre                     -Ellé Vivante
                                                      -Sauvegarde du Penthièvre                             -Cyberacteurs
                                                     -Halte aux marées vertes                                -FAPEN (CANE)
                                                    -Eau et Rivières de Bretagne                          -B.A.G.N.E.
                                                   -Sauvegarde du Trégor                                   -Force 5
                                                  -Nature Patrimoine Centre Bretagne               -Vivarmor
                                                 -Bretagne Vivante                                           -CURC

enfournement

-Le numéro 2 de notre journal officiel "Cot cot cot coderst" a été, à cette occasion, distribué dans les rues de Saint Brieuc

-D'autres photos et articles:

Télégramme

Eric Legret

-Les vidéos :

Ouest-France

Télégramme

 Dans mon jardin

Dans Ouest-France dimanche de ce 28 mars 2010, ce billet en page Bretagne :
article

Ma réaction, adressée ce jour à Ouest-France :

PAS DANS MON JARDIN
Je n’habite pas Plougragan et m’obstine à penser que cette centrale n’est pas nécessaire. Je n’habite pas Lanrivain et j’imagine que ces champs d’éoliennes auraient pu être implantées différemment, je n’habite ni Pommerit-le-Vicomte, ni Plélo, mais suis prêt à monter au créneau pour dénoncer les aberrations proposées aux habitants de ces communes.
Qu’est-ce à dire ?
Je dois faire partie, avec des milliers d’autres, de ceux qui regardent plus loin que leur balcon. Qui pensent qu’un autre développement est possible. Où la plante ne recevrait que ce dont elle a besoin. Où les économies d’énergie remplaceraient ces projets industriels énergétivores. Où les déchets seraient diminués à la source. Où les politiques reprendraient en main les lobbies rapaces et contrôleraient ces techniciens fous qui, sous prétexte d’avancées technologiques, nous conduisent droit au trou, celui creusé autrefois dans le fond du jardin.

ADDITIF
Coup de fil ce lundi  29 mars de l'auteur du billet  : son intention n'était nullement de fustiger les  opposants aux projets plus ou moins foireux qui fleurissent tous azimuts, mais, plus simplement de montrer qu'on réagit plus facilement quand on est directement concerné... ce qui, ma foi, me semble assez bien vu. Reste ensuite à aller plus loin !

Meeting Europe Ecologie Bretagne

RENNES le 18 mars 2010

La région Bretagne, par l'entêtement du caporal chef Le Drian, qui n'a pas voulu appliquer en Bretagne la règle de la proportionnelle, utilisée dans toutes les autres régions de France pour entériner la fusion PS, Europe Ecologie, Front de Gauche, aura donc une triangulaire.

L'astuce n'est même pas très maligne, tant la ficelle est grosse : Le Drian -PS-, contrairement à toute attente (et avec ce qui avait prévalu en 2004), décide d'enlever 25% des sièges (prime à la liste arrivée en tête) de son calcul et, du coup, n'offre plus que 10 sièges à la liste Hascoet -EEB-, au lieu des 14 qui lui revenaient. Suprême élégance : pendant la négociation, il donne l'ordre à l'imprimeur de tirer ses tracts et affiches ! C'est dire que son plan était établi de longue date : casser EEB en prenant des transfuges sur sa liste et en proclamant bien fort que l'union il l'avait déjà faite dès le premier tour.

D'après Kant, trois choses peuvent alléger la rudesse de la vie : le soleil, l'espoir et le rire. Le soleil ? En Bretagne, n'y comptons pas trop. L'espoir ? le caporal Le Drian nous l'a cassé. Nous reste donc le rire.

Dans la série "on n'est pas payé cher, mais qu'est-ce qu'on rigole", pour ceux qui n’ont pu participer au meeting EEB ce jeudi soir à Rennes, voici quelques passages les plus applaudis du discours du Sous-Secrétaire d’Etable à la Fusion, lors de son intervention.

Rennes


La fusion c’est comme la mayonnaise : faut mettre tous les ingrédients et en bonne proportion… je dirais même en bonne proportionnelle. Trop de moutarde, elle tourne. Dans le cas présent, je crois que c’était plutôt trop d’huiles...

Pour bien cuisiner la fusion, faut pas commencer par mouliner le partenaire en chaire à saucisse, sous prétexte qu’on a le fils Stalaven, roi de la charcuterie en gros, sur sa liste.

Quand le bon apôtre Jean-Yves -que certains appellent aussi un ange… à condition d’enlever le « g » du mot « ange »- affirme qu’il a déjà fait la fusion dès le premier tour, sous prétexte qu’il a débauché deux verts, c’est comme si Sarko tirait prétexte du débauchage de Kouchner et de Besson pour les compter dans le quota des élus PS.

A ma droite, un cochon de Trébrivan -où se construit une maternité porcine collective- recruté par l'apôtre Jean-Yves pour faire la campagne de Troadec, ainsi qu'un coq de Glomel -où se profile, juste au bord de la Tranchée du canal de Nantes à Brest, un poulailler de 75.000 pondeuses- qui fait campagne pour Malgorn en lui soufflant son idée sublime : pour rééquilibrer l'Ouest de la Bretagne, construisons un aéroport à l'Est. 

A ma gauche (deux copains avec masques des frères Morvan et chemises à carreau) : les frères Morvan, qui ont demandé l'asile politique à Trémargat où EEB a fait 55,43% au premier tour.

(Sortant un papier) Je lis : « Chacun sait que, dans la course cycliste, le vainqueur d’étape partage la prime avec son équipe » : si je comprends bien cette belle parabole biblique de Jean-Yves l’évangéliste, il s’agit d’une invitation directe, faite à Guy Hascoet, de se mettre au vélo… un vélo bien évidemment préparé par Jean-Yves… c’est à dire sans selle… et sans vaseline !

Quand notre maître coq Jean -Yves annonçait dernièrement qu’il était prêt à gérer avec l’Etat ce sublime plan algues vertes, récemment annoncé, à base d’expérimentation sur deux bassins versants et surtout à base de ramassage d'algues vertes, il fallait comprendre qu’il affirmait là déjà sa volonté de fusion… avec la liste Malgorn… celle qui, depuis tant d'années, en préfecture de région et au ministère a déjà beaucoup expérimenté… avec le résultat spectaculaire que l'on sait.
Pour ce qui est des ramassages d’algues vertes, ne vous inquiétez donc pas : ils iront tous deux, main dans la main, les ramasser sur les plages

photo : Emilie Resmond - Masques de Sylvie et Erwan Chotard - intervention : compagnie BOCOCO, de Bretagne Intérieure libérée.

Intox

Mardi matin 23 février 2010, à la une départementale 22 de Ouest-France, un titre avait de quoi faire bondir : « Algues vertes : un scientifique dédouane les paysans ». L’identité de ce « scientifique » était dévoilée à l'intérieur, avec interview et photo. Ils sont deux, depuis une vingtaine d’années, payés par le lobby agroalimentaire, à se présenter comme porte-parole d’un fantomatique « Institut de l’Environnement », jouant ainsi de la confusion avec l'ex et très sérieux Institut Français de l’Environnement, installé à Orléans. On les appelle Laurel et Hardy. En fait ils se nomment Buson et L’Hirondelle. Drôles d’oiseaux !
    Cette fois c’est Buson, se faisant gratifier par O-F du titre de "scientifique" et de "chercheur", qui est monté au créneau. Toujours avec les deux mêmes litanies : les algues vertes ne sont pas dues aux nitrates et, de toute façon, les nitrates sont bénéfiques pour la santé. 

Il y a une quinzaine d’années Jean-Claude Pierre (Eau et Rivières de Bretagne) avait qualifié ce Buson de « révisionniste au service de la fine fleur de l’agroalimentaire ». Buson avait porté plainte pour diffamation. Le tribunal de Lorient l’avait débouté. En appel à Rennes, il avait été condamné aux dépens (jugement du 3 novembre 1998).

agriclown
    Oubliant que deux oiseaux ne font pas le printemps, le journaliste de Saint Brieuc, auteur de cet interview, s’est bien fait berner. J’ai adressé à sa rédaction le rapport, autrement documenté, du Conseil Scientifique de l’Environnement de Bretagne (CSEB -Septembre 2009) attribuant clairement aux pollutions agricoles la responsabilité principale des algues vertes. 

Dans la journée, le chef de rédaction m’a téléphoné, arguant qu’il fallait bien, au nom de la démocratie, donner la parole à tout le monde. Je lui ai rétorqué que c’était donner poids égal à la vérité et au mensonge, mettre sur le même plan, pour reprendre l’allusion de Jean-Claude Pierre à la shoah, Lanzmann et Faurisson.

Que cet interview était d’autant plus dommageable qu’il risquait de réduire à néant les efforts et la réelle prise de conscience du monde agricole.

Je m’attendais donc, ce mercredi matin, à trouver dans ce journal écho à ma réaction, d’autant plus que je sais que d’autres lecteurs, bien plus compétents que moi, avaient aussi réagi. 

Rien ! Rien de rien ! 

Au lieu de ronger mon frein, j’ai heureusement aujourd’hui la possibilité de raconter cette histoire sur ce site Internet. J’aurais moins de lecteurs qu’Ouest-France, mais, au moins cette nouvelle tentative d’intox ne passera pas totalement à la trappe.

(Dessins d'Alain Goutal)

Ajout au 25 février : 

Toujours rien 2 jours après. Un honorable correspondant me fait remarquer que, cette fois, Buson a encore fait plus fort qu'à l'accoutumé. Son discours est placé sous le signe du bigorneau. J'essaie de résumer : les algues vertes ont pour origine les marées noires car celles-ci ont détruit les bigorneaux, et d'une. Pour y faire face, il suffit de récolter des bigorneaux en masse et de les jeter en mer sur les fonds sableux, et de deux. En "freinant le passage de la lumière" les bigorneaux empêcheront les algues de se développer, et de trois. Une vraie recette de grand prêtre vaudou pour un poisson d’avril ! Bravo Ouest-France ! Ça c'est de l'info scientifique !

festnoz

Ajout au 26 février :

Courriel d’un honorable correspondant qui trouve ce Buson génial. Il vient de calculer que pour « freiner le passage de la lumière » dans les fonds marins il faudrait un tonnage de bigorneaux équivalent à celui des algues vertes. Je lui laisse le crachoir :

« Mais que font donc les technocrates du Pôle emploi ? ... Ramasser 500.000 tonnes de bigorneaux (qui se sont d'ailleurs raréfiés en baie de St Brieuc), puis les rejeter à la mer sur les fonds sableux, devrait bien permettre l'embauche de 500 000 ramasseurs qui, à raison de 4 kg/jour par cueilleur, devraient bien avoir du boulot pour 1 an : 250 jours ouvrés + 52 week-ends (104 jours) = 354 jours auquel on doit encore ajouter 5 semaines de congés payés, soit un total de 13 mois et une semaine avant de retourner pointer au chômage !   
Et le tour est joué ! Plus d'algues vertes... et 500.000 chômeurs en moins sur l'ensemble des départements de la façade atlantique et de la Manche !    
(faut au moins ça pour ramasser 500 000 tonnes !)... On pourrait aussi imposer ce service civil aux délinquants des banlieues et améliorer les statistiques de l'insécurité, voire désengorger les prisons par du travail obligatoire encadré... AHHHhhhh... Je m'arrête là, mon cerveau s'ébullitionne... et quand je pense que je ne me suis même pas présenté aux élections ! »

D’un autre, qui s'est penché sur le cas Buson :

« C'est un des premiers cas d'effet secondaire grave suite au vaccin contre la grippe A. »

D'un autre :

J'ai bien vu l'article de Ouest France sur les "découvertes" de ce prétendu scientifique. Ce n'est pas la première fois (ni la dernière hélas!) que l'on habille la propagande commerciale d'un discours pseudo scientifique. Je n'ai pu m'empêcher de penser aux années 1980 où des esprits avisés critiquaient l'emploi de l'amiante : que n'a-t-on vu des ingénieurs nous expliquer doctement tous les bienfaits et l'inocuité totale de ce matériau. Je me souviens d'un "dossier de l'écran", cette émission débat quelquefois artificielle mais qui avait son intérêt, et d'un défenseur acharné de l'amiante, membre également d'un institut financé par les industriels. On sait depuis la dangerosité du produit.
Ce qui me chagrine le plus dans le monde actuel est la banalisation du mensonge et de la triche, il y a une perte du sens moral, qui me désespère pour l'avenir de l'humanité.

Toujours aucune suite par contre dans O-F !

AJOUT LE 5 JUIN 2010 :

Suite à ce papier, l’avocat de Mr Buson vient de m’adresser, en date du 2 juin 2010, une  lettre recommandée, reçue le 4 juin, avec demande d’insertion, arguant des dispositions de la loi du 21 juin 2004, assimilant les publications sur Internet à la loi sur la presse.
L’avocat, « spécialiste en environnement », doit être débordé -sans doute des procès liés aux algues vertes- car il a laissé passer le délai de prescription des 3 mois révolus, prévu par cette même loi : « L'action en insertion forcée se prescrira après trois mois révolus, à compter du jour où la publication aura eu lieu. » (article 13 de la loi du 29 juillet 1881 modifiée).
Mais soyons magnanimes : éloges et critiques étant toujours bons à prendre, je me fais un plaisir de reproduire une lettre -y compris une phrase sans verbe ni complément- contribuant à valoriser mon site :

« Nous apprécions volontiers l’humour, et nous ne rivaliserons pas avec Jean Kergrist, brillant clown facétieux.
Toutefois, la comparaison entre notre démarche et celle des révisionnistes ou des négationnistes de la Shoah est autant injurieuse qu’infondée. Nous sommes profondément blessés par ces allégations gratuites. Le tribunal de Lorient avait d’ailleurs effectivement reconnu le caractère « injurieux » de cette qualification de notre démarche, lorsque nous avions poursuivi le fondateur d’Eau et Rivières. La mémoire des innombrables victimes de cette abomination historique
Nous sommes en profond désaccord avec la caricature que Jean Kergrist fait de nos propos et de nos intentions supposées. Il contribue à entretenir des légendes, qui n’ont que la répétition d’erreurs pour base.
L’institut de l’environnement (ISTE) est une association à but non lucratif, ne comptant que des intervenants bénévoles.
Nous renvoyons tous les lecteurs désireux de se faire une opinion argumentée, à nos articles et à nos publications : en particulier le livre des docteurs L’Hirondel atteste des seuls effets bénéfiques des nitrates sur la santé ; cet ouvrage est préfacé par les Professeurs Christian Cabrol, Henri Lestradet et Maurice Tubiana, de l’Académie de Médecine.
Concernant les « marées vertes » en Bretagne, il est certain que les actions sur l’azote des seuls cours d’eau, resteront vaines. Le renforcement de la faune consommatrice d’algues nous semble une voie à approfondir, et qui a donné des résultats remarquables dans d’autres régions du monde.
Nous adressons directement une documentation complète à Jean Kergrist, afin qu’il puisse développer ses farces en connaissance de cause, et resterons amicalement à sa disposition, s’il souhaite des éclaircissements sur ces sujets délicats. »

NB : quelques commentaires : 

-Le passage de mon papier concernant les négationnistes ne faisait que rapporter fidèlement le contenu d’une décision de justice -procès Jean Claude Pierre / Buson-, et il était clair que l’accusation de révisionnisme (« doctrine remettant en cause un dogme ou une théorie » - Larousse) -que j’estime, comme le tribunal, personnellement excessive si on y ajoute une référence à la Shoah- n’était pas de mon initiative.

-D’accord avec Mr Buson sur le fait que « les actions sur l’azote des seuls cours d’eau resteront vaines », car ce serait faire l’impasse sur le nouveau procédé d’épandage dans l’air par ventilation dite dynamique. On estime, en effet, à 220.000 tonnes la quantité d’azote ainsi épandu dans l’air de Bretagne... de quoi rendre jaloux les cours d'eau !

-Quant au fond du problème, à savoir l'origine agricole des algues vertes, je persiste à faire davantage confiance aux 24 scientifiques du Conseil Scientifique de l'Environnement (cf : http://www.cseb-bretagne.fr/ ), mandatés par la Région Bretagne, qu'en des élucubrations à contre courant. N'est pas Galilée qui veut ! 

-Et, pour ce qui est de combattre les algues vertes à coup de bigorneaux, je crois avoir trouvé mon maître en matière de « brillant clown facétieux ».


Paysages ruraux
La France enlaidie par ses villes ? (Télérama N° 3135). 

Ce serait un peu vite oublier ses campagnes. Du moins en Bretagne. Parler de pénétrantes, ronds points et bretelles c’est un peu vite oublier ce que transportent les camions qui y circulent : des milliers de dindes et poulets asthmatiques, des centaines de porcs criards à 85 kg de carcasse, des containers bourrés d’aliments roulant pour les Glon-Sanders, Cooperl, Coopagri, nos grands aménageurs ruraux. 

taules

Ah le son des taules rouillées le soir au fond des bois ! Les immenses hangars recouverts de tôles amiantées, vite construits, vite abandonnés, s’écroulant à la moindre chute de neige pour laquelle l’élu avisé va demander l’état de catastrophe naturelle, oubliant que cette catastrophe rurale c’est lui qui l’a programmée.

Texte publié intégralement au courrier des lecteurs de Télérama N°3137, daté du 27 février 2010....Sauf que mon jeu de mot est passé à la trappe. Le correcteur a cru bon de rétablir « tôles » au lieu de « taules ». Cochons et poulets risquent de se faire la belle.

Remède de cheval

Entendu début février à la télé, à propos du rapport Algues Vertes, dans la bouche d’un responsable de la FNSEA : « Limiter les engrais azotés pour tous les agriculteurs, même pour ceux qui sont très loin des sites où se développent les algues vertes, c'est comme si un médecin imposait à toute une ville de prendre le même médicament pour guérir une maladie qui ne concernerait que 2 ou 3 de ses patients". Le problème c’est que toute la ville est bien malade et qu’il faudrait un remède de cheval pour la remettre d’aplomb.

12/02/10

Bataille du phosphore
stations
La Coordination Rurale, après prélèvements ponctuels sur cinq stations d’épuration du Trégor, vient de franchir le détroit des Dardanelles en lançant la bataille du Phosphore. D’après son président 22, cette méchante teigne chimique serait à l’origine essentielle des algues vertes (ci-contre le Télégramme du 14/01/10). Et de montrer du doigt les disfonctionnements des stations d’épuration sur lesquelles les écolos feraient l’impasse. Haro sur les pipis et les lessives ! 

Certes beaucoup de stations d’épuration laissent encore à désirer. A Eau et Rivières de Bretagne, par exemple, on ne rigole pas avec les « mises en demeure » adressées aux collectivités. Mais, mettre sur le même plan la responsabilité de 3 millions d’habitants et celle de 60 millions d’équivalent habitants (poulets, bovins et cochons), c’est un peu fort de café. Le phosphore ? Chiche, parlons-en ! 

OK pour mettre sur la table, à chaque projet d’épandage ou de traitement, ce sujet qui fâche. Il faudra bien en venir alors (et enfin) à stopper extensions et intensifications. Engager la bataille du phosphore, ne serait-ce pas, pour la Coordination Rurale, se tirer une balle dans le pied… ou dans celui de la FNSEA ?

Infarctus et langue de bois

On ne peut qu’applaudir au récent transfert des voies fluviales de l’Etat à la Région Bretagne. 

Sur le site Internet de la Région, voici comment, à la page tourisme, est décrit le joli bébé :  tranchée

« Le réseau navigable breton géré par la Région, c'est 409 km  de cours d'eau naturels ou canalisés et leurs ouvrages d'alimentation (ét
ang, rigoles...), jalonnés par 265 écluses, mais aussi ouvrages d'arts, ponts, édifices religieux... A noter : une section importante du Canal de Nantes à Brest (134 km de canaux entre Guerlédan  et Chateaulin) est gérée par les Départements (Finistère et Côtes d'Armor) »

http://www.bretagne.fr/internet/jcms/preprod_59219/la-region-mise-sur-les-voies-navigables?lg=fr

Ce "à noter" sybillin fait beaucoup d'ombre au tableau idyllique. Etrange prise en compte d’un ensemble qui commence par en éliminer une partie essentielle, sous prétexte de non inscription à la nomenclature des voies navigables… tout en faisant grand état des étangs, chapelles, ponts et rigoles ! 

La section centrale du canal de Nantes à Brest, pourtant aujourd’hui navigable jusqu’à Carhaix, compterait donc moins qu’une rigole. Merci aux bagnards qui ont sué sang et eau pour creuser la Grande Tranchée de Glomel ! (photo ci-contre)

Il s'agit, en quelque sorte d'un « d’Accident Vasculaire Régional », où encore d'un anévrisme frappant cette section du canal de Nantes à Brest allant de Châteaulin à Guerlédan, mystérieusement passée à la trappe.

15/01/2010

Entourloupe

« L’entourloupe », avec Michel Galabru à l’affiche,

au Glenmor de Carhaix, donne des idées aux Vieilles Charrues.
Galabru

À PROPOS D’UN « DON »

    Les Vieilles Charrues vont signer un chèque de 280.000 € à la ville de Carhaix pour l’aménagement d’une plateforme événementielle et un autre de 400.000€ à Poher Communauté pour la construction d’un centre de valorisation… des Vieilles Charrues (O-F, Télégramme et Poher du 16/12/09). 

Face à un don, personne ne peut faire grise mine, surtout en cette période de Noël, ce qui explique sans doute l’absence de réactions. 

Pourtant un don, dont l’objet est défini avec une telle précision, ne s’apparente-t-il pas plutôt à une pression ou a un chantage à la subvention forcée ? « Je te donne cette somme, mais à condition que tu me construises sur ton terrain l’équipement qui m’agrée. » Pourquoi ainsi inverser les appellations et définir comme « don » ce qui, d’habitude, dans les demandes de subvention, s’appelle « autofinancement » ?


    Sans vouloir mettre un bémol au dynamisme d’une association qui nous a montré depuis longtemps son grand savoir faire, on aimerait connaître le montant global des projets envisagés sur cet espace public, afin de mieux cerner ce qui relève de l’autofinancement (les deux sommes citées comme « don ») et de la subvention espérée (le reste du budget).

20/12/09

Cambriolage

proxi

Cette nouvelle, de portée internationale, n’a sans doute pas échappé aux observateurs autorisés : le magasin Proxi de Glomel vient d’être cambriolé. 

Les malfrats se sont précipités sur tabac et whisky, délaissant deux bouquins de Jean Kergrist, vendus au rayon des produits de première nécessité : « Les bagnards du canal de Nantes à Brest » et « Bagnards en cavale », pourtant d’égale valeur marchande. 

Ce forfait est signé et je m’en vais de cette plume le signaler à la maréchaussée : il ne peut que s’agir d’illettrés obtus. La piste talibanne ?

Guyau à la FAO : "je te tiens, tu me tiens par la barbichette". 

De quoi réjouir boites d'aliments et d'engrais, copératives de bidoche, banques, firmes phytosanitaires...

Luc Guyau ancien président du syndicat agricole FNSEA, actuel président de l’Assemblée Permanente des Chambres d’Agriculture, Vice président du Conseil départemental de l’UMP de Vendée, vice-président du Conseil Economique Social et Environnemental…a été élu le 29/11/09 à la présidence de la FAO (Food and Alimentation Organisation).
guyau

Mon commentaire :
C'est pas le tout de fabriquer de la merde...

encore faut-il pouvoir la faire bouffer aux autres !

Qu'en dit, en termes plus corrects,  la Confédération paysanne ?

Peut-on aujourd’hui faire confiance à celui qui, à l’aide de son syndicat, a jeté l’Europe dans une course folle au productivisme dans l’ambition de  « nourrir le monde » ? « Si l’Europe (…) ne joue plus son rôle de producteur, pour nourrir les populations mondiales qui ont besoin de nous, elle sera responsable de grandes famines.» …… « Sachons répondre rapidement aux crises, aux guerres ou aux famines. Il n’est pas trop tard. Nous avons les moyens d’aider les pays dont les habitants meurent de faim en leur donnant la nourriture… »

Puis sur le commerce : « Laisserons-nous aux seuls américains ou australiens le monopole du commerce mondial ? Non, pas question ? (…) C’est de notre rayonnement (celui de la France, bien sûr) dans le monde dont il est question. »

N’en déplaise à M Guyau, le problème de la faim dans le monde n’est pas une question de commerce ou de générosité. C’est une question de répartition des richesses et de droit des peuples à se protéger et à choisir.

Alors que l’Europe dépend aujourd’hui en grande partie de ses importations pour nourrir ses animaux, privant ainsi les populations de terres nécessaires à l’agriculture vivrière. Alors que l’Europe déstabilise de nombreux  pays en voie développement par ses exportations vers les pays en voie développement.

Espérons qu’il ne mette pas en œuvre ce qui l’animait hier encore et qu’il saura tirer les conclusions qui s’imposent : le droit des peuples à la souveraineté alimentaire est la base de sa sécurité alimentaire.

Quid du quad ?

quad

    Ah ben oui ! Crédieu, les pneus basse pression c'est quand même mieux que les sabots ! 

    Le quad est un bienfaiteur de l’environnement. Jugez-en plutôt : « avec un quad équipé d’un petit distributeur d’engrais, on peut épandre de l’azote sur un blé, même en janvier, en conditions exécrables ». Et le journaliste de gober sans réagir !

    Cet épandage d’hiver par temps de pluie, mériterait à nos deux compères (fabriquant d'outils et journaliste) une nomination d’urgence au Conseil Départemantal d'Hygiène (CODERST) du Maine et Loire.

Discours d'Hillion de Monsieur Algues vertes 

Manif du 27 septembre 2009 

Chers élèves de quatrième,
    En ce premier trimestre, vous avez fait beaucoup de progrès en chimie. Les années précédentes, vous aviez appris N, comme nitrates, ainsi que P, comme phosphates et H2O, comme eau polluée. Vous aviez, dans la foulée, fait la connaissance avec H5N1et plus récemment H1N1, autrefois encore appelé grippe porcine, mais dont le nom, comme le virus, a muté, je me demande d’ailleurs pourquoi, en grippe A, comme Atchoum.   

    Vos professeurs de chimie agricole, désireux de vous faire passer en division supérieure, vous initient aujourd’hui au H2S, ou Hydrogène sulfuré, encore appelé œuf pourri, arme longuement testé sur les façades de préfectures pour protester contre l’absence de restits à l’exportation.

    Faut-il avoir peur du H2S ? Cet été notre premier ministre vous a donné un début de réponse en osant, tel superman, l’affronter à mains nues sur la plage de St Michel en grève.
    Il y a quelques années, son prédécesseur à Matignon, avait pareillement affronté la bête sur une plage vendéenne et, pour nous signifier spectaculairement son dégoût des marées noires, n’avait pas hésité à shooter dans une galette de mazout.

    Cette fois mon maître de Matignon a été plus prudent. Vous avez remarqué qu’il n’a shooté dans aucun tas d’algues vertes. Cela devrait vous inciter à la prudence. Le message s’adressait surtout aux enfants qui ont tendance à shooter dans tout ce qu’ils trouvent… contrairement aux footballeurs de l’équipe de France qui, ces temps-ci , ont beaucoup de mal à shooter dans les buts.

discoursMais vous avez pu aussi remarquer que son regard prophétique de premier ministre portait très loin à l’horizon. On connaît sa passion pour les circuits automobiles. En voyant un si bel espace, désormais déserté, et pour cause, de toute présence humaine, il y a découvert une opportunité pour exercer son sport favori. L’hydrogène sulfuré constitue en effet un gisement prometteur. La bagnole du futur, c’est écrit partout, fonctionnera à l’Hydrogène. Souhaitons seulement que le cheval vapeur du moteur à explosion se montre plus coriace que le cheval de course, dont on a vu les faibles performances une fois englué dans la choucroute. Voilà donc réglé le cas de l’hydrogène.

    Quant au souffre, un fois séparé de l’hydrogène, on pourra toujours en faire des allumettes. Ce qui diminuera nos importations. Évidemment la situation risque de devenir explosive. Mais c’est la contrainte du Progrès avec un grand P, comme dans Potimarron et dans Positivons mes frères.

    Certaines mauvaises langues invoquent l’apocalypse, déferlant sur la Bretagne : marées noires, marée vertes, marées blanches, pluies acides, grippe aviaire, grippe porcine : en comptant bien ça n’en fait que 6. Alors ne venez pas parler des 7 plaies d’Egypte… Même si quelques signes prémonitoires peuvent légitimement vous inquiéter. Je vous signale au passage, André Ollivro, que la dernière des sept plaies d’Egypte étaient annoncée par une traînée de sang sur la porte et non par trois roundball devant la maison.

    En ma qualité de Mr Algues vertes, je ne faillirai pas à ma tâche. Vous allez voir : je vais vous mijoter un de ces  petits Grenelle des algues vertes ! Après avoir écouté toutes les parties en présence, je prendrai, croyez moi, les décisions qui s’imposent. Hier j’ai déjà reçu les chiens et les chevaux. Aujourd’hui je reçois les poulets et les cochons. (désignant le public) Je n’oublierai pas, évidemment, les dindons. Quant aux ânes, je préfère ne pas en parler, car ce sont eux qui m’envoient.

    Ces deux délégués (il désigne le cochon et le coq présents à ses côtés) viennent de Bretagne intérieure. Ils ont fait le voyage vers Hillion pour voir la mer . Le délégué des cochons vient de Trébrivan, où se projette une maternité porcine collective, le coq vient de Glomel où un bagne de 75.000 pondeuses va bientôt rouvrir, à vingt mètres de la Grande Tranchée.

     Le maire de Trébrivan, par ailleurs conseiller général (tiens, il n’est pas dans la délégation rose !) ainsi que le maire de Glomel, (tiens, il n’est pas dans la délégation UMP) affirment tous deux qu’il n’y a aucun lien entre ce qui se met en place chez eux et ce qui se passe ici chez vous sur cette plage. AUCUN LIEN. Vous m’entendez. Aucun.

    Désireux d’en savoir davantage, j’avais missionné, l’été dernier, deux chiens policiers pour remonter la piste des algues jusqu’à leur origine. Cela s’avère de plus en plus difficile car en plus de renifler la rivière, ces chiens doivent maintenant humer l’air. En effet nos éleveurs compétitifs y épandent désormais leur ammoniac par ventilation dynamique. L’ammoniac se balade au gré des vents et n’en a plus rien à foutre des bassins versants. Pour un chien renifleur, cela devient très complexe.
   
    Ces chiens avaient flairé la bonne trace, mais, hélas, ils n’ont pu mener l’enquête jusqu’au bout, car ils ont crevé sur le tas. Les analyses vétérinaires ont suspecté, une fois de plus, l’hydrogène sulfuré. Mais heureusement le préfet du département est venu à la rescousse pour affirmer que les analyses vétérinaires n’étaient pas valables car ce n’est pas lui qui les avait faites.

    En effet seule la casquette à glands, ornée de feuilles de chêne, crée la compétence. Pour l’instant je ne porte que le chapeau. Même si question glands, je suis bien fourni et question chêne, puisque nommé par le gouvernement, j’en porte une très grosse autour des poignets.

    Faites confiance au réchauffement climatique, car depuis que mon ami Rocard s’en occupe, il ne véhicule que du bon : Réfléchissez un peu : le réchauffement climatique n’a pas que des inconvénients. Il fait fondre les glaces des pôles. Les 2 pôles en plus. Jean Paul 1 et Jean Paul 2. Du coup la mer monte. Et, quand la mer monte, les algues vertes, au lieu de traîner lamentablement sur vos plages, pourront bientôt, poussées par la marée montante, s’échouer directement dans les champs... d’où elles avaient, au départ, vocation à ne pas sortir.

    En attendant, pour ce qui est du ramassage des algues vertes, j’ai tout prévu : nous irons les chercher désormais en mer avec les dents. Pour payer la note, mon ami Rocard a eu une idée fabuleuse : nous allons créer une taxe algues vertes, appliquée à tous les baigneurs qui iront les chercher au large. La taxe sera intégralement remboursée à ceux qui ne savent pas nager et à tout nageur qui ramènera au moins 5kgs d’algues au bout des doigts de pieds.

Chantal

    Chantal Jouanno (il s’adresse à la femme masquée à ses côtés, déguisée en ramasseuse d’algues), notre secrétaire d’étables à l’écologie, a tenu à être  présente à mes côtés. Elle est un peu fatiguée car elle a passé toute la nuit à nettoyer la plage. Elle a déclaré, c’était il y a 15 jours sur France Culture, qu’elle « n’autoriserait désormais plus aucune extension d’élevage, sous quelque forme que ce soit. » Vous confirmez, Chantal ? (Elle hausse les épaules). Apparemment elle a déjà oublié. Excusez-là : elle fait un début d’Alzheimer.

Vous avez compris ? « Sous quelque forme que ce soit ». Alors n’allez pas me ramener à colorier une porcherie en rond ou un poulailler triangulaire. « Sous quelque forme que ce soit » ! Vous entendez ? N’allez pas me ramener un parallélépipède ou un tétraèdre octogonal ou en ellipse. L’ellipse est exclusivement réservée à mon ministre Borloo, quand il sort blindé de l’Elysée.

    Nous avons aussi maintenant un ministre de la Relance, mon collègue Patrick Devedjian. Il vient de déclarer vouloir limiter le recours aux enquêtes publiques de façon à accélérer le démarrage des travaux. « En période de crise, a-t-il déclaré, l'environnement est une contrainte pour les entreprises dont il faut savoir se dispenser ».
    Le débat public sur des projets agricoles ou industriels, avec enquêtes et tout le tremblement, pesait beaucoup trop sur des petites associations comme les vôtres, qui, du coup, n’avaient plus le temps d’aller aux champignons ni d’observer à la jumelle les petits oiseaux. Comme le code du travail, celui de l’environnement est un frein à la relance et une trop lourde charge pour vos associations. Nous allons désormais œuvrer à vous l’alléger.

plage

    Pour bien vous prouver que ces algues ne sont pas dangereuses, je me propose maintenant d’aller sur la plage m’en farcir une bien grosse devant les caméras. Veuillez donc me suivre. Pour éviter les mauvaises surprises, je vous conseille toutefois de mettre vos masques.
 (photos Madeleine Ropars, masques de Erwann Chotard)

cf aussi l'arrivée et le début du discours dans : http://www.dailymotion.com/video/xan8t1_hillion-lintervention-du-delegue-al_news

Bagne avicole

    Un projet démentiel, fruit de la disparition de 3 autres élevages, risque de mettre à mal les efforts engagés par un grand nombre d’acteurs locaux pour valoriser la Grande Tranchée du canal de Nantes à Brest  sur la commune de Glomel (22). Par enquête publique, ouverte à la mi-août (tiens, tiens !), un éleveur industriel de poules pondeuses demande l’extension de son élevage à 75.000 places, ceci à moins de 20 mètres du site historique.

glomel 

Si ce projet se faisait (on s'emploie pour qu'il ne voit pas le jour) des soufflantes (ah la ventilation dite "dynamique" !) vont nous rejeter dans la gueule 525.000 m3/h de saloperies diverses : vapeur d'eau, CO2, H2S (hydrogène sulfuré), ammoniac (19 tonnes), virus, bactéries, toxines, poussières. Déjà que l'eau de la Tranchée et du lac de Glomel sont interdits à la baignade et à la pêche, car bourrée de cyanobactéries (algues bleues) !

    Condamnées au bagne avicole, les pauvres poules pondraient en étroite osmose avec les bagnards républicains, artisans forcés de cette Grande Tranchée au début du 19ième siècle. Même si le Camp de Glomel n’a jamais dépassé les 650 insoumis, les épidémies liées à la promiscuité y étaient très fréquentes. Beaucoup y ont laissé leur peau. Les évasions furent massives ! À la place de l’éleveur, on se méfierait.

(photo Madeleine Ropars : le stand de Glomel à la manif d'Hillion le 27 /09/09)

Manif : rdv ce samedi 12 septembre à 11h devant le café du Corong à Glomel (fin de l'enquête publique le 18 septembre)

Une phrase à retenir :"Il faut mettre fin aux extensions des élevages sous quelque forme que ce soit"Chantal Jouanno, secrétait d'état à l'écologie , ce samedi 5 septembre à 18h30 sur France Culture. Y'a plus qu'à mettre en pratique... si ce n'est pas un effet d'annonce répondant dans l'urgence à la catastrophe des marées vertes.

Si les camions de la maison Glon (aliments Sanders) se permettent déjà de nous intimider en bloquant Glomel pendant l’enquête publique (le vendredi 11 septembre), c’est sans doute pour mieux nous persuader que « La réalité économique condamne à échéance les outils de petites dimensions » (page 24 du dossier soumis à enquête publique).

Sagouins et bovidés

veaux

Une petite commune, Glomel, (22) affiche à l'entrée du bourg, sur un rond point public, son ambition pédagogique   : "ici on élève les veaux".

Le résultat est imparable : réussite sur toute la ligne.

Un journaliste de "Aujourd'hui la France", édition du lundi 11 août 2009, a pu le constater de visu en se promenant à 500 mètres de cette pancarte, au menhir de Glomel, le plus haut de Bretagne (cf coupure de presse ci-dessous).

barbelés

Cette affaire du menhir de Glomel, "seul monument historique classé au monde à être entouré de fils barbelés", donne une idée concrète du génie glomellois.

Elle est déjà vieille de 9 ans cf. en bas de page : menhir



Mais Glomel a aussi d'autres ressources patrimoniales et touristiques.

Sur la ferme de Kertrimont (vers Trégornan) coulait depuis des siècles une fontaine.
Un saint breton, placé dans une petite niche, en gardait l'accès.

Un moment d'inattention et hop! la fontaine disparaît avec son saint. L'enquête est en cours.
Aux dernières nouvelles, la société Damrec qui extrait sur la commune un minerai réfractaire et à qui rien ne résiste, a acheté les terres de Kertrimont. L'esprit des ancêtres ne peut rien contre le buldozer du Progrès.
Amen ! La messe est dite.
Élevez des veaux, vous obtiendrez des bœufs.
fontaine1

fontaine2

avant
à gauche

et

après
à droite

Questions philosophiques à 10 sous :

-Qu'est-ce qui fait la fontaine ?
L'eau, la pierre ou le saint ?

-Qu'est-ce qui fait la connerie?

-Pourquoi les sagouins s'en sortent toujours ?

Précision : le terme de sagouin ne s'adresse en aucune manière à l'éleveur de veaux label rouge dont on voit la pancarte en début d'article. Il élève des veaux d'excellente qualité. Mais comme la pancarte est plantée à l'entrée du bourg, l'occasion était trop belle de paraphraser la fameuse phrase de De Gaulle "les français sont des veaux". Rien à voir donc avec les barbelés autour du menhir ou le chapardage de la fontaine. Si je m'en explique (et m'en excuse) en ces quelques lignes c'est que mon accroche humoristique du début, mal comprise, ne devait pas être très bonne. 4/10/09

Relance

ministre

     Le 5 mai dernier, lors d’un point presse, Le ministre de la Relance, Patrick Devedjian (cf photo ci-dessus, lors de son discours aux 50 ans de Bretagne Vivante le 11 juin dernier à Sené-56 !) a déclaré vouloir limiter le recours aux enquêtes publiques pour accélérer le démarrage des travaux. « En période de crise, l'environnement est une contrainte pour les entreprises dont il faut savoir se dispenser »

    Les avis favorables presque systématiques des commissaires enquêteurs, qui faisaient suite aux 15.000 enquêtes annuelles induites par la loi Bouchardeau (12 juillet 1983), sont encore de trop. Le débat public, sur des projets concernant population et associations, doit être totalement banni. Comme le code du travail, celui de l’environnement est un frein inadmissible à la relance. Relance vers quoi ? Relance vers où ? Ne vous inquiétez pas, chers amis électeurs, quand on sera au fond du trou, on vous organisera un petit Grenelle du gouffre.

