Les échos, du plus récent aux plus anciens, sont toujours datés et jamais modifiés après coup... aux risques et périls de réactions parfois trop spontanées de l'auteur
CETTE PAGE A VOCATION À FIGURER AU GUINESS BOOK COMME LA PLUS LONGUE DU WEB
Si vous voulez réagir : contact
"Produit en Bretagne", soutient à fond la relocalisation… ce qui n’empêche pas Armorlux, un de ses partenaires privilégiés, de façonner l’essentiel de sa production… en Tunisie.
Encore
mieux : l’association s’est offert en janvier une
publicité dans le Télégramme avec des petites
phrases de candidat-e-s à la présidentielle soutenant
«enfin la relocalisation» : François Hollande,
Nicolas Dupont-Aignan, Jean-Luc Mélenchon… et Marine Le
Pen. Bizarrement Eva Joly n’est pas citée. Dans un
communiqué du 27/01/12 les Verts ELLV y voit l’effet
d’avoir à plusieurs reprises
« dénoncé le fait que Produit en Bretagne ne se
préoccupe en rien de la qualité des produits
labellisés (et notamment concernant la présence
d’O.G.M), ni des conditions de travail des salarié-e-s de
ses entreprises partenaires. » Des représailles « produites en Bretagne » ou en Tunisie ?
Neige
En
période électorale, la télé en raffole.
Voilà un sujet consensuel ! Le CSA ne vérifie que rarement le temps de parole des flocons. Sur France 3, vendredi
3 février au journal du soir, un envoyé spécial attendait la neige
en direct à l’Est de Paris. Grand reporter au
désert des Tartares, il nous égrainait en détail,
frémissant des vocalises, tout ce qui était susceptible
de nous tomber sur le râble : l’épaisseur de la couche, les
embouteillages, les sableuses et les accidents. À
l’entendre, les Prussiens de 1870 étaient prêts à