    Dommage qu'après le succès de la liste Europe Écologie dimanche dernier, notre gros mammouth aveugle, qui s'apprétait "allègre ment" à rejoindre notre équipe ministérielle, ne puisse plus trop fanfaronner sur l'absence de rechauffement climatique !

11 juin 2009, photo Hervé Ronné

Obésité

obésité


Le fantomatique Institut de l’Environnement du professeur l’Hirondelle fait des émules (cf plus bas "Arte : la santé en débat"). Un Institut français de la nutrition (IFN) vient de voir le jour. Il est initié par Coca-cola, Danone, Nestlé et tous les poids lourds de l’agrobusiness. 

Son but : lutter contre une éventuelle TVA à 19,6% (au lieu de 5,5%) sur les produits trop gras, trop salés et trop sucrés, mesure proposée par le ministère de la santé pour lutter contre la « malbouffe ». 

L’enquête sur la nutrition, lancée par ce ministère auprès de 500.000 français via Internet pour combattre l’obésité, risque en effet d’avoir de grosses conséquences… sur l’obésité de leurs gras bénéfices.

Pandémie

pandémie

Pour ceux qui se souviennent : dans son numéro de décembre 1998, la revue Science et Vie titrait sur un péril breton lié à la grippe : « le virus mortel viendra-t-il de Bretagne ? ». Une enquête très documentée auprès du centre de recherche Ploufragan (CNEVA) concluait qu’une forte concentration d’élevages porcins ainsi que de poulaillers risquait de donner jour à un virus grippal mortel, transmissible à l’homme. La prophétie se réalise 11 ans plus tard. Pour notre vaine, c’est le Mexique qui a décroché le jackpot.

hillion

Thalassa

Tout ce que le département des Côtes d'Armor compte d'élus, de responsables du tourisme, de notables aux petits et grands pieds pieds, crie au scandale suite à l'émission de Thalassa du vendredi 10/04/09. Georges Pernoud nous a montré comment chez nous ont escamotait les algues vertes, de la même manière qu'il y a peu, on escamotait les marées noires : en les enfouissant comme les chats avec les pattes de derrière.

La politique de gribouille pour ne pas effrayer les touristes. La carte postale bretonne, construite à coup de com. et de budget racolage, rattrapée par la réalité odorante et fétide de poison côtier qui tue les chiens. Cachez ces algues qui nous ramènent à notre complaisance envers une agriculture productiviste sur laquelle nous avons bâti notre église !

Faire fuir le touriste est devenu le péché capital. Une fois encore, dans la presse locale, la diversion semble fonctionner. Nos édiles, totalement passifs devant un fléau pourtant identifié depuis plus de trente ans, s'en tirent par une belle entourloupe : Pernoud, des excuses !

Et si c'était à nous de réclamer enfin excuses et réparations ! 

(photo André Ollivro)

Dégonflé !

Christian Troadec, maire de Carhaix, se targue d’être un grand pourfendeur du découpage territorial départemental. Seule la Bretagne l’intéresse. Bravo ! Vive les grands horizons !
Le problème c’est que, comme Sarko, il a du mal à concrétiser ses déclarations de principe. Il en vient même à faire tout le contraire : le centre culturel « Espace Glenmor » de Carhaix avait, au départ, une vocation régionale. Après en avoir éliminé tous les partenaires (Région, Drac, Départements, Centre National des Variétés, Pays COB) ainsi que son directeur artistique, il tente le réduire à une banale salle de congrès carhaix-carhaisienne.
Cf à ce propos le site : http://combat.culturel.free.fr/carhaix/

glenmor

Le vendredi 27 février à Treffrin (22), à 5 km de chez lui, Il avait une occasion en or de s’en expliquer (22). 

Armortv ( http://www.armortv.fr/ émission « Les frères Jean ») organisait un débat, animé par Jean Lebrun (France Culture) sur le sujet. Après avoir confirmé son accord durant toute la semaine, il s’est subitement désisté le vendredi matin. Peur sans doute que les quelques artistes également programmés ne lui demandent des comptes.

Intervenant régulier de l’émission, j’ai pu lui en toucher deux mots face caméra :


Christian,

J’imagine que t’es derrière ton ordinateur avec une bouteille de Coreff à la main… excuse-moi, je recommence, car on ne fait pas de pub sur Armor tv … avec un bon verre de Bordeaux,  certifié bio sans pesticides, à la main.

Je me permets de te tutoyer car nos pères ont gardé les vaches ensemble, administrateurs d’une même coopérative agricole. Assez réacs tous les deux, mais, contrairement à ce qu’a déclaré récemment Sarko : je ne crois pas au déterminisme génétique. On peut changer. La preuve ! T’es aujourd’hui de gauche.

Regarde-moi bien : rien dans les mains, rien dans les manches. Aucun couteau dans la poche. Ni faucille, ni marteau sous le siège.
Je n’ai tué ni père, ni mère. Mon casier est désespérément vierge.
Celui de Jean Lebrun aussi, du moins j’imagine. Il s’en expliquera tout à l’heure.

En t’invitant, nous n’avions aucune intention belliqueuse.
Seulement l’idée de s’asseoir autour d’une table pour discuter ; à la recherche de la vérité. Je dis bien « recherche » car on n’y arrive jamais totalement.
Et vérité avec un petit v. Pas avec un grand V comme dans Vieilles Charrues, qui va bientôt, m’a-t-on dit, avoir son musée. Avec plein de subventions à la clef, j’imagine.

Ainsi donc, on l’a appris ce matin, tu t’es débiné au dernier moment.
L’adversaire n’était sans doute pas à ta hauteur.
T’aurais préféré, pour exalter ton courage, une compagnie entière de CRS, avec plein de pneus à brûler, comme à Quimper (lors des manifs pour l’hôpital de Carhaix).
Nous sommes au regret : ils sont tous en Guadeloupe ou en Martinique.

Ne restaient que des adversaires de seconde zone à te proposer. Désolé !
C’est ainsi en période de crise : faut faire avec les adversaires qu’on a, ceux qu’on nous laisse.

Je me permets donc de qualifier ton attitude d’un mot commençant par d…
Cherche bien… et profites-en, si ce n’est encore fait, pour appuyer sur le bouton enregistrement (il paraît que t’adores les procès en diffamation).
Christian, sous tes airs de matamore, tu n’es qu’un… dégonflé.
Avec un tout petit d comme dans démagogie.

Ruisseaux pharmaceutiques

profit

D’après plusieurs études scientifiques internationales convergentes (le Monde du 3/02/09), nos ruisseaux seraient devenus de vraies pharmacies à ciel ouvert. La France, en quatrième place des pays consommateurs de médicaments, est bien placée pour délivrer sans ordonnance dans ses rivières antibiotiques, anticancéreux, analgésiques, antidépresseurs, anti-inflammatoires et hormones de toutes sortes. Enfin une solution à la pénurie de médecins en milieu rural : suffit d’aller faire trempette à la rivière. 


Desjoyeaux

desjoyeaux

Arrivée de Michel Desjoyeaux dimanche 1 février, 17h :

Sur BFM TV : des images rien que des images, plein pot. Le vainqueur, équipé d’un micro-cravate, s’adresse à la foule massée sur les quais des Sables d’Olonnes.
Sur FR3 : l’image de Desjoyeaux, toute petite dans un coin de l’écran. Cinq commentateurs en gros plans, voulant chacun placer sa sauce.

Gros coup de vieux pour la télé publique et ses mentors, incapables de s’effacer devant l’évènement.

MANIF

Manif du 29 janvier 2009 à Saint Brieuc : LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ

manif29/01

Sarko (Banques + Medef)  -  (pas de ) Boulot  -  Dodo (Tribunaux, Presse, Télé, Parlement, Profs...)

(Photo Jean Paul le Menez)

presse

Télégramme, Saint Brieuc 30/01/2009

Plainte à Ploufragan

plainte

Samedi 10 janvier 2008, trois cent opposants à la centrale électrique de Ploufragan (cf plusieurs rubriques ci-dessous) sont venus déposer plainte contre GDF, pour fausses allégations.

Dans une campagne sur son site internet, GDF affirm : une, que la centrale permettra d'éviter « de mettre en fonctionnement d'autres centrales électriques thermiques » ; deux « de réduire les émissions de gaz carbonique par rapport à d'autres solutions alternatives » ; et trois qu'elle « est cohérente avec les objectifs du Grenelle de l'environnement ». 

Trois affirmations qui ont le don de nous faire plier en deux. 

 En novembre, le collectif contre le réchauffement climatique a mis en demeure GDF de retirer des contenus sur son site internet dédié au projet. Le gazier ayant refusé, nous attaquons la société GDF Suez devant les tribunaux. 

Comme à Ploufragan l'humour est toujours de sortie (plus on lutte, plus on se marre !), un tribunal s'était constitué pour l'occasion, avec représentant du clergé, de la noblesse et du tiers état. Il recevait les doléances pendant que les citoyens remplissaient leurs plaintes individuelles (plus d'une centaine au total, en plus de la plainte collective).

Un quidam au nez rouge, qui ne boit pas que de l'eau de la nappe phéatique bouzillée par cette centrale (si elle se contruisait), n'ayant pas trouvé de plainte, a porté planche auprès du Procureur Rancoule, contre M. Sadi Carnot, physicien, pour son rendement minable qui fait que lorsque, au lieu de se chauffer au fuel (ou au gaz), on se chauffe au radiateur électrique alimenté par une centrale au fuel (ou au gaz), on perd en route plus de la moitié de l'énergie.

La planche de l'olibrius a quand même été déclarée recevable par son éminence (comme le slip) président du tribunal, après avoir été requalifiée en plainte contre RTE et GDF SUEZ.

AJOUT AU 13/01/2009 :

ON A GAGNÉ ! ONA GAGNÉ ! on a gagné ! on a gagné ! on a gagné !

Borloo vient d'annoncer hier à Claudy Lebreton, président du CG 22, que ce projet de centrale thermique de Ploufragan était annulé.


Gaza

gaza

(Siné Hebdo 7/01/09)

Espace Glenmor Carhaix

 HALTE AU DÉTOURNEMENT !
Texte d'une pétition signée par un grand nombre de citoyens (artistes et usagés...)

   Un projet artistique ambitieux, visant notamment à promouvoir les musiques de Bretagne et du monde, a vu le jour à Carhaix au début des années 2000, autour d’un lieu en construction appelé « Le Miroir ». Artistes et représentants des collectivités publiques (Fonds européens, État, Centre National des Variétés, Région, Départements et Ville de Carhaix), sous l’égide du Pays Centre Ouest Bretagne, territoire de Bretagne intérieure à cheval sur trois départements, n’ont pas ménagé leurs efforts pour mettre en place les grandes orientations et les financements nécessaires à cet outil de création et de diffusion.

    En 2001, au lendemain des élections municipales de mars, la municipalité de Carhaix suspend la programmation du centre et le rebaptise Espace Glenmor. Le nouveau directeur artistique, Daniel Thénadey, s’efforce cependant de conserver au lieu sa vocation première. Mais sa capacité de décision est diminuée d’année en année par la municipalité, qui finit même par fixer d’autorité une partie de la programmation. Les partenaires ne peuvent que constater l’éloignement du projet initial et, un à un, se retirent.

    Aujourd’hui, l’éviction brutale de Daniel Thénadey, dernier maillon du projet initial, constitue l’aboutissement de cette dérive.
    Il s’agit d’un véritable dévoiement de l’intention première. Des fonds publics ont été investis dans la construction d’un centre artistique d’envergure régionale. Celui-ci est désormais promis au destin d’une salle des fêtes ou, au mieux, d’un centre des congrès. Le Centre Bretagne, la Bretagne entière, le public, les artistes, les associations… perdent un pôle crucial de vie artistique et culturelle.
 
    Les signataires, refusant que la municipalité de Carhaix prenne seule le contrôle d’un lieu initialement destiné à l’ensemble du territoire, ainsi qu’aux musiques et aux arts de Bretagne et du Monde, demandent :


-que l’Espace Glenmor retrouve ses missions premières sous l'égide des tutells locales et régionales, avec un véritable projet artistique concerté et pérenne,

-Que l'espace Glenmor devienne enfin une entreprise culturelle à part entière, respectant la législation sur le spectacle vivant et le droit au travail,

-que le directeur artistique soit réintégré avec un contrat de travail digne de cette fonction

Pour en savoir plus et signer : http://combat.culturel.free.fr/carhaix/index.htm

Gronulle de l'environnement (suite)bagnole

Les retombées du Gronulle de l'environnement continuent à nous fasciner. Pour relancer l'économie, Sarko vient de décréter la prime de 1.000 euros à la bagnole ainsi que la reprise des chantiers d'autoroutes. Le Cruiser, pesticide qui avait pris le relais du Gaucho sur le maïs, continue à décimer les abeilles. Adieu la pollinisation des fruits et légumes ! On apprend cette semaine qu'EDF avait menti sur le coût de l'EPR de Flamanville : ce sera 1,5 milliard de plus (au lieu des 3 prévus). Le gouvernement, tout en laissant filer le déficit, sucre 379 millions à l’enseignement supérieur et la recherche et 302 millions  à l’écologie et au développement durable. L'Institut Français de l'Environnement passe à la casserole.

Ceux qui proclamaient que la crise financière constituait l'occasion unique de réorienter l'économie, oubliaient les prédateurs toujours à l'affût (lobbies du nucléaire, de la chimie, de la bagnole...). La spéculation à court terme, crise ou pas crise, reste le credo des requins. Borloo, l'amuseur du Gronulle, n'est pas de taille à s'y frotter et ses invités d'il y a un an, encore tout émoustillés d'avoir posé leur postérieur sur des chaises en velours, n'ont pas assez vite raccroché leur cravate. Celle-ci s'est tranformée en corde, et ils pendouillent aujourd'hui au bout de la branche.  

VARIANTE : 
En vérité je vous le dis : il est plus facile à une bagnole de passer par le trou d'un borloo qu'à un sans papier d'entrée au royaume des Droits de l'Homme.
13/12/08

Algues vertes  (cf un peu plus bas : Hillion : chiens imprudents)

    Lors d’une conférence donnée ce 4/12/08 à Saint Brieuc sur l’impact sanitaire des marées vertes, le témoignage du docteur Philippe , médecin urgentiste au SMUR de Lannion, en a surpris plus d’un. Cette fois il ne s’agit plus de chiens mais d’humain. L’affaire remonte au 5 juillet 1999. Mr Brifeaud, employé chargé du ramassage des algues vertes sur la plage de Plestin les Grèves lui est amené dans le coma à l’hôpital. Au moment fatidique de son coma -un coma qui va durer 4 jours- il soulevait à la fourche la croûte d’un tas d’algues de 1,5m de haut.
    Le docteur Philippe alerte le service préfectoral de la DDASS. Là encore (comme, plus récemment, pour les chiens), fin de non recevoir. Après un semblant d’enquête par le centre anti-poison de Rennes, l’affaire est enterrée. L’hydrogène sulfuré, à odeur d'oeuf pourri, émanant des algues en décomposition, a de beaux jours devant lui.
    Plus facile pour un préfet d'organiser la chasse aux sans papiers que celle aux algues vertes.

VARIANTE
    En vérité je vous le dis : il est plus facile pour une algue verte de passer par le trou d'un préfet qu'à un sans papier d'entrer au royaume des Droits de l'Homme.
8/12/2008

Arte : la santé en débat

Le 25/11/2008 ARTE diffusait « Mâles en péril », une étonnante enquête dans le monde de la recherche biologique en Europe et aux USA. On apprenait que les « perturbateurs endocriniens » contenus dans les plastiques, les crèmes cosmétiques et surtout les pesticides, avaient pour effet de modifier les caractéristiques sexuelles en provoquant la stérilité, aussi bien chez l’animal que chez l’homme. Un débat suivait la projection du reportage, avec quatre intervenants, dont la Secrétaire d’état à l’environnement.   
    Lors de ce débat, un des intervenants, Alfred Spira, présenté par l’animatrice comme « spécialiste de santé publique », s’est mis à traiter les autres intervenants de "terroristes", en niant avec hystérie les effets néfastes de ces perturbateurs endocriniens sur la santé. Vérification faite, ce Spira ne figurait pas (et ne figure toujours pas) sur la liste des invités annoncés dans la grille d’Arte :
 http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2312242,scheduleId=2287476.html 

trou
    Cela n’est pas sans rappeler quelques sous-marins identiques des grandes firmes empoisonneuses : en particulier le fameux professeur l'Hirondelle, directeur d'un fantomatique "Institut de l'environnement" (entretenant la confusion avec l'Institut Français de l'Environnement), qui magnifiait, il y a quelques années, les bienfaits des nitrates dans l'eau. Ou encore un certain réseau FARRE, prônant, dans le milieu agricole, une soit disant "agriculture raisonnée" et qui n'est rien d'autre que le sous-marin de ces mêmes industriels de la chimie dans les campagnes.


    Ces lobbies de l’industrie chimique sont bien organisés, ont des moyens énormes et savent manipuler les médias… en s'invitant, si besoin de force, dans des débats comme celui d'Arte, une chaîne étonnamment silencieuse sur la manipulation dont elle a été l'objet.

27/11/08

(Dessin de Rémi Malingrëy dans Siné Hebdo)

Banquiers en faillites

soutien   25 000 milliards de dollars évanouis (le Monde du 26/10/08)

Une faillite qui nous fait tous pleurer !

BIG-BANG au CERN

accelerateur

Ces naïfs de scientifiques ! Au lieu de chercher le big bang en arrière de nous, comme ils le font avec cet accélérateur de particules de 26 kilomètres de long, refroidi à  moins 273 degrés -et déjà en panne pour au moins 6 mois-, ils feraient mieux de le chercher en avant. Nos douze bons apôtres de particules élémentaires, nichés au cœur de la matière, risquent bientôt de se faire la malle, en nous pétant à la gueule par manque de carburant.

En effet, depuis 1986 les habitants de la planète excédent en consommation les capacités productrices de la terre. Le jour critique du basculement de la facture vers le crédit sans provision n’a cessé d’avancer. Aujourd'hui, 2008, c'est autour du 23 septembre. Au premier janvier d’une année prévisible, la grenouille voulant se faire plus grosse que le bœuf n’aura plus un rond d’énergie à se mettre sur sa ligne de crédit. Et alors : big bang ! Le chaos assuré ! Chers scientifiques, au lieu de jouer avec les allumettes -la recherche, comme toujours, profite en premier lieu aux militaires-, il est encore temps de sortir de votre trou à rats pour vous occuper de la seule menace sérieuse qui nous guette.

25/09/08

TRÉBRIVAN (22)  maternité porcine

TRÉBRIVAN (22) : MOBILISATION GENERALEtrebrivan
le dimanche 28 Septembre  en après-midi         

pour s'opposer à la réalisation d'une maternité porcine industrielle dans le "château d'eau" de la Bretagne centrale.
Cette maternité, basée sur le regroupement d’éleveurs, cautionne l’irresponsabilité des plans d’épandage collectifs.
Cf à ce propos, sur le site d’Eau et Rivières de Bretagne, le jugement du tribunal administratif de Rennes, en date du 11 septembre 2008, 
annulant un plan d’épandage démentiel de 2965 hectares sur 65 communes d’Ille-et-Vilaine.
 

http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/

L'issue positive de ce projet de Trébrivan serait, pour la filière porcine agro-industrielle bretonne en pleine restructuration, un tremplin pour renouveler l'expérience ailleurs.
Seule une opposition citoyenne légitime et massive à ce projet est en mesure de l’écarter.

Il y a heureusement encore un peu de monde dans ce territoire de Bretagne intérieure, en voie de désertification, pour lutter contre la multiplication effrénée du cochon, qui pollue nos plages et détruit inexorablement nos écosystèmes et nos espaces naturels.
D'autres choix sont possibles.

Aidez-nous et venez faire la fête avec nous.

Le plateau musical, à la hauteur de l'évènement, est impressionnant ! (cf. ci-dessus l’affiche d’Alain Goutal)


Hillion : CHIENS IMPRUDENTS

plage

Le 12 juillet deux chiens sont morts, le museau dans les algues vertes de la plage d’Hillion (22) -cf photo d'André Ollivro-. La propriétaire a porté plainte contre X. La vétérinaire ayant procédé à l’autopsie a déterminé que l’hypothèse la plus probable expliquant cette mort par asphyxie était « l’inhalation d’hydrogène sulfuré produite par la décomposition des algues vertes ». 

Cette hypothèse a été jugée « non corroborée par des faits scientifiques » par la préfecture des Côtes d’Armor. Du coup le parquet a classé la plainte sans suite.

Pendant ce temps, la fête continue : le 4 août, le préfet a autorisé l’installation sur Hillion d’une porcherie de 2337 places. Si vous baladez vos chiens sur la plage d’Hillion, faites-vous accompagner par un expert préfectoral ou adoptez un cochon renifleur.

QUIMPER : drôle de fête de la musique ce 21 juin 2008

Brave mairie annexe de Plogoff, devenue hôpital déambulatoire.

Pourquoi, beau légionnaire, te détournes-tu de moi ?  quimper1quimper3quimper2quimper4quimper4

Quand l'hôpital devient déambulatoire,

L'infirmière se fait  péripatéticienne.

Soignez-vous donc comme tout le monde

à la clinique de Neuilly !

L'été sera chaud !

bientôt ils nous enlèveront aussi l'eau et l'électricité,

sous prétexte que, pour eux, cela n'est pas rentable !

Ré sis tance !

ÉPILOGUE : VICTOIRE !

Par décision du tribunal administratif du 25 juin 2008, l'arrêté de l'ARH supprimant maternité et chirurgie de l'hôpital de Carhaix a été annulé.

RIFIFI EN BRETAGNE INTÉRIEURE

HÔPITAL SUPPRIMÉ À CARHAIX

DÉCHETTERIE GÉANTE À PLOURAY

La "réforme", joli mot inventé par les maîtres du moment pour baptiser leur politique de régression sociale,  fait des étincelles en Bretagne intérieure en matière d'aménagement du territoire. Quand la politique de santé, mise en place par Roselyne Bachelot à travers l'ARH (Agence Régionale d'Hospitalisation) ordonne à l'hôpital de Carhaix de se faire hara-kiri en supprimant ses services de chirurgie et de maternité, qu'est-ce qui reste aux habitants de ce territoire, déjà pénalisé par son éloignement de la côte ? le mouroir d'un service de gériatrie.

Quand les africains d'Abidjan bottent les fesses à la firme GDE (Guy Dauphin Environnement), dont un des dirigeants a été emprisonné en Côte d’Ivoire dans l’affaire de pollution mortelle du cargo Probo Koala, devinez sur quel territoire ce requin du déchet jette son dévolu : 165 hectares de terres agricoles sur la commune de Plouray (la plus grande décharge d'Europe), aux sources de l'Ellé. 150.000 tonnes de déchets prévus avec broyage de voitures non dépolluées et incinération sauvage (comme GDE le fait déjà sur ses autres sites). 

Les Bretons de l'intérieur n'auraient-ils d'autre avenir que le mouroir et les déchets ? Sur ces deux fronts la lutte s'organise :

ce mardi 20 mai 2008 : 

-départ de cars de Carhaix  pour manifester à Paris. Fermeture de toutes les mairies en signe de protestation.

-réunion publique à la salle polyvalente de Plouray à 20h30

ROUNDOPE : un printemps sans pesticides

roundope

MONSANTO ATTAQUE 

Alors que nos ruisseaux et nos rivières sont fortement contaminés par les pesticides,

Alors que qu’une étude du l’Inra et du Cemagref a mis en évidence les risques liés aux pesticides et conduit à mettre en place un plan Santé Pesticides,

Alors que le Grenelle de l’Environnement prône une réduction drastisque de l’emploi des pesticides,

Alors que de nombreux travaux scientifiques ont montré le caractère cancérigène du glyphosate,

Alors que les collectivités bretonnes multiplient les actions pour lutter contre cette pollution et réduire l’usage de ces poisons …

Alors qu’il est indispensable que les particuliers accompagnent cet effort en apprenant à jardiner et à entretenir leurs propriétés sans pesticides…

Alors que les associations responsables luttent pour l’interdiction de vente des pesticides en libre service,

une importante campagne publicitaire à la gloire du Roundup vient d’être diffusée fin avril 2008 dans toute la presse hebdomadaire bretonne !

Lors même que Mosanto a déjà perdu un procès (intenté par Eau et Rivières de Bretagne) pour publicité mensongère en présentant pendant des années ce produit comme biodégradable et protégeant l’environnement

Cette publicité scandalise les consommateurs d’eau qui savent que la plupart des usines de production d’eau potable ont dû s’équiper de traitements supplémentaires pour éliminer les pesticides, et qu’ils en supportent les coûts… Elle a aussi choqué tous ceux, élus locaux, techniciens, responsables associatifs qui sont engagés au quotidien sur les bassins versants pour contrer la banalisation des pesticides et promouvoir d’autres méthodes d’entretien des espaces verts, des voiries, de nos jardins.

Pour informer les Bretons, Eau & Rivières de Bretagne a décidé à son tour de diffuser une publicité en faveur du Roundope !
http://eau-et-rivieres.asso.fr.icodia.info/index.php?47/381

Dez-plogoffPLOGOFF revu en dansant

28 ANS APRÈS

La transmission est assurée.

Le cercle celtique de Douarnenez, sous la houlette de Gildas Sergent, ne se confine pas à la célébration du folklore breton.

Les 26 et 27 avril 2008, à Douarnenez, devant une foule compacte, leur création dansée "Plogoff an Arvest"" a fait l'unanimité. Nous avons désormais notre "Breizh Side Story".

En s'attaquant à l'histoire de la lutte de Plogoff, presque trente ans après, le risque était réel : celui de tomber d'un côté dans le réalisme de la reconstitution historique, ou, de l'autre, dans le machiavélisme d'un affrontement sans parole entre bons et méchants.

Ils s'en tirent à la perfection en évitant tous les pièges, avec 60 acteurs danseurs, batteurs de fûts et musiciens, une troupe comme les compagnies professionnelles aimeraient aujourd'hui s'en offrir.1980

Il faut voir les gardes mobiles danser d'un bloc compact en envoyant valser les barricades. Dans leur élan, ce sont toutes les créations poussives des cultureux, ringardes d'avant-gardisme, qui voltigent de ridicule. Pas de danger que les "Korriged Is" soient invités au Quartz ! Et c'est tant mieux !

La complainte de Plogoff, création du groupe Storlok, chantée autrefois par Mona Jaouen, aujourd'hui par une belle pensardine en tricot rayé (Koulmig Hascoët), nous émeut toujours aux larmes. L'ombre du regretté Jean Marie Kerloch, l'ancien maire de Plogoff, plane alors sur l'assistance.

Le nouveau "clown atomique", Claude Le Bozec, est arrivé (cf son initiation sur la photo Ouest-France 28/04/08 ci-dessus, en tenue d'époque). Il ne lui restera plus qu'à affronter les gardes mobiles "in situ" lors d'un prochain conflit. Cela ne devrait pas manquer, par ces temps où les multinationales veulent imposer aux états leurs diktats (cf par exemple "Ploufragan" ci-dessous). 

site de Claude Le Bozec, qui se construit une maison en paille : http://maisonpaillecombrit.over-blog.com/

Les anciens combattants toujours jeunes : Félix et Nicole le Garrec (leurs images de "Des pierres contre des fusils" sont projetées sur écran)... en compagnie des journalistes de l'époque, aujourd'hui retraités (ah l'ineffable Jean Charles Pérazzi ! auteur de l'article O-F ci-contre du 15/03/80), étaient au premier rang pour assurer la transmission de la flamme anti-atomique à ceux qui, à l'époque, pour la plupart, n'étaient pas nés.

Souvenirs, souvenirs...

PS : Bizarrement, le site officiel de la mairie de Plogoff (http://www.plogoff-pointeduraz.com/htfr/0005.htm) ne consacre pas une ligne à ces évènements, qui ont pourtant fait la renommée internationale de la commune. Sur leur site (il est vrai en gestation) les photos de paysages de la commune sont superbes, mais pas un merci à ceux qui ont contribué à les préserver. Trou de mémoire ? Ça se soigne ! 

UNE DERNIÈRE SCÉANCE est prévue le dimanche 12 juin 2011 à la salle des fêtes de CAVAN (22)

MISSILES de proximité

missiles

Dormez tranquilles brave gens ! L'armée veille sur vous. La preuve ? Cet accident survenu le 17 mars 2008, vers 11h, sur la nationale 164, au niveau de Plémet (22).

Un camion et sa remorque se sont retrouvés au fossé suite à un malaise du conducteur. Un deuxième véhicule identique suivait. Le convoi banalisé avait été affrété par la Marine nationale pour transporter des missiles (3 par véhicule) du centre de pyrotechnie de Brest vers un bateau basé à Toulon.

Les missiles risquaient-ils d'exploser ? Non bien sûr ! La meilleure preuve c'est qu'un périmètre de sécurité de 800 mètres a vite été établi autour du lieu de l'accident et une dizaine de maisons évacuées. Le temps de sortir, sans témoins, le camion et sa remorque de la douve. À la tombée de la nuit, les missiles repartaient sur Brest.

Le pompier placé au premier plan de la photo (prise par Yves Oliviéro - Le Télégramme), tenant courageusement sa lance a été baptisé "bouclier anti-missile". Il va bientôt être embauché en Afghanistan, où Sarko a décidé d'expédier 1.000 soldats supplémentaires, pour renforcer les 1.500 qui s'y trouvent déjà. Le risque se rapproche. Vive la politique de proximité ! 

Ajout au 24/03/08
La France s'apprête à effectuer un nouvel essai du futur missile  M51, d'ici la fin de la semaine au centre de Biscarosses dans les Landes. Ceci en totale violation du Traité  de non Prolifération que notre pays n’a pourtant signé qu'en 1992, en rejoignant 186 autres états signataires. Au moment où la communauté internationale agit pour limiter la prolifération nucléaire à de nouveaux états, la France perd son crédit en s’autorisant ce qu’elle interdit à d’autres.

ENQUÊTE PUBLIQUE et mairie annexe

Le commissaire enquêteur chargé, avec ses deux acolytes, de recueillir les dépositions concernant la centrale thermique de Ploufragan (voir plus bas à "Ploufragan") vient de transmettre au préfet des Côtes d'Armor ses conclusions (que ce dernier, bien évidemment, ignorait jusqu'ici  !). L’avis est favorable. Les petites réserves, émises pour la forme, ne peuvent faire illusion. L'intérêt de GDF passe avant l'intérêt général. Le vote négatif de la totalité des treize municipalités concernées ainsi que celui, tout aussi unanime, de la Communauté d’Agglomération (CABRI) et de la CLE (Commission Locale de l'Eau) comptent pour du beurre.

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Photo J-F Andrieux

Il fallait s’attendre à une telle conclusion : le chargé de communication de GDF, commanditaire de cette centrale, n’a pas lâché le commissaire enquêteur d’une semelle pendant toute l'enquête, se permettant de porter l’antienne à tous les citoyens venus déposer en mairie sur le registre public. Étrange liberté prise avec l'esprit du code de l’environnement concernant les enquêtes publiques, qui prend pourtant toutes précautions pour que l’enquête publique ne soit pas placée sous influence :

(Loi 2002-276 du 27 février 2002 art. 138 Journal Officiel du 28 février 2002)
Article L123-6
"Ne peuvent être désignées comme commissaires enquêteurs ou comme membres de la commission d'enquête les personnes intéressées à l'opération à titre personnel ou en raison de leurs fonctions, notamment au sein de la collectivité, de l'organisme ou du service qui assure la maîtrise d'ouvrage, la maîtrise d'oeuvre ou le contrôle de l'opération soumise à enquête. "

annexeL'exigence de neutralité, qui prévaut pour le choix du commissaire enquêteur, prévaut à fortiori pour la manière impartiale dont devrait se dérouler l'enquête. Il s'agit d'un principe démocratique de base. Faire pression sur un déposant c'est comme si un candidat  se permettait d'accompagner un électeur dans l'isoloir.

De Plogoff à Ploufragan à il n’y a que quelques lettres manquantes (deuxième f et o) pour y lire un superbe anagramme. Dans les deux cas, l’enquête publique a été pipée. C’est dire, qu’à 28 ans de distance, les mœurs politiques n’ont guère évolué. Les enquêtes, soi-disant démocratiques, destinées à recueillir l’avis de la population, sont toujours sous haute surveillance et le peuple est prié de se satisfaire d’une décision déjà prise.

Ne restait plus qu’à faire le lien entre ces deux évènements. C’était l’objectif de la manif réunissant ce samedi 8 mars 2008, à Ploufragan, à l'initiative du CURC (Comité Urgence Réchauffement Climatique), 300 citoyens venus inaugurer avec humour une « mairie annexe ». Un garde républicain, déjà présent à Plogoff, surveillait l’opération, bouée à la main (il s'agit d'une zone humide), pour empêcher GDF d'approcher et de venir troubler cette nouvelle enquête, placée, cette fois, sous le contrôle des citoyens et des élus locaux, présents en masse. 

Un gros bloc à échantillons a été présenté à la population qui a pu choisir librement... la couleur du papier peint du bureau du directeur de la future centrale. Vous voyez qu'on vous consulte !
Le burlesque n’est pas du côté qu’on croit.

(photo Michel Guillaume)
bénédiction

NOUVELLE FÊTE MANIF : le dimanche 18 mai 2008, sur le terrain du Pré Rio : inauguration d'une place de la Résistance avec totem géant. Pique nique. Jeux. Grillades galettes. (de 11h à 17h)

500 personnes ont participé à la fête, avec abattage d'une cheminée cracheuse de fumée, érection d'un totem protecteur sur le terrain de Pré Rio et inauguration d'une rue de Grenelle. De nombreux élus étaient présents pour manifester leur opposition à ce projet aberrant. L'abbé La Connerie de la Panne, grand exorciste délégué par l'évêché, a généreusement béni le totem en se fendant de quelques danses bretonnes rituelles pour éloigner Satan de cette zone humide. Ne manquait que le préfet, qui doit bientôt annoncer une décision sans surprise, tant il nous a habitué à ce simulacre de démocratie, pompeusement appelé "enquête publique". (photo Michel Guillaume)

RELIGION : du nouveau !

souriez

LE CHANOINE DU LATRAN : un nouveau théologien de la libération

... "Sans doute musulmans, juifs et chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même façon. Mais au fond, qui pourrait contester que c'est bien le même Dieu auquel s'adressent leurs prières ? Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque homme. Dieu qui n'asservit pas l'homme, mais qui le libère… "
Sarkozy, le 14 janvier 2008, devant le Conseil consultatif saoudien, à Riyad (Arabie Saoudite). 

..."Dans la transmission des valeurs et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance ..."
Sarkosy, le 20 décembre 2007 à St Jean de Latran (Rome)

ET POUR LES MÉCRÉANTS :

..."Casse-toi pauv'con" 
Sarkozy le 23/02/08 au salon de l'agriculture de Paris. (Texte de Guaino)

Pour ceux qui s'intéressent à la théologie et aux mythes fondateurs : un lien avec le site d'Etienne Duval :
http://etienneduval.neuf.fr/La%20parole%20qui%20rit.htm


Souriez les filles !

VERS l'ÉLYSÉE

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Marc Morvan, sculpteur quimpérois -au centre de la photo déguisé en Bécassine-, a tenu à répondre aux propos désobligeants du candidat Sarkozy sur les Bretons, lors de sa visite au Cross Corsen, rapportés dans le livre de Yasmina Réza ("j'en ai rien à foutre des bretons"), en créant une sculpture intitulée « les Bretons ». Il s’est proposé de l’offrir au chef de l’État aux fins de l’exposer à l’Élysée. Un collectif d’artistes, dont le Sous-secrétaire d’Étables aux peuples oubliés -Jean Kergrist à la droite de Bécassine-, réunis au sein d’un collectif ARB -Art Revendicatif Breton- se propose de l’accompagner. Le mouton géant -à l’arrière plan- fera aussi partie de l’expédition.


Pour en savoir davantage, cf. le site de Marc Morvan :
http://marc.morvan.quimper.free.fr/



Photo Madeleine Ropars 12/01/08


SUITE AU 18/02/2008
L'ARTICLE DE "AUJOURD'HUI  la France" datée du 19/02 :
elysee


L'expédition élyséenne a bien eu lieu (cf article ci-contre).  Sur la photo on ne voit,  malheureusement pas, les vingt autres membres de l'aventure. Nous avons fait halte à Rennes le samedi, puis à Montreuil pour une animation de rue le dimanche après-midi, organisée par la Machinante (Didier Koeurspurs du 26 ROCKBROWN) qui nous accueillait. Ce lieu à lui seul vaut le détour. 

Le lundi matin, quatre motards sont venus "encadrer" notre convoi, dont le mouton géant, à la sortie du périphérique. Après avoir grillé pas mal de feux rouges, grâce à nos motards zélés, nous avons atterri près de l'église St Augustin où une compagnie de CRS nous attendait. Seules trois personnes furent autorisées à accompagner Marc Morvan en direction de l'Elysée. Au portail présidentiel il a fallu encore abandonner derrière nous une des échassière déguisées en bigouden (ou l'inverse) car la consigne était formelle : pas plus de trois (comme le cheval) à pénétrer par la grille de la petite porte latérale de service. 

Après le passage obligé au détecteur de métal et fouille de mon sac sous-ministériel, Marc a été invité à déposer ses deux statues sur le comptoir. Impossible, malgré notre demande, d'accéder à un quelconque secrétaire ou chef de cabinet. Refus également du préposé à la sécurité de signer le bordereau de dépôt des sculptures. 

Au retour, nos accompagnateurs galonnés, plutôt courtois, ont demandé à se faire photographier à nos côtés.

Le mouton géant, qui était aussi de l'expédition, n'a pas pu approcher. Il n'aurait fait qu'une bouchée du petit Nicolas. le roi est nu ! Le bouffon a fait son boulot.

PLEIN DE PHOTOS DE L'EXPÉDITION SUR :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/gradlon2/video/x4gazp_moutonparisdm_creation

et aussi sur : http://www2.balao.fr/marcmorvanalelysee/

PLOUFRAGAN

    Le marché de l’électricité est maintenant ouvert. Appâtés par ce sésame juteux, les industriels privés se précipitent. Sous prétexte de conjurer une éventuelle panne de réseau au moment des pointes de consommation, ils prévoient d’installer un peu partout en France -et en Europe-, surtout en proximité urbaine –le coût du transport vers le consommateur est moindre- des dizaines de générateurs à fuel ou à gaz. Ceci en totale contradiction avec la consigne affichée au Grenelle de l’Environnement de lutter contre le réchauffement climatique et de favoriser les énergies renouvelables.
    Les requins privés attendent leurs dividendes la bouche ouverte. À Ploufragan -22-, c’est GDF et RTE qui sont aux commandes. « Une centrale au gaz et au fuel en cas de panne », proclament-ils. L’argument est plutôt clownesque quand on sait que la panne viendra bientôt de l’épuisement des ressources énergétiques fossiles. Une fois construit, ce générateur sera rentabilisé à plein. Avec, à la clef, des incitations publicitaires à consommer l’électricité produite en excès. Adieu les économies d’énergie !       9/12/07

humide


L’enquête publique et ouverte, en mairie des 10 communes concernées, jusqu’au 7 janvier 2008. Courez vite y déposer votre autographe !

Grande manif  au Pré Rio (Châtelets) le samedi 5 janvier 2008 à 15h (avec discours du sous-secrétaire d'Étable au réchauffement climatique)

DERNIÈRE NOUVELLE : Après une lutte acharnée, toutes les communes concernée ainsi que la Cabri (Communauté d'Agglomération) viennent de voter un avis défavorable à ce projet ubuesque. (8/02/08)

NOUVEAU REBONDISSEMENT (27/02/08) : Malgré tous ces votes défavorables, le commissaire enquêteur, bien secondé par le chargé de com. de GDF, illégalement présent à ses côtés durant toute la durée de l'enquête, vient de rendre au préfet un avis favorable. Les quelques réserves émises ne compensent pas cette grave irrégularité de procédure (voir plus haut à "enquête publique").

Quand un sous-secrétaire d'étable s'aventure en zone humide (manif du janvier 2008 avec,  à droite, la remorque podium)

(Photo Michel Guillaume)

CHER ODDC

Cher ODDC,
    J’ai vu ton annonce dans « Le cri de l’ormeau » de décembre 2007 (page 3). Tu cherches des « lieux chaleureux » pour programmer, en avril prochain, ton festival des « petits riens » chez des particuliers.
    Ça tombe bien : je suis justement un particulier chaleureux. Ma salle à manger satisfait presque à ton exigence de mettre à ta disposition un lieu de 45 m2 minimum. Je m’engage, pour y arriver, à abattre la cloison de ma cuisine.
    De ton côté, tu feras, j’espère, un petit effort. Voici celui que je te suggère : je te laisse empocher les entrées et, en contrepartie, tu me files tes subventions. Avec cette aide, que j’imagine substantielle, je pourrai programmer les spectacles que j’aime.
    Dernier point : si tu proposes encore ton fameux cycle de spectacles « en résistance », trouve-moi des kalachnikovs. La denrée se fait rare et j’en ai grand besoin.
Bien à toi
Nicolas Môquet   02/12/07

Notes :
1-L’ODDC (Office départemental de Développement Culturel) est un organisme "satellite" (l'expression est du président de l'ODDC) du Conseil Général 22. Subventionné à plus de 90%, il possède un monopole de fait sur la vie artistique du département.
2-« Le cri de l’ormeau » est une revue mensuelle annonçant les manifestations artistiques en département 22.

PS : Pour en savoir davantage sur le sujet, faites un petit tour, sur ce même site, à la rubrique "pouvoir artistique"  (dans http://pagesperso-orange.fr/kergrist/vie.html)

provost

AJOUT AU 20/12/07 :
BILAN ODDC
   L’ODDC vient de publier le bilan de son « festival des arts de la parole » 2007. Au regard des 280.000 euros de budget déclaré (on ne précise pas si ce chiffre englobe les salaires des permanents ), on peut s’étonner de ne n’y voir aucune mention des recettes. Quelle est, dans ce budget, la part des entrées payantes, c’est-à-dire authentifiée par une billetterie d’entrée déclarée ? En l’absence de cet élément déterminant, tout bilan chiffré n’est que poudre aux yeux. La raison de cette omission semble évidente. La part habituelle des recettes de billetterie dans les comptes de l’ODDC se situe en dessous des 5%. Quel autre organisme culturel (festival ou compagnie) pourrait se permettre de présenter un autofinancement aussi désastreux ?

AJOUT AU 27/12/07
En se déclarant candidat à sa propre succession comme Conseiller Général du canton sud de St Brieuc, Christian Provost, président de l'ODDC, a revendiqué les actions artistiques de l'ODDC comme étant "au coeur de son bilan" (cf.,  à droite, la coupure de presse du Télégramme du 22/12/07). On peut donc en conclure que le budget de l'ODDC émargera désormais à son budget de campagne électorale.


AJOUT AU 20/03/08
Le programme "petits riens" 2008 commence par un édito d'autojustification, signé de son président et de son directeur. Une petite phrase attire l'œil : "sans eux , plus de culture dans beaucoup d'endroits des Côtes d'Armor, sans eux plus d'ODDC". Devinez qui est derrière ce "eux" (de pâques) ? Une mauvaise langue (devinez laquelle ?) pourrait imaginer que ce "eux" désigne le million et demi d'euros de transfusion, directe et permanente, du Conseil général 22 à l'ODDC. Non ! Il s'agit des "plus de 100 partenaires" avec qui l'ODDC travaille.
Le jour où ces 100 partenaires, refusant de jouer les assistés, redresseront la tête en demandant directement au CG22 les aides auxquelles ils peuvent prétendre  pour leur propre création et diffusion artistique, la culture en 22, loin de disparaître, commencera à se consolider.
 

Tout ceci est explicité en détail dans "Chronique brouillonne d'une gloire passagère" de J.K. édité chez Keltia Graphic (cf. les deux premiers chapitres)
en librairie depuis le 20/02/2008. Voir à la rubrique livre de ce site : http://pagesperso-orange.fr/kergrist/livres.html

 MANIF canal de Pont Triffen contre la destruction des écluses  (24/11/07)

Discours du Sous-secrétaire d’Étables (arrivé sur le toit d’une péniche)

    Excusez-moi j’arrive un peu en retard. J’étais au Guilvinec à résoudre le problème des marins pêcheurs  (on entend « Enculé ! »). Qui est-ce qui a dit  ?  C’est toi qui a dit ça ? Ben descends un peu le dire. Descends un peu !

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    En ma qualité de Sous-secrétaire d’étables aux canaux et aux tests ADN, j’ai été missionné en Bretagne pour participer cet après-midi à votre comice agricole, le président étant pris du côté de Pékin, Djaména, Guilvinec, Moscou, Nouille York et Montcul où il inaugurait ce matin des chiottes publiques. La ville de Montcul vient d’être exclue du Monopoly et le Président prend la chose très à cœur.
    Surveillez quand même bien l’écluse dans le virage là-bas car il est chiche de se ramener en vedette me couper la vedette en me piquant mes effets d’annonce.
    C’est donc à moi qu’incombe, du moins pour l’instant, la lourde charge de calmer votre grogne en planchant sur les canaux et aussi sur les tests ADN. Car je cumule aussi ce sous-ministère. Rassurez-vous, ce cumul est justement rémunéré. Mon salaire vient d’augmenter de 200%.

    À propos de grogne, je salue en passant Sébastien le Balp, qui m’a prêté sa fourche, les bonnets rouges et les chapeaux ronds ainsi que tous les timbrés, avec papiers.

    Qu’est-ce que j’apprends ? Y’a des saumons qui changent de nom en cours de route, s’appelant tantôt tacon, tantôt smolt, tantôt castillon, tantôt Madeleineau. Ce changement d’identité n’aurait-il pas pour but de camoufler  des sans-papiers ?

    Qu’est-ce que j’apprends aussi ? On vient de décider, du côté d’Orléans que les canaux bretons n’auraient pas, eux non plus, de papiers en règle et qu’il va falloir les expulser.

    Et, pour couronner le tout, dans les fermes du coin, il paraît que c’est aussi bourré de sans-papiers. Aujourd’hui en Bretagne : 12 millions de cochons selon les organisateurs, 15 millions selon la police. Ce qui nous fait dans les 3 millions de sans-papiers, mais qui, certes, nous mets aussi à l’abri d’une pénurie d’andouilles.
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Avant d’en venir aux canaux, ce que j’imagine vous attendez tous, permettez-moi, en tant que sous-ministre du Groëland, de dresser un rapide bilan de notre récent Gronulle de l’environnement qui vient d’aboutir à des résultats décisifs. Je ne vous cite que quelques mesures radicales :
    Les semences OGM viennent d’être suspendues par un moratoire… qui va durer tout l’ hiver, saison comme chacun sait très propice aux semailles.
    Autre exemple : on ne construira plus d’autoroutes… sauf évidemment exception : pour contourner les villes et pour aller d’une ville à l’autre.
    Autre mesure décisive : nous sommes déterminés à diminuer de moitié ces pesticides qui empoisonnent notre nourriture. Cette diminution se fera sur… deux siècles. C’est dire notre grande détermination à agir dans la durée, dans le cadre d’un développement durable.
    Pour limiter le réchauffement climatique, nous allons… réfléchir, activité qui a l’avantage de pouvoir durer également très longtemps, tout en n’étant pas trop consommatrice en gaz carbonique.
   
    Nous ne construirons plus de nouveaux sites nucléaires. Les nouvelles centrales seront construites uniquement sur les 80 sites déjà existants, dont Brennilis.
    Ah le nucléaire ! cette grosse cocote minute inventée par Papin à la fin du 17ième siècle, transformant la vapeur en électricité, avec 70% de perte, belle innovation qui ne provoque pas de gaz à effet de serre… même si elle produit, par-ci par-là, grâce à ses déchets, quelques petites mutations chromosomiques. Suite à ces mutations, si vos petits enfants naissent un jour avec quatre pieds, certes ça vous coûtera un peu plus cher en sabots, mais, avec quatre jambes, c’est quand même plus pratique pour courir après les vaches. Et si d’autres naissent avec deux langues, cela favorisera en Bretagne la cause du bilinguisme et facilitera aussi la prise de salive pour les contrôles ADN.

    Mais venons-en aux canaux ! S’ils sont pollués, chacun sait que ce n’est pas à cause des gentils riverains qui ont rasé tous les talus pour gagner plus en rasant plus et qui répandent pesticides, lisier et nitrates sur leurs champs. Ce n’est pas non plus à cause des stations de traitement des eaux, ni des piscicultures, ni du tout-à-l’égout des particuliers.  Non, les coupables sont ailleurs. Nous les tenons enfin. Grâce au flair de quelques vaillants limiers de la fédération de pêche, nourris exclusivement au saumon sauvage. Les coupables, je le dis bien haut et fort, ce sont les écluses.

triffen5    Ah ! elles cachaient bien leur jeu ces salopes quand elles couinaient des gongs pour se faire plaindre à chaque passage de péniche ! Le ravinement des terres, le lisier, les pesticides, les nitrates : c’étaient elles. Elles nous pissaient tout ça la nuit en douce. Et l’agence de l’eau n’y voyait que du feu.     Heureusement que le président de l’agence, le brave Ambroise de Pouldreuzic, a mené une enquête minutieuse permettant de disculper nos amis riverains en dénonçant enfin les vrais coupables.    Nous avons donc engager de vaillants Talibans kamikazes : ils vont s’attacher une ceinture de dynamite autour du ventre afin de se faire sauter avec les écluses, ces ennemis ignobles contre lesquels nous venons de lancer une fatwa. Allah Akbar ! Dieu est grand et Ambroise est son prophète !

    Et quand nous en auront fini avec les écluses, il nous restera encore du boulot : combler la tranchée de Glomel, creusée en toute illégalité par des bagnards, au détriment du marais initial et de ses si jolis moustiques, si représentatifs de la diversité du biotope. Puis effacer toutes traces du passage de l’homme, cet ennemi de l’écosystème. Mener un travail de taupe dans le biotope et, enfin, l’apothéose, mettre un saumon sur le trône, lui, qui, jusqu’ici, terminait plutôt dans l’assiette. Allah Akbar ! Morts aux écluses et vive Cro-Magnon !

    Un saumon un peu tendancieux, dont je n’ai pas vérifié l’ADN, que j’ai récemment reçu au ministère, m’a raconté comment il était parvenu sans dommage, grâce aux échelles à poissons, à rejoindre sa belle, nageant des mers du Groëland jusqu’aux frayères de l’Aulne sur les hauteurs des monts d’Arrée. Il m’a expliqué que sa crainte principale, pendant ce long parcours, n’était pas de sauter les écluses mais de se faire sauter dans la poêle des pêcheurs. Il se trompe bien évidemment. En cette affaire, je serai impartial, intraitable : si je fais sauter les écluses, j’interdirai aussi les poêles.

    Quant à la terre, aux lisiers, aux pesticides et aux nitrates, ils ont vocation naturelle à aller à la mer pour donner naissance aux fameuses algues vertes, si prisées des touristes, car si typiques de la Bretagne côtière… alors que le saumon, lui, a vocation à remonter dans l’autre sens, vers la source. Les uns descendent, les autres remontent. Le problème s’est d’éviter qu’ils ne se croisent en cours de route, ce qui devient source de conflits. J’ai donc demandé à Ambroise de Pouldreuzic de faire installer des pipelines à lisier et à nitrates le long du canal, dans les rigoles de ceinture.

    Les communes pourront ainsi puiser directement leur eau en se branchant sur ces pipelines, ce qui ne les changera pas beaucoup. En pompant dans le canal, elles prenaient jusqu’ici trop de risque : un poisson pouvait passer sans crier gare par le robinet dans le biberon du bébé, au risque de l’étouffer. Si certaines communes le préfèrent, elles pourront aussi se brancher sur des tonnes à pinard, ce qui nous permettra, dans la foulée, de résoudre la crise viticole.

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    Reste le problème posé par les péniches, car ce canal, si je me souviens bien, a, au départ, il y a près de deux siècles, été aménagé pour elles. J’ai réfléchi toute la nuit avant de venir et j’ai trouvé la solution : il faut leur mettre des roues à ces péniches et les transformer en camping car. La nationale 164, juste à côté, sera heureuse de les accueillir et, en plus, elles pourront aller beaucoup plus vite car c’est une honte aujourd’hui de ne faire que du 8 km heure, alors qu’il faut aller beaucoup plus vite si on veut gagner plus.

        Quant aux promeneurs, flâneurs et randonneurs, glandeurs, qui aiment se balader le long des berges et du halage, sans motif nettement défini, gratuitement en plus -c’est dire s’ils ne sont d’aucune rentabilité pour notre économie- nous leur proposerons un vaste ensemble touristique, construit ici, à Pont Triffen, avec un superbe canalorama, payant, avec promenade virtuelle, en relief, le long du canal que nous auront pris soin de filmer avant de le détruire.

     Reste les kayakistes, un nom qui flaire l’étranger à plein nez. Avec leurs deux K, ne feraient-il pas partis du PKK ? Nous les conduirons donc dans un centre de rétention ultra moderne avec cascades d’eau vive construites avec les vielles pierres des écluses.

    Je n’oublie pas les pêcheurs à la ligne. Comme, sur certaines portions du canal, il n’y aura même pas un filet d’eau pour faire remonter une loche, non demanderons aux enfants des écoles -qui en ont déjà l’habitude lors des kermesses du curé ou du cochon laïc de l’amicale grillée- de fabriquer des pochettes surprise et des poissons en chocolat pour les attacher au bout des lignes. Ainsi, plus aucun pêcheur ne rentrera le soir bredouille.
  
    Et alors le canal, enfin débarrasser de tous ses gêneurs, pourra retrouver sa vocation initiale de tout à l’égout.

triffen4  Et si Isabelle, qui balade, quelques écluses plus bas, ses 3 pénichettes et ses 4 pédalos, veut sauver sa peau, elle n’a qu’à se transformer en saumon.

    Quant à moi j’ai fait mon choix. Je me mets délibérément du côté de l’ethnie aujourd’hui dominante en me transformant tout de suite… (il met son masque)… en cochon.
 
      Si certains ont encore des questions à poser, ils peuvent le faire par Internet où mon sous-ministère vient d’ouvrir un site, ce qui me permet de dialoguer avec la populace sans prendre un jet de lisier dans la gueule. Je vous en donne l’adresse : WWWC-7-1-Q-K-P-T.
    Allah Akbar ! Dieu est grand ! Le cochon est son prophète !



Pont Triffen 24/11/07 
- photos Paul Pairel (1-2), Yves Pouchard (4), Pierre Morvan (3 et 5)

SUITE :
Le  30/11/07 à Orléans, le Comité de Bassin a pris la décision par un vote (50 voix pour, 10 voix contre et 30 abstentions) de conserver au canal sa vocation initiale de voix navigable. Il reste maintenant à s'attaquer au problème de la pollution de l'eau. On espère que les défenseurs du canal seront aussi nombreux aux avant-postes de cette lutte.

NOUVEAU : Retour visuel sur la problématique du conflit surgit à l'automne 2007 :

le projet de destruction de 98 écluses du Canal de Nantes à Brest .
Cliquer sur ce lien pour décharger un diaporama exposant les enjeux et dessous de l'affaire :

canal.pps

(Un peu de patience : poids du diaporama : 19,5 Mo : entre 3 et 10 minutes selon le débit)

 NUCLÉAIRE, le retour

    À lire ces temps-ci la presse, le nucléaire aurait encore de beaux jours devant lui. Un puissant lobby sait tirer partie des crises énergétiques pour le promouvoir dans l’opinion. En 1974 c’était la crise pétrolière, en 2005 le réchauffement climatique. Jean Marc Jancovici, par exemple, un expert conseil se disant « indépendant » -qui n'est autre que le conseiller particulier de Nicolas Hulot- se répand en conférence sur « l’avenir climatique », magnifiant le nucléaire, une énergie « propre ».
    Pourtant rien de plus obsolète comme technique : fabriquer de la vapeur à partir d’un combustible non renouvelable pour ensuite la transformer en électricité, c’est-à-dire – d’après le principe de Carnot- avec plus de 50% de perte. Une vraie gabegie énergétique ! Autant l’éolien ou le photovoltaïque constituent une avancée technique, autant le nucléaire marque une régression nous renvoyant à la machine à vapeur de Papin (inventée en 1687).
    Certes, comparé au seul thermique à base de charbon, la production de CO2 s’en trouve réduite. Mais qu’est-ce que ce gain à côté de la production, pour des milliers de générations, de déchets dangereux dont on ne sait que faire ? Entre léguer aux générations futures un réchauffement climatique contre lequel on peut encore lutter et un poison nucléaire irréversible, mon choix est vite fait.
5/11/07  

 "DÉBARRAGE"du canal de Nantes à Brest

Pour répondre aux objectifs de qualité de l’eau recommandés par Bruxelles à l’horizon 2015, l’agence de l’eau Loire-Bretagne vient de préconiser le démantèlement des canaux bretons. La connivence entre des technocrates, soucieux de rentabilité à court terme et d’écolos  bornés, opposant nature et culture, risque de porter un rude coup au patrimoine de Bretagne intérieure, construit autour du canal de Nantes à Brest.    

    En deux siècles, un biotope très riche s’est constitué autour de ce canal. Pour ce qui est des poissons, les associations locales de pêche, ces dernières années, y ont beaucoup contribué en y aménageant les roselières, espaces favorisant la fraie des poissons blancs. Avec les passes à poisson de la nouvelle génération, les espèces migratrices, comme le saumon, ne rencontrent quasiment plus d’obstacles. La plupart des pêcheurs savent que débarrer le canal serait pour eux une totale aberration. L’été, le canal se réduirait à un oued africain où aucun poisson ne pourrait subsister.
(cf la photo ci-dessous, prise aujourd'hui, lors de la réfection d’une écluse à la sortie de la Tranchée de Glomel)

    Dans la logique apocalyptique de ces quelques jusqu’au-boutistes de l’environnement, il faudrait aussi, pour revenir à l’état naturel, combler la tranchée de Glomel pour y reconstruire le marais initial, milieu très riche s’il en est, détruire le barrage de Glomel et celui de Guerlédan.
    L’homme et son travail fait partie de notre biotope. On appelle cela la culture. Détruire notre patrimoine, sous prétexte de satisfaire l’assiette d’un petit lobby de pêcheurs de saumon, procède d’une logique d’ayatollah détruisant les statues de Bouddha : sus au travail de l’homme et vive le retour à Cro-Magnon !
    Tous les usagers du canal (sportifs, randonneurs, amoureux du patrimoine, consommateurs d’eau, plaisanciers, kayakistes…) ne devraient avoir qu’un but commun : le retour à la qualité de l’eau. En ce domaine, les solutions magiques n’existent pas. Plutôt que de fermer les yeux en tirant la chasse avec les technocrates de Bruxelles, il nous faut agir sur les vraies causes de la pollution. Affaire autrement plus subtile ! Chiche ? 

4/11/07

Note au 5/11/07

Un ami me fait remarquer, à juste titre que, dans l'affaire, "les technocrates de Bruxelles" n'y sont pour rien, puisque la décision a été prise par l'agence de l'eau et son président Ambroise  Guellec, Conseiller régional, maire et député européen UMP. Je propose donc une autre version des deux dernières phrases : "Les gros pollueurs du canal ont enfin trouver un alibi  écologique  : la pollution c'est pas nous, c'est la faute aux écluses. Plutôt que de fermer les yeux en tirant avec eux la chasse..."

TOUS À LA PREMIÈRE MANIF PRÉVUE CE SAMEDI 24 NOVEMBRE 2007 APRÈS-MIDI À L'ÉCLUSE PONT TREFFIN -CLEDEN-POHER-29


ECOLOCLOWNERIE

    Lors du Grenelle de l’environnement, le personnage clownesque du « sous-secrétaire d’étables aux colloques agricoles », que j’ai baladé pendant des années, de fêtes en manifs, a trouvé plus ubuesque que lui. Oyez plutôt :
    Les semences OGM sont suspendues par un moratoire… qui va durer l’hiver, saison comme chacun sait très propice aux semailles.
    On ne construira plus d’autoroutes… sauf exception notoire : pour contourner les villes et pour aller d’une ville à l’autre.
    On va diminuer de moitié les pesticides… sur deux siècles. C’est dire notre grande détermination à agir dans la durée, dans le cadre d’un développement durable.
    Sur le réchauffement climatique, les incinérateurs, les biocarburants nous allons… réfléchir, activité qui a l’avantage de pouvoir se prolonger longtemps sans être trop consommatrice en gaz carbonique.
    Nous allons développer le transport par rail… c’est-à-dire le TGV. Les usagers des lignes secondaires, comme les vaches, auront le droit de regarder passer le train.
    Nous allons proposer une taxe sur les voitures polluantes… Les pauvres iront à pied, ce qui les réchauffera leurs pieds sans pour autant réchauffer la planète.
    Il ne sera plus construit de nouveaux sites nucléaires… les nouvelles centrales le seront sur ceux déjà existants.
Et Hulot, Voynet, Bové d’applaudir.
Vraiment bon public ces écolos !
    C’était le moment choisi par Bruxelles pour entrer en scène avec une surenchère clownesque encore plus désopilante : l’annonce de l’abandon de notre patrimoine fluvial par le démantèlement des canaux bretons (le Télégramme du 28/10/07).
    Au secours, nos clowns sont devenus fous !

Jean Kergrist
Clown retraité 28/10/07                                                                                 Si vous voulez réagir à ce texte, il se trouve aussi sur le blog Ouest-France, avec de multiples réactions :

http://blog.ouest-france.fr/index.php/?2007/10/30/303-conclusion-du-grenelle-de-l-environnement-par-le-clown-jean-kergrist

Additif au 5/11/07 :
L'annonce par Sarkozy du gel des nouveaux sites nucléaires est à pleurer de rire : la France a déjà plusieurs centaines de sites nucléaires répartis sur tout le territoire et les projets de nouvelles installations sont tous sur des sites déjà existants :

- le réacteur EPR est prévu sur le site de le centrale nucléaire de Flamanville (Manche)
- le réacteur à fusion nucléaire ITER est prévu dans le site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône)
- l'usine GB2 d'enrichissement de l'uranium est en construction sur le site nucléaire de Pierrelatte (Drôme)
- le site d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure (Meuse) a déjà été créé.
Mais plus c'est gros, plus ça marche ! Encore 5 points de gagner dans les sondages clownesques !


CHASSE PÊCHE NATURE... ET RELIGION


En mai-juin, à l’abbaye de Bon Repos (St Gelven-22), la culture officielle costarmoricaine (CG22/ODDC), offre aux autochtones du Centre Bretagne (appelés aussi « population locale »), une biennale d’art contemporain intitulée « murmures ». Sur un thème cher au candidat Nihous, un joli texte annonce l’expo. Petit extrait. Accrochez-vous, ça va décoller !
 
    "Le projet de Victoria Klotz, à la dimension onirique, est centré sur l’idée d’une mystique de la chasse. Inspirées de la légende de la construction de l’abbaye de Bon-Repos, des photos montées dans des caissons lumineux, figurent endormis des chasseurs locaux pratiquant les différents types de chasses du Centre Bretagne. Retranchés chacun dans leur espace intérieur, dans un état paradoxal de lâcher prise, une sorte « d’absence d’être au monde », ils sont installés dans « une relation physiquement intime avec leur biotope » pour explorer le lien fusionnel d’ordre quasi-religieux entre la communauté des chasseurs et la nature. Présentée en parallèle, la séquence filmée d’un chien à l’arrêt, lui aussi figé dans un instant de suspension, souligne la dimension particulièrement intériorisée de la chasse pour chacun de ses acteurs."
 
La population locale, dans son être au monde en relation physiquement intime avec son biotope, se retrouve, avant même d’avoir vu l’expo, en état de lévitation avancée.


J.K. 13 mai 2007

PRÉSIDENTIELLES 2007

DEUXIÈME TOUR
















Petit chaperon rouge, si tu empruntes la rue du dimanche 6 mai 2007, attention!
La vieille grand mère qui t'attire en lisant Jaurès et Blum au bout de la rue, a des gros poils qui dépassent de sa capuche.


















CAUCASIENS

LALI ET SES PARENTS DOIVENT POUVOIR VIVRE EN PAIX À SAINT-BRIEUC
    Des parents d’élèves d’une classe du collège Anatole Le Braz de Saint-Brieuc viennent de constituer un groupe de soutien, pour l’instant informel. Ils sont en effet confrontés à un grave problème concernant une élève de 6ième, Lali, amie de leurs enfants, fille de réfugiés sans papiers, présents à Saint Brieuc depuis déjà 2 ans.
charlie
1-RÉSUMÉ DE LEUR HISTOIRE
La mère, Leila, chrétienne orthodoxe dont la famille est originaire d’Ossétie du Sud, habitait en Géorgie. Elle a fui le Caucase et les lynchages ethniques accompagnant la guerre entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud (1990-92) après la dislocation de l’URSS. « L’épuration ethnique » qui s’y est déroulée est comparable à celle de Bosnie, même si elle a été moins médiatisée. La zone est, aujourd’hui encore, en proie aux tensions permanentes au point que l’ambassade de France « déconseille fortement » aux Français de s’y rendre (site Internet du ministère).
En octobre 1990 la famille de Leila est attaquée par une milice géorgienne. Son père fusillé.
Réfugiée en Ossétie du Nord (début 1991 à fin 1993), elle y a rencontré son mari, Emzar, originaire d’Azerbaïdjan, vivant avec ses parents à Voronej (Russie). Ils s’installent donc à Voronej et s’y marient selon le rite orthodoxe. Lali naît en 1995. Considérés avec mépris comme des « caucasiens », ils ne peuvent obtenir un permis de séjour. L’enregistrement temporaire, auquel ils sont soumis, coûte de plus en plus cher.
Fin 1998, excédés par la persécution dont ils sont l’objet à Voronej, ils décident de s’installer en Azerbaïdjan, à Gandja, dans la maison des parents d’Emzar. La persécution recommence, cette fois parce qu’ils sont chrétiens orthodoxes dans un pays où l’Islam est religion officielle. Ils doivent faire face à des tentatives d’enlèvement de Lali. En octobre 2001, Emzar est torturé par la milice (perte d’un œil), son frère défénestré. Leila et Lali repartent pour Voronej (Russie). Emzar les rejoint en mars 2002, après l’incendie de sa maison.
À Voronej, les persécutions ethniques envers les Caucasiens redoublent. Les skinheads, agissant en bandes organisées, sont devenus le bras armé de la milice. Leila est agressée par eux. Conduite à l’hôpital, on lui refuse un certificat médical. Ils sont cachés par des amis dans un petit village avoisinant Voronej, le temps d’organiser leur départ pour l’Europe. Emzar passe la frontière en juin 2003.
Après une nouvelle agression par les skinheads, Leila et sa fille tentent de regagner l’Ossétie du sud, son pays d’origine. Elles se font refouler à la frontière géorgienne n’ayant ni citoyenneté géorgienne ni citoyenneté russe. Elle apprend que la maison familiale est désormais habitée par un policier. On la somme, sous menaces, de renoncer à son titre de propriété.
En juillet 2004, après avoir vendu tout ce qu’elle possédait, Leila, accompagnée de Lali, passe la frontière européenne pour rejoindre Emzar à Saint Brieuc. 

2-QUELQUES COMMENTAIRES
-La famille de Lali est victime d’une sorte de « double peine » : on leur refuse les papiers, permettant l’accès à la citoyenneté, à la fois en France et dans leurs pays d’origine. Ils sont rejetés de partout : pour les Géorgiens, se sont des traîtres Ossètes. Pour les Russes, des traîtres Géorgiens. Pour les Azerbaïdjanais des renégats orthodoxes. Pour les Français, des sans-papiers apatrides.

-Meurtre, lynchages, persécutions par les milices, menaces de kidnapping de la fille, tabassage de la mère, attaques par des Skinheads, maison du père brûlée, celle de la mère confisquée... Depuis 15 ans, ils ont tout enduré et sont à bout.

-Jusqu’ici, leurs demandes d’asile réitérées à l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides) faites au nom du père et de la mère ont toutes échoué. Une demande familiale est en cours. Le CADA (Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asiles), qui les hébergeait à Saint Brieuc, leur a demandé de quitter le petit appartement qui leur servait d’ultime refuge. Pour aller où ? Avec quelles ressources ?

-Lali, 12 ans, est parfaitement intégrée. Excellente élève, elle parle le français avec beaucoup de subtilité, suit des cours de dessin, de danse et de piano. Le père est prof de judo et plâtrier, la mère esthéticienne... sans, évidemment pouvoir aujourd'hui exercer leur métier.

-Leur histoire est la résultante du racisme ethnique, nationaliste et religieux. Le Caucase est constitué d’une multitude de familles ethnolinguistiques et religieuses, mais cela n’explique pas tout. Il y a aussi les stratégies économiques et les enjeux planétaires (Gaz et pétrole de la Caspienne). Ces enjeux « expliquent » en grande partie une présence militaire et policière exacerbée dans cette région du globe et les « dégâts collatéraux » qui s’en suivent.

-La France, qui proclame, dans le préambule de sa Constitution, son attachement aux Droits de l’Homme (article 1 : « Les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit »), se ferait honneur d’être fidèle à ses propres principes en faisant passer la dignité des personnes avant les stratégies pétrolières.

le 20 avril 2007

Contact et dons d’urgence : Marianne Hamon 
21 Rue Coëtlogon St Brieuc Tél : 02 96 77 24 39
Chèques au nom de l’association ASTI (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés)

expulsion

DERNIÈRES NOUVELLES : Le comité de soutien du collège Anatole Le Braz, avec l’aide de ASTI (Association de soutien aux travailleurs immigrés), les a aidés a trouver un appartement en se portant caution du paiement du loyer (Il nous faut collecter 180 euros par mois). Un parrainage civil de Lali a eu lieu à la mairie de Ploufragan le 23 mai 2007.
Le 18 juin 2007 (date historique !), ils ont reçu du préfet de Saint Brieuc une OQTF (Obligation à quitter le territoire français). Ils ont engagé un recours gracieux et, par avocat, fait appel de cette décision auprès du Tribunal Administratif de Rennes. L’audience est fixée au 4 octobre 2007. 

13 août 2007

DERNIÈRE HEURE : Le T.A. De Rennes a rendu son jugement en date du 18 octobre : l’OQTF du préfet des Côtes d’Armor est annulée. Le préfet est mis dans l’obligation par le tribunal d’accorder une carte de séjour temporaire à la famille Guseinov portant la mention “vie privée et familiale”, ceci dans un délai d’un mois. Dans cette attente, il doit leur délivrer sous 48h une autorisation provisoire de séjour. 
22 octobre 2007

CATASTROPHE : Le préfet des Côtes d'Armor s'acharne a détruire cette famille. Au dernier jour du délai, il a fait appel de la décision du T.A de Rennes. Son recours est désormais sur le bureau du tribunal d'appel de Nantes.  Le jugement n'est pas à espéré avant 6 mois. Tout est brisé : Emzar venait de trouver du travail dans sa spécialité (plaquiste). Il va nous falloir réactiver la collecte pour les aider à payer leur loyer et les frais de justice.
26 novembre 2007

UNE PÉTITION PEUT ÊTRE SIGNÉE EN LIGNE SUR LE SITE DU RÉSEAU ÉDUCATION SANS FRONTIÈRES :

"http://www.educationsansfrontieres.org/?article6597"  (CLIQUEZ SUR CE LIEN)

VICTOIRE ! LE PRÉSIDENT DE LA COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE NANTES VIENT DE DÉCLARER IRRECEVABLE LE RECOURS DU PRÉFET (notification reçue le 29/02/08)

PÂQUES EN 22

PÂQUES : PETITS RIENS, GROS OEUFS

    Tous les ans, avec les cloches, le copinage artistique départemental des Côtes d’Armor reprend ses droits avec un festival des "petits riens" gros budget.
    Après la résistance autoproclamée de l’automne ("Théâtre en résistance"), l’ODDC nous annonce avec audace  du « socialement incorrect ». Que d’efforts de communication pour tenter de se démarquer d’une culture officielle !
    On nous annonce aussi comme une étonnante innovation, pourtant vielle comme le monde, des marionnettes « manipulées à vue ».
    Dans l’affaire, le « manipulage à vue » concerne surtout l’ODDC, financée à 90% par un Vice-Président du Conseil Général aussi président de l’ODDC. On n’est jamais si bien servi que par soi-même !
    Quant aux troupes et artistes, contribuables du département trop « socialement incorrects » pour bénéficier de la manne pascale, qu’ils aillent se faire sonner les cloches ou se faire cuire un œuf (au choix) !
                                J. K.  8/04/07

Manif EPR Rennes
 17/03/07
Discours du sous-secrétaire d'étable aux nouveaux mutants.
    Électeurs, électrices, électrichiens, Monsieur le chou Préfet, Messieurs les RG (entre parenthèses, si vous pistez dans le fond de la place trois José Bové, sachez qu'il y en a deux en trop. Tirez bien sur ses moustaches avant de lui passer les menottes.)
En ma qualité de chou secrétaire d’étables aux nouveaux mutants, mutant moi-même, mutant à mi-temps, merci de m’avoir invité aujourd’hui à votre superbe comice agricole. Je n’ai pas encore aperçu les vaches mais je vois déjà les veaux. Depuis un mois, c’était le 18 février, nous sommes entrés avec les Chinois dans l’ère du cochon, ce qui veut dire que nous n’avons pas fini de rigoler : en Bretagne aujourd’hui, 12 millions de cochons selon les organisateurs, 15 millions selon la police, ce qui nous met à l’abri d’une pénurie d’andouilles.
Moi-même, enfant, déjà prédestiné aux plus hautes fonctions, j’adorais faire des tours de manège sur le dos d’un cochon en bois.  La langue de bois m’est venue avec mon entrée en politique. Et le cochon qui en moi  sommeille, ne demande qu’à s’épanouir pour réaliser son rêve de mutant.

Je suis venu à Rennes vous encourager à promouvoir les moyens naturels de mutation, qui ont l’avantage de se passer des greffes de visage, certes spectaculaires mais combien dispendieuses pour le trou de la Sécu. Il suffit, comme moi, de ne rien refuser de ce que nous offre la modernité rurale. Mon parcours est exemplaire :
-    Il y a trente ans, pris d’un accès de fièvre acheteuse, forme bretonne ancienne de la grippe du poulet, je me suis mis à ingurgiter de manière boulimique colorants, émulsifiants, conservateurs, édulcorants, épaississants, amincissants, stabilisants, arrosés d’une bonne eau nitratée.
 -    Il y a quelques trente ans encore, je me suis senti beaucoup mieux grâce à la déferlante des 200 tranches de pudding nucléaire accordées par nos pâtissiers Mesmer et Giscard. Il y a vingt cinq ans, à l’ombre de la centrale de Brennilis à l’agonie, j’ai respiré à pleins poumons le nuage de Tchernobyl, si riche en subtils rejets de césium, ceux que n’avait pas totalement réussi à refouler à la frontière notre bon professeur Pellerin.
-    Il y a vingt ans, je me suis enhardi à ingurgiter en masse des pesticides, herbicides, fongicides. C’était à la portée de toutes les bourses et des miennes en particulier. Pour cela, suffisait d’habiter près d’une ferme modèle de la FNSEA. Lors d’une bonne pulvérisation, il y en a toujours suffisamment à passer par-dessus le talus. C’était ma période Gaucho, bien connue des abeilles, toutes un peu gauchistes.
-    Il y a dix ans, grâce aux incinérateurs qui se multipliaient pour brûler les déchets divers et d’été, plastiques des villes et les plastiques des champs, fleurissant au printemps entre les rangées de maïs pour récolter les primes de Bruxelles, je me suis farci de poulets à la Dioxine, accompagnés de frites belges à l’huile de vidange, toujours arrosés d’eau parfumée au lisier.
-    Enfin, depuis cinq ans, j’ai mis à mon menu tout ce qui contenait des OGM : riz, maïs, soja, betteraves, corn flakes, kouign aman… C’était ma période Monsanto, mais attention : je l’ai fait sous contrôle toxicologique. Parfaitement madame, on fait des contrôles ! Sur qui ? Sur des souris et des rats. Qui fait ces contrôles ? Et bien les boîtes qui produisent les OGM tiens ! Elles sont quand même les mieux placées pour juger de leurs dégâts. Les résultats de ces contrôles ? Alors là, top secret ! Je ne peux rien vous dire. Je suis tenu, par ma fonction, au devoir de réserve. Pas question que ces résultats tombent dans des mains d’un Ben Laden qui risquerait de les disséminer lors d'un attentat suicide contre un EPR.

    En vérité, en vérité je vous le dis : regardez les oiseaux des champs, ils ne sèment ni ne moissonnent et pourtant ils bouffent des OGM. Puisque nous en avons désormais la possibilité, en plus de respirer le délicat césium de Flamanville, semons aussi à tous vents du maïs transgénique. Nos enfants, grâce aux mutations induites pourront ainsi naître avec quatre jambes, ce qui est quand même plus efficace pour courir après les vaches, même si cela coûte un peu plus cher en sabots. D'autres naîtront avec deux langues ce qui fera avancer en Bretagne la cause du bilinguisme.
cochet.jpg
    Ah ! Ce mot transgénique me met en transe, mais quelque chose, je l’avoue, aussi me gêne : dans transgénique il y a nique, comme ta mère, mais surtout comme titanique. Et je surveille à l’horizon l’iceberg sur lequel on va bientôt se casser la gueule, mettant ainsi fin à une si belle odyssée… rimant avec sang contaminé qui rime lui-même avec procès.
En octobre dernier, au tribunal de Carcassonne, deux PDG d’une multinationale étaient au banc des accusés, suite à une plainte de la Confédération paysanne : Mr Mon et Mr To. Et pour une fois José Bové était du côté des plaignants, non des accusés. On les accusait d’avoir fait entrer illégalement en France des semences de soja sans papiers. Bizarrement, mon collègue de l’intérieur, Mr Sarko, pourtant expert à refouler les sans papiers, n’a rien fait pour les expulser. D’où mes doutes et interrogations. Mon gouvernement est dans l’embarras car si ces PDG, Mr Mon et Mr To, pourtant propre sur eux, sont condamnés il nous faudra faire face à des frais supplémentaires. Au lieu de la paire de menottes habituelle, celles qui servaient pour José Bové, il nous en faudra deux, car Mr Mon et Mr To sont toujours ensemble, on n’a jamais vu Mon sans To.
Et rebelotte fin janvier au tribunal de Lyon. Nos deux amis Mon et To ont été à nouveau condamnés à 15.000 euros pour publicité mensongère, suite à une plainte de l’association Eau et Rivières de Bretagne qui trouvait que leur Roundup n’était pas aussi biodégradable qu’annoncé sur l’étiquette.  Mais quand arrêtera-t-on d’emmerder ces deux braves. Veux-t-on les séparer ? Veux-t-on voir Mon sans To ? 

Photo Dominique Bernard

Certes la mondialisation va bon train, mais n'exagérons rien. Il nous reste des espaces de liberté, quelques cours de récré au milieu des cours de la bourse. Certes Total s'occupe des plages, Nestlé engraisse les veaux. Certes la terre, l'air et l'eau, de Bogota à Calcutta, d’Asnières à Plougastel Daoulas vous sont aujourd'hui offert aux couleurs de Rhône Poulenc, (Salut Hulot !), Monsanto, Cogéma, Aréva… mais faudrait quand même pas exagérer : le feu, que je sache, n'a pas encore été totalement privatisé. Les pompiers ne roulent pas encore tous pour Vivendi. Au creux de l'incendie, il vous reste un espace de liberté pour griller vos brochettes en faisant flamber quelques bagnoles de banlieue.

Certes les politiques, qui avaient vocation depuis les Grecs à gérer pour nous ces éléments premiers que sont l'air l'eau le terre et le feu, ont, depuis quelques temps, un peu déserté le chantier. Mais c'est parce qu'ils ont été appelés aux urgences, pour conduire la voiture-balai des éclopés de la mondialisation. De quoi vous plaignez-vous ? La démocratie vous donne encore le droit d'élire vos brancardiers et quand le fisc vous pompe votre fric, vous pouvez toujours l'imaginer déguisée en belle infirmière vous pompant autre chose.
 
Et toi José, roi des faucheurs, patience ! Tu vas bientôt battre Nicolas et Pimprenelle. Sans oublier le vieux borgne de St Cloud et François les grands feuilles. Certains, comme Nelson Mandéla, sont passés directement de la tôle à la présidence. Ce qui, logiquement devrait impliquer aussi le parcours inverse : le passage direct de la présidence à la taule. Mais là, pour des raisons très obscures et qu'il ne m'appartient pas d'élucider, cette réciproque est plus difficile à constater. Une question me brûle pourtant les lèvres : José, quand tu seras président, exerceras-tu ton droit de grâce envers Jacquou le Croquant, le croqueur de frais de bouche, d’emplois fictifs, de fausses factures, de commissions sur travaux et de voyage payés en liquide ?

José, toi qui dans les années 70 chantais l'Internationale sur le plateau du Larzac, as-tu chanter assez fort, assez Roquefort ? Ta voix n’a-t-elle pas été couverte par celle de tes brebis. Tu donnais le la, elle donnait leur lait. Et l'internationale des capitaux, appelée aussi mondialisation, a coiffé sur le fil l'internationale des travailleurs, appelée par Arlette Laguiller. C’est la loi du libéralisme, José : que le meilleur gagne. Bonne chance pour ton prochain match : la grande course au sac de l’Élysée pour laquelle tu manques non seulement de signatures mais aussi d’entraînement car tu n’as pas assez appris à ramper. Mets toi donc à quatre pattes.
Si l’homme vient du singe, il faut bien qu’il y retourne. En faisant étape au passage par le cochon. C’est une exigence de la biodiversité. Donnons une chance à chacun de nos gènes. Laissons nous féconder par la pollinisation sauvage des champs expérimentaux ainsi que par les effluves des longues cheminées de Flamanville. Brevetons le vivant, car le brevet, à défaut du bac, est un diplôme valable, pouvant déboucher sur un Contrat Nouvelle Embauche.
Et soyez comblés, vous les tenants d’un développement durable : ces mutations sont durables, car totalement transmissibles à la descendance. Mon fils, par exemple, en stage dans une coopérative agricole, à, comme moi, une jolie petite queue en tire-bouchon et ma cochonne de fille, qui vient de concourir pour la Star-Ac, de grandes oreilles, atout tellement avantageux quand il s’agit d’y accrocher des piercings. Et je ne vous dis pas la taille de son string !

    N’oubliez pas ce que Jacquou , mon patron, vous a dit il y a 8 jours à la télé : le nucléaire va nous sauver du réchauffement climatique, ce méchant loup qui fait fondre la calotte polaire. Bandes d’anticléricaux ! À force de répéter « à bas la calotte », vous l’avez fait fondre. Pour sauver la calotte une seule solution : revenir à la religion. La religion du tout nucléaire.
   
    Venons-en à la question des déchets nucléaires. Quand donne à manger au chien, il faut bien s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre il fasse sa crotte. Nous qui, au milieu des années 70, avons construit la niche du cabot, en compagnie des D'Ornano, Giscard, Pompidou, Mesmer, Peyrefitte, Poniatowski, Debré, j'en passe et des plus cons, ne nous étonnons pas aujourd'hui de marcher dans la crotte. Le petit chien est devenu un vrai pitbull et, à Flamanville, Didier Anger marche dans la crotte. 


    Heureusement nous est venue du ciel la verte Dominique, qui, assumant généreusement l'héritage pluriel, nous a tiré de la merde en signant en 1999 le décret autorisant l'enfouissement des crottes sous la burka, ou plutôt sous la Bure. (Normalement, à cet endroit, je devrais perdre 1% d’opinions favorables. Comme apparemment personne n’est parti, je continue !)
    Quant aux autres, glorieux combattants du Hezbollah de Plogoff, Malville, Erdeven, Le Pellerin, Fesheneim, Flamanville... qui, depuis plus de 30 ans, avez bravement affronté la bête, je comprends aujourd'hui votre réticence à en avaler les étrons. Certes vous êtes très cohérents, mais aussi un peu cons. En refusant l'enfouissement des crottes, vous allez provoqué la constipation du chien, et attention : un cabot, même tout petit, une fois  constipé, devient aussitôt très méchant. Couché Sarko!
    Faites confiance au grand philosophe Lagaffe, technicien de surface pour cerveaux disponibles à TF1, quand il chante à la télé "Il est beau il est beau le labo, il est laid, il est laid le bidet" car, à Bure, ce n'est pas un chiotte qu'on vous propose mais un labo avec un grand L, comme Lionel, avec carrelage, pipettes et éprouvettes, à rendre jaloux Jack Lang et les cochons en batterie, qui aimeraient bien, eux aussi, pisser dans la porcelaine.
    De pots en dépôts, bonjour le dépotoir : marées noires, marées vertes, fientes et lisier, déchets divers et d’été : notre vieille terre souffre d'incontinence. Il faut lui acheter des couches culottes pour troisième âge car les couches géologiques, manifestement, ne suffisent plus. Tout ça évidemment de la faute à Eau et Rivières de Bretagne. Je vous invite donc, tout à l’heure après le comice, à aller faire un tour à Brest pour aider les paysans à saccager leurs bureaux.
    En attendant, dans l'état actuel de la question, je ne vois qu'une solution pour éliminer les déchets : faire appel à un as de la disparition. Personnellement j'en connais deux : le magicien David Cooperfield, qui a déjà réussi à escamoter un train, pour le joindre adressez-vous à son imprésario, et le grand navigateur malouin, le docteur Godard, qui a déjà réussi à faire disparaître en mer sa famille entière. Pour le joindre adressez-vous à la gendarmerie locale qui fera suivre.
    Si vous voulez d'autres lumières sur la question, vous pouvez contacter mon sous-secrétariat aux nouveaux mutants sur Internet. Nous y avons ouvert un site « second life », sur lequel nous espérons pouvoir un jour enfouir les déchets. Ce site nous permet aussi à mon gouvernement de dialoguer avec la populace sans prendre un jet de lisier dans la gueule. Je vous en donne l'adresse : 
-Pour les déchets solides : wwwc/OQPHIÉ.PQ Vous tomberez directo sur mon chef de cabinet. 
-Pour les déchets gazeux : wwwc/C1QKPT.
L’évolution, mes amis, passe obligatoirement par des mutations, ce qui nous réserve parfois quelques surprises, charme de l’inconnu. Moi-même, par exemple, en ce moment, j’ai des doutes sur ma véritable identité. J’ai encore un peu de mal à me faire à mon nouvel instinct et à ma nouvelle voix. Mais mon psychiatre, un superbe verrat de la Cooperl à qui on a greffé un porte monnaie et une paire de lunettes, m’encourage à aller à fond dans le sens de ma nouvelle nature. (Il met son masque de cochon. Grognement, cris).
 

Mon chat


















Même mon chat se met à la politique
(26/02/07)








LANGUE (de bois)


Devinez le point commun entre le Crédit Mutuel de Bretagne, Montpellier Agglomération et l'ODDC 22 (Office Départemental de Développement Culturel des Côtes d'Armor)?
Tous les 3, dans leur pub, nous invitent à tirer la langue. À croire que les publicitaires qui ont lancé ce concept se copient pardessus l'épaule. Du coup l'impertinence supposée sombre dans la banalité, la résistance affichée se dilue dans l'effet de mode. N'est pas Einstein qui veut !
J.K. 25/11/06

 

RÉSISTANCE

" THÉÂTRE EN RÉSISTANCE "
À partir de fin octobre 2006, en Côtes d'Armor, le théâtre entre en résistance. Au signal de l'ODDC (Office Départemental de Développement Culturel ), nous sommes tous invités à " délier nos langues " et même (à voir l'affiche) à la tirer. Je n'attendais que ce signal pour prendre le maquis. Je me découvre tout à coup très con d'avoir attendu tant d'années avant d'ouvrir ma gueule, au risque de passer pour un honteux collabo. L'oeuvre est immense. Tirer la langue ne s'improvise pas. Par où commencer ?
Je vais d'abord me faire adouber par un parrain en maçonnerie. Comme au théâtre : rien de tel qu'une bonne loge pour participer de près au spectacle. Sans réseau d'influence, la résistance manque d'efficacité.
Ensuite, bien introduit dans le milieu, je m'encarte en politique. Ça tombe bien, aujourd'hui on distribue des cartes à prix cassé. Je finirai bien par décrocher un petit boulot. Conseiller Général m'irait bien. Ce mot " général " me fait déjà flipper.
Une fois en place, je crée une association bidon dont je me nomme président d'office. Avec ma casquette politique, je me vote une subvention le matin que je vais chercher l'après-midi avec ma casquette associative.
Combien je m'accorde ? Ne lésinons pas sur le magot. Un million cinq cent mille euros pour commencer. Pour résister faut de la thune et la thune on la prend où elle se trouve : dans la caisse. C'est quand même moins risqué que d'attaquer une banque.
Que vont dire les artistes fauchés ? S'ils gueulent à la concurrence déloyale, je les programme dans mon cycle " résistance ". Ceux qui résistent encore ? Je les harcèle au téléphone en leur annonçant que s'ils ne la ferment pas ils n'auront plus un rond de leurs maigres subventions. S'ils persévèrent ? Rien à faire contre ces fils de ploucs, nés sans savoir vivre, sinon serrer les fesses en attendant qu'ils clamsent !
Et ensuite je résiste à quoi ? C'est là que ça se complique. Il y a tellement de causes. À tout et à rien. À l'air du temps. Pas trop près de Lamballe si possible. Faut pas mettre en question le modèle économique qui fait la richesse de mon financeur.
Cette résistance me rend vraiment très joyeux. Ça tombe à pic : c'était le but du jeu. Je trinque " au lendemain qui arrive " et qui sera encore plus résistant si demain j'obtiens encore un peu plus de pognon. 12/10/06

Ce texte a été choisi par Didier Pillet, Rédacteur en chef d'Ouest-France pour une chronique sur le blog de Ouest-France. Il a suscité à ce jour des dizaines de commentaires. 12/11/06


CONFITURE

Une machine à récolter et à nettoyer les algues vertes vient de faire son apparition à St Michel en Grève. Le centre de valorisation des algues de Pleubian (22) vient de découvrir que ces algues contenaient du sucre. Le déchet tant redouté passe désormais au statut de matière première : le sucre, une fois extrait dans une usine de Pontivy, est amalgamé à de l'argile. Cette mixture est ensuite donnée aux cochons : elle a le pouvoir de digérer les toxines présentes dans le tube digestif de l'animal. Le directeur de l'usine annonce " à l'avenir nos besoins en algues seront énormes " (Le Télégramme). En résumé : pour donner de la confiture aux cochons, il faudra de plus en plus de cochons. Comme le disait Ionesco : " caressez un cercle, il deviendra vicieux ".

20/09/06

MAC-DO

Un Mac-Do vient de s'implanter à Lamballe, le long de la quatre voies (il s'agit de restauration rapide !). Lors de l'inauguration (Le Penthièvre), les élus n'ont pas tari d'éloge sur cette avancée civilisatrice. Loïc Cauret, (surnommé dans le coin Loïc Goret) maire de Lamballe, s'est félicité d'apprendre que le resto servait du cochon lamballais produit par la Cooperl. Et nous qui imaginions que le Mac c'était du pur boeuf ! Le député Marc le Fur était aux anges : désormais il pourra mener ses enfants au Mac-Do " sans sortir de sa circonscription ". Noble ambition politique pour un élu de l'assemblée nationale !

15/09/06

PLOUCS des CAMPAGNES

à Rédaction Ouest-France St Brieuc, 26/03/06

Chers rédacteurs,

Par deux fois en des termes identiques (O-F du 16/03 et Guide O-F dimanche du 26/03) vous nous annoncez le lancement pour avril des Petits Riens de l'ODDC " au bout du bout des territoires du département pour tenter de créer du lien social et donner de l'art à ceux qui, au fond des campagnes, pensent que c'est trop compliqué et pas fait pour eux ".

Je tiens à faire savoir amicalement à l'auteur anonyme de cette citation rapportée par vos soins qu'au " bout du bout des territoires du département " il y a autant de lien social qu'au centre du centre. Les indigènes campagnards de ces territoires oubliés n'ont pas attendu le don de l'ODDC pour se frotter à l'art, même s'ils se sont contentés de petits riens pour le promouvoir. La distorsion de concurrence créée par ces tsunamis culturels à gros budgets qui submergent ces territoires 2 ou 3 fois l'an est plutôt de nature à distendre le lien social qu'à le créer.

Bien cordialement à vous.


EPR - CHERBOURG

Appel international contre le réacteur nucléaire EPR

NON à l'EPR, OUI aux alternatives au nucléaire

Alors que notre pays est déjà largement suréquipé en centrales nucléaires et qu'il est urgent à la fois de maîtriser les consommations d'énergie et de développer les énergies renouvelables, le gouvernement français a demandé à EDF de construire un nouveau réacteur nucléaire de type EPR (European Pressurized Reactor) à Flamanville dans la Manche.

L'intention du lobby est de nous mettre une fois de plus devant le fait accompli et de nous imposer à terme le renouvellement de tous les réacteurs existants par des réacteurs EPR.

Pourtant, la construction d'un réacteur EPR est une mauvaise décision à tous les points de vue

* Au point de vue énergétique : la  France est en situation de surproduction électrique et n'a donc besoin d'aucune nouvelle centrale avant plusieurs décennies. Le nucléaire représente certes 78% de l'électricité consommé en France, mais seulement 15% de notre consommation totale d'énergie, et... 4% de la consommation énergétique mondiale! Il ne peut pas non plus se substituer à l'usage du pétrole dans les transports. Il n'est donc pas une réponse au réchauffement climatique.
* Au point de vue économique : ce chantier de plusieurs milliards d'euros entraînera un retard dommageable dans les nécessaires investissements de l'industrie française vers d'autres solutions énergétiques, sans résoudre les difficultés inhérentes au secteur nucléaire.
* Au point de vue social : les énergies renouvelables et la maîtrise de l'énergie sont bien plus créatrices d'emplois et porteuses d'avenir. A investissement équivalent, un programme éolien produirait deux fois plus d'électricité et créerait près de 5 fois plus d'emplois - comme le montre l'étude "Eole ou Pluton?" réalisée en 2003 par l'association Détente.
* Au point de vue environnemental :  l'EPR n'apporte aucune amélioration notable quant à la sûreté nucléaire ou à la gestion des déchets radioactifs, dont le fardeau continuera à peser sur les générations futures.

Parce que nous refusons la perpétuation des risques du nucléaire;
Parce que nous refusons que le lobby nucléaire nous impose un nouveau réacteur;
Parce que nous refusons la confusion entre service public et intérêt du lobby nucléaire;
Parce que nous savons que cet investissement inutile restera finalement à la charge des clients d'EDF et des générations futures;
Parce que nous voulons que l'avenir s'ouvre à des énergies renouvelables, décentralisées, propres et sans risques;

Ensemble, nous disons NON à l'EPR et nous soutenons le grand rassemblement de Cherbourg contre l'EPR, les 15 et 16 avril 2006

Nous signons cet Appel contre l'EPR et nous appelons au grand rassemblement de Cherbourg (*), qui sera également l'occasion de commémorer les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl.

signez ici "http://www.stop-epr.org/comment-fr.php"

(*) Rassemblement à l'initiative du Collectif Régional de Normandie et de l'Ouest "L'EPR, non merci, ni ailleurs, ni ici !" et du Réseau "Sortir du nucléaire".

Le collectif régional est composé de : Attac Centre Manche. Attac Sud Manche.  Alternative citoyenne/La Gauche autrement. Alternative Libertaire. Collectif contre l'enfouissement des déchets nucléaires Athis de  l'Orne. COEDRA Mayenne. COEDRA 35. Confédération paysanne Basse-Normandie. CRILAN. GRAPE. LCR. Manche Nature. Mayenne Nature Environnement. Pays de Granville Environnement. Greenpeace. Groupe Radical Citoyen Vert au Conseil Régional. Sud Solidaires Manche. UFC Que Choisir Saint-Lô. Les 7 vents  du Cotentin. Les Verts Basse Normandie. Les Verts Haute Normandie. Les Verts Mayenne.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" est une Fédération de 720 associations.

 

CÉSARS

Toute ma compassion au préposé à la prise d'antenne sur Canal + lors de la nuit des Césars. Le pauvre Laurent Weil interviewait les vedettes à leur arrivée au Châtelet en tentant de couvrir le slogan des intermittents massés dans la rue : " pas de cinéma sans intermittents ". Pour l'enfoncer un peu plus, la régie nous proposait, en médaillon à l'écran, la scène du théâtre occupée par ces mêmes intermittents. Le journaliste, sacrifié sur l'autel de Canal et de ses financeurs du MEDEF, n'en finissait pas de délayer son cauchemar en tentant de boucher un trou, plus profond que celui des annexes Assedic.

2/03/06

 

OGM

MANIF anti OGM
ST BRIEUC 18/02/06 (extraits)

Électeurs, électrices, électriciens, Monsieur le Préfet
En ma qualité de sous secrétaire d'étables aux nouveaux mutants, mutants moi-même comme vous pouvez le constater, mutant à mi-temps, je suis venu participer ce samedi à votre pique-nique près de ses grilles préfectorales en forme de barbecue vertical qui a vu passer des pique-niques plus musclés. Ceci pour vous encourager à promouvoir les moyens naturels de mutation, qui ont l'avantage de se passer des greffes de visage, certes spectaculaires comme on a pu le voir récemment à la télé, mais combien dispendieuses pour le trou de la Sécu.
...
Depuis deux ans j'ai mis à mon menu tout ce qui contenait des OGM : riz, maïs, soja, betteraves, corn flakes, kouign aman. Attention : sous contrôle toxicologique. Parfaitement madame, on fait des contrôles ! Sur qui ? Sur des souris et des rats. Qui les fait ? Et bien les boîtes qui produisent les OGM tiens ! Elles sont quand même les mieux placées pour juger de leurs éventuels dégâts. Les résultats de ces contrôles ? Alors là, top secret ! Je ne peux rien vous dire. Je suis tenu, par ma fonction, au devoir de réserve. Pas question que ces résultats tombent dans des mains malintentionnées d'un juge Burgaud. Imaginez alors le gâchis ?

Pour parfaire mon look, il me reste à programmer une croisière sur les côtes d'Afrique à bord du Clémanceau. Miam miam l'amiante.

Aujourd'hui le résultat de ces expérimentations vous pouvez l'observer sur ma tronche : je suis passé de l'autre côté de la barrière transgénique. En passe de rejoindre l'ethnie désormais dominante en Bretagne : 12 millions de cochons selon les organisateurs, 15 millions selon la police, ce qui nous met à l'abri d'une pénurie d'andouilles.


Si l'homme vient du singe, il faut bien qu'il n'y retourne. Avec étape par le cochon. C'est ça la biodiversité. Donnons une chance à chacun de nos gènes. Laissons nous féconder par la pollinisation sauvage des champs expérimentaux. Brevetons le vivant, car le brevet, à défaut du bac, est un diplôme pouvant déboucher sur un CPE.
Et soyez comblés, vous les tenants d'un développement durable : ces mutations génétiques sont totalement transmissibles à la descendance. Mon fils, par exemple, en stage dans une coopérative agricole, à, comme moi, une jolie petite queue en tire-bouchon et ma cochonne de fille, qui vient de concourir pour la Star-Ac, de grandes oreilles, atout tellement avantageux quand il s'agit d'y accrocher des percings. Et je ne vous dis pas la taille de son string.


N'ayons pas peur de l'évolution. Elle passe obligatoirement par des mutations, ce qui nous réserve parfois quelques surprises, charme de l'inconnu. Moi-même, par exemple, par moments, j'ai encore un peu de mal à me faire à mon nouvel instinct et à ma nouvelle voix. Mais mon psychiatre, un superbe verrat de la Cooperl à qui on a greffé un porte monnaie et une paire de lunettes, m'encourage à aller à fond dans le sens de ma nouvelle nature.(Grognement de cochon, cris). Vive les OGM, vive la France. (Il sort en poursuivant un participant).


Le Couvreur, l'artiste et l'écrivain

(petite fable)
Quand le couvreur fait parler de lui dans le journal c'est plutôt mauvais signe. C'est qu'il travaillait au noir, que les voisins l'ont dénoncé, les flics épinglé et le tribunal condamné. À moins qu'il ne soit tombé de la toiture et qu'il est déjà quasiment mort. Un bon couvreur, bien en règle avec la loi, prudent sur sa toiture, ne fait jamais parler de lui.
Pour l'artiste, c'est le contraire. Si on ne voit pas son nom et sa binette pendant un mois entier dans le journal c'est qu'il est cuit, oublié, laminé. Il ne lui reste qu'à pointer aux Assedic. Plus comme intermittent, mais comme vrai chomdu.
L'écrivain est un cas à part : comme la vache, il a besoin de beaucoup ruminer avant de lâcher son lait. Voilà pourquoi il rase les murs pour rester seul avec ses pensées. Il les cache sous un chapeau et des lunettes fumées pour éviter qu'elles ne s'envolent. Le plus dur c'est qu'il doit ensuite, comme l'artiste, faire le zouave dans le journal pour que son bouquin se vende.
Fichu métier que celui d'artiste écrivain ! Ecartelé entre se montrer et se planquer ! Un vrai boulot d'équilibriste ! Comme celui de couvreur !

6/02/06 


CADEAUX

Réf : Le supplément au Monde "Spécial cadeaux" du 25 novembre 2005

Fidèle lecteur du monde depuis 30 ans, j'imaginais constituer la base de votre panel de lecteurs moyens. Je viens d'en avoir la preuve. Ma famille cherchait des idées de cadeaux à me faire pour Noël. Votre supplément "spécial cadeaux" est venu à mon secours. J'ai longuement pensé leur demander une montre Piaget à 13 700 euros, mais, devant leurs mines effarées, je me suis vite rabattu sur le sac de voyage Tod's à 7 500 euros, puis sur le stylo Graf von Faber-Castell à 2 300 euros, pour enfin trouver un objet dont le choix a semblé les soulager : une ceinture Celio "avec transfert de photos" à 19,90 euros. Pouvez-vous me dire en quoi consiste ce transfert de photos agrippé à la ceinture ? Et merci au Monde de me faire rêver au futile d'une condition sociale hors norme partagée avec le commun de vos lecteurs.

J.K. 28/11/05

SAINT BRIEUC

"LA GAVOTTE DU COCHON" À SAINT BRIEUC

Le TNP se promène toujours avec plusieurs spectacles dans son sac. Parmi eux, "La gavotte du cochon", prix régional de Bretagne 2000 à la création artistique. Joué plus de 150 fois dans toutes les régions de France, ce spectacle, qui fait rire petits et grands, n'a encore jamais été programmé dans la région de Saint-Brieuc/Lamballe * où ce ne sont pourtant pas les équipements culturels qui manquent.
La culture officielle, celle sous tutelle politique, aurait-elle peur d'entendre le mot "cochon" résonner dans sa fameuse "baie des cochons" ? Y verrait-elle une allusion à son impasse économique plombée par les algues vertes ? Ce "cochon" renverrait-il au cochon sauvage, le sanglier, relevant de fantasmes maléfiques peuplant les méandres de l'imaginaire breton ?
Les médiateurs-coordinateurs-programmateurs, qui foisonnent sur ce territoire, sont-ils à ce point débordés pour ne pas avoir le temps de jeter un oeil au spectacle ? Auraient-ils peur d'un rire trop subversif ? Auraient-ils jeté l'éponge devant la difficulté de classer l'objet dans une de leurs catégories favorites : conte, clown, théâtre, variété, humour, parole d'été, petit rien, grand tout, grosses subventions ?
Heureusement, il reste les bistrots, recours traditionnel des dissidences artistiques.

J.K 2/10/05

"La gavotte du cochon" au Verdelet , quartier Croix St Lambert à 21h le vendredi 4 novembre.

Entrée : 3 euros.
Le bar ne disposant que de 80 places et il est prudent de réserver au 02 96 78 30 88.

*À l'exception d'une soirée privée, au Bleu Pluriel de Trégueux, organisée par le Crédit Mutuel de Bretagne devant 500 personnes.

SUITE
Cette soirée du 4 novembre a vite affiché complet. Gilles, patron du Verdelet, a donc décidé, pour tous les spectateurs recalés, de remettre le spectacle à l'affiche de son bar . Cela se fera le vendredi soir 3 février 2006. Réservations au même numéro.

ÉCLUSES

NON AU DÉMANTÈLEMENT DES ÉCLUSES DU CANAL DE NANTES À BREST
Plusieurs écluses du canal de Nantes à Brest sont aujourd'hui menacées de démantèlement.
Quelques pêcheurs du Finistère et du Morbihan, alliés de circonstance à quelques aménageurs ne jurant que par les routes, ainsi qu'à des élus des Côtes d'Armor, à l'affût d'une aubaine honorable pour se débarrasser d'une voie d'eau qu'ils rechignent à remettre en état de navigabilité, font pression avec insistance sur les SAGE (Shémas d'aménagement et de Gestion de l'Eau) de l'Aulne et du Blavet pour qu'ils remettent à l'état sauvage la partie centrale du canal (Aulne et Haut-Blavet). Ceci sous prétexte de " libre circulation des espèces migratrices ". Par un glissement sémantique aussi audacieux que tendancieux, les écluses sont assimilées à des "barrages" et l'affaire audacieusement appelée " débarrage ".
écluses

Si ce lobbying parvenait à ses fins, le fragile équilibre d'un écosystème bicentenaire risquerait d'être brutalement mis en péril. Faune et flore sont d'une richesse inouïe et, au fil des décennies, un consensus entre les différents utilisateurs (pêcheurs, communes et sociétés fermières de distribution d'eau, sportifs en eau vive, randonneurs, plaisanciers, riverains, écologistes, touristes, agriculteurs...) s'était établi. Ce consensus se fonde sur un objectif noble, hélas bien loin d'être aujourd'hui atteint : la recherche de la qualité de l'eau. Ce lobbying prend le risque fou de le faire d'éclater.

Tout le monde ne peut être que pour "la libre circulation des espèces migratrices", à condition d'y inclure aussi l'homme. Est-il pour cela nécessaire de supprimer les écluses du canal ? Les passes à poissons, conçues à grands frais en relation avec les fédérations départementales de pêche, ne rempliraient-elles plus leur rôle ? Tout nous porte à croire le contraire. Sur l'Ellé, par exemple, rivière "débarrée" s'il en est, les pêcheurs n'atteignent jamais leur quota de prises de saumons, alors qu'en comparaison sur l'Aulne, grâce aux écluses maintenant le débit d'étiage, ces quotas sont toujours atteints et aujourd'hui le saumon remonte jusqu'aux Monts d'Arrée. Sur les passes à poissons "nouvelle génération", le taux de franchissement est en moyenne de 95%.

Ce n'est pas l'eutrophisation, constatée dans tel ou tel bief, qui crée la pollution mais les pratiques culturales alentour. Évacuer la pollution plus rapidement vers la mer reviendrait à casser le thermomètre au lieu de s'attaquer durablement aux causes de la fièvre.
Certes l'entretien et la valorisation d'un patrimoine de cette ampleur (écluses, échelles à saumon, glissières à canoës, aires de repos) peut paraître exorbitant au regard du nombre de saumons ou de péniches qui passent. Mais, à moins de s'appeler Ubu, il ne viendrait à personne l'idée folle de détruire les innombrables chapelles bordant ce même canal sous prétexte que les fidèles n'y fassent que rarement dévotion !

Au moment où le canal du midi se voit inscrit au patrimoine de l'humanité, la Bretagne n'aurait-elle d'autre projet d'avenir que détruire ses écluses et d'inscrire le canal de Nantes à Brest à la nomenclature des friches industrielles du 19ième siècle ?
Arrêtons vite cette farce de mauvais goût et consacrons nous, tous usagers du canal confondus, à la reconquête de la qualité de son eau. 29/08/05


NANTES

1-le 16 août 2005

NANTES ET SES " ESCLAVES DE L'INTÉRIEUR "

à la presse et à la mairie de Nantes

La tournée aquatique du TNP le long du canal de Nantes à Brest (cf rubrique "à l'affiche") s'achève aujourd'hui. Elle était destinée à honorer la mémoire des bagnards de Glomel, condamnés militaires républicains, déserteurs de la guerre d'Espagne sous la Restauration.
Toutes les villes étapes, contactées dès octobre 2004, ont répondu favorablement à notre proposition à la notable exception de la ville de Nantes. C'est pourtant cette ville qui, au 19ième siècle, a tiré la plus grande richesse du trafic généré par ce canal.
L'adjoint à la culture de la ville (Mr Y. Guin), sans même daigner nous accorder le rendez-vous que nous lui demandions, nous a écrit en date du 19 novembre 2004 :
" Il n'est pas possible, pour des raisons de rigueur budgétaire, de répondre favorablement à votre demande ".
Suite à la défection de Nantes, cette tournée s'achève donc à Sucé sur Erdre. Le bilan est plus qu'honorable : de 300 spectateurs (Peillac) à 700 spectateurs (Malestroit) à chacune des représentations (moyenne de 500 spectateurs par représentation). À la fin de chaque spectacle, nous avons organisé une collecte des pièces roses en annonçant notre intention d'aider la ville de Nantes à surmonter sa mauvaise passe budgétaire. Nous en avons récolté 1,706 Kg, que nous nous honorons, ce mardi après midi, de remettre à Mr Guin pour la ville de Nantes.
Petite souris face à l'éléphant, il ne nous viendrait jamais à l'idée de contester les choix culturels d'une ville dont nous ne sommes pas contribuables. Nul ne peut cependant nous interdire de nous en amuser. Nous avons appris (" La lettre à Lulu ", été 2005) que l'éléphant baladeur avait coûté 2 millions 263 mille euros à la ville de Nantes. Par comparaison et sous le seul angle de la " rigueur budgétaire ", les 700 euros que nous lui demandions pour y faire étape, afin d'honorer la mémoire de ses " esclaves de l'intérieur ", nous paraissent assez incongrus... du luxe royal à la sobriété républicaine !
Jean Kergrist,

2-Suite au 22/08/05

POUR 406 GRAMMES DE PLUS


à Monsieur Guin, Adjoint à la Culture de la Mairie de Nantes

Cher Monsieur Guin
Veuillez trouver, ci-joint, des coupures de presse concernant notre équipée nantaise ainsi que le produit de notre dernière quête de pièces roses à Sucé, que nous n'avions pas encore collectées lors de notre passage en mairie : 0,406 kg, ce qui fait un total de 2,108 kg.
Nous avons, comme promis, fait étape le 16 août à Nantes afin d'y évoquer la mémoire de ces condamnés du canal qui, au 19ième siècle, ont contribué à la prospérité de votre ville. Nous aurions, certes, souhaité une étape plus festive et, si vous aviez daigné nous accorder le rendez-vous demandé en octobre, nous aurions sans doute pu mieux vous expliquer notre démarche et notre projet. Le mépris n'est jamais bon conseiller.
Connaissant le coût des politiques de communication destinées à promouvoir l'image des villes, je suis navré d'avoir fait grimper la note. Les 7OO euros demandés initialement pour l'achat de ce modeste spectacle pèsent peu aujourd'hui au regard des quelques milliers de spectateurs qui, chaque soir, ont éclaté de rire à la lecture de votre lettre et des quelques milliers de lecteurs des articles d'Ouest-France, de Presse Océan, de La lettre à Lulu ainsi que des auditeurs de Radio Alternante.

Les gueux montent aux grilles de votre palais et il vous faudra autre chose que de l'argent, des vigiles (il y en avait 4 à nous entourer à la mairie), des communicants, des designers, des promoteurs pour ré-enchanter notre vie politique.
Si vous passez par Glomel revisiter le berceau de votre famille nous aurons l'occasion d'en reparler amicalement autour d'un verre de cidre.
Sans rancune aucune.
Jean Kergrist

 

 

L'attente en mairie de Nantes: élus et chefs de services sont aux abonnés absents. Que des vigiles !

 

 

 
 

3-Suite au 08/09/05

l'accusé de réception

DE LA"VILAINE ACTION" À LA "BONNE ACTION"

Nantes, le 5 septembre 2005

Cher clown,

Soyez remercié pour l'immense générosité du public en faveur des "paillettes" nantaises. Le C.C.A.S. de Nantes bénéficiera en fait de vos dons, qui s'élèvent à 2,108kg, soit 17,07 euros, ce qui permettra de transformer votre vilaine action, flatteuse pour votre ego mais totalement décalée par rapport à le réalité de la politique nantaise en une bonne action.

Recevez, cher clown, mes salutations les plus distinguées.

Yannick Guin, adjoint à la culture.

Charlie Hebdo

à l'équipe de Charlie

Quand le clown aveugle ne fait plus rire, la délicatesse consiste à lui indiquer discrètement la sortie du chapiteau. Pauvre Philippe Val ! Aveugle mais aussi sourd ! Il s'acharne, de semaines en semaines, à répondre à une question qui n'est pas posée :"Êtes vous pour ou contre l'Europe ?". À Charlie, au soir du 29 mai, un "référendum des courageux" devrait être envisageable. Avec le départ probable de Raffarin, l'opportunité d'une fenêtre de tir se présente. Si le peuple est souverain, l'équipe de Charlie doit l'être aussi. Guidez avec ménagement votre gâteux de premier ministre vers la sortie pour vous choisir un plus jeune. Je suggère Cavanna. Il commencera sans doute par rétablir le courrier des lecteurs pour aérer un peu le chapiteau. 25/05/2005


AREVA
Areva, ex Cogéma, qui ne fréquente pourtant que de loin les particuliers, veut nous vendre son rêve : le nucléaire. Une grosse campagne de pub tous azimuts dans les médias prépare le terrain pour les futures constructions de centrales qui pointent à l'horizon raffarinesque. La bande dessinée, en quatre planches joliment colorées, s'adresse aux grands enfants que nous sommes et qui n'ont pas encore compris les bienfaits de cette énergie. Areva mérite d'être cru car, sous son logo, figure le label autoproclamé d'"experts en énergie". Une des quatre planches traite de l'épineux sujet des déchets. Le mot n'est jamais prononcé. La chose s'appelle désormais "combustibles nucléaires usés". On y apprend que 96% du "combustible usé" est recyclé après traitement. On oublie de préciser s'il s'agit de 96% du volume ou de 96% de la toxicité. Areva est décidément un grand magicien, même si le lapin sorti du chapeau ressemble plutôt à un mammouth. (8/04/2005)


TOURBIÈRE


BIENTÔT ICI ON VENDRA DE L'EAU

Cette belle tourbière éventrée se trouve aux sources du ruisseau Saint Jacques, près de Rostrenen (22). Ce ruisseau, qui se jette dans le canal de Nantes à Brest en a déjà vu d'autres : une pollution due à un abattoir à poulet, une autre due à un foirail sans bassin de décantation, et une troisième due à la rupture d'une cuve de gas-oil dans une exploitation agricole. Réussira-t-il cette fois à sauver sa peau. Regardez bien la photo : au fond et au milieu on aperçoit un engin jaune qui s'affaire : une pelleteuse! Serait-elle conduit par un archéologue curieux, pratiquant l'autopsie d'une tourbière pour savoir d'où et comment, autrefois, les humains tiraient et purifiaient leur eau ? Non !

À la fin de l'année 2005, une fois transportée la tourbe par camions dans une ancienne décharge, sur cette belle tourbière asséchée, un grand magasin fera commerce d'eau minérale en bouteille ! (26/03/05)

 

GAYMARD (25/02/2005)


Le pauvre ministre Gaymard n'en finit pas de justifier ses domiciles précaires. C'est pourtant lui qui, ministre de l'Agriculture, avait signé, en août 2003, un décret visant à "assouplir" la loi concernant l'hébergement des saisonniers. La loi était en effet trop dure, beaucoup trop dure. Jusqu'ici les saisonniers agricoles devaient légalement être hébergés dans des constructions en dur. Après lui, cabanes de chantier et tentes, aux parois nettement plus souples, ont fait leur apparition dans le monde rural. Enfin un ministre "d'origine modeste" qui connaît de près la précarité des logements de fortune !


PESTICIDES (24/02/2005)

Miamm miam, la bonne crème aux pesticides ! C'est dans le très catho Télérama (il est vrai racheté par Le Monde) que l'on découvre cette nouvelle recette de santé : les pesticides dans l'alimentation c'est tout bon pour "le respect de la santé de l'homme et de son environnement" (sic !). Le cuistot jeune et dynamique nous invite à partager sa mixture de grand sorcier blanc en nous renvoyant à un site web intitulé "protectiondesrecoltes". Le tout est signé ni par Monsanto, Adventis, Bayer, BASF ou Dupont Nemours mais par une énigmatique et très drôle "Union des Industries de la Protection des Plantes". Avec de telles associations de protection de la nature nous pouvons bâfrer tranquilles. Merci Télérama !

(n° 2773 du 19 au 25 février 2005 page 37)

Suite : ma lettre a été publiée dans Télérama du 12 au 18 mars, celui avec Clint Eastwood en couverture (j'adore !) mais sans les noms des firmes (Monsanto...).

Comme Télérama a récidivé sa pub, avec cette fois, une sorcière blanche, j'ai ré-écris. Re-réponse au courriel suivi d'un nouveau courriel et d'une re-re-réponse du rédac chef en personne.

 

PLANCHON(12/02/2005)

Roger Planchon vient de sortir un gros pavé (APPRENTISSAGES, Roger Planchon, PLON, 630 pages, 25¤ ). J'ai eu la chance de l'avoir comme premier "patron", à Avignon en 1967. Je faisais de la figuration dans "bleus blancs rouges" et dans "Tartuffe". Je me réjouis de le retrouver aujourd'hui dans cet ouvrage remarquable. Mon "vieux" maître à penser Ardéchois est toujours aussi lucide et revigorant. Quelques extraits de ce long texte :


-"Un acteur (artistique) répond à une double demande, celle des aventures artistiques de son temps et celle du travail que lui offrent les "producteurs". Notre temps est-il un temps de "créateurs-producteurs" ? Non. Les "décideurs" contrôlent de plus en plus le marché du travail, donc sélectionnent les acteurs utiles à ce marché." p.501
-"Aujourd'hui, nos intendants de théâtres subventionnés, eux, misent sur l'import". p.501
-"Depuis 90, en France, le "parrain" du théâtre public, le ministère de la Culture, pousse les metteurs en scène vers la sortie. Pourquoi pas ? Au profit des auteurs, des acteurs ? Non. Au profit des décideurs. Là le bât blesse." P.502

-Je tremble d'aborder un problème éthique et politique : le pouvoir des créateurs artistiques dans une démocratie. Balzac me conseille d'être prudent. Les gens puissants veulent et veillent. Le ministère de la Culture, comme tous les "parrains", pour son confort, met en place, de plus en plus, des sous-traitants dociles : des "producteurs d'État" nos producteurs n'engagent pas leur argent. Un risque financier personnel justifierait leur pouvoir. Ce n'est pas le cas." P.503


-En France, sur quatre-vingt "scènes nationales", seules quatre ou cinq sont dirigées par des artistes. N'est-ce pas un peu excessif ? De combien de grands théâtres parisiens, de combien de grands festivals les artistes ont-ils été dépossédés ? La politique des intendants subventionnés n'est-elle pas trop axée sur l'importation aux dépens de l'exportation ? La réponse est oui. Examinez leur programmation. L'élu choisit le confort : "on ne va pas se faire chier avec les créateurs, surtout si leur projet artistique ne correspond pas à l'énoncé de nos lignes budgétaires." P.505

-" ne confiez pas le pouvoir aux petits hommes gris Les petits hommes gris, c'était l'expression des dissidents au temps de Brejnev pour qualifier les roublards qui se glissent dans les bonnes planques lorsque les politiques ne sont pas vigilants. L'Europe, actuellement, connaît une invasion microbienne dont nos politiciens n'ont pas pris la mesure. Les "décideurs artistiques" qui n'ont rien d'artistique. Partout ces roués confisquent aux artistes, en prétendant se mettre à leur service, le pouvoir artistique à leur profit. Nous demandons aux élus d'écarter ces nouveaux barbares." P.517

Sur ce même sujet (le pouvoir artistique) cf. aussi mon propre texte donné lors d'une conférence à Moëlan (29) le 22/01/2005 à la rubrique "Kergrist, sa vie son oeuvre".


PLUTONIUM

Un convoi très serré

Le plutonium américain, débarqué à Cherbourg en fanfare grâce aux écolos de Greenpeace, a aussitôt emprunté la route de Cadarache. Grand étonnement en voyant une photo du convoi, prise par l'AFP et publiée dans le Télégramme du vendredi 8 octobre : les pandores ont tellement peur de perdre leur précieuse marchandise qu'ils encadrent le camion contenant les fûts en se caressant les pare-chocs. Le code de la route nous oblige pourtant a laisser deux bandes blanches entre chaque véhicule. Ici, entre deux bandes on peu compter un motard, deux voitures de police et l'avant du camion. À croire que les convois de sécurité sont dispensés des mesures de sécurité ! Qui va dresser la contredanse ?

10/10/04

 

SEILLIÈRE

Irak sur Dordogne
Deux inspecteurs du travail, pris en otage à Irak sur Dordogne par un groupe de cueilleur de prunes de la branche terroriste du Medef, viennent d'être froidement exécutés d'une balle dans le dos. La revendication de ce groupe terroriste reprenait à la lettre une revendication clairement exprimée lors d'une fatwa prononcée par l'ayatollah Seillières lors de son dernier prêche à sa mosquée d'été : la suppression pure et simple du code du travail protégeant les salariés.
10/09/04

Plaque posée le 14/02/05 à la DDAF de Dordogne

 

 

TERRE ET EAU

Les Jeunes Agriculteurs des Côtes d'Armor, halte-garderie de la FDSEA, organisent cette année la "finale européenne et nationale de labour". Pour l'occasion, leur fameux concours départemental de labour, avec charrues à 20 socs, accompagné de son inénarrable course de "moiss-batt" s'est travesti en "fête de la terre et de l'eau". Mais le masque est translucide et, derrière l'affiche, on devine les protagonistes. La terre est désespérément nue. L'herbe, l'ennemi de toujours, est bannie de la fête. Quant à l'eau, elle est symbolisée par un tuyau d'arrosage... sans doute en prise directe et gratuite avec la nappe phréatique.

31/08/04

"MEILLEURE RENTABILITÉ"

Je viens d'être démarché par fax pour consulter sur minitel, à 1,41 euros la minute, mon classement dans les "Trophées de l'Entreprise 2004". Pour m'allécher, on m'annonce qu'après délibérations, 10 entreprises du secteur artistes du spectacle ont été sélectionnées pour intégrer la catégorie "meilleure rentabilité" et que Kergrist Jean, artiste,"figure peut-être dans la catégorie "meilleure rentabilité" du classement des entreprises". Voici ma réponse à cet organisme :

à : Optima Online BP 278000 13797 Aix en Provence cedex 3

le 29/07/2004

Madame ou Monsieur,

Je vous prie de ne plus m'importuner avec vos "Trophées de l'entreprise".

Vouloir classer les artistes en de catégories de "meilleure rentabilité" démontre à l'évidence que vous n'avez rien compris à l'art. Allez donc faire un tour au musée Cézanne d'Aix en Provence, puisque votre siège semble y être établi. Vous verrez que Cézanne, de son vivant, n'aurait récolté que clopinettes dans votre classement.
Quant à l'arnaque consistant à facturer 1,41 euros une consultation minitel j'espère que les artistes ne seront pas les seuls à éviter ce piège un peu lourdingue, uniquement destiné à capter les petits chefs d'entreprises infatués, en mal de rêve après avoir assisté à la télé à une distribution des Césars.
D'autre part je ne vois pas pourquoi il me faudrait payer une communication téléphonique pour ne plus figurer sur votre fichier. C'est à vous de vous conformer à la loi Informatique et Liberté en n'inscrivant pas mon nom sur un fichier sans mon consentement explicite.
Je vous prie donc de vous conformer à la loi.
Bien à vous


"PETITS RIENS"

Les offices officiels et autres médiateurs patentés, dotés de budgets faramineux, déguisés en associations, "petits riens" cachant les grosses ficelles, instrumentalisant la création pour mieux l'assujettir au pouvoir politique du moment, n'ont pas encore réussi la récupération de nos pratiques culturelles. Ils nous collent à la roue, nous sucent au train, s'essoufflant à récupérer nos idées, les lieux que nous avons dénichés, les spectateurs que nous avons formés mais avec toujours un train de retard. Ils peuvent bourrer leurs salles d'invités, jouer de la distorsion de concurrence en proposant des spectacles à l'oeil, sortir des dépliants tonitruants sur l'art de combat, le public n'est pas dupe, préférant toujours l'original à l'imposture de la copie.

JK 20/04/04

 

GLENMOR

Charlie Hebdo, édito du 17 mars 2004
Petit Poutine de la pensée psychorigide, accroché comme à une bouée de paille à sa langue bientôt, elle aussi, minoritaire, confondant diversité culturelle et combat ethnique, emporté par le courant niveleur d'une mondialisation qu'il assimile au métissage de la pensée des lumières, Philippe Val nous donne un bel exemple de son ignorance sémantique en écrivant Glenmor avec un "e". Ce pseudonyme du barde breton Milig Ar Scanv signifie qu'il n'est pas de langue sans enracinement dans les éléments constitutifs d'un peuple, en l'occurrence peuple de marins et d'explorateurs, à l'affût de terres nouvelles, ancestralement ouvert sur le monde. "Glen" veut dire "terre", "mor" veut dire "mer". Si, en rajoutant un e à "mor", Philippe Val voulait nous suggérer l'étymologie de morue, qu'il sache que c'est son édito qui pue. 

J.K.

TELECOM
On n'arrête pas le progrès !
Quand l'agence France Télécom, ex-service public de mon chef-lieu de canton, a fermé, on nous avait promis, comme lot de consolation, une permanence de ce service dans un magasin local d'électroménager. Une fois passé l'émoi, cette solution de remplacement a vite été abandonnée. Désormais il nous faut faire 20km A-R dans le département d'à côté pour quémander l'assistance des services téléphoniques.
La semaine dernière, mon chargeur de téléphone a rendu l'âme. Je me suis donc rendu à la ville d'à côté. Après une queue de 1h30, pendant laquelle j'ai eu droit d'entendre toutes les conversations des clients, y compris de ceux qui, en difficulté financière, ne pouvaient payer leur facture, on m'annonce que le modèle de chargeur correspondant à mon téléphone n'est pas disponible en stock. On me propose donc d'acheter un nouveau modèle. Refusant cette gabegie technologique et connaissant mes droits de consommateur, l'obligation décennale (l'obligation légale de fournir les pièces et accessoires pendant 10 ans), je demande à ce qu'on me commande un nouveau chargeur.

Boites, petites boites... vocales
Dix jours plus tard, victoire, je reçois un coup de fil de l'agence, m'annonçant l'arrivée de mon chargeur : "vous pouvez venir le chercher dès aujourd'hui, nous ouvrons à 10h". Pas le temps de demander à mon interlocuteur l'heure de la fermeture, il a déjà raccroché. Je me mets en demeure de le rappeler pour obtenir ce précieux renseignement. Je cherche sur le minitel le numéro de l'agence. On ne me propose que des 10 13, 10 14, 10 15, 10 16, autant de boîtes vocales. Je les essaye toutes. À chaque fois je suis invité à taper le 1, le 2 ou le 3 selon mes demandes. On m'invite parfois aussi à laisser un message.
Soulagement : sur l'une de ces boîtes, on m'aiguille vers les renseignements, le 10 10. Peut-être la fin de mon errance ? J'obtiens enfin un opérateur à voix humaine. Je déchante vite. Répondant à partir de mon propre département, il ne connaît pas le numéro de l'agence avec laquelle je veux entrer en relation, car elle se trouve dans le département d'à côté. Il n'a aucune idée des heures de fermeture. Je lui demande, dans ce cas, de me passer les renseignements du département voisin. Impossible, me répond-il, l'agence de renseignements de Quimper vient d'être supprimée. J'insiste lourdement. Pour me dépanner il veut bien me donner le numéro de la direction à Rennes. Un vrai numéro cette fois. À Rennes, nouvel opérateur mais pas plus de chance. On ne connaît ni le numéro de l'agence, ni ses heures de fermeture.

Et l'alerte à la bombe ?
Je prends donc le risque de faire les 20 km A-R en misant sur une fermeture tardive de l'agence. Coup de chance, elle est ouverte. Après une demi-heure d'attente, je tiens enfin mon chargeur dans les mains. Je signale à l'agent les difficultés auxquelles je viens d'être confronté.
-"Oui, c'est vrai, on ne peut pas nous joindre de l'extérieur. Vous voyez la queue au magasin ? Rendez-vous compte, si en plus il nous fallait répondre au téléphone !" Et voilà mon agent qui, sans perdre un instant, s'occupe du client suivant, une dame venue offrir à chacun de ses trois jeunes enfants, un téléphone portable. Beaux moments de communication en perspective !
Imaginez une catastrophe quelconque, genre alerte à la bombe. Impossible de prévenir ces pauvres agents, enfermés dans leur métier de communicants ultra compétitifs ! Comme une nouvelle version du tableau de Bruegel le Vieux "La parabole des aveugles" : un aveugle guide des aveugles vers le précipice. Il suffit de remplacer le mot "aveugle" par le mot "sourd".
J.K. 7/03/04 


AILLAGON

Monsieur Aillagon, pressé de partir "en guerre contre l'immobilisme" (Le Monde du 26/02/04) se prend les pieds dans le tapis. Une fois de plus, on retrouve sous sa plume l'élément décisif, le prétexte unique, avancé pour justifier la remise en ordre du statut des intermittents : le fameux déficit de "plus de 800 millions d'euros en 2002" des annexes 8 et 10 de l'Unedic. Il peut ensuite faire appel à toutes les théories du monde pour prouver qu'il est le sauveur de la culture, s'il construit son édifice sur des prémisses aussi hasardeuses, il perd son temps à vouloir nous amener à l'étage, cet olympe où il siège et dont il refuse obstinément de descendre.
Le chiffre plus précis avancé jusqu'ici par le MEDEF était de 828 millions d'euros. Il mérite qu'on s'y arrête, car il constitue la seule base de l'argutie patronale. On se demande ce que sont devenues, dans un tel calcul, les cotisations de l'ensemble du secteur culturel : artistes permanents, administratifs, commerciaux induits (y compris les cafetiers d'Avignon qui préfèrent payer des cotisations Assedic plutôt que de voir couler un festival, y compris les vendeuses de la FNAC quand elles vendent un CD réalisé par des intermittents). En avançant unilatéralement un tel déficit, on s'arrange, d'un côté à isoler les intermittents de l'ensemble du régime général en comptant à part leur balance cotisations/prestations, de l'autre à faire malgré tout appel au régime général pour estimer représentatif un syndicat ultra minoritaire (CFDT). C'est un peu comme si, pour faire la balance cotisations/prestations de la sécurité sociale, on ne prenait en compte que les cotisations des malades. À ainsi isoler les précaires, pour prouver qu'ils grèvent un budget, on établit comme prémisses ce qu'il fallait démontrer. Facile ensuite de noyer son chien ! Et ce seraient les artistes qui, d'après Mr Aillagon, voudraient "jouer sur tous les tableaux à la fois !" Étonnante incohérence ! J.K. 26/02/04


INSECTICIDE

Lettre au Rédacteur en chef du journal Ouest-France,

Dans Ouest-France du 20/02/04, vous annoncez à vos lecteurs l'arrêt de la commercialisation du Régent, avec mise en examen du président de BASF par un juge d'instruction de Haute-Garonne. L'article présentant cet insecticide, présumé coupable de la disparition des abeilles, est bien documenté et présente aux lecteurs les réactions des différents protagonistes : BASF, Afssa, Ministre de l'agriculture, Unaf (apiculteurs).
Il est, par contre, accompagné, sur une pagination quasi identique, de l'interview outrancière d'un agriculteur vendéen intitulé "Et après, on supprime les agriculteurs ?"
De la part d'Ouest-France, qui a récemment publié un supplément de haute tenue sur le développement durable, on se serait attendu à un autre son de cloche en guise de commentaire. Pourquoi pas, par exemple, une interview du professeur Belpomme, directeur de l'Artac, en charge du fameux "plan cancer", auteur de "Ces maladies créées par l'homme" (Albin Michel) ? Cet éminent cancérologue nous annonce que quatre cancers sur cinq ont pour origine la pollution (dont celle par les insecticides) et que les cancers dus à l'environnement ont doublé en 50 ans.
Le sérieux habituel de votre information aurait certainement mérité mieux que ses propos de café du commerce, caricaturant l'état d'esprit des agriculteurs. J.K. 23/02/04

Extrait de le réponse du Rédacteur en chef, Didier Pillet, en date du 24/02/04 :

"Je perçois votre irritation mais on ne comprend rien à la survivance de ce produit si on ne donne pas la parole à ceux qui l'utilisent".


ASSOUPLISSEUR
Pas de grande lessive sans assouplisseur. Le ministre de l'agriculture, par décret paru en plein mois d'août, a "assoupli" la loi concernant l'hébergement des saisonniers. La loi était trop dure, beaucoup trop dure. Devinez pour qui ? Jusqu'ici les saisonniers devaient légalement êtres hébergés dans des constructions en dur, beaucoup trop dures. Désormais feront l'affaire cabanes de chantier ou tentes, aux parois nettement plus souples, d'où le terme d'assouplissement. Alors que le ministre de la culture donnait son aval a l'assouplissement du statut des intermittents, le ministre de l'emploi, après avoir assoupli les allocations des chômeurs en fin de droit, annonçait son intention imminente d'assouplir les règles du travail, elles aussi trop dures, beaucoup trop dures. Devinez pour qui ?

25/09/03

INTERMITTENTS encore

Menaçant de bloquer les festivals d'été, les intermittents sont accusés de couper la branche sur laquelle ils sont assis. Tiens donc ! Cette branche ne cacherait-elle pas l'arbre tout entier ? Ceux qui, au MEDEF, au gouvernement et ailleurs, rêvaient d'une culture artistique sans techniciens et sans artistes, (comme dans leurs usines : des produits robotisés, fabriqués sans salariés) découvrent soudain le poids économique de ceux-ci. On est désormais au coeur du problème.


Pour justifier un soi-disant déficit des annexes Assedic concernant les intermittents, on commence par les isoler du régime général. Facile ensuite de prouver le déficit : à ne considérer que les précaires, un statut de solidarité social sera toujours déficitaire. Si on ne prend, par exemple, en considération que les cotisations des malades, en les isolant de celles des bien-portants, la sécurité sociale sera toujours au fond du trou. Où sont passées, dans le calcul du soi disant déficit avancé par le MEDEF, les cotisations des permanents de la culture, y compris celles des administratifs ? Qu'en est-il des richesses induites par les artistes et techniciens ? Un CD de musiciens intermittents, mis sur le marché, génère une multitude de cotisations sociales. Pourquoi ces cotisations ne sont-elles pas prises en compte dans le calcul initial ? Et les commerçants bénéficiant des retombées d'un festival, ne paient-ils pas de taxes et cotisations diverses ?


À avoir voulu isoler les cotisations des intermittents de celles du régime général, le MEDEF récolte aujourd'hui ce qu'il a semé. À vouloir isoler la branche, ils ont coupé le tronc.

Et le pauvre Aillagon, pourtant initié aux problèmes de sauvetage en mer lors d'un récent passage à Locquirec (29), n'a encore rien compris au film.

1/07/03


LAURENT RUQUIER

LETTRE OUVERTE
À LAURENT RUQUIER

Cher Laurent Ruquier,

Dans ton émission de mardi dernier sur Europe 1, tu t'es permis d'ironiser, avec une de tes intervenantes, sur la manif réunissant à Rennes, le samedi précédent, 15.000 bretons attachés à la défense de leur langue. Il y aurait, parait-il, inconvenance à participer à une telle manif alors que les bombes tombent sur l'Irak.
Je te signale que, dans cette même ville, le même jour et à la même heure, se tenait une manif de 3.000 personnes contre la guerre en Irak. Les organisateurs de cette manif ont été invités à prendre la parole sur le podium de la manifestation bretonne, préparée depuis des mois. Leur intervention, longuement applaudie, s'est d'ailleurs faite en français et en breton.
Il faudra apprendre à tes exécuteurs de basses oeuvre à faire le lien entre Kurdes et Chiites, gazés par Saddam Hussein, peuple Irakien, bombardé par Bush et l'ethnocide programmé d'une langue. Les droits des minorités, reconnus mais bien mal défendus par les lois internationales, doivent se crier haut et fort tous les jours et partout. Il ne manquait à Rennes samedi dernier qu'une manif en faveur des Palestiniens, une autre en faveur des Tchétchènes.
La guerre en Irak ne doit pas servir de prétexte à accepter en silence le rétrécissement nombrilique de vos petits cerveaux parisiens. Si inconvenance il y a, c'était mardi dernier, sur les ondes d'Europe 1.
Jean Kergrist (28/03/03) (Photo Hervé Ronnet)

Lettre publiée dans Le Monde radio-télé du 7 avril et dans Bretagne Info du 2 avril


INTERMITTENTS (3)

UN SCANDALE !
LA COUR DES COMPTES COUVRE LA FRAUDE DU SIÈCLE
La Cour des comptes vient d'épingler le monde du spectacle. Celui-ci, composé d'intermittents et de permanents (artistes, techniciens, administratifs), serait à l'origine de la moitié du déficit des Assedic. Pas étonnant : la balance cotisations/prestations de cette branche serait de 1 à 8. Cet énorme déficit vient du fait que les permanents du spectacle, ne paient aucune cotisation Assedic, sinon la Cour des Comptes, réputée pour sa méticulosité et sa quasi infallibilité, les aurait sûrement prises en compte dans son calcul. Plusieurs milliers de fraudeurs sont concernés, à commencer par le Ministre de la Culture lui-même, qui aurait dû donner l'exemple en réglant ses cotisations Assedic de permanent (provisoire) du spectacle. Premier fraudeur, il doit donner l'exemple et immédiatement démissionner. (4/02/03)


RETRAITES

Lettre adressée le dimanche 2/02/03 à Didier Pillet, rédacteur en chef d'Ouest France, suit à un article paru le même jour.

photo Didier Mignon

Cher Monsieur

J'ai lu avec intérêt, dans Ouest France de ce dimanche, les résultats de votre sondage sur les retraites, ainsi que vos commentaires. Les questions posées par ce sondage IFOP portent sur les différentes variables susceptibles de sauver à terme nos retraites. Je m'étonne que l'une de ces variables ne soit, à aucun moment, évoquée, ni dans le sondage, ni dans les commentaires. Elle me paraît pourtant déterminante.
Pourquoi éliminez-vous d'emblée la possibilité d'une extension de l'assiette des cotisations à l'ensemble de la valeur ajoutée ? Alors que, dans les entreprises, cette valeur ajoutée n'a cessé de croître, la masse salariale n'a fait que diminuer. L'avenir des retraites réside aujourd'hui dans un examen attentif de cette variable. Certes, dans 20 ans, les actifs ne seront plus assez nombreux pour payer les retraites par répartition, mais leur gain de productivité, s'il continue sur la lancée de ces vingt dernières années, compensera largement ce manque à cotiser. Encore faut-il que les médias osent avancer cette possibilité car on voit mal le MEDEF la mettre en avant.
En vous priant d'agréer, cher Monsieur, l'expression de mes sentiments cordiaux.


INTERMITTENTS (encore !)

Par petites touches, l'intox concernant les intermittents du spectacle (ces privilégiés !) est distillée dans les médias. Voici ce que cela donne dans Ouest France. Mais on peut aussi découvrir le même discours dans les autres médias. Une fois de plus il faut monter au créneau.

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Dans l'édition de ce jour (page 5 : "Les banderilles de la Cour des comptes") Ouest France fait écho à l'observation de la Cour des comptes concernant le régime des intermittents du spectacle "qui a versé 838 millions d'euros de prestations en 2001 pour 100 millions d'euros de cotisations perçues." Deux jours plus tôt (O F du 28/01/03, page 5 : "Intermittents : Raffarin veut redéfinir le statut") vous rapportiez des propos identiques dans la bouche de Mr Raffarin : "Les cotisations sont très faibles par rapport aux prestations".
Le discours du MEDEF sur le différentiel, prétendument scandaleux, cotisations/prestations est ainsi relayé, par petite touches, au plus haut niveau de l'État, avec, on l'imagine, le but évident d'une remise en cause d'un statut que le MEDEF tente depuis des années de supprimer. Permettez à vos lecteurs pour se faire une idée plus objective du problème, d'entendre, pour une fois, le point de vue contradictoire d'un intermittent du spectacle.
Le secteur du spectacle vivant, pour lequel, au départ, a été créé ce statut, participe du régime général Assedic, basé sur la répartition des risques entre contrats à durée indéterminés et emplois précaires. Isoler ces derniers, pour, ensuite, en fustiger le coût, est idée assez vicieuse du MEDEF. C'est un peu comme si, pour fustiger le déficit de l'assurance maladie, on ne prenait en compte que les malades. C'est d'ailleurs une des idées géniales de Mr Kestler, ex vice-président du MEDEF : laissons les malades à la solidarité nationale, les assurances privées se chargeront des biens portants et la solidarité sociale volera en éclats !
Pour en revenir aux intermittents, pourquoi donc le Medef, Mr Raffarin et la Cour des comptes n'avancent-ils jamais le chiffre des prestations versées par les permanents du spectacle vivant : artistes, administratifs, techniciens, auxquels il faudrait, également, ajouter tout le secteur marchand induit par l'activité artistique : vente de disques, CD, vidéo, chaînes radios et T.V. ? La SACEM, de ce point de vue, a une approche beaucoup plus réaliste qui va jusqu'à imposer le chiffre d'affaires des buvettes ouvertes pendant un spectacle.
Certes le secteur culturel, drainant tout un tissus social, n'a pas vocation à la rentabilité immédiate, mais, avant d'accuser son chien de la rage pour mieux le noyer, commençons par compter, sans à priori, les moutons.


ÂNE INTÉGRAL

à : Télérama

(texte inspiré, entre autres, de Télérama N°2758 page 92)

"ÂNE INTÉGRAL"

Le médiateur culturel nouveau est arrivé. Jadis l'interprète (du latin "inter partes", "entre les parties") avait conscience de son humilité de passeur : pont entre la parole (de l'auteur, des mythes, de la tradition orale...) et le public. Au départ simple organisateur chargé de la mise en forme matérielle de cette rencontre, le médiateur culturel s'est glissé dans cet échange, empressé de tirer les projecteurs à lui. Tel l'âne de la Fontaine portant les reliques, il s'est peu à peu imaginé que les applaudissements du public lui étaient destinés. "L'âne intégral", cher à Kundera, braie aujourd'hui sur la scène et dans les médias.
J.K. (26/11/02)


COLOMBIE

Des amis bretons luttent en ce moment pour connaître la vérité sur l'assassinat de Simon, arrivé en France à l'age de 6 ans, accompagné de sa mère Myriam, réfugiée politique Colombienne. Quelques années plus tard Myriam a épousé Jean-François Prié, maraîcher à Boisgervilly (35). L'an dernier Simon a voulu retourner vivre en Colombie. Au mois de mai, alors qu'il attendait un bus, il s'est fait enlever par des paramilitaires. Son corps a été retrouvé le lendemain dans un bananeraie: il avait deux balles dans la tête et une dans la poitrine. Il avait 22 ans.
Aucune des promesses faites à sa mère par le consulat n'a été tenue. Le jour où Simon a été assassiné six autres corps sont arrivés à la morgue: tous étaient jeunes et tués de la même manière. Une association vient de se créer pour aider à faire la vérité. Ci-dessous leur lettre. Vous pouvez les aider en écrivant au ministre français des Affaires Étrangères (cf. plus loin un modèle de lettre).

Association " Les amis de Simon.
Pour la Vérité "
La Ruée
35360 Boisgervilly Boisgervilly, le 21 novembre 2002

Chers amis,

Le 21 mai dernier Simon était assassiné à Cienaga ( petite ville de la zone bananière au nord de la Colombie) très probablement par un groupe de paramilitaires, le seul groupe armé qui contrôle Cienaga. Simon ayant la double nationalité, le consul de Bogota s'était engagé auprès de nous pour que la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort et que soit condamné publiquement le groupe responsable.
Le consulat de France à Bogota n'a pu obtenir qu'un rapport insignifiant du consulat de Santa Marta et des autorités judiciaires et policières locales. C'est pourquoi le consulat de France considère qu'il ne peut rien faire de plus et que cette " affaire " n'est plus de son ressort mais de celui de l'Etat colombien. Or nous savons que le gouvernement colombien, malgré ses promesses, n'a pris jusqu'ici aucune véritable mesure pour démanteler les groupes paramilitaires.
Devant cet immobilisme nous avons décidé, avec quelques amis, de constituer un comité pour connaître les circonstances de la mort de Simon et que soient condamnés publiquement ici et là-bas ces groupes qui régulièrement assassinent en toute impunité.
Nous le faisons en mémoire de Simon, très attaché à toute idée de justice et de liberté, mais aussi en mémoire de toutes les victimes, dont nombre d'amis colombiens, assassinés là-bas dans le silence le plus total.
Nous le faisons tout simplement au nom des droits de l'homme.Nous vous invitons à reproduire la lettre ci-jointe, à la signer en indiquant vos coordonnées et à l'expédier à l'adresse suivante :
Monsieur Dominique de VILLEPIN
Ministère des Affaires Etrangères
37 Quai d'Orsay
75351 Paris
afin d'exiger une enquête poussée auprès des autorités judiciaires colombiennes. Faites lire ce courrier autour de vous, faites-le signer individuellement ou collectivement : plus nous serons nombreux à écrire, plus notre demande aura de chance d'aboutir. Il est important que ces lettres arrivent au ministère avant le 31 décembre 2002. Myriam Jean-François et l'association.

MODÈLE DE LETTRE :

à l'attention de

Monsieur Dominique de Villepin
Ministre des Affaires Etrangères

Monsieur le Ministre,

Simon E. GONZALEZ RAMIREZ, ressortissant français, a été assassiné le 21 mai 2002 à Cienaga, département du Magdalena ( Colombie).
Le juge d'instruction de Cienaga, Monsieur Alvaro Ibanez, s'était engagé à fournir une enquête au consulat français à Bogota le 16 juillet 2002.
A ce jour nous avons seulement reçu un compte rendu de la police de Santa Marta, document qui n'apporte aucun élément nouveau.
En tant que citoyens, nous ne pouvons accepter que l'État français ne cherche pas à élucider l'assassinat de l'un des siens. C'est pour cela que nous vous demandons de mettre tous les moyens en uvre pour que les circonstances de la mort de Simon soient connues et que les responsables soient dénoncés publiquement par les autorités françaises.
Persuadés que vous comprenez notre démarche et que vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour qu'une enquête soit ouverte nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération


DELACROIX

Delacroix, après les Trois Glorieuses de juillet 1830, peignit "La liberté guidant le peuple". Aujourd'hui le Comité Régional Porcin de Bretagne-Pays de Loire, après les trente glorieuses, nous propose "Le cochonnier guidant le monde". Le petit cochon cache pudiquement des seins qui, depuis l'arrivée de Christian Jacob, ancien patron du CDJA, au ministère délégué à la Famille, risquaient de troubler nos prudes campagnes. Mais la véritable innovation est ailleurs : les barricades se sont transformées en un lit de chariots de supermarché. Nulle incitation au désordre. Comme le précise le texte, il s'agit "d'une communication pacifique". Les deux frères jumeaux : production libérale hors-sol et supermarchés casseurs de prix, qui marchaient jusqu'ici main dans la main, se foutent maintenant sur la gueule à grands coups de flux tendu. Les Trois Glorieuses accouchèrent de la bourgeoisie Louis Philliparde et de son slogan "enrichissez-vous". Les trente glorieuses aimeraient bien accoucher du même slogan. Là s'arrête le détournement. Merci Delacroix.

J.K. (24/10/02)

OUEST-FRANCE ET LA MANIF

Le 21 octobre 2002 les intermittents du spectacle manifestaient dans la rue. À Rennes ils étaient 800 selon la police, 1200 selon les organisateurs et ... 600 selon Ouest-France ! Cette nouvelle manière de faire le décompte s'accompagnait d'un article inspiré par les seuls arguments du MEDEF. Ci-dessous, ma lettre au journal.

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Les intermittents du spectacle sont descendus hier dans la rue pour défendre leur régime Assedic, mis en question par le MEDEF, ainsi que le budget de la culture, mis à mal par le Gouvernement.
Paradoxalement, l'article de Ouest-France, rendant compte de cette action, ne fait droit qu'aux seuls arguments du Medef, comme si c'était eux qui manifestaient ce lundi dans la rue pour se faire entendre.
En bref : L'Unedic, pour établir ses comptes, laisse délibérément de côté les cotisations des permanents du secteur culturel (artistes, techniciens et administratifs, commerciaux, embauchés en contrat à durée indéterminée). C'est un peu comme si, pour calculer le rapport cotisations/prestations du régime d'assurance maladie, on ne prenait en compte que les malades. À ne considérer que les précaires, tout régime de solidarité social ne peut être que déficitaire. Facile ensuite de se scandaliser de ce déficit.
Face à cette approche fallacieuse, nous affirmons la totale imbrication des intermittents et des permanents. Voilà pourquoi nous entendons également dire notre mot sur la baisse du budget de la culture (5% annoncés). L'intermittent ne peut se concevoir que s'il existe des permanents en nombre suffisant, donc des budgets culturels permettant d'en embaucher.
Plus largement : quand une vendeuse, au rayon disquaire d'un supermarché, vend un C.D. enregistré par des intermittents, ses cotisations Unedic contribuent aussi, indirectement, à conforter le régime de ces Intermittents qui justifient son emploi. Les artistes irriguent tout un tissu social. Il serait mal venu de les en isoler.
En espérant que vous pourrez d'une manière ou d'une autre, éclairer vos lecteurs sur les raisons réelles de notre exaspération, je vous prie d'agréer, Monsieur le Rédacteur en Chef, l'expression de mes sentiments les plus cordiaux.
Jean Kergrist
Intermittent du spectacle
(22/10/02)

Cette lettre a été publiée dans Ouest-France Rennes du 28/10/02


TÉLÉRAMA (lettre du 11/10/02)

Cher Télérama,

La teneur de votre excellent reportage (premier volet cette semaine) sur la culture en péril remet en selle un projet de charte cher à Catherine Trautman. Après les années d'esbroufe du règne Lang, elle entendait redonner à la culture son assise populaire. L'action des Théâtre Nationaux, Centre Dramatiques, Scènes Nationales, ne serait plus seulement évaluée en fonction du public (présent) mais aussi de la population (absente). On revenait aux idées généreuses proposées par Francis Jeanson aux assises de Villeurbanne en mai 68, avec la célèbre distinction "public/non-public".
Aussitôt les barons de la culture virent rouge. Réunis en conspirateurs, au printemps 1998 au Quartz de Brest, "pour en finir avec le Vilarisme", ils organisèrent le lynchage médiatique de la Ministre à qui fut accolée, par Télérama interposé, l'étiquette "d'erreur de casting du gouvernement".
Revenir aujourd'hui si longuement et si justement sur le sujet, constitue une forme de courageux mea-culpa. Pour Catherine Trautman, merci !

Cette lettre a été publiée dans Télérama du 30/10/02 sous le titre "Barons"


INCINÉRATION

DISCOURS DE CARHAIX
MANIF RÉGIONALE CONTRE L'INCINERATION 29/09/02
Electeurs, électrices, électriciens
En ma qualité de Sous Secrétaire d'Étables aux Déchets, représentant officiel du gouvernement, je suis venu pour vous raffurer, pardon, vous raffariner... vous rassurer. Car aujourd'hui nous n'avons qu'une consigne : commu-niquer, c.à.d. de faire du raffut avec rien, en un mot de faire du Raffarin.
Pour appréhender de l'intérieur le problème des déchets, je me suis moi-même glissé dans la peau d'une ordure. Anticipant par là sur notre destin ultime. Poussière retournant à la poussière. Nos amis de Plouray qui m'avaient accueilli l'automne dernier, savent tous, au contact des bouddhistes de Kerguzul, que le déchet n'est finalement que le résultat d'un mauvais karma : la réincarnation de la France d'en bas. Alors que l'incinération va le propulser vers le ciel, nirvana du déchet.
Nommé sous le précédent gouvernement, je suis toujours là sous le nouveau, car l'ordure de droite ressemble comme un frère à l'ordure de gauche.
D'abord je tiens, en guise de préambule, à vous rassurer sur le réchauffement climatique que certains évoquent à propos de l'incinération. D'aucuns on crut, récemment, percevoir une contradiction entre ma ministre de tutelle, Roselyne, et mon Président, en vacances à Johannesburg avec Mr Hulot (Les vacances de Monsieur Hulot, Nicolas). La première à affirmé, début septembre, dans le journal officiel, Paris Match, que le réchauffement climatique était dû pour 99% à l'écliptique, c.a.d. à l'inclinaison de la terre dans sa rotation autour du soleil. Alors que notre Président a affirmé, lui, que c'est l'activité humaine qu'il nous fallait sévèrement corriger si nous ne voulions pas aller dans le mur. Alors ? Écliptique ou activité humaine ? Je suis ici missionné pour vous apporter la synthèse, en soulignant l'absence totale de contradiction entre mes deux patrons. Regardez : aujourd'hui, sur ce superbe site carhaisien de Kérampuil, labouré par d'immenses vedettes internationales, dont Vanessa Paradis, un nom qui est à lui seul tout un programme en matière de déchets, vous vous êtes tous mis du même côté du terrain, au risque de faire pencher l'écliptique. Au fond, là-bas : personne. La prochaine fois, il faudra veiller à mieux répartir les charges sur le site, de manière à équilibrer le territoire et ainsi redresser l'écliptique.
Cette vigoureuse mise au point effectuée, venons-en à l'incinération. Qu'est-ce que j'apprends ? L'incinérateur félon de Plouray a fait des petits. Profitant de mon absence à Johannesburg, il s'est glissé dans votre éco-système pour pondre ses ufs dans tous les coins de Bretagne ?
Farines animales, boues d'épuration, poubelles ménagères, déchets d'hiver et d'été. En voyant la liste des déchets mais surtout celle des promoteurs de ces projets, certains s'affolent en y découvrant de vieilles connaissances agroalimentaires : Doux, Tilly, la Cooperl, la Ceccab, le Gouessant... qui se seraient, dit-on, partagé ce marché très juteux. L'eau et la terre leur doivent déjà beaucoup... de pollutions et vous craignez qu'en s'attaquant maintenant au feu et à l'air, ils étendent leurs dégâts aux quatre éléments. Réfléchissez trois secondes. Qui dit pollution dit dépollution. Qui dit merde, dit démerde. Donc création d'emplois. En confiant la dépollution à des pollueurs professionnels, nous créerons des emplois durables, alors que les pollueurs occasionnels ne créent que des emplois intermittents.
Autre objection : contrairement à ce que croient certains jardiniers du dimanche, qui en brûlant leurs tas de branches, ne voient plus, à la fin, que des cendres, vous estimez, vous, qu'en brûlant, le déchet, au lieu de diminuer, augmente, par l'adjonction des 7 volumes d'oxygène nécessaire à la combustion du 1 volume de matière. Ainsi le volume du déchet, loin de diminuer, serait donc multiplié par 7 et sa maîtrise rendue aléatoire, au gré des vents dominants. J'accepte votre argumentation. Mais, là encore, réfléchissez trois secondes. L'augmentation est une loi naturelle, inscrite dans les étoiles et la fuite perpétuelle des galaxies. Tout augmente : l'inflation, le chômage, le trou de la sécu, le budget militaire, les gardiens de prison, la paye des ministres. Pourquoi donc voudriez-vous que les déchets soient les seuls à diminuer ? L'augmentation est inscrite dans la bible : "croissez et multipliez".
Certains s'affolent des retombées : fumées acides, dioxines, métaux lourds. Je tiens tout de suite à les rassurer : ces retombées seront organisées de manière démocratique, bien réparties sur 50 km à la ronde. Chacun aura sa part. Les promoteurs de ces projets également obtiendront leur quota, surtout en métaux lourds, surtout l'un d'eux, l'or, grâce aux généreuses subventions à l'enlèvement du caca. Encore que, aux dernières nouvelles, elles auraient, cette semaine, diminuées de 46%, ce qui, à mon avis, devrait vous laisser bientôt un peu de répit sur le front des incinérateurs.
D'autres craignent la dioxine, produite en abondance dans les incinérateurs ménagers. Mais, que je sache, le gouvernement n'y est pour rien. Ce sont les Belges qui l'ont inventée, avec leur fameuse recette du poulet à la dioxine pour accompagner les frites à l'huile de vidange, alors n'allez pas injustement accuser le gouvernement. Et si, récemment, du côté d'Albertville, il a fallu abattre des centaines de bêtes, contaminés à la dioxine échappée d'un incinérateur, ces bêtes, il a bien fallu, une fois abattues, les brûler ensuite dans un incinérateur, ce qui montre bien la nécessité des incinérateurs car autrement comment brûleraient-on les carcasses des animaux contaminées par les incinérateurs... vous suivez ?
Certains disent : pour la région Bretagne, ça va être une catastrophe ! Mais faudrait voir à partager un peu, car chaque région a droit à ses catastrophes : Les Alpes : les avalanches, l'Auvergne : les volcans, la vallée du Rhône : les tremblements de terre, la Somme et le Gard : les inondations, le Var : la mafia, l'Ile de France : Line Renaud. Pourquoi la Bretagne serait-il la seule à être épargnée ?
Vous me direz que la Bretagne a déjà les marées noires, les marées vertes, les déferlantes de fientes et lisiers, bientôt les déchets nucléaires et que cette vieille terre hercynienne, notre vieux continent, commence à souffrir d'incontinence. Rassurez-vous, nous allons bientôt lui acheter des couches culottes, puisque, apparemment, les couches géologiques ne suffisent plus.
Sur la fin du précédent gouvernement, nous étions sur le point de trouver la solution définitive pour éliminer les déchets. Juste au moment où mon patron Jospin a brutalement disparu de la circulation, il venait d'écrire une phrase décisive, mais hélas interrompue. Dans son journal interrompu, avec l'aide de Sylviane, j'ai retrouvé cette phrase inachevée. Je vous la livre, comme énigme à résoudre : "La meilleure façon d'éliminer les déchets est de ne pas en pro..." En pro quoi ? J'ai cherché désespérément le mot à compléter dans mon dictionnaire des Hautes Études sur les Déchets. Voici les résultats de mes recherches : procéder, procréer, procurer, prodiguer, proférer, professer, profiler, profiter, progresser, prohiber, projeter, prolétariser, promener, promiscuité, pronostiquer, prononcer, prophétiser, propulser, prospérer, prosterner, prostate, prostituer, protester, protozoaire, proxénétisme...
Finalement je pense qu'il faut s'en tenir au pro tout court. Il nous invitait à faire appel à un pro de la disparition. Personnellement j'en connais trois : David Cooperfield, le magicien, le pro qui a déjà fait disparaître un train. Pour le joindre, adressez-vous à son imprésario. Ensuite, le bon docteur Godard, qui a réussi à se faire disparaître lui-même avec toute sa famille. Pour le retrouver adressez-vous à la brigade de gendarmerie la plus proche qui fera suivre. Et enfin José Bové, qui a déjà fait disparaître un champ de colza. Pour le joindre, adressez-vous à la Confédération Paysanne, ici présente.
De toute manière, dans le cadre démocratique de nos institutions, comme à Plogoff, vous serez consultés : une mairie annexe sera bientôt à votre disposition. Vous pourrez y choisir librement la couleur du papier peint du bureau du directeur de l'incinérateur.
Vous qui, avec le Galcob du Centre Bretagne, voulez qualifier les produits de votre terroir, je me permets, en terminant, de vous suggérer quelques slogans publicitaire : "Avec Glon, respirez à plein prion". "Avec Doux même la merde a du goût". 


LE GALCOB EN ZES

"La Bretagne outragée" : l'éditorialiste du journal Le Monde (11/09/02) a paradoxalement choisi, à la date anniversaire de la catastrophe de New York, de dénoncer, à travers le modèle breton, une autre catastrophe : "toute l'absurdité d'un circuit économique surréaliste : production encouragée, mais débouchant sur un désastre écologique. Ce que le consommateur gagne (en bas prix), il le perd en tant que contribuable (réparation de l'environnement)."
La nouvelle carte des 104 cantons bretons en ZES (Zone en Excédant Structurel d'Azote) n'épargne pas le Centre Ouest Bretagne, ce "château d'eau de la Bretagne" où toutes les grandes rivières prennent leur source et que l'on estimait, il y a encore une dizaine d'années relativement épargné. Depuis 1994, date du précédent état des lieux, le rouge s'est étendu du centre (cantons de Carhaix, Gourin, Maël Carhaix) vers la périphérie. Comment se fait-il que Le GALCOB (Groupe d'Action Local Centre Ouest Bretagne), qui va bientôt fêter ses 10 ans, et qui avait prétention à fédérer les énergies, n'a pas réussi à enrayer cette évolution vers la catastrophe annoncée ?
C'est évidemment et toujours "la faute à l'État" qui a fait preuve de laxisme en laissant poulaillers et porcheries s'agrandir sans contrôle. Les Préfets ont en effet, les seuls à avoir autorité en matière d'installations classées. Les élus, comme le Conseil Départemental d'Hygiène, n'ont qu'un avis consultatif. Mais cet argument massue, permettant vite aux élus du GALCOB de botter en touche, est-il totalement, et à lui seul, crédible ?
Au début des années 90 nous étions quelques associations, réunies en Fédération Centre Bretagne Environnement (FCBE) a avoir dressé, dans un cahier blanc, un constat sévère des atteintes à l'environnement en Centre Ouest Bretagne. Connaissant parfaitement le terrain, nous étions, devant l'urgence, prêts à prendre notre part de responsabilité dans la reconquête. Quand le GALCOB s'est créé, je me suis ainsi retrouvé premier président en exercice de la commission environnement. Nous ne ménagions ni notre temps (nous étions tous bénévoles) ni nos ressources (jamais un remboursement de déplacement ou de téléphone) pour instruire et faire aboutir les dossiers. Nous avons assez vite compris que nous étions l'alibi des élus du Conseil d'Administration. Nos idées et nos propositions étaient en général bien acceptées... sauf si on touchait au secteur clef de l'agroalimentaire.
Je me permets une anecdote significative que j'ai préféré taire jusqu'ici : au cours de la deuxième année GALCOB, je me suis rendu, lors d'une enquête publique concernant l'extension d'une porcherie, dans le canton de St Nicolas du Pélem, près du Commissaire Enquêteur pour lui signifier mon avis défavorable. Pour donner plus de poids à mon témoignage, sur le registre d'enquête j'ai joint, à ma signature, la mention "président de la commission environnement du GALCOB". La semaine suivante le bureau du GALCOB, prévenu aussitôt par le maire, me signifiait un blâme. Je n'avais pas à faire état de ma fonction sans en référer au C.A., seul habilité à prendre position. Ainsi donc, bien que moi même élu (à 90% des voix de la commission), je me faisais convoqué et rabroué par un Directeur du GALCOB (nommé) et par un Président (désigné au tourniquet tous les 2 ans). Le C.A ne fut, bien évidemment, jamais invité à donner son avis sur le sujet. Ce jour-là, mon opinion était faite : j'ai compris que le Centre Ouest Bretagne allait dans le mur. J'ai, alors, préféré démissionner, me sentant plus efficace en reprenant ma liberté.
Les prérogatives réglementaires ("la faute à l'État") n'expliquent pas tout. Existent aussi le pouvoir exemplaire, le pouvoir médiatique, le pouvoir judiciaire Pourquoi serait-ce toujours aux associations de monter au créneau ? Quand les élus, missionnés et payés pour défendre le bien commun, décident un coup de gueule (pour la N164, contre les raveurs) ils savent, d'ordinaire, se faire entendre. S'ils ont choisi, dans leur grande majorité (bravo aux quelques exceptions !), de ne pas faire de vague sur le thème de l'environnement c'est que trop d'intérêts sont en cause. Plus facile d'entreprendre un programme sur la rénovation des crêperies ou de disserter à perte de vue sur la centralité du centre que de s'attaquer aux problèmes qui fâchent. "Je te tiens, tu me tiens par la barbichette" : le délitement supposé de la classe politique se nourrit de consensus mou.
15/09/02

RAVE 2

Ce week-end du 24 août 2002, s'est tenue à Tréogan (22) la première rave officiellement autorisée en France. À dix kilomètres de ma porte, en plein centre Bretagne, l'occasion était trop belle d'y saluer les 15.000 participants. Quelques excités agricoles, qui s'étaient déjà manifesté l'an passé (cf. plus bas Rave 1) prétextant d'une dizaine de poulets étouffés dans un poulailler en batterie voisin, ont tagué la mairie d'une croix gammée. L'analyse dira qui, des poulets ou des raveurs, étaient les plus drogués. J'ai écrit au maire pour lui dire mon soutien :

MERCI HONORÉ !
Pour ne pas mourir idiot, j'ai traîné quelques heures sur le site de la rave de Tréogan. Dans les années 70, j'avais fait les festivals du sud de la France. C'était cheveux longs et musique pop. Aujourd'hui c'est devenu crâne rasé et musique techno. À chaque génération ses marques ! Dans 30 ans leurs enfants inventeront sans doute autre chose. J'ai découvert que cette musique boum-boum était plus subtile que je ne le pensais au départ. J'ai observé un bon moment le D. J. titiller ses vinyles et ses boutons de sono. Un vrai artiste ! Pas plus de drogue à circuler dans l'assistance qu'un jour de fête patronale dans un bourg ordinaire... même si l'emballage différait quelque peu !
Mes cheveux blancs sont très vite devenus l'attraction de l'entourage. Tout le monde venait me saluer en me disant : "Merci monsieur le Maire". J'ai vite compris qu'on me prenait pour Honoré Lescoat, Maire de Tréogan. Je tiens à rendre à Honoré ce qui lui appartient. Ce merci lui revient. Cet acte fort qu'il a posé, en ce mettant pas mal de monde à dos, est à l'honneur du Centre Bretagne. Le racisme anti-jeune s'est d'un seul coup dégonflé. Les milices rurales, apparues il y a un mois pour empêcher une rave, me semblent bien davantage porteuses de violence que ce pacifique rassemblement musical. Merci Honoré d'avoir maintenu le trait d'union entre les générations !
Jean Kergrist

Cette lettre a été publiée dans Poher Hebdo du 29/08/02

INTERMITTENTS

Dans un article du Monde, daté du 22 août 2002 (page 6), Virginie Malingre se fait l'écho d'une étude de l'Unedic dressant "un constat alarmant du régime d'assurance-chômage des intermittents du spectacle". Celui-ci est "structurellement et chroniquement déficitaire". Alors que la journaliste glisse dans son article de nombreux commentaires sur ce rapport, jamais elle ne fait entendre d'autre son de cloche que celui du Medef.

Ci-dessous ma lettre au Monde :

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Votre journaliste fait état du constat de l'Unedic concernant le déficit chronique du régime des Intermittents du spectacle. Elle le fait sans aucun recul critique, se contentant de faire écho aux arguments de l'Unedic et du Medef. Aucune ligne de son article ne propose la version des intermittents. En particulier le fait que l'Unedic, pour établir ses comptes, laisse régulièrement de côté, dans son rapport cotisations/prestations, la contribution Unedic des permanents du spectacle vivant et du secteur culturel dans son ensemble (comédiens, administratifs, techniciens des centres dramatiques, orchestres, musées, organismes subventionnés).
C'est un peu comme si, pour calculer le rapport cotisation/prestations du régime d'assurance maladie, on ne prenait en compte que les malades.
Face à un argumentaire aussi spécieux, les intermittents du spectacle, c'est-à-dire les précaires du secteur culturel, ne peuvent qu'être scandalisés.

En espérant lire bientôt dans le Monde, dont je ne doute pas de l'objectivité, un rectificatif à cet argumentaire fallacieux, croyez, Monsieur le Rédacteur en Chef, à l'expression de mes sentiments les meilleurs.

J.K.

Cette lettre a été publiée au courrier des lecteurs du Monde le 31/08/02


CONTEURS DES VILLES

Les conteurs des villes seraient-ils en passe de submerger les conteurs des champs ? Ils sont en tout cas très habiles à courtiser les médias dits "nationaux" (et qui, en fait, ne sont que parisiens). Ainsi "Le Monde" du 3/08/2002, sur une page entière, signée Rosita Boisseau, se met au service de la maison du conte de Chevilly Larue (Valle de Marne). Les "maisons du conte" sont aux conteurs ce que sont les maisons closes sont à l'amour : artifice, leurre et arnaque.

Ci-dessous ma lettre adressée à la journaliste du Monde :

Réf : votre article du 3/08/02 "Le conte nouvelle parole de la ville"

Chère madame,

J'ai lu avec intérêt votre article cité en référence. Votre présentation (les deux lignes précédant le titre) m'a stupéfié : "Cet art populaire tombé dans l'oubli des campagnes...".
Une telle affirmation n'est que le reflet de votre ignorance. Elle scelle avec mépris la dérisoire tentative de quelques usurpateurs qui, à coup de "centres du conte", d'attaché de presse, de stages de formation bidons, s'activent aujourd'hui à profiter du système.
Si cet art populaire rural vous intéresse vraiment, venez, par exemple, faire un tour en Bretagne. Je vous ferai rencontrer Alain le Goff, Patrick Ewen, Albert Poulain, Achille Grimault, Gigi Bigot, Roger Le Contou et Fred le Disou... (cf. ci-joint un programme d'été des "Pierres qui parlent").
Pour ce qui est de mon cas personnel, conteur "autoproclamé" (comme vous le dites) des années 70 (à la radio comme les Gougaud et Chabrol), en trente ans autour du monde, je n'ai jamais rencontré un seul journaliste du Monde. Rassurez-vous, cette lacune ne m'a jamais handicapé pour vivre de mon art. Le public a toujours été au rendez-vous.
Cordialement votre.
J.K.

Cette lettre, avec copie adressée à Chevilly Larue, n'a eu aucune réponse.


TAULE

Dessin de Cabu dans Charlie du 19/06/02

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si José avait voulu éviter la taule, il n'avait qu'à faire président. Ou alors s'inscrire à la FNSEA : Dans la nuit du 15 au 16 octobre 2001, 400 paysans de ce syndicat ont détruit 2.000 tonnes de bidoche dans un entrepôt de Fougères (35). Dans les 12 millions d'euros de dégâts selon le patron. Que croyez-vous qu'il arriva ? Aucune poursuite contre les délinquants et l'Ètat (c.a.d. nous !) a payé la casse. Autrechose que de faire joujou avec un Mac-Do ! (19/06/02)

RÊVE
La machine à rêver en bleu s'est enlisée dans la guerre de Corée. Zidane a rejoint le juge Halphen aux vestiaires. Orphelins de père et de Lemerre, les braves citoyens se retournent vers la machine à vide. Sur l'écran de leurs nuits blanches : le bon gros Raffarin, flanqué du grand escroc Chirac et du petit shérif de banlieue Sarkozy. Du rêve au vent ! De la source à la pissotière! Buvez ! Éliminez ! Merci Volvic ! (11/06/02)

TRACTEUR

La vache et le tracteur. (07/06/02)
Alors qu'autrefois la vache tirait le carrosse des puissants, aujourd'hui, folle ou pas, elle risque de lui mettre des bâtons dans les roues. John Deere, grand constructeur de machines agricoles va bientôt mettre sur le marché un tracteur équipé d'un gyroscope, du GPS, de caméras vidéos, de capteurs reliés à un ordinateur central. Plus besoin du paysan : ce tracteur pourra labourer seul en effectuant même le trajet de la ferme au champ. D'après les ingénieurs maison, qui testent ce tracteur en Illinois, il reste juste à "optimiser les performances des capteurs qui, pour l'heure, n'offrent pas véritablement de solution quand, par exemple, le tracteur croise le chemin d'une vache égarée dans un champ".

Ma suggestion : l'installation d'un laser à l'avant du tracteur pour désintégrer la vache en la transformant en carburant.

(source : www.Washingtonpost.com article du 22 mai 2002) 

MODULATION

Jusqu'en 2000, 80% des aides directes PAC allaient à 20% des exploitants agricoles, principalement les gros céréaliers puisque qu'il s'agit essentiellement de primes à la surface. En 2000 Jean Glavany avait institué une légère modulation de ces aides, ce qui permettait, entre autres, de financer les mesures agri-environnementales (CTE) mais aussi les préretraites agricoles, le boisement...etc. Le commissaire européen à l'agriculture, Franz Fischler, prévoyait d'étendre ces modulations à tous les pays de la CEE en les rendant obligatoires à partir de 2003. C'était sans compter sur le lobbying de La FNSEA, aux mains des céréaliers, qui, dès le départ, s'était insurgée contre cette répartition plus équitable des aides. Notre tout nouveau ministre de l'agriculture, Hervé Gaymard, les a entendus. Il a réservé sa première visite sur le terrain aux céréaliers de Seine et Marne en leur annonçant sa décision de suspendre la modulation des aides à l'agriculture. En matière agricole, le pèlerinage en terre céréalière vaut pèlerinage en terre sainte. 25/05/02

NITRATES

Avec quelques centaines de milliers de tonnes d'azote organique en excédant, l'importation en Bretagne d'azote minéral y a mauvaise presse. D'autant plus qu'une forte taxe douanière devrait contribuer à en réduire l'usage. L'ammonitrate ainsi taxé nous arrive principalement des pays de l'Est, grands producteurs de pétrole (il faut environ 2 kilos de pétrole pour produire un kilo d'azote). Mais il est aujourd'hui difficile de trouver un sac d'ammonitrate en coopérative agricole. Souci éthique ? Taxe trop forte ? Tout simplement astuce. Il suffit de rajouter une trace de potasse (K) dans le sac d'ammonitrate (N) et le produit échappe aux taxes à l'importation en affichant la nouvelle étiquette "NK". Les coopératives agricoles bretonnes contribuent ainsi à lutter vaillamment contre les excédents d'azote. Le souci éthique est manifestement moins rémunérateur que le souci de l'étiquette ! 23/05/02

BACHELOTAGE
Roselyne Bachelot, sitôt promue "ministre de l'écologie et du développement durable" s'est déclarée groupie inconditionnelle du nucléaire, "industrie la moins polluante, à moins de revenir à la France de la lampe à l'huile". Avec Roselyne, nous tenons enfin la bougie qui manquait à notre avenir radieux. Son tailleur rose, détecteur de radiations, va remplacer avantageusement le compteur Geiger du fameux Professeur Pellerin, qui, tel autrefois Charles Martel à Poitiers, avait courageusement arrêté le nuage radioactif de Tchernobyl à la frontière de l'Est. En effet, le rose, exposé aux radiations, devient aussi noir qu'une pierre à feu crachant sa première étincelle médiatique. Du fond de leur caverne, les Australopithèques et Néandertaliens te disent : "Merci Roselyne !" 13/05/02

FICHAGE

02/05/02

À ma grande surprise, mardi soir 30 avril, mon fax s'est mis à cracher une lettre de Jean Marie Le Pen. Cet individu s'autorise, pour se faire, d'un fichier déclaré à la CNIL sous le N° 504697.
Étonné d'être ainsi l'objet d'un fichage politique, j'ai immédiatement demandé à l'auteur ma radiation de ce fichier et saisi la CNIL ainsi que le Conseil Constitutionnel. Ci dessous, ma lettre au Président de la Commission Nationale Informatique et Liberté.

Monsieur le Président

Le 30 avril 2002 à 20h44, j'ai reçu, par fax, une lettre de Jean Marie Le Pen, datée du même jour (cf. copie jointe). En note de bas de page l'auteur de cette lettre s'autorise, pour cet envoi, d'un accord de la Commission Nationale Informatique et Liberté (fichier enregistré sous le N°504697). J'ai demandé aujourd'hui même à cet expéditeur ma radiation de son fichier. Je vous demande s'il vous est possible
1-de contrôler l'effectivité de cette radiation
2-de me confirmer la légalité d'un tel fichier politique. Je vous précise, à ce sujet, que je ne suis ni membre, ni sympathisant, ni prestataire de services, ni utilisateur de services de cet individu ou de son organisation.
Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.


INSÉCURITÉ

Les routes, comme le répétaient depuis des mois les grands augures, étaient décidément peu sûres : prenant l'une d'elles tu risquais de se faire dépouiller par un grand escroc, prenant l'autre de te faire tabasser par un gros facho ! Drôle d'itinéraire ne laissant le choix qu'entre peste et choléra !
L'artiste, au carrefour, avait des états d'âme, bien décidé à se garder les mains propres. La lutte contre l'insécurité n'avait jamais été sa tasse de thé. Lui revint alors la menace paternelle, tant de fois brandie quand la famille nombreuse cacophonait outre mesure : "Tout à l'heure je vais en prendre un, pour taper sur les autres". Il prit alors le grand escroc par les pieds pour faire valser le gros facho à la douve, se promettant de régler ensuite son compte au premier.
Mes frères, pour une fois soyons un peu machiavéliques. Embrassons CHIRAC joyeusement sur la bouche ! Un baiser à l'étouffer en juin.
22 avril 2002


FARINES ANIMALES

DERNIÈRE HEURE : INCINÉRATION : NOUVEAU FRONT en 22


La trêve pascale des confiseurs aura été de courte durée. Claudy Lebreton, Président du Conseil Général 22, maire de Plénée-Jugon a évoqué, jeudi 28/03/02 en conseil de Communauté de Communes, la création en 22 d'un incinérateur géant destiné à brûler les farines animales. Le Télégramme du 30/03, rapportant la nouvelle, en fait l'apologie détaillée et va jusqu'à titrer : "Un projet innovant", en évoquant la future bénédiction de la MIÉFA (Mission Interministérielle pour l'Élimination des Farines Animales). Ouest-France du 1/04/02, craignant sans doute de laisser prise à un poisson d'avril, fait surtout état de l'inquiétude des riverains et de la création prochaine d'une association de défense.
Trois sites sont avancés : Plénée-Jugon (fief du Président du CG 22), Plouvara (où se trouve déjà l'usine d'équarrissage) et St Aaron (près de la zone de non-droit de Lamballe). Comme à Plouray, les initiateurs de ce projet (Le Gouessant et Novergie) promettent la totale : farines et lisiers, fientes et boues. L'usine est "très innovante", comme affirmé par le Télégramme. Voyez plutôt : l'incinérateur "produira de l'énergie qui servira à un séchoir. Ce séchoir permettra d'optimiser l'assèchement des coproduits qui, issus des stations des élevages de porcs et de volailles, ne sont pas suffisamment secs. Les rejets de ce séchoir retourneront à l'usine d'incinération". Que voilà de la bonne innovation, permettant de tourner en rond dans le cadre d'une sempiternelle fuite en avant !
Si le lobby productiviste a si facilement signé à Rennes, avec les associations de protection de l'environnement, ce "Plan d'action pour un développement pérenne de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Bretagne et pour la reconquête de la qualité de l'eau", c'est parce que sa tactique de rechange, le transfert de pollution, était déjà bien élaborée.
"Air et nuages de Bretagne", assoc. nouvellement créée, et ses partenaires associés vont avoir du pain sur la planche. En cette période électorale le Grand Parti Productiviste présente de nombreux candidats, sous diverses étiquettes. Période propice à faire (un peu) réfléchir les citoyens-électeurs-pollués-payeurs ?
02/04/02

DISCOURS DE LANGONNET
(Lors du fest-noz contre l'incinérateur projeté à Plouray, 56)
Électeurs, électrices, électriciens,
En ma qualité de Sous-Secrétaire d'Étable aux farines animales, je n'ai pas l'intention de vous rouler dans la farine. Je ne suis pas venu à Langonnet pour parler langue de bois, mais pour parler langue honnête. Je suis heureux de mettre les pieds au pays du roi morveux, si fier de sa capitale : Plouray, plou-raie du milieu de la Bretagne Centrale qui porte bien son nom car, depuis les origines, c'est toujours dans la raie que le divin créateur, maître de l'univers, a positionné le trou du cul.
Alors elle n'est-y pas belle cette future usine ? Produire de l'électricité à partir d'énergie renouvelable, ça devrait quand même inspirer les écolos. Tout, ici bas, est renouvelable surtout les mandats électoraux. Pour les conserver, cela demande beaucoup d'énergie renouvelable, carburant à la farine de pognon à 700 francs la tonne enlevée. Voilà pourquoi le roi du pays se transforme parfois en majordome, voyageur de commerce du Père Dodu et des frères Roudoudoux, frères Dalton de la mondialisation, en cavale aujourd'hui au cul de la poulaille brésilienne, au pays de Pelé, pour mieux nous plumer.
J'ai écouté vos récriminations, lors du grand pèlerinage, samedi dernier à la Mecque de Plouray, et j'entends examiner une à une toutes vos objections.
Certains, qui ont lu le dossier, disent : oui, mais ça va faire 80 camions de plus par jour sur les routes. Mais que je sache, dans une journée, il y a au moins 24 heures, ce qui, une fois la division opérée, ne fait plus que trois virgule 33 camions à l'heure. Faut donc pas exagérer. D'autant plus que pour mettre le 0,33, on peut toujours accrocher des remorques, ce qui fera moins de camions et sera aussi, après plusieurs passages en 33, 33, 33, recommandé pour la santé.
Les mêmes disent : il va y avoir des retombées. Je ne parle pas ici des retombées financières pour les frères Roudoudoux qui seront payés, comme je l'ai déjà annoncé, 700F la tonne de merde transformée en fumée, je veux parler, n'ayons pas peur des mots, des "retombées surfaciques" : dioxines, acides, métaux lourds. "Surfaçique !", joli nom poétique rimant avec colique. Quatre kilos, dit-on, à l'hectare. Certes ! Mais, que je sache, dans un hectare, d'habitude on compte au moins 10.000 mètres carrés, ce qui fait à peine quelques grammes au m2, soit seulement quelques millipicogrammes au centimètre, pas plus gros qu'une puce sur la fesse d'une bonne soeur, invisible donc aux yeux des croyants. Quant aux mécréants, qu'ils ne viennent pas chercher des poux dans la tonsure des grands prophètes de l'agroalimentaire.
Certains s'affolent de la dioxine. Mais que je sache ce n'est pas le père Dodu qui l'a inventée. Ce sont les Belges avec leur fameuse recette du poulet à la dioxine pour accompagner les frites à l'huile de vidange. Et si, récemment, du côté d'Albertville, il a fallu abattre des dizaines de troupeaux contaminés à la dioxine échappée d'un incinérateur, ces bêtes, il a bien fallu les brûler ensuite dans un incinérateur, ce qui montre bien la nécessité des incinérateurs car autrement comment brûleraient-on les carcasses des animaux abattus à cause des incinérateurs qui brûlent les carcasses des bêtes contaminées par les incinérateurs... vous suivez ?.
En plus cet incinérateur va produire de l'électricité qui permettra de produire des farines qui alimenteront l'incinérateur destiné à produire de l'électricité permettant de produire des farines qui alimenteront l'incinérateur destiné à produire de l'électricité. Une fois engagé dans le grand prix de Plouray, suffit de pédaler. Et si le circuit tourne en rond, c'est pour permettre aux spectateurs de mieux voir la course.
Certains disent : pour la région, ça va être une catastrophe ! Mais faudrait voir à partager un peu, car chaque région a droit à ses catastrophes : Les Alpes : les avalanches, l'Auvergne : les volcans, la vallée du Rhône : les tremblements de terre, la Somme : les inondations, le Var : la mafia, l'Ile de France : Line Renaud. Pourquoi le Centre Bretagne serait-il le seul à être épargné ?
Certains disent que les frères Roudoudoux ont l'habitude de s'asseoir sur les normes et qu'ils ont déjà été condamnés au moins 10 fois pour pollution de l'eau par les tribunaux. Mes amis, faisons confiance à un récidiviste, car dans pollution il y a dépollution, dans merde il y a démerde, ce qui ne va jamais sans création d'emplois. Un pollueur intermittent ne crée que des emplois occasionnels. Alors qu'un pollueur professionnel connaît l'art de pérenniser le boulot.
Le pays du roi Morveux, veut qualifier les produits de son terroir en les labellisant. Voilà une idée qu'elle est bonne. Je propose un slogan pour ses étiquettes : "avec Roudoudoux, même la merde a du goût" ou encore "avec le Galcob, faites-vous mettre plein zob".
Certains disent que Roudoudoux a répondu à l'appel à projet du Ministère de l'Environnement avant même que cet appel ne soit lancé. Voilà, mes amis, une attitude dynamique. Si nos coureurs à pieds partaient toujours de cette manière, avant le coup de pistolet du starter, Marie José Pérec aurait gagné haut la main tous les jeux olympiques.
Et n'oublions surtout pas la taxe professionnelle qui va enrichir la commune. Plou-raie du milieu se pare déjà d'un joli plan d'eau avec poissons rouges et canards de barbarie. Avec la taxe professionnelle, vous pourrez bientôt y mettre des crocodiles.
Je reconnais que certains auraient des raisons légitimes de protester : je veux parler des vénérables Rimpoché bouddhistes, priant au carrefour de Kerguzul. Pas facile, pour l'âme des défunts de se réincarner dans une vache folle. Encore moins dans la farine animale. Que dire de la réincarnation dans la fumée ? Pour leur faciliter le karma, nous peindrons donc les fumées en jaune, couleur de leur céleste compagnie.
Mais je vous sais tous impatients de voir enfin à quoi ressemble cette fameuse usine. Pour calmer votre impatience, j'en ai fais faire ce matin, par mes services, une maquette. La voici, encore toute chaude sortie de mon cabinet, dessinée par Juppé, compagnon de parti du Roi Morveux. Son nom ? Vous l'avez tous sur le bout des lèvres. Une ça commence par un M. Oui! Une mallette ! Une mallette des rois, avec une fève à l'intérieur. Car il faut bien une mallette pour mettre la galette. Ce n'est pas Didier Schuller qui me contredira.
Certains sont très déçus car ils n'aperçoivent pas, sur cette maquette, à l'architecture futuriste, la fameuse tour cracheuse. Ce braquemart géant qui va bientôt s'enfoncer dans Plou-raie du milieu. Cette tour de Babel destinée à remplacer les tours jumelles de Nouille York, réconciliant terre et ciel, sol et hors-sol, consommateurs et cons tout court. Je l'ai gardée pour la fin. La voici. Elle va vous en mettre plein la vue, et surtout plein les poumons. Que vienne la nuit celtique !
Douce nuit, sainte nuit !
Nuit celtique, piège à fric !
Le prion se transforme en fumée.
Nos poumons vont pouvoir le choper.
Pour la Bretagne a sonné
La nuit des longues cheminées.
21/02/02 


NUIT CELTIQUE
Nos jours seront bientôt plus noirs que nos nuits. Sous peu, si nous laissons faire, marées noires et marées vertes vont se découvrir dans le ciel une petite soeur particulièrement teigneuse. La nuit des longues cheminées vient d'être programmée par l'agroalimentaire breton. On savait déjà la menace de Val d'ouest à Milizac, avec ses camions chargés d'acide sulfurique et d'ammoniac, destinés à régénérer 350.000 tonnes d'excédents de lisier de cochon, 17.000 tonnes de boues d'épuration, 16.000 tonnes de déchets divers. On venait d'apprendre le projet diabolique de Doux, qui, après avoir, à de multiples occasions, détruit la faune piscicole de l'Aulne et de l'Ellé (cf plus loin), pousse maintenant à Plouray les feux d'un incinérateur géant, destiné à brûler farines animales (100.000 tonnes), boues d'épuration (32.000 tonnes), sang d'abattoirs (20.000 tonnes), eaux usées (10.000 tonnes) avec, à l'horizon, cinq autres projets de même type, dont un à Guiscriff, initié par Glon, nouveau propriétaire des lieux, la belle Corinne, vitrine de la dinde en gros, s'étant envolée, avec son père et un de nos grands comédiens nationaux, prospecter le pétrole à Cuba.
Parenthèse, au passage, à propos des farines animales : on attend toujours le résultat de l'enquête concernant l'ESB, suite à la plainte déposée en 1996 par "Que Choisir" et la "Confédération Paysanne" pour importation illégale de farines britanniques. L'enquête piétine, mais ceux qui ont été à l'origine de cette catastrophe se positionnent aujourd'hui pour tirer profit des tonnes de farine ainsi accumulées (700 F de subvention à la tonne éliminée).
Continuons notre visite de l'agroalimentaire breton : voici que, dans le cadre de "la lutte environnementale contre les excédents d'azote" -prière de ne pas rire de cette lutte éminemment écologique - les industriels bretons de la filière avicole projettent la création de quatre à cinq usines d'incinération de fumier de volailles, avec, à la clef, l'élimination des 300.000 tonnes d'excédents. Une réunion interministérielle, qui s'est tenue à Paris le 15 janvier, a donné le feu vert aux subventions (Télégramme du 17/01/02). Pour en glaner un maximum -la moitié de l'équipement sera payé par nos impôts- ces usines magiques fourniront de l'électricité, rachetée au prix fort par EDF à faire pâlir de jalousie les éoliennes qui n'ont touché jusqu'ici que clopinettes. Cette énergie est, évidemment, baptisée "renouvelable", car, désormais, l'extension des poulaillers va pouvoir se renouveler à l'infini.
La terre et l'eau avaient, en trente ans de surexploitation, révélé leurs limites. Le hors-sol, cette fois, va décoller définitivement du sol, s'accrochant au feu et à l'air. Les agro-businessmen bretons, entre deux convois douteux, auraient donc prit le temps de revisiter Bachelard, en procédant au viol systématique de nos quatre éléments. Les mauvais esprits auront vite fait de qualifier cette nouvelle donne de transfert de pollution, multipliant par 7, par adjonction d'oxygène, le volume des déchets. Le feu purificateur va éponger, disent-ils, les tonnes d'immondices. Fermons les yeux, les narines et les poumons. La pollution s'en ira d'elle-même vers d'autres planètes et la terre se refera virginité. Le phare de "Produit en Bretagne" va cracher à jet continu une fumée, bourrée d'acides, de métaux lourds et de dioxine, qui, n'en doutons pas, s'en ira fièrement défiler sur les Champs-Élysées.
Dans leur aveuglement à court terme, ces as du flux tendu et de la circulation rapide des capitaux n'imaginent même pas qu'ils vont couper la branche sur laquelle ils sont assis : bientôt plus personne ne voudra de leurs produits de merde. Reste, heureusement, nos luttes. Mais, une fois de plus, elles vont bouffer notre temps et capter une énergie que nous aurions aimé consacrer à des causes plus nobles, celles que nous nous sommes nous mêmes choisies

20/01/02

Manif à Plouray le 16 février 14 h

Fest-Noz à Langonnet le 22 février 21h avec discours du Sous Secrétaire d'Étable aux farines animales.

DOUX

La société Doux, reine de la poulaille bretonne, projette la construction à Plouray (56) d'un incinérateur géant, destiné à brûler farines animales (100.000 tonnes), déchets d'abattoir (20.000 tonnes) et boues d'épuration (32.000 tonnes). Le tout est présenté sous la forme hautement écologique d'une "production d'électricité à partir d'énergies renouvelables". L'enquête publique s'est déroulée, comme toujours, de manière très discrète dans les seules mairies de Plouray et Glomel, alors que les retombées des fumées sont prévues, d'après le dossier d'impact, sur un rayon de 50 km. Au menu : métaux lourds (une bonne dizaine, dont le mercure), acides divers (dioxyde d'azote, ozone, souffre, chlore, fluorure d'hydrogène...) et dioxine. En annexe : production de 21.000 tonnes de résidus (cendres et mâchefers).

D'après Doux, les normes européennes de rejet de son incinérateur géant seront (évidemment !) respectées. On connaît l'attachement de Doux à respecter les normes, lui qui a été, a de multiples reprises, condamné par les tribunaux. Pour rappel, on peut citer les trois condamnations les plus récentes : (voir le site Eau et Rivières de Bretagne :"http://assoc.wanadoo.fr/erb/")


-en 1991, l'abattoir Doux de Châteaulin, occasionne une pollution de l'Aulne. Plusieurs tonnes de poissons crèvent. L'enquête de police conclue à un agrandissement de l'abattoir sans autorisation. Doux fait traîner le procès d'appel en cassation. Il est définitivement condamné en date du 16 octobre 1998 par rejet de son pourvoi en cour de cassation.


-en juin 1994 et en août 1995, l'abattoir Doux de Plouray occasionne une grave pollution de l'Ellé (mortalité piscicole sur plus de 30 km). Cette fois encore une insuffisance d'épuration, suite à une augmentation illégale de production, est à l'origine de la catastrophe. Là encore, Doux essaie de jouer la procédure pour éviter la condamnation. La chambre criminelle de la cour de cassation le condamne définitivement en date du 23 mars 1999.

-le 17/12/96 Doux est condamné par le tribunal de police de Pontivy pour l'utilisation d'une eau non conforme dans la transformation de produits alimentaires destinés à la consommation humaine : lavage de carcasses de poulets sur le site de l'abattoir de Plouray avec une eau surchargées en nitrates.

23/12/01

CENSURE

Un reportage, tourné récemment en Bretagne par Sandrine Mörch, devait passer à l'antenne le 15 décembre à 9h40 dans "La ruée vers l'air", émission hebdomadaire de France 3 national. Cette programmation vient d'être annulée et sera remplacée par un reportage sur les Landes.
Le contenu de l'émission a été jugé "politiquement incorrect" par la direction de France 3 (producteur). Il comportait en particulier un interview de Camille Guillou, auteur de "Les saigneurs de la terre" (édit. Albin Michel) et un autre de Jean Kergrist présentant "La gavotte du cochon" (édit. Ton Doubl) et "Conseils à gogo" (édit. Des Dessins et des Mots).

LE COMMENTAIRE
La réalisatrice, délaissant le passage obligé par les offices de tourisme et les porte- paroles autorisés, avait l'intention de montrer une autre image de la Bretagne : l'envers de la carte postale traditionnelle. Les interlocuteurs qu'elle s'était choisis dénonçaient en particulier le rôle et les méthodes du lobby agricole dans la destruction de l'environnement en Bretagne.
Sa direction lui a rappelé que "La ruée vers l'air" était un magazine d'évasion.Trois jours d'un tournage assuré par cinq personnes passe ainsi à la trappe. On se croit revenu à l'époque où Alain Peyrefitte présidait aux destinées de l'ex ORTF... sans même avoir le courage politique d'assumer une telle censure : lors de la réunion où a été signifiée cette décision à la réalisatrice (le 6/12), il a été convenu d'invoquer un problème technique pour justifier ce passage à la trappe.

PETITS RAPPELS
En mars 2000 un direct était prévu sur France 3 au Salon de l'Agriculture. Quand la FNSEA a appris que Camille Guillou y était invité, elle a interdit le tournage de l'émission dans l'enceinte du salon. Toute l'équipe technique a dû déménager d'urgence dans les studios de la SFP.
L'an passé, l'ODDC (Office Départemental De la Culture 22), lors de son festival "Paroles d'hiver", avait pré-programmé "La Gavotte du cochon" le jeudi 7 décembre à Plédéliac. Suite à des pressions identiques ("trop près de Lamballe, la Mecque du cochon"), le spectacle avait courageusement été remplacé.

CONCLUSION
1-Il se trouve des zones de non-droit ailleurs que dans les banlieues.
2-Vive l'art, mais à condition qu'il n'entre pas dans le lard !
(08/12/2001)

LOCARN

L'Institut de Locarn (22) était la semaine dernière sur la sellette. 18 mouvements et syndicats (Attac, Sud, AC, Confédération Paysanne, Fédé anarchiste, Parti des Travailleurs, LCR...), appelaient à une manifestation contre ce "Davos breton", dans le cadre de la journée anti-OMC. Comme par hasard, 4 jours plus tôt les locaux de l'Institut avaient été victimes d'un début d'incendie d'origine criminelle. Cet attentat, plutôt poussif (un carreau cassé et un bout de moquette calcinée), tombait on ne peut mieux. Le bureau "pentacéphale" de l'Institut a vite exprimé son indignation par la bouche d'une de ses cinq têtes, Jean Jacques Hénaff, promoteur du fameux pâté en boîte. Anticipant sur les résultats de l'enquête de police, il a vite fait l'amalgame entre les coupables de cet acte imbécile et ceux qui appelaient à la manifestation : "avec ces méthodes, on ne peut pas considérer que ces gens ont choisi l'ouverture. Si c'est ça le monde qu'ils veulent promouvoir !".
L'ouverture est sans doute le fait du Président Fondateur de l'Institut, Jo le Bihan, ex-consultant des services secrets du SDEC et de la DGSE pour l'Asie du Sud-Est (Golias N° 59 mars-avril 1998), actionnaire principal de la société civile immobilière propriétaire de l'Institut, chantre d'une initiative privée construite avec force fonds publics. Grâce à ses compétences passées, il ne va sans doute pas tarder à découvrir les vrais coupables de ce début d'incendie.

Morceaux choisis
En attendant la suite de l'enquête, on peut relire quelques morceaux choisis de ses écrits (dans "Genèse de l'Europe Unifiée"1993). On comprend aussitôt en quoi consiste cette ouverture tant prônée : "La pitié est une donnée individuelle. La pitié collective ne dure jamais bien longtemps. En Asie, aux Indes, en Afrique, tout faible crève au bord de la route. Il ne faut surtout pas l'aider, on ne peut pas s'en occuper."p.143, "L'entreprise de compétition est au coeur de la société de demain" p. 5, "Ça ne sert à rien de diminuer la mortalité infantile, puisque vous ne pourrez pas donner du travail à ces enfants." p.119, "Contrairement aux illusions, le soleil n'est pas générateur de travail et de succès économique durable, il favorise l'indolence" p.77, "Nous pouvons donner tout l'argent de la France à l'Afrique, nous ne verrons jamais naître un développement dans ces pays. On ne crée pas, on n'enfante pas à partir de la mollesse." p.43.
Vous avez dit "Davos breton" ?

Conférences
L'institut de Locarn organise régulièrement des conférences de haut niveau, toujours sous le signe de l'ouverture. Le 23 novembre dernier, Christian Blanc, ancien PDG d'Air France, donné partant aux présidentielles, en était l'invité sur le thème : "comment sortir la France de ses impasses". Après Air France, faire voler la France : tout un programme ! Voici les tarifs : grosses entreprises : 1.500f, petites entreprises : 1.000f, élus et particuliers : 500f.
À trop habituer les autochtones à des moules frites ou cochons grillés à 50f, à des festou-noz à 30f et à des conférences gratuites, on les éloigne des bienfaits d'une mondialisation ouverte à tous.

(20/11/01)


LE POULET DE LOUÉ


La pub radio nous bassine en ce moment avec le poulet de Loué, qui s'autoproclame le meilleur protecteur de l'environnement. Reste à expliquer le mécanisme précis du phénomène. Dialogue :
-Alors, le poulet de Loué qu'est-ce qu'on fait pour l'environnement ?
-On plante des haies.
-Ah bon ! Je ne savais pas que les poulets poussaient dans les arbres.
-C'est nouveau ! Un poulet génétiquement modifié qui s'accroche aux branches.
-Et pour l'environnement ?
-On n'a plus besoin de plan d'épandage : au lieu de chier vers le bas, il chie vers le haut.
-Vraiment miraculeux !
-Et pour la récolte, suffit de secouer l'arbre.
-À Loué, vous êtes vraiment très forts.
-On s'accroche à la pub, comme les poulets aux branches.croisade

23/10/01 (dessin de Nono)


ALGUES VERTES

(Extrait du discours du Sous-Secrétaire d'Étables aux Algues Vertes lors de la manif d'Hillion -22- le 16/09/2001)

"Qu'est-ce que j'apprends? Deux algues vertes, à la solde de Ben Laden, se sont abattues sur la ville de Lamballe, décapitant deux silos et privant d'alimentation des milliers de cochons. Une autre algue verte enragée s'est abattue sur le pentagone de la Cooperl, faisant chuter la bourse du cochon au marché au cadran de Plérin. La guerre du bien contre le mal est déclarée. Défendons le cochon, dernier rempart de l'Occident contre l'Islam."

 

 

ACCIDENT

(relaté dans Ouest-France du 1-2 septembre)

Sale temps pour les cochons ! Alors que, début août, le Préfet du Finistère avait fait abattre 148 truies non déclarées, le 31 août, sans attendre l'hécatombe routière de la Toussaint, un accident de cochons a fait 100 morts. Un camion et sa remorque trois étages s'est renversé dans la douve à quelques kilomètres de l'abattoir de Collinée (22), destination finale du voyage organisé. 100 cochons ont survécu au vol plané. Le chauffeur du camion s'appelait Gérard Couenne.
Les pompiers de Dinan ont récupéré un à un, à la grue, les cochons trucidés pour les amener à l'usine d'équarrissage. Pas question d'amener à l'abattoir un cochon accidenté, c'est-à-dire syndicalement irresponsable. L'égorgeur de cochons doit faire son travail selon la règle.
Les cochons survivants, soit 50 % du car scolaire, ont été récupérés dans la nature et envoyés à Bégard, ville réputée pour son hôpital psychiatrique.
Gérard Couenne a sauvé sa peau en sortant par la portière, sonné mais indemne.

NOTE : Hormis le nom du chauffeur, tous ces faits avaient été décrits, il y a quatre mois, dans une nouvelle intitulée "Barouf à Bringolo", publiée dans "Crachins, nouvelles fraîches de Bretagne", éditions Baleine-le Seuil. On y rencontrait également un Préfet tueur de cochons. Mais où les auteurs vont-ils donc chercher tout ça ?

07/09/01 (dessin de Nono)


SURRÉALISME AGRICOLE

Un sommet dans le surréalisme agricole a été atteint début septembre en Centre Bretagne. La Chambre d'Agriculture des Côtes d'Armor décernait le premier prix de son concours "Fermes et Paysages". Un événement à attirer 6.000 spectateurs un dimanche après-midi, lors de la porte ouverte organisée par la Chambre et les heureux gagnants du concours. Présence exceptionnelle du Préfet et du Président de la Chambre Régionale d'Agriculture, aux côtés de tous les élus du canton.
Ferme irréprochable de propreté. Pas un brin de fumier à dépasser des massifs fleuris. Pas une paille à traîner sur les milliers de mètres carrés de l'aire bétonnée. Des arbustes partout. De l'intégration paysagère étudiée sur maquette. Des couloirs de circulation différents pour les tracteurs, les vaches et les voitures. Aucun risque de contamination croisée. De la mise aux normes à grand renfort de crédits européens. De la réussite à tout va : vache primée au Space de Rennes et au Concours Général de Paris. Dindes de sélection. La ferme modèle par excellence. Le top de l'efficacité technique agricole. L'exemple à donner aux culs terreux.
Dans son discours, le président de la Chambre Régional, invente un nouveau concept : "L'agriculture productive". Cette dernière "n'est pas incompatible avec le respect des milieux, des hommes et des territoires". Le public reste un peu sur sa faim, attendant la description de l'agriculture "improductive" qui, par contraste, permettrait d'éclairer ce nouveau concept rural. Sans doute une agriculture où les vaches n'ont pas de pis et les épis pas de grains.
Le préfet, à défaut de planter une vache ou un épis, plante un chêne, "symbole de vie et de renaissance" et finit par lâcher le morceau : "Ce n'est pas parce qu'on a l'ESB qu'on est un mauvais éleveur". Tout le monde commence à comprendre le film : pas une vache dans la stabulation hyper moderne. Pas un beuglement dans les champs avoisinants. Pas une eau de ruissellement autour de la salle de traite. La ferme est déserte. Juste 6.000 visiteurs ébahis par une telle réussite. Huit jours plus tôt, le troupeau de laitières a été abattu en totalité. Une vache folle est venu perturber la fête. Celle, justement, qui avait gagné les concours et fait parler d'elle jusqu'à Rennes et Paris. Le sommet n'est jamais très loin du précipice. Quand le Colisée tombe, Rome s'écroule.
On exalte le courage du couple d'éleveurs qui, malgré sa douleur, a tenu à maintenir la journée porte ouverte. Le préfet enfonce le clou : "Le hasard a été très dur avec vous, alors que vous aviez un remarquable troupeau". Hasard, hasard ? Vous avez dit hasard ?
04/09/01

RAVE 1

Ils se sont abattus comme des sauterelles sur le Centre-Bretagne à 10 km des Vieilles Charrues et, surtout, à 5 km de mes fenêtres. Les paysans du coin qui, jusqu'ici, se dopaient exclusivement au lambic ont découvert l'ecstaty ainsi qu'une nouvelle manière de compter les queues et les oreilles. Ils étaient, soyons généreux, à tout casser 4.000, sans compter les bagnoles, les tentes et les étrons. Comme il ne s'agissait pas d'une manif contre la mondialisation, flics et journalistes ont fait mousser l'évènement. En annonçant le chiffre de 40.000 raveurs leur prose passait en nationale et les brigades avaient droit au soutien des hélicoptères de combat.

Aujourd'hui tout le monde contemple le spectacle de désolation en ramassant papiers gras et bouteilles de Kro. Se pose désormais la seule grande question métaphysique qui vaille : qui va payer l'addition? Et que je te cogne à tout va contre les Vieilles Charrues, appât local d'une jeunesse en mal de sensations. Pas étonnant : Vanessa Paradis attire les mouches!

On constate au moins une retombée environnementale déterminante : les gros paysans du coin, qui ne voulaient jusqu'ici rien entendre au périmètre de protection du captage d'eau de Paule, sont devenus des écologistes convaincus, ne jurant que par la protection de la nappe. Quand on sait qu'un cochon chie et pisse comme quatre raveurs, le calcul du plan d'épandage est simple : il va falloir désormais supprimer 1.000 cochons sur la commune de Paule. Merci Vanessa!

27/07/01 (dessin de Nono)

 

MORC'HSTORY*

(*en breton "cochon" se dit "morc'h")

Je vais bientôt crouler sous le pognon. Mon père, le premier, a inventé Loftstory, l'émission qui fait gagner des milliards à M6. Je suis l'héritier légitime des droits d'auteurs attachés à cette grande émission culturelle faisant plonger TF1, bétonnière en chef de la morale télévisuelle qui, elle, ne gagne que des millions. Même en partageant avec une bonne flopée de frères et soeurs, il devrait m'en rester un bon paquet. Préparez-vous à une invitation collective. Je vais bientôt sabrer le champagne.
Des preuves? D'abord un rapide flash back : à une époque où ma mamm gozh, qui affichait des avantages à faire pâlir ceux de Loana, n'avait pas encore transformé sa coiffe bretonne en récepteur satellite TPS, toute les fermes possédaient un puits. C'était bien avant l'invention des tuyaux et des nitrates pour mettre dedans. Bien avant l'arrivée des forages privés, permettant aujourd'hui à certains éleveurs de laver leurs bottes à l'eau de source, ce qui est très bon pour le caoutchouc et les femmes enceintes... mais là je change de sujet.
En plus de fournir de l'eau pure et gratuite, le puits servait à tout un tas d'autres choses. L'été, par exemple, quand le beurre était trop mou, on descendait la motte dans un seau à une dizaine de mètres au dessous du niveau du sol. Quand un enfant n'était pas sage : hop! un tour dans le seau au fond du puits. Si tu voulais arrêter l'épreuve, t'avais intérêt à crier très fort le sésame du retour à la surface : "Pardon papa, je ne recommencerai plus". A part le coup de grisou, Zola, à l'époque n'avait pas inventé mieux.
Tonton Alexis, ancien facteur, qui, à ce titre, avait arpenté le monde, fit un jour remarquer à mon grand père que ce procédé punitif faisait un peu barbare, sinon très risqué car, depuis la guerre 14-18, le fer entrant dans la fabrication des chaînes à remonter le seau n'était plus d'aussi bonne qualité. Mon grand père, craignant pour son seau, transforma la punition familiale de la descente à la mine en un petit séjour forcé dans l'écurie des cochons.
Toutes les fermes bretonnes possédaient alors un cochon. C'était bien avant l'invention des cochons en gros ( 12 millions aujourd'hui en Bretagne selon les organisateurs, 15 millions selon la police) et des antibiotiques pour mettre dedans... mais là je change de sujet. Pour sortir du loft cochonnier, il nous fallait crier la fameuse phrase de soumission déjà citée plus haut : "Pardon papa...etc".

Mon père hérita tout naturellement de cette originale épreuve traditionnelle. Attentif à l'avenir de ses enfants, il perfectionna le système en construisant une petite lucarne sur le toit de la soue pour observer, de l'extérieur, le face à face entre l'humain et le cochon. Morc'hstory, ancêtre direct de Loftstory, était né.

Cette petite trouée dans la toiture va bientôt me valoir de l'or. Juste le temps de défendre mes droits près des tribunaux. Chaque fois que vous regarderez par la lucarne le comportement d'un cochon, les tunes des droits d'auteur vont me tomber dans la tirelire. Merci chers dindons d'élevage de vous laisser ainsi plumer... mais là je change de sujet.

15/05/2001

 

 

LAMBALLE

Le 14 avril 2001 à LAMBALLE (22) le collectif des victimes des pollutions, regroupant plusieurs dizaines d'associations, organisait une manifestation régionale destinée à réclamer des pouvoirs publics des mesures énergiques en faveur de la restauration de la qualité de l'eau. Cette manifestation a été l'objet d'une contre-manifestation de type fascisante : des agriculteurs, manipulés par le lobby des coopératives porcines, dont Lamballe est le fief, ont d'abord tenté, lors d'une réunion haineuse tenue le vendredi soir, d'intimider les participants en leur promettant un accueil musclé. Pour ceux qui, malgré tout, gardèrent intacte leur détermination à manifester, tracteurs et camions d'aliments furent, dès le samedi matin, disposés en travers des routes, barrant tous les accès à la ville. Au final, 4.000 personnes réussirent cependant à déjouer les obstacles en parvenant au centre ville.
Dans les airs un hélicoptère tournait. Le préfet du département suivait les manoeuvres d'encerclement... sans donner l'ordre à ses CRS de dégager les voies publiques. A sa descente, s'adressant aux journalistes, il se félicitait du fait que les deux manifestations aient pu se dérouler sans incidents... mettant ainsi sur le même plan les manifestants pacifiques et ceux qui, par la force, leur avaient barré les routes.
On apprenait, les jours suivants, que certains militants écologistes avaient été l'objet de menaces de mort. Monsieur Salmon, Président de la Chambre Régionale d'Agriculture, tout en refusant, du bout des lèvres, de cautionner ces menaces, se répandait dans la presse pour les justifier.
J'ai adressé, à ce propos et sans grande illusion, au courrier des lecteurs du Télégramme et de Ouest-France la lettre que voici :

Certes Monsieur Jean Salmon, Président de la Chambre Régionale d'Agriculture et Vice-Président de la FNSEA, refuse de cautionner ces menaces de mort, mais c'est pour s'en prendre aussitôt "aux associations qui jouent de la procédure, violence morale ne pouvant que générer des actes incontrôlés".
On ne peut qu'être étonnés de cette mise en parallèle entre la violence physique et le recours au droit, assimilé, dans la bouche de Mr Salmon, à une "violence morale". Une société démocratique se construit sur des lois. Les pouvoirs exécutif et judiciaire ont pour mission, en faisant valoir le droit, d'éradiquer la violence exercée par les forts sur les faibles. Mettre sur le même plan ceux qui, pour se défendre des agressions diverses, font appel au droit et ceux qui, par le lynchage physique et l'obstruction de la force aveugle, refusent de s'y plier, c'est rendre un très mauvais service à la démocratie.
Les chars de Budapest, Prague, Santiago du Chili ou Tian an Men ressemblent tellement aux grosses fourches de tracteurs aperçues sur les routes de Lamballe un certain 14 avril !

À l'occasion de cet évènement, de nombreux journaux ont donné la parole aux éleveurs hors-sol, une des cibles des manifestants. Le Poher du 18/04 publiait un interview du maire du Scaër, porcher de profession. Ses arguments étaient tellement démagogiques que je n'ai pu, là encore, m'empêcher d'y répondre.

Mon nez de clown s'est baladé dans toutes les salles de Bretagne, à l'exception d'une seule : le Centre Culturel de Scaër. À la lecture du dernier Poher, je comprends enfin pourquoi. La place était déjà prise par un sérieux concurrent en la personne de François Bleuzen, maire. Il nous fait beaucoup rire en affirmant que s'il pollue, c'est "par contrainte qui génère l'activité économique... pour nourrir ceux qui n'ont pas les moyens de se payer les produits bio".
As-tu calculé, cher collègue clown, le prix de revient de tes produits? Qui paye les "restits" à l'exportation, le stockage des surproductions pour soutenir les marchés, les milliards des plans Bretagne Eau Pure, les milliards du Plan de Maîtrise des Pollutions Organiques Agricoles (PMPOA), la note du ramassage des algues vertes sur les plages, les usines de dénitratation, l'eau en bouteilles plastiques, les dégâts sur la santé induits par herbicides, pesticides et nitrates, la désertification du territoire liée aux plans d'épandage ? Ceux "qui n'ont pas les moyens" de se payer des produits bio te remercient vraiment de ton dévouement à leur fabriquer une nourriture pas cher. Pas cher pour qui?
Tu pourras même bientôt demander le remboursement de ton travail par la sécu : les silos sont tellement bourrés d'antibiotiques qu'on peut désormais soigner la grippe la plus tenace avec deux côtes de porc sur ordonnance.

21/04/2001

SUITE AU 4 MAI 2001

Aucune nouvelle concernant mes deux lettres : les journaux font l'autruche. Sans doute trop d'intérêts en jeu ! Aucun autre lecteur, aucun autre journaliste n'a relevé les deux déclarations citées plus haut.

Ce dessin de Charb, passé dans Charlie, illustre bien le propos. Je l'enlèverai évidemment en cas de suite venant du Télégramme, Ouest-France ou Le Poher.

Ce jour j'ai adressé une deuxième lettre au Poher :

Monsieur le Rédacteur en Chef,

Aucun journaliste, aucun lecteur, aucun élu n'a encore répondu, dans le Poher, à l'ânerie monumentale proférée par le maire de Scaër dans votre journal daté du 18 avril (N°268 p.3) : Il y affirmait de manière péremptoire qu'il s'il produisait, certes en polluant, c'était "pour nourrir tout le monde, même ceux qui n'ont pas les moyens".
Dans une réponse, que je vous adressée la même semaine, je faisais la liste des coûts à inclure dans ces produits appelés "pas chers" (en l'occurrence les porcs) : les "restits" à l'exportation et le stockage liés à la surproduction, les milliards des plans Bretagne Eau Pure, les milliards du Plan de Maîtrise des Pollutions d'Origine Agricole (PMPOA), le ramassage des algues vertes, les usines de dénitratation, la consommation d'eau en bouteille, les dégâts sur la santé, la désertification rurale...
Connaissant votre sens aigu de la déontologie (confirmé, par exemple, par l'édito du N°270 p.5) j'imagine que, si vous n'avez pas rectifié, d'une manière ou d'une autre, la grave contre-vérité économique exprimée par le Maire de Scaër, c'est parce que, dans l'énoncé des coûts, j'avais oublié un dernier élément : le montant des amendes infligées à l'État (donc aux contribuables) pour la sur-nitratation des eaux : le Tribunal Administratif de Rennes, en un jugement daté du 2 mai 2001, vient de fixer le montant de la première facture : 751.440 F.
Les produits "pas chers" commencent à coûter "bonbon" ! 


A LA NICHE
Certains imaginent que les sous sont à prendre là où ils sont. Erreur grossière! Illusion de cambrousse! A ce jeu, même un Sirven s'est fait piquer. Il n'y a plus que les frères Dalton pour oser l'attaque frontale.
Les gros planquent leur fric ailleurs que dans leur coffre et sortent les dents dès que t'approches pour flairer leur magot. Les petits sont beaucoup moins méfiants. Ils n'ont certes pas grand chose à planquer sous leur matelas mais c'est pourtant chez eux que se trouve le gros gisement à picaillon. En première année de marketing on appelle ça "faire la chasse aux petites niches". C'est beaucoup plus facile de plumer des milliers de pauvres qu'un seul Crésus. Le Ministre des impôts connaît le truc depuis toujours. L'impôt sur la fortune ne lui rapporte que des clopinettes, alors qu'une petite taxe, bien généralisée à la base, des milliards.


Baisse du téléphone
Le truc le plus génial est toujours le plus vicieux. Par exemple le téléphone : l'art d'organiser le carnaval du kidnapping consiste à camoufler une grosse augmentation de l'abonnement sous le masque d'une petite baisse de la minute de communication. À l'arrivée c'est le pactole assuré. Comme le plus paumé des érémiste est abonné au téléphone, la petite niche ratisse large. Le gros, qui téléphone beaucoup et ailleurs qu'au 22 à Asnières, applaudit des deux mains. La baisse lui fait visitation tous les matins et il peut entonner son magnificat à la gloire de France Télécom privatisée.
Quand aux autres, la majorité, ceux qui hésitent à deux fois avant de téléphoner à leur oncle du Pouldreuzic, ils ne voient même pas passer l'arnaque étant donné que c'est écrit "La baisse" en gros dans leur journal du matin. Ils n'iront même pas vérifier leur facture car on leur a fourgué le prélèvement automatique. Librement bien entendu! C'était soit signer l'autorisation de prélèvement soit payer deux mois d'avance sur consommation.


banque minitel-mutuelle
La petite niche peu varier au gré du secteur opérationnel. Dans la banque, par exemple, on te propose, depuis l'automne dernier, un forfait génial pour la consultation de tes comptes par minitel, sans oublier, là encore, de l'enrober dans le chocolat d'une baisse de la minute de consultation. Le clampin de base, qui ne consulte ses comptes qu'à toute vitesse une fois par mois pour voir si sa paye est tombée, se retrouve avec une jolie augmentation à lui brouter la laine sur le dos : 1,50 F avant, 15,02 F après, soit une augmentation de 1.000% (mille!). De quoi attirer les fonds de pension américains.
Quand la banque affiche le mot "Mutuel" sur sa devanture, l'affaire est d'autant plus croustillante. Les bénéfices de la banque peuvent largement assurer le casse-croûte saucisson de l'assemblée générale annuelle destinée à obtenir, à l'unanimité de la main levée vers le verre de kir, le quitus de comptes aussi florissants. Bien sûr on garde jusqu'à la retraite le conférencier maison qui fait toujours un tabac avec son topo sur l'histoire de l'éthique mutualiste. Les petits commerciaux costard-cravate aux dents longues ont pris les commandes. Les employés baissent l'échine en plaçant les produits maisons, harcèlement téléphonique à l'appui. Ils sont notés sur le chiffre. Le passage à l'euro va bientôt leur permettre l'arnaque du siècle. "Voulez-vous un rendez-vous personnel pour vous présenter notre nouveau compte Euro?" Plus c'est cynique mieux ça marche! On n'a pas écrit "gangster mutuel" sur la pancarte du guichet d'accueil. Les petits à la niche! C'est là que se trouve leur écuelle. Depuis toujours.

26/03/2001

 

FRANCE A FRIC

 

 

 

 

Début mars, les relations franco-africaines vont se réchauffer. A Paris, un procès d'un autre âge va tenir la vedette.Trois chefs d'états africains, Bongo du Gabon, Déby du Tchad, et Nguesso du Congo, traînent au tribunal un journaliste français, François Xavier Verschave, président de l'association "Survie"(1), spécialiste des problèmes africains. L'an passé celui-ci a écrit un ouvrage intitulé "Noir silence"(2), dans lequel il démonte, preuves multiples à l'appui, le fonctionnement du système "françafrique". L'affaire Elf, avec son prolongement ougandais, a, depuis, éclaté au grand jour et le grand public connaît un peu mieux ces mécanismes néocolonialistes. Mais le pétrole d'Omar Bongo n'en est pas le seul moteur. Hévéa, coton, tabac, cacao, uranium, diamants, transport, construction : le pactole africain se conjugue en de multiples secteurs. De grandes sociétés françaises se sont créé des empires économiques en achetant des dirigeants africains ainsi que leurs familles. Ceux-ci, en retour, leur accordent tous les passe-droits permettant d'asseoir des monopoles au détriment des sociétés locales. Plus les affaires sont florissantes, plus le peuple africain sombre dans la misère. Le trafic d'armes vient couronner l'édifice en confortant par la force cette razzia économique. Les révoltes locales, trop facilement qualifiées d'ethniques ou de tribales, se transforment vite en génocides.

Lèse majesté

Ces trois chefs d'État ont choisi Maître Vergès pour avocat. Le défenseur de Papon a exhumé pour l'occasion une vieille loi datant de 1891 (article 36 du Code Pénal), héritée de l'Ancien Régime : l'injure à chef de l'état, anciennement appelée "crime de lèse majesté". Alors qu'une plainte en diffamation permet à la partie adverse d'apporter ses preuves, cette loi, utilisée la dernière fois pendant la guerre d'Algérie, ne permet aucune discussion sur le fond. Milosevic ou Pinochet auraient pu, en recourant à une telle astuce juridique, faire condamner tous les journalistes rapportant leurs exactions. Ces trois chefs d'État, loin d'être "Blanc comme nègre"(3), vont tenter d'exporter chez nous l'arbitraire qu'ils pratiquent chez eux.

Bretagnafric

Parmi les sociétés mises en avant par F-X. Verschave on retrouve bien entendu le trio Elf, Vivendi, Bouygues, mais aussi Vincent Bolloré, "breton du 16ième arrondissement" qui adore domicilier ses nombreuses sociétés dans le sud Finistère en leur donnant des noms bretons aux consonances très poétiques. Au total : 70 sociétés implantées dans 35 pays africains. La forêt guinéo-congolaise par exemple lui doit son total saccage par l'entremise de la "Forestière de Campo" ravitaillant les bateaux de la Delmas, une autre de ses filiales. Le cas Bolloré est si fourni que l'association "Survie" lui consacre un dossier entier : "Bolloré, monopoles services compris"(4) en y détaillant au passage ses amitiés hétéroclites (de Madelin à Rocard).
Au delà du cas Bolloré, les Bretons sont bien évidemment concernés par tout ce qui touche à l'Afrique. Une page peu glorieuse du commerce international s'y est écrite il n'y a pas si longtemps, faisant la fortune d'armateurs nantais peu scrupuleux. Ce retour à une économie de négriers ne peut que nous choquer. Les quelques mots écrits en breton au fronton d'un empire, loin de valoir circonstance atténuante, ne font qu'ajouter au sordide.

28/02/2001


1-57 avenue du Maine 7504 Paris

2-éditions Les Arènes, 598 pages, 145F

3-titre d'un récent interview laborieux d'Omar Bongo, éditions Grasset, 310 pages, 126F

4-dossier noir N°15

SUITE au 25/04/2001 : Le Tribunal correctionnel de Paris a relaxé les prévenus (F.X. Verschave et l'association Survie) et débouté les trois chefs d'État africains en invoquant le droit européen : le délit français d'"outrage envers un chef d'État étranger" est incompatible avec la Convention Européenne des Droits de l'Homme (CDEH).


FESSES JOYEUSES

Lettre ouverte à la rédaction sportive du journal Ouest-France de Saint Brieuc

Chers amis,

Je vous fais humblement part d'un grave problème qui, tous les lundis matins, désormais m'attriste. Les années passées, quand les filles du Goëlo, évoluant superbement en Nationale1 de volley-ball, jouaient à Saint Quay Portrieux, nous avions droit, le lundi matin dans votre journal, au sourire candide de leurs fesses joyeuses. Ma semaine en était ensoleillée.

Depuis qu'elles jouent à la salle Stereden de Saint Brieuc, elles apparaissent, dans votre supplément sportif du lundi matin, à l'identique des femme-troncs officiant à la télé. Affaire de rédaction locale? Changement de photographe? Je suis d'autant plus marri que, dans mon polar "Flora" (édition Ton Doubl), je me suis cassé la tête à décrire par le menu un superbe match de ma formation féminine préférée.

Rien n'y fait, je n'arrive pas à me culpabiliser de préférer vos photos d'avant. Traitez-moi de vieux macho, d'obsédé libidineux, je ne changerai pas d'avis. Je suppose ne pas voler à la sauvette et "à l'insu de leur plein gré" leur anatomie festive : si elles jouent ainsi, c'est qu'elles entendent bien le faire savoir. Autre chose que les chichiteuses cadavériques et vulgaires s'affichant dans la pub, y compris dans votre journal, pour nous venter casseroles de Noël ou tondeuses à gazon. Nos amies du Goëlo ne nous proposent que du beau jeu, une bouffée de vie gratuite, sans piège commercial, sans retour égotique sur elles- mêmes. Elles sont les bulles dans le champagne du supporter sportif.

Alors pourquoi cette censure de leur corps? N'allez quand même pas me dire que le bon père Hutin Desgrées ou Madame, propriétaires de votre quotidien, vous ont donné de pieuses consignes tartuffiennes. Ils ne vont quand même pas jusqu'à vérifier dans le détail les nouvelles de leurs territoires d'outre-Rennes. Si c'était le cas, j'irais, bible en main, les convertir à ma religion. Dieu, qui créa la femme, a aussi créé les filles du Goëlo. Du haut jusqu'en bas. Alors pourquoi aujourd'hui les amputer du bas?

Il nous reste heureusement votre journal concurrent, le Télégramme, dans lequel Yves le Druinnec, de son grand angle, nous restitue fidèlement le surgissement joyeux de la vie. Sa photo dans Sport-Dimanche d'hier était superbe. Allez les filles!
18/12/00


REPONSE DE LA REDACTION EN DATE DU 13/01/01

Kergrist mollets où ? (allusion subtile à ma commune de naissance : Kergrist-Moëlou!)

L'humoriste Jean Kergrist nous a écrit pour exposer un "grave problème" qui chaque lundi l'attriste. "Depuis quelques temps les volleyeuses du Goëlo apparaissent, sur les photos du cahier sportif du lundi, en femmes tronc". D'où cette question cruciale, "pourquoi cette censure de leur corps?" Jean Kergrist qui avait créé le clown atomique, prépare-t-il le clown anatomique? On connaissait déjà Kergrist-Moëlou, mais avec cette histoires de gambettes il y aura maintenant la question de Kergrist... mollets où?
















































































































































































































































































PRIX

"LA GAVOTTE DU COCHON", mon récent spectacle de contes paysans, vient d'obtenir de la Région Bretagne le grand prix régional de la création artistique 2000 (catégorie conte).

Je croyais les distinctions généralement réservées aux défunts ou agonisants. Étant en parfaite santé, j'avoue être un peu ébranlé dans mes convictions. Je m'apprête néanmoins à faire face au surcroît de demandes en promettant de ne pas en profiter pour augmenter mes tarifs.

En 30 ans de scène et d'écriture j'ai glané, de ci de là, quelques prix. En 1991 en particulier, j'ai reçu le "Prix Hermine de la décennie" décerné par la S.E.P.N.B. (Société d'Étude et de Protection de la Nature en Bretagne) pour "l'ensemble de l'oeuvre de décapage et la permanence dans tous les combats en faveur d'une Bretagne vivante...". J'avais reçu, à l'époque, un poster noir et blanc. Les 50.000F d'aujourd'hui vont me permettre de le colorier agréablement.

Molière, après son parcours provincial, s'honorait de la protection du roi de France. Je viens d'obtenir celle du duc de Bretagne. "Fou du duc" donc, désormais à l'abri, je vais pouvoir poursuivre mon école buissonnière par les chemins creux et, à l'exemple de mon illustre modèle, brocarder dans mes contes (certifiés sans princesses, fées, ogres ou sorcières) les courtisans, avares, précieux, bourgeois, tartuffes... et autres gardiens du temple. La fête paysanne se promet d'être belle.


VACHE FOLLE
Manif du collectif "Eau pure" : "les protéines sont dans le pré".
Saint Brieuc, place de la préfecture le 16/12/00

Homélie du père Kergrist, aumônier charolais.

Mes frères, prions! Prions et reprions sans cesse pour que le taureau fou ne monte plus sur la vache, envoyant tout à vau-l'eau.
Après les plages aux algues vertes, le maïs et le soja transgéniques, le veau aux hormones, l'eau aux nitrates, le cochon aux antibiotiques, le poulet à la dioxine, les rillettes à la listeria, l'internet au virus, voici venu, mes frères, le temps du boeuf aux prions, annoncé par l'apocalypse selon Saint Jean Glavany. Je comprends votre émoi, vous qui vous vous posez maintenant les seules questions qui vaillent : qui suis-je, d'où viens-je, où cours-je, et surtout la question fondamentale : si cela continue, y aura-t-il de la dinde à Noël?

Rassurez-vous mes frères, "à brebis tondue, Dieu mesure la dinde". Si Jésus a inventé la dinde, abandonnant la vache à Vichnou, ce n'est pas pour vous laisser tomber à 10 jours de Noël. En cas d'accident digestif, il saura, je suis sûr, vous procurer en temps voulu le suppositoire farci qui va avec la dinde.
En mangeant la dinde de Noël, ne craignez plus la mort, car l'Etat, qui vous avait un instant abandonnés, laissant le marché de la farine animale aux margoulins internationaux, l'État moribond va bientôt sortir de son tombeau, telle la banque Lazare sortant d'une faillite pour vous verser les indemnités compensatoires. L'État gère et Glavany est son prophète.

Il n'y a jamais faute sans rédemption, jamais poison sans contre poison, jamais pollution sans dépollution, jamais maïs sans soja, jamais prion sans subventions. Quand le veau plonge, le poulet s'envole, quand le boeuf tombe, le cochon remonte. Quand le Charles de Gaulle perd une hélice, le RPR gagne un électeur. C'est une loi universelle. "Ami si tu tombe, un autre sort de l'ombre à ta place". Quand le bovidé dérape, un Bové se lève. Quand le prion attaque, les antibiotiques sont là. Le cochon en est aujourd'hui tellement bourré que vous pourrez bientôt juguler le prion en absorbant deux côtes de porc sur ordonnance... même si, à 9,50f francs au marché au cadran, le salut par le porc, commence à devenir port-salut, c'est à dire un peu salé.

Soyez heureux vous qui en 68, avec José, bourriez vos pipes avec autre chose que du tabac : voici enfin venu, mes frères, le temps du retour à l'herbe. Pendant cette traversée du désert, l'herbe s'était faite discrète même si Dédé Pochon en faisait parfois tout un foin. Aujourd'hui la terre promise nous tend les bras. Mettons-vous à quatre pattes, mes frères, la protéine est dans le pré et la lapine nous y attend, cherchons les zones humides et broutons joyeusement la touffe.

Mes exhortations ne s'adressent pas qu'aux ruraux, les citadins eux aussi doivent avoir accès à l'herbe. Tout le monde y a droit. Même le préfet. Transformons le parking de Poulain-Corbion en pâture. Corbion, qui sait garder les poulains, saura aussi garder les ânes. Et si Poulain-Corbion se désiste, on pourra toujours faire appel à Creuzfeldt-Jakob.
A propos d'âne, on a vu récemment dans le journal le préfet descendant sur cette même place à la rencontre d'une procession concurrente (manif de la FDSEA) pour y manger des brochettes. J'espère qu'aujourd'hui il va renouveler son geste en descendant, comme Jésus, parmi nous, pour manger une botte de foin.

Monseigneur Luc Guyau, évêque de Vendée, grand argentier du denier du culte des primes Bruxelles, tel le bon pasteur conduisant son troupeau, car les moutons suivent toujours les boucs, voudrait aujourd'hui abattre tout le troupeau... crainte sans doute que celui-ci n'abatte un jour le berger pendant son sommeil à la Chambre. Pourquoi donc vouloir l'empêcher d'aller jusqu'au bout de son geste : lui, qui a su mener son troupeau au bord du gouffre, laissons-le faire, aujourd'hui, le grand pas en avant. Enfin une agriculture durable!

Une plainte aurait été déposée à Nantes il y a quelques années contre ces fraudeurs qui vous ont roulé dans la farine. Si elle n'a pas abouti, c'est uniquement parce qu'elle n'a pas été déposée par une vache, seule compétente à beugler en la matière. Tout n'est pas de la faute à Chirac. Prenez garde de ne pas l'abattre, sinon il faudra aussi abattre tout le troupeau qui a partagé avec lui la farine d'Ile de France, complément minéral indispensable à l'engraissement politique. (À cet instant de l'homélie, Brice Lalonde, seul homme politique du département présent à la manif, s'éclipse discrètement)

Il y a également quelques années, des agriculteurs de Trémargat se sont donnés en spectacle au théâtre de la Passerelle en entreprenant une grève de la faim pour obtenir des primes à l'herbe. Certes le spectacle de la Passerelle était pour une fois accessible au grand public, mais ces agriculteurs inconscients ouvraient ainsi une dangereuse brèche dans le répertoire classique. Comme le dit Molière : "si on donne des primes à ceux qui cultivent propre, que va-t-on faire ensuite de ceux qui polluent?" (Tartuffe, acte 3, scène 2). Ne désespérons pas Billancourt, ni Plougastel-Daoulas, en changeant les primes PAC au milieu du gué.

Le maïs est certes très décrié car il implique herbicides et compléments minéraux, mais qu'est-ce que le maïs? sinon une herbe qui a un peu grandi. Avec un bon ralentisseur de croissance, offert par Rhône Poulenc ou Monsanto, le maïs devrait bientôt limiter ses ambitions. Comme d'habitude, doublez la dose. Le maïs, au lieu de pousser vers le haut, poussera alors vers le bas, ce qui vous évitera d'avoir à le ressemer pour l'année suivante.

Et la viande, mes frères? La viande, dites-moi, est-elle vraiment bien nécessaire? Jésus, pour nous nourrir de son corps dans l'hostie, a choisi comme les paysans de la Beauce, le blé; Alors qu'il aurait très bien pu choisir les brochettes, vu qu'à l'époque les Romains n'avaient pas encore inventé les primes de Bruxelles aux céréales.

Revenons à nos origines divines. Redevenons allègres, revenons au mammouth. Broutons mes frères! Dans l'homme, retrouvons l'animal. Et si, lors de ce retour à la rumination, vos mâchoires sont un peu ankylosées, entraînez-vous avec du chewing-gum à la chlorophylle. (La ville de saint Brieuc vient de trouver 1 millions de francs pour nous montrer la terre vue du ciel, ce qui évite de trop s'appesantir sur quelques détails susceptibles d'entacher la fête de Noël; elle trouvera bien aussi, j'en suis sûr, quelques centimes pour vous payer les chewing-gums).
Si vous avez du mal à tenir à quatre pattes, mettez-vous une grosse massue sur la tête. Avec le réchauffement climatique vous verrez bientôt apparaître à vos côté notre ancêtre le dinosaure qui nous consolera de la disparition du boeuf, comme Jérome Monod, conseiller de Chirac à l'Élysée, nous a consolé de la disparition de Théodore, arpenteur du désert. (Quoique Jérôme, à l'Élysée, fréquente aussi tous les jours le désert.)

Ainsi, mes frères, après avoir été, pendant des années, com-pétitifs, vous redeviendrez cons tout court. "Bienheureux les cons, car le royaume des primes de Bru-ciel leur appartient!"
Amen!


MENHIR, BARBELÉS, VÉRANDA... ET CROTTIN

Cette histoire aurait pu se passer à Clochemerle et se terminer par un grand éclat de rire. Elle se passe en centre Bretagne et laisse un goût amer.

ACTE 1
Au printemps 1999, quelques habitants de Glomel (22), pétition à l'appui, tentent de libérer leur menhir, haut lieu du Centre Bretagne. Bien sûr ce n'est pas Carnac, mais l'engin fait quand même ses 11 mètres, un des plus imposants de Bretagne, la fierté du coin. Il est classé monument historique depuis 1975. Cependant le champ dans lequel il se trouve, à 50 mètres de la route, est resté propriété privée. Alors que l'accès était libre depuis des temps immémoriaux, en tous cas bien plus que les 30 ans exigés par le droit coutumier, les propriétaires du champ en ont soudain interdit l'accès. Le prétexte ne manque pas de piquant : des jeunes se retrouveraient autour du menhir la nuit pour surveiller la pousse des champignons hallucinogènes sur le crottin de cheval (!).
Le maire, fin stratège, après moult tergiversations, contourne l'obstacle en achetant une bande de terrain dans le jardin d'une voisine. A l'automne 1999 on peut donc approcher à nouveau le mégalithe. Mais, à l'arrivée, celui-ci est toujours inaccessible, entouré d'un talus ainsi que d'une triple rangée de barbelés, ornée de branches piquantes d'aubépine. Plus question de capter d'une caresse le courant tellurique sur la paroi du géant, ni de se frotter le pubis à un symbole phallique qui, dit-on, possède la vertu de requinquer les femmes stériles. Les propriétaires ont décidé de se le garder à usage personnel. Les veinards !
Au lieu de faire jouer le droit coutumier ou d'engager une procédure d'expropriation, les autorités locales jouent l'autruche. Ceux qui avaient érigé ce menhir, pour la jouissance de tous, il y a quelques millénaires, ne viendront pas déposer plainte en mairie. Possible même qu'à l'époque ils l'aient érigé sans permis, les filous ! Fin du premier épisode.

ACTE 2
En début d'année 2000, nouveau rebondissement : ces mêmes propriétaires, habitant à 200 mètres du monument historique, déposent en mairie une demande d'agrandissement de leur véranda. Demande problématique : ils habitent à l'intérieur du périmètre sensible du monument classé, régi par les Bâtiments de France; le menhir, qui leur apporte tant de satisfactions personnelles, leur vaut aussi quelques contraintes. Qui plus est, ils n'ont, sur l'espace envisagé pour leurs travaux, aucun titre de propriété. Et pour cause : le terrain de la future véranda se trouve sur le chemin public reliant le barrage de Glomel, propriété du Conseil Général, au fameux menhir.
Cela ne les a pas empêchés d'anticiper largement l'autorisation, puisqu'ils ont construit, au fil des ans, sur ce domaine public : une petite véranda, un muret, une terrasse carrelée, avec annexion au passage d'un poteau EDF, le tout sur une bande de 5 mètres, prise en totalité sur le chemin. Cela s'appelle "avoir de la suite dans les idées" !
Au lieu d'exiger la remise en état des lieux et de signaler l'infraction à l'autorité judiciaire, le maire décide de la cautionner. Le même qui refusait d'appliquer le droit coutumier pour permettre l'accès immémorial au menhir, y fait maintenant appel pour entériner l'annexion récente d'un lieu public par un particulier.
Cette parcelle annexée d'office, pudiquement appelée "délaissé de voirie" se retrouve déclassée par une rapide enquête publique. Le brave commissaire enquêteur, un ancien gendarme, y va, comme à l'accoutumé, de son avis favorable. Vote du conseil municipal. Vente du terrain pour 2F le mètre carré. Circulez, y'a rien à voir !

MORALITÉ
Ainsi donc chacun peut "se servir sur la bête". Un cafetier peut construire une guinguette sur la place du bourg, un paysan piquer un chemin de remembrement, un pêcheur à la ligne construire sa paillote en annexant une partie des rives d'un lac. Il suffit, quelques années plus tard, de demander au maire une régularisation administrative du chapardage. Respectez bien notre barbelé privé mais surtout ne nous empêchez pas de mettre la main sur le patrimoine public. Dans les campagnes, on a vite assimilé la leçon internationale de la mondialisation. Pendant le vol, les pouvoirs publics, garants, dit-on, du bien commun, sont, ici comme ailleurs, aux abonnés absents. Jean Kergrist 20/11/00

 


NEZ ROUGE

(12/10/2000)

Autrefois il y avait l'Ordre d'un côté, les rigolos de l'autre. Dans le théâtre de marionnettes, par exemple, Gnafron se foutait du Brigadier et le brave Pandore, en retour, tapait allègrement sur Guignol, pour la plus grande joie des marmots de maternelle. Les choses étaient simples, le monde bien délimité des deux côtés du talus. Les veaux, pour se défouler, pouvaient bien crier de temps en temps "mort aux vaches". Quand la règle du jeu est claire, la ligne blanche bien visible, chacun prend ses risques en connaissance de cause.
Voilà qu'aujourd'hui on apprend ("Le Monde" du 10/10/200) que de plus en plus de policiers, après leurs 35 heures, bossent au noir. Au point que la hiérarchie poulaga s'inquiète et s'apprête incessamment à sortir une circulaire destinée à serrer les boulons. Bientôt plus question de jouer au détective privé entre deux rondes en uniforme, ni de faire garde corps des hommes politiques lors des tournées électorales.
A l'occasion on découvre, et c'est là que ça se complique, la liste des activités qui restent, malgré tout et de tout temps, autorisées hors service, une fois le pistolet raccroché au vestiaire du magasin bleu. Elle comprend, écoutez bien braves gens, le boulot de paysan et aussi celui de clown.
D'un seul coup le monde se complique et les lignes blanches se barrent en zig-zag ! De quoi se mélanger les pédales entre contrôle routier et contrôle laitier. Si ça se trouve le brave gars en casquette et en botte, cassant du parcmètre devant la préfecture pour protester contre la chute du porc au marché au cadran, est un flic pur jus de lisier. Pour boucler ses fins de mois, il élève du porc sous taule, histoire de ne pas se retrouver sur la paille.
Si ça se trouve le gros nez rouge en uniforme qui t'arrête au rond point pour te faire souffler dans le ballon, tu le retrouveras ce soir habillé en clown à l'arbre de Noël de Diwan. Et l'Auguste faisant éclater ses pétards chez Zavatta, écoule tout simplement les surplus de cartouches de son 7,65.
Si ça se trouve José Bové se balade le soir avec des fausses moustaches qu'il enlève au matin pour te foutre des PV sur ton pare brise. Pas étonnant que sur la couverture de son bouquin il exhibe ses menottes : il les a gratuites. Si ça se trouve à Plogoff, il y a vingt ans, c'étaient des clowns qui, à flux tendu, te foutaient sur la gueule du gaz hilarant.
Si ça se trouve le clown qui viendra bientôt passer les menottes à Chirac pendant l'arbre de Noël de l'Elysée sera un vrai flic agissant sur commission rogatoire du juge Halphen. On n'a pas fini de rigoler !
Jean Kergrist

 

MILLAU procès José Bové

31 JUIN 2000 (discours sur la place du Mandarous)

Electeurs, électrices, électriciens
Faux électeurs, fausses électrices, travailleurs au noir

On vous donne le Mac-do, vous voulez la terre. On vous donne le Coca, vous voulez l'eau. On vous laisse la pipe vous voulez le feu. On vous donne les moustaches, vous voulez l'air. La terre, l'eau, l'air, le feu! Et quoi encore? Il faudrait quand même accepter quelques bornes, sinon y'a plus de limites. Vous allez finir par demander Dieu, alors que vous avez déjà Jack Lang.

Certes l'eau se présente aujourd'hui en bouteilles plastiques, vendue par Vivendi... mais c'est pour mieux en faciliter le transport. Vous vous voyez aujourd'hui à la manif avec une rivière sous le bras? Et rien ne vous empêche, si vous voulez l'eau gratuite, de creuser sous vos pieds dans la nappe phréatique qui est bien pratique. N'exagérez pas : même en Bretagne toutes les nappes ne sont pas encore polluées. Faites comme les paysans : creusez. Dans certains endroits si vous creusez à 100 mètres vous avez de l'eau aussi pure qu'au premier jour. Si, à 100 mètres, la pollution vous rattrape, vous creusez à 200 mètres. Si à 200 c'est pollué, vous creusez à 500. L'essentiel c'est d'aller toujours de l'avant. A 2000 mètres vous aurez l'eau chaude au robinet.

Evidemment, si vous habitez au quatrième étage d'un HLM, il vous sera difficile de creuser, à cause des voisins du dessous. D'où les bouteilles plastiques, destinées plus particulièrement aux classes défavorisées. Ayez alors l'attitude écologique responsable : ramassez bien les bouteilles plastiques vides. Vous les mettez ensuite dans le girobroyeur et vous donnez ça à vos cochons. Ainsi le boudin sortira pré-emballé.

Certes la mondialisation va son train. Même si elle n'est pas encore tout à fait totale, on s'y attelle (Seattle)... surtout aux Etats unis. Chez nous Total s'occupe des plages, Nestlé engraisse les veaux. Certes la terre et l'air, de Bogota à Calcutta, en passant par Plougastel Daoulas, vous sont aujourd'hui offerts aux couleurs de Rhône-Poulenc ou de Monsanto, mais faudrait quand même pas exagérer : le feu, que je sache, n'a pas encore été privatisé. Les pompiers ne roulent pas encore pour Vivendi. Au creux de l'incendie, il vous reste un espace de liberté pour griller vos brochettes à la dioxine. Et les moustaches, José? Elles sont, que je sache, encore jusqu'ici en vente libre... même si les menottes sont pour l'instant rationnées.

Certes le pouvoir politique, qui avait vocation depuis les grecs à gérer pour vous les éléments premiers que sont l'air l'eau la terre le feu, a déserté subitement le chantier. Mais c'est parce qu'il a été appelé aux urgences, pour conduire la voiture balais des éclopés de la mondialisation. De quoi vous plaignez-vous? Vous êtes encore en démocratie, ce qui vous donne le droit d'élire vos brancardiers. Et quand le fisc vous pompe votre fric, rien ne vous empêche d'imaginer une belle infirmière vous pompant autre chose.

Et puis, ne déconnez pas : cette mondialisation, mais c'est vous qui l'avez réclamée en chantant sur le plateau du Larzac en 1973 "l'internationale sera le genre humain". L'Internationale aujourd'hui vous l'avez.

Certains font la fine bouche en disant que cette internationale n'est pas exactement celle que vous souhaitiez. Et alors? Il fallait bien commencer par un bout. Si le lièvre patronal, étrangement monté ces temps-ci par Nicole Notat, syndicaliste génétiquement modifiée, a coiffé au poteau la tortue prolétarienne, c'est qu'en 1973 vous ne chantiez pas assez fort... pas assez Roquefort. Votre voix a été couverte par celle des brebis. Vous chantiez dans vos moustaches et j'ai l'impression qu'à l'époque vous bourriez vos pipes avec autre chose que du tabac. Ce n'est pas Monique Pétard, Conseillère Générale de l'étape qui, sur ce point, me contredira.

Ce rappel historique effectué, venons-en au faits : le démontage d'un Mac-Do n'est pas en soi répréhensible, car il est généralement suivi du remontage qui, lui, crée des emplois... surtout s'il s'agit d'emplois jeunes qui attirent moultes subventions... alors que le démontage seul n'attire que des emmerdes.

Aujourd'hui, au lieu de vous endormir sur le plateau du Larzac en comptant vos moutons, vous avez suivi le prophète Josué vers la terre promise, en tournant 7 fois autour de la Vénus de Millau. Vous êtes courageux mais, à mon avis, vous pourriez quand même choisir des modèles plus modernes. Par exemple Fabien Barthez, le double mac, qui fait sa pub pour Mac-Do à la télé. Lui s'est trouvé un but... en défendant les filets... de boeuf haché, sans poils sur le caillou mais avec beaucoup de gras autour.

La disneylandisation de notre société est inéluctable mais rien ne vous empêche de ramoner une brebis... de ramener une brebis dans ce grand dessein, ce dessin animé, car il en faut pour tous les trous... pour tous les goûts. Au pays des fromages, à côté du gruyère, le Roquefort peut faire aussi son trou, avec le camembert ma mère... Mamère qui commence à agacer même les verts à force de laisser supposer méchamment que Chirac était, il y encore pas longtemps, maire de Paris... alors que tout le monde sait qu'il était en Corrèze en train d'arroser les poireaux locaux en compagnie de sainte Bernadette qui y fait aussi de lourdes apparitions.

Mon ami Bourgoin, roi du poulet, qui depuis des années parcours les trottoirs... les terroirs, en compagnie de sa fille Corinne, vitrine de la dinde en gros, à la recherche de dindons à plumer, vient de déposer le bilan, première victime de la mondialisation. Dans son total désintéressement, il va désormais engraisser ses poulets au Brésil, au pays de Pelé, après vous avoir plumés. Il nous reste son dépôt à gérer. Cela va vous faire, avec les déchets nucléaires, un étron de plus à enfouir en grattant le sous sol avec vos pattes de derrière, ce qui créera des emplois.

Lisier, fientes, algues vertes, marée noire, déchets, dépôts.. : notre bonne vieille terre et ses cinq continents est devenue incontinente. Il va bientôt falloir, avec la cagnotte fiscale, lui acheter des couches culottes pour troisième âge, car apparemment les couches géologiques ne suffisent plus. Comme le dit le prophète Malachie, la malbouffe libère l'homme. Surtout ses sphincters.

L'OMC, l'Organisation Mondiale de la Clownerie, possède à Marne la Vallée un camp de rééducation pour clowns dissidents. Car l'humour s'apprend. Vous ne faites rigoler personne quand vous confondez le sommet de Davos avec Raymond Devos... qui, lui aussi, place son argent en Suisse. Si José accepte de se raser les moustaches en portant la perruque colorée offerte par Mac-do, enfin nourri à l'humour génétiquement modifié, il redeviendra le gentil petit clown de supermarché pour enfants, neuneus et brebis qu'il aurait, comme moi, toujours dû rester. 


A DANIEL MERMET

le 15 juin 2000

à Daniel Mermet
France Inter

Cher Daniel Mermet,

Votre assistant, Thierry Scharf a insisté pour que je participe à "là bas si j'y suis" en direct de St Brieuc ce vendredi 16 juin. Après avoir annulé un rendez-vous important, je lui ai finalement donné mon accord.

J'apprends ce jeudi matin, par un communiqué des journalistes de France Inter publié dans Ouest-France, que cette journée décentralisée est en fait un publi-reportage payé par le Conseil Général. Cette conception du journalisme me semble une dérive grave. L'information n'est pas une marchandise. Depuis 30 ans je me bats contre un tel monde, je me vois mal en être aujourd'hui le complice.

Dans ce même quotidien, votre Directeur Jean-Luc Hees, interviewé, affirme "En payant sa redevance chaque français a un droit de regard sur Inter. C'est son pognon qui est au travail..." Habitant les Côtes d'Armor mon pognon sera donc deux fois au travail ce vendredi. C'est une fois de trop. Voilà pour mon droit de regard.

Monsieur Hees ajoute: "ça fait du bien de sortir du XVI° arrondissement et du tropisme parisien". Vous voulant beaucoup de bien, j'espère donc retrouver bientôt France Inter en des occasions plus saines, "hors du tropisme parisien", puisque telle est désormais la ligne éditoriale. Je ne m'en fais pas une angoisse. 30 ans loin des journalistes parisiens ne m'a pas empêché de vivre ma vie d'artiste. Je n'ai aucune envie de me précipiter sur le premier os qu'on me tend. On a sa dignité de chien.

Quant à vous, Daniel, depuis des années, sans attendre ces publi-reportages, vous nous faites voyager dans la tête, nous donnant à écouter la voix des gens de peu, des humiliés, des oubliés, des provinciaux du bout du monde. Je devine que, ce vendredi, vous saurez, une nouvelle fois, vous en sortir avec dignité.
J'ai bien peur d'en être incapable. Vendredi, je vous écouterai donc sur mon transistor, et vous retrouverai, dans la clarté, auprès de notre ami José Bové, à Millau le 31 juin.

Encore merci pour ces bulles d'air dans le bocal. Jean Kergrist

 

LES PESTICIDES S'ENVOIENT EN L'AIR, Coca se dope à l'eau

juin 2000

Les pesticides prennent la file de l'air. Sur les 110.000 tonnes pulvérisés en France en 99, soit une quinzaine de kilos à l'hectare et 28.000 tonnes de plus qu'il y a vingt ans, 55.000 tonnes au moins sont directement destinées à nos bronches (revue "Environnement Magazine" mai 2000). Sur sols humides, le taux de volatilisation peut atteindre les 90%. Merci à mamie Rhône-Poulenc ainsi qu'à son petit Nicolas Hulot! Rien ne se perd, tout se respire! Ce n'est pas demain qu'on trouvera de l'herbe dans nos poumons! Derrière les tracteurs d'Attila-Monsanto, roi du Roundup, la Gaule ne repousse plus.
Autre nouvelle fraîche : Douglas Daft, patron de Coca-Cola, vient d'avoir une révélation : saint Lisier lui est apparu pendant son sommeil en lui pulvérisant sous le nez quelques citernes d'ammoniac frais. Au matin, Douglas a procédé, selon le titre ému du journal le Monde, à son "autocritique" (le Monde du 12 mai 2000). Avec un titre comme celui-là, on s'attend à une confession de choc, du genre : "pardon aux millions d'intestins que j'ai bousillé avec mon tord-boyau gazeux". Mais non, le gars Douglas va seulement transformer ses usines et supprimer 5.200 emplois. En voilà de la saine autocritique! Il pêche et ses employés se farcissent la pénitence.
Tout ça pour annoncer une grande diversification de sa production de dope. Il va se jeter enfin à l'eau après "avoir bien perçu toutes les subtilités de ce marché" aquatique. "Nous devons d'abord définir notre stratégie dans l'eau, puis être sûrs d'y gagner de l'argent." Pollution dans les pays développés, sécheresse dans les pays "émergents" : Douglas a vite compris où se trouvait la galette. L'eau polluée active les ventes de bouteilles plastiques aussi vrai que l'incendie dope les vente d'extincteurs. Les collectivités territoriales, réduites à jouer les voitures balais de la mondialisation, ont, une à une, déserté les éléments constitutifs de notre bien commun : la terre, l'air, l'eau. Elles ne s'occupent même plus du feu : les pompiers, privatisés, vont bientôt rouler pour Vivendi. "C'est le moment de se mettre à l'eau" se dit Douglas Cocaïne.
Comme il n'est pas tombé de la dernière pluie acide, il a bien compris son boulot de PDG autocritique en posant à chaque instant la bonne question, la seule intéressante, celle qui fait gonfler son crâne critique en forme d'auto : "comment s'y prendre pour mieux plumer le dindon?". Suite à une étude marketing, il prépare pour bientôt l'autocritique complémentaire : après l'eau il va s'attaquer à l'air, vendu en petite bouteilles rouge et noir. "Air light" pour les enfants, afin de ne pas trop vite les doper à l'air pur.
L'ombre de Lavoisier plane sur les attaché-cases des têtes de noeuds scientifiques d'Air Breizh, chargés d'analyser, au titre du Plan Régional, la qualité de l'air en Bretagne. "Rien ne se perd, tout s'oublie" : la recherche de pesticides ne fait pas partie de leur programme. Trop chers à analyser! Moyennant quoi, après autocritique, la qualité de l'air, comme celle de l'eau, est déclarée "globalement satisfaisante". On respire un grand coup, en attendant Douglas!

 

DES CHÈVRES POUR LES TOUAREGS

juin 2000

Une agricultrice de Rostrenen, Odile Le Jeann, revient du Mali. Au titre d'une association de retraités (AGIR) elle a vécu pendant un mois dans une communauté de 500 Touaregs en voie de sédentarisation à Assanah, au nord-ouest de Tombouctou. Intervenant pour les initier au jardinage, elle a découvert un problème d'urgence immédiate. Suite à une guerre des pâturages au sud du Sahara, ils n'ont plus ni tentes, ni troupeau. Le paludisme est en train de les décimer tous. Leur petite réserve de riz est épuisée. Les ONG de Tombouctou, sollicitées, font la sourde oreille : "ce ne sont que des Touaregs".

Suite à une première collecte, elle leur a adressé dès son retour de quoi acheter quelques sacs de riz ainsi que des médicaments d'urgence. Il faut maintenant les aider à reconstituer un début de troupeau en commençant par le moins cher : les chèvres. Avec 150F, ils peuvent acheter une chèvre en début de lactation.

La collecte, entreprise avec les moyens du bord, est en train de devenir efficace. Au 10 août , 182 donateurs se sont déjà signalés pour parrainer l'achat d'une chèvre (en proposant un nom pour elle). 50.000 F sont déjà partis pour Tombouctou. Les 90 premières chèvres viennent d'être achetées. Une rizière est désormais opérationnelle (5 hectares). Au tour des moutons! Sur place, Mossa, 20 ans, dont la femme vient d'avoir un bébé, faisait l'aller et retour à pied jusqu'à Tombouctou (40 kms) pour téléphoner et récupérer l'argent à la banque. Nous venons de lui acheter un chameau.

Le 18 juin 2000 quelques donateurs se sont réunis pour créer une association loi de 1901. Tous les dons transitent maintenant par cette association. A l'automne nous allons y envoyer un médecin de Tombouctou ainsi que deux experts en développement rural pour tenter de définir avec la communauté touarègue les axes d'un développement durable.

"S.O.S. Assanah" Le Couart 22110 ROSTRENEN tél-fax : 02 96 29 01 57

Libellez vos chèques au nom de l'association "SOS Assanah"

"Ils ont des plages à l'infini

Avec d'infinies solitudes

Et pour les vaisseaux méhari

Des cargaisons de servitudes." François Budet

 

JOURS TRANQUILLES A BERRIEN

25 Avril 2000

Un professeur de biologie en fac de Brest, militant à Bevan e Menez Are ainsi qu'à d'Eau et Rivières et à la SEPNB, est actuellement dans la ligne de mire du lobby porcin. Avec sa compétence et sa rigueur de biologiste, il a démonté un à un des dossiers d'impact bidons, destinés à faire passer la création de porcheries sur le canton de Huelgoat (29), jusqu'ici à peu près préservé.
Jean Paul Guyomarc'h, c'est son nom, est aujourd'hui l'objet d'une campagne de diffamation avec appel au lynchage. Une lettre anonyme circule à Berrien, où il habite. Elle déclare ouverte "la chasse au guyomarc'h, animal nuisible".
Une dizaine d'associations de protection de l'environnement ont décidé de ne pas le laisser s'exposer seul à la vindicte de quelques têtes brûlées. Avec lui, elles ont porté plainte en gendarmerie.

A travers cette histoire d'environnement, se trouve posée la question d'une forme de fascisme agricole rampant. Le modèle porcin breton n'a certes plus le vent en poupe mais c'est en partant que la bête se montre la plus dangereuse ("in cauda venenum : dans la queue le venin").
A Berrien une autre lettre vient d'être distribuée, pas du tout anonyme celle là :

DESCRIPTION D'UN AUTEUR DE LETTRE ANONYME
Un phénomène que l'on croyait en voie de disparition vient d'apparaître sur la commune de Berrien : l'auteur de lettre anonyme. Il sévissait déjà sous l'occupation pour dénoncer ses voisins à la Kommandantur. Aujourd'hui il opère de la même manière en s'avançant masqué, en déposant des lettres en mairie, en faisant circuler des torchons nauséabonds, en faisant croire qu'il constitue une force, en s'imaginant que les paysans sont avec lui, en misant sur la lâcheté de quelques trouillards.

Le signataire anonyme se croit en pays conquis, en pollution acceptée, en diffamation impunie. L'espace lui appartient, les rivières et les champs lui ont été donnés de droit divin. Tout le monde doit s'écraser pour laisser passer sa merde. Il se croit très malin car en effet il fait rire les taupes qui sont de la même famille, creusant à la tombée du jour pour ne pas être vues.

Très courageux il se planque derrière son tas de fumier, joue à cache cache derrière sa tonne à lisier, planque ses doigts de pieds dans sa fosse à purin. Comme l'autruche il croit se dissimuler en enfouissant sa tête dans le sable.
Il oublie qu'ici c'est du granit et qu'il va bientôt s'y casser le nez.
signé:
Patrick Ewen, Hervé Jaouen, Jean Kergrist, Gilles Servat

ADDITIF A CETTE AFFAIRE (30/08/00)

Suite à la plainte déposée en gendarmerie de Huelgoat le 13 avril 2000, l'auteur de ce tract anonyme a officiellement été identifié, mais le Procureur de la République de Morlaix a jugé bon, par avis daté du 30 août, de classer l'affaire sans suite pour "infraction insuffisamment caractérisée". Si on a bien compris le film, "la chasse au Guyomarc'h" peut donc continuer impunément!

NOUVEAU REBONDISSEMENT (27/11/00)

L'avis de classement sans suite du Procureur de Morlaix a été intégralement reproduit dans le numéro 5 (novembre 2000) du journal de l'association "Bevan e Menez Are" (Vivre dans les Monts d'Arrée). Cet avis mentionne en toutes lettres le nom de l'auteur de la lettre anonyme à l'origine de l'affaire, un céréalier local, grand chasseur de primes, bel et bien identifié par l'enquête de gendarmerie. Du coup l'énergumène a porté plainte pour diffamation et atteinte à sa vie privée. Le jugement n'a pas traîné : l'association a été condamnée par le tribunal de Morlaix, lors de l'audience du 27/11/00, à 5.000F d'amende ainsi qu'au retrait de tous les exemplaires du journal en circulation, sous menace d'une astreinte de 100F par numéro. Conclusion : informer d'une décision de justice est condamnable, par contre inciter au lynchage rapporte 5.000F. Vous avez dit "République bananière"?

ATTAQUE EN RÈGLE (11/01/01)

Non content de ses 5.000F (sans doute trop juste pour un céralier, généralement habitué à des primes plus conséquentes) voilà que notre énergumène traduit J-P Guyomarc'h, l'association et son président, en "citation directe devant le tribunal correctionnel de Morlaix" pour diffamation publique à son égard (audience du 25/01/01). Toute la famille cette fois s'y met car elle a "subit un préjudice moral important, l'honneur de leur mari et père ayant été bafoué". Après avoir fait l'addition il demande 100.000F de dommages et intérêts. Le nom de ce céréalier n'a pourtant pas été avancé par l'association qui s'était contentée de porter plainte "contre x". C'est la gendarmerie, suite à son enquête préléminaire, qui l'a sorti pour la première fois du képi et transmis au procureur. C'est bien ce nom qui figure en toute lettre dans l'avis de classement sans suite. Si l'infraction, aux dires du Procureur était "insuffisamment caractérisée", le nom de son auteur, lui, l'était bel et bien. Sinon pourquoi l'afficher ainsi? S'il se sent aujourd'hui diffamé d'avoir été clairement identifié comme auteur de la lettre anonyme, qu'il se retourne donc contre la gendarmerie ou le Procureur.

RENVOI (25/01/01)

Ni J-P Guyomarc'h, ni le Président de l'association ne se sont présentés à cette audience abracadabrantesque du 25/01/01. Le Tribunal a donc renvoyé l'affaire au 15 mars prochain.

DÉSISTEMENT (15/03/03)

Ce 15 mars les plaignants, prenant connaissance des nombreuses erreurs de procédure qu'ils ont commises, ont préféré annuler leur plainte. Point final donc!

 

LETTRE OUVERTE
A MON PHARMACIEN

mars 2000

Cher Pharmacien,

Vous avez affiché durant ces dernières semaines à pleine devanture de votre officine, sur la place centrale du bourg, les courbes de dégénérescence des facultés humaines : intellectuelles, physiques, sexuelles... ceci dans le but de doper vos ventes de Ginseng, proposé à 300 F la cure d'un mois.

Supposant votre attachement professionnel au serment d'Hippocrate, je ne peux évidemment vous suspecter de publicité mensongère. Vos statistiques émanent très certainement d'un organisme scientifique indépendant.

Votre publicité a toutefois eu pour effet de démoraliser une grande partie de la population cantonale découvrant qu'à 40 ans les facultés humaines ont diminué de moitié et qu'à 60 ans, dotés d'une incapacité à 80 %, nous ne sommes plus que des larves, bonnes à être enfouies dans la future poubelle nucléaire des Monts-d'Arrée.

Dans le but de redonner espoir à notre population locale, déjà fortement éprouvée par la tempête, je me propose pour fêter mes 60 ans, en mars prochain, de vous affronter en combat singulier sur tous les terrains mentionnés plus haut. Je vous sais jeune et dynamique et j'ai bien conscience des risques que j'encours.

Le duel intellectuel se devra d'être arbitré par une personnalité scientifique incontestable, éloignée des firmes commerciales. Je vous propose Théodore Monod, un chercheur qui, à 98 ans passés, continue à arpenter le désert à la recherche de nos traces. Pour les épreuves sportives, je vous laisse le choix de la discipline et de la distance. Le contrôle antidopage sera présidé par Richard Virenque. Quant aux évaluations sexuelles, afin de ne pas choquer nos braves paroissiens, je vous propose de les effectuer à huis clos sous l'arbitrage actif d'une de vos charmantes préparatrices.

En espérant que vous aurez à coeur de relever ce défi, je vous prie de croire, cher pharmacien, à l'assurance de ma verte jeunesse, garantie sans Ginseng, O.G.M., ni Viagra...

ADDITIF À CET ÉCHO :

Théodore Monod, à 98 ans, vient de s'ensabler définitivement dans le grand désert dont on ne revient pas. (permettez une ligne de silence)

Mon pharmacien, lui, est bien vivant et il a de la suite dans les idées. Son ginseng et ses courbes de dégénérescence des facultés humaines ornent à nouveau la devanture d'hiver 2000-2001 de son magasin. Pour arbitrer le défi intellectuel, comme je travaille toujours en Monod (la stéréo est trop cher), après la disparition de Théodore, je pourrais toujours faire appel à Jérôme, ancien Président de la Lyonnaise des Eaux, lui aussi grand habitué du désert : il travaille à l'Élysée, comme conseiller personnel de Chirac.

(26/11/00)

LES DECHETS NUCLEAIRES

Manif de QUINTIN (22) 15 Avril 2000

Sketch Kleenex à propos du projet d'enfouissement des déchets nucléaires

CROTTES ET LUMIÈRE

Electeurs, électrices, électriciens,
En ma qualité de Sous-secrétaire d'Etable aux colloques agricoles, je vous suis envoyé aujourd'hui pour vous transmettre la parole officielle.

Quand donne à manger au chat, il faut bien s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre il fasse sa crotte. Vous donc qui, dans les années 74-75, aviez construit la niche, en compagnie des D'Ornano, Giscard, Pompidou, Mesmer, Peyrefitte, j'en passe et des plus cons, ne vous étonnez pas aujourd'hui de marcher dedans. Votre chat est devenu un vrai pitbull, difficile à castrer, et n'allez pas vous plaindre s'il a maintenant la chiasse.

Et vous, roses rouges ou verts, qui avez si généreusement assumé l'héritage pluriel, en signant l'an passé le décret autorisant l'enfouissement des crottes, n'allez pas aujourd'hui pleurer en faisant la fine bouche sur la taille du crottier. (Normalement, à cet endroit, j'aurais déjà dû perdre les 3/4 de mon auditoire; comme apparemment il en reste, je continue)

Quand aux autres, glorieux combattants du Hezbollah de Plogoff, "Je vous ai compris". Il y a 20 ans, vous avez bravement affronté la bête. Je comprends aujourd'hui votre réticence à en avaler les étrons. Certes vous êtes très cohérents, mais aussi un peu cons. En refusant l'enfouissement des crottes, vous provoquez la constipation du chat, et attention : un gros chat constipé devient aussitôt très méchant. Couché Chevènement!

Ecoutez plutôt les braves syndicalistes responsables en visite il y a quelques jours à Brennilis, qui vous invitaient à fermer les yeux et à vous pincer les narines. Le réalisme économique cogestionnaire de Nicole viendra à bout de nos tas. De nos tas de déchets, évidemment.

Faites confiance au grand philosophe Lagaffe, penseur de TF1, quand il chante à la télé "Il est beau il est beau le labo, il est laid il est laid le bidet" car ce n'est pas un chiotte qu'on vous propose mais un labo avec un L majuscule, comme dans Lionel. Un Labo avec carrelage, pipettes et éprouvettes, à rendre jaloux Jack Lang ainsi que les cochons en batterie, qui aimeraient bien, eux aussi, pisser dans la porcelaine.

Si, aux dernières nouvelles, le massif de Quintin tient aujourd'hui la corde des sites granitiques potentiellement favorables, c'est parce que ses habitants étaient depuis longtemps familiarisés avec cette problématique sanitaire. Merci Monsieur le Comte qui, dans ce beau château de Quintin, avez sponsorisé il n'y a pas très longtemps une si belle exposition de pots de chambre.
Evidemment votre esprit est très choqué en apprenant soudain, en cours de défilé pour certains, qui ont pris le coche à mis parcours, que la fée électricité illuminant nos vies, nos télés, nos croix de Dozulé, nos salles polyvalentes fleurant si bon l'eau de javel sous leurs néons si poétiques, produit aussi de la merde. Mais c'est sur le fumier que poussent les roses. Voilà pourquoi il vous faut maintenant l'enterrer à 800 mètres de profondeur en grattant avec vos pattes de derrière.

Bientôt trois rois mages, chargés d'or, d'argent et accompagnés de sbires, vont visiter vos crèches. Ribouldingue, Croquignol et Filochard, les fameux Pieds Nickelés qui ont enchanté votre enfance, vont à nouveau vous faire rigoler. Soyez accueillants et compréhensifs à leur égard car il n'est jamais facile de vendre un trou, même en refilant sous la table une petite enveloppe de 60 millions. Et si à la fin de leur visite, pour la plus grande joie des enfants rigolards, nos Pieds Nickelés tombent dedans, cela fera toujours une partie des déchets de casés.

Le granit ou l'argile? Que choisir? Dans quoi faut-il creuser? Le dilemme est atroce mais il est la preuve même de votre liberté car on vous consulte. Au jeu de casse pipe de la grande kermesse qui s'annonce, guidez donc le choix de nos braves pieds nickelés en leur proposant des essais comparatifs : l'argile sur la gueule fait "flop", le granit sur les couilles fait "ouille".Photo Louis Blonce

Aux dernières nouvelles, il parait que nos trois pieds nickelés ont décidé de faire une pause en reportant leur voyage en Côtes d'Armor. Ils ont dû s'endormir sur le pot et n'arrive plus à faire leur rot. Ils vont, parait-il, changer de tactique : s'amener plutôt pendant les vacances et avec de fausses moustaches. Si vous rencontrez dans la rue trois José Bové, sachez qu' il y en a deux en trop. Tirez sur les moustaches avant de passer les menottes.

Qu'est-ce que j'apprends : Bourgoin, roi du poulet, qui a longtemps fait le trottoir en Bretagne avec sa fille Corinne, vitrine de la dinde en gros, à la recherche de dindons à plumer, vient de déposer son bilan. Un dépôt de plus à gérer! On n'est pas dans la merde! De pots en dépôts, bonjour le dépotoir. La Bretagne hercynienne se retrouve submergée de crottes. Marée noire, marée verte, fientes et lisier, déchets nucléaires : notre continent souffre d'incontinence. Il faudra, avec la cagnotte fiscale, songer à lui acheter des couches pour troisième âge car les couches géologiques, manifestement, ne suffisent plus.

En attendant, dans l'état actuel de la question, je ne vois qu'une solution pour éliminer ces fameux déchets : faire appel à un as de la disparition. Personnellement j'en connais deux : le magicien David Cooperfield, qui a déjà réussi à escamoter un train, et le grand navigateur malouin, le docteur Godard, qui a déjà réussi à faire disparaître sa femme. Pour joindre le premier, adressez-vous à son imprésario. Pour le deuxième, à la gendarmerie locale qui fera suivre.

Si vous avez d'autres lumières sur la question, vous pouvez contacter mon sous-secrétariat sur Internet. Nous y avons ouvert un site, dans lequel nous espérons enfouir un jour les déchets. Pour l'instant il nous permet de dialoguer avec la populace sans prendre un jet de lisier dans la gueule. Je vous en donne l'adresse : wwwc/OQPHIÉ.PQ// Vous tomberez directement sur mon chef de cabinet. C'est lui qui, avec Voynet, s'occupe de l'ouverture de la chasse.

Avant de repartir vers mon sous-ministère, il me faut passer maintenant aux choses sérieuses en remettant le fameux chèque de 60 briques à un élu. Ecoutez bien ma question et répondez en levant le doigt. "Y-a-t-il dans l'assistance un élu intègre?" Attendez, j'ai pas fini! "...un élu intègre qui accepterait de se laisser corrompre". Allez! petits petits petits, Personne à gauche? Félix? Et à droite? Brice? Marc? Personne? Ah je vois enfin un candidat qui s'avance pour notre jeu des 60 millions. Bien propre sur lui, mais est-il seulement politiquement correct? Car je n'entends pas avoir les mêmes ennuis qu'à Bure. Le maire de Bure, dans l'est, est en train de retourner son burnous sous prétexte que son chèque s'est rétréci au contact de l'argile.

Cher élu, vous avez déjà un mandat, vous allez bientôt recevoir un chèque... en attendant le virement aux prochaines élections. Nous allons commencer l'examen de moralité. Pas d'affaire louche en cours? Pas de procès? De détournement de fonds? Ni de détournement de mineurs? De délits d'initiés? De prise illégale d'intérêts? Pas trop de cumul de mandats? Pas de valise en Suisse. D'enveloppe d'Elf dans les poches? Et pendant la dernière guerre? Un peu collabo? Bezen Perrot? Lettres à la kommandantur? Quoi? Pas né? Vous-êtes notre homme! On va pouvoir passer aux tests.

Première question blanche de Stourn Marie habitant Surlétravot à Langoëlan (Ma ristourne sur les travaux de Langoëlan). A quoi vous fait penser cet objet... Oui! A une carotte! Il reconnaît tout de suite la carotte. Sexualité sublimée grâce à son mandat. Merci monsieur Freud (c'est le directeur des travaux à Langoëlan).
Deuxième question bleu de Bol Maguy (Maguy Bol) dans le granit de Trémargat. Une question : "que ferez-vous une fois en possession de ce gros chèque?"... Oui! Il va achetez du grillage pour mettre autour du trou! C'était la bonne réponse.
Et enfin, question rouge de madame Stérol Colette (Colette Stérol) gare de Quintin, une question d'histoire : "s'il vous reste de l'argent, sur le trou lui-même que contruiriez-vous de manière à faire oublier à la populace les déchets enterrés dessous?"... Oui! Une boulangerie et un casino! C'était la bonne réponse, une réponse qui marche depuis l'antiquité : du pain et des jeux! Qu'on lui amène le chèque! C'est du costaud! Un vrai chèque en bois. Qu'est-ce qu'on dit?
(l'élu reçoit un immense chèque de deux mètres, dessiné par Alain Goutal, des cracheurs de feu brûlent le chèque en public)


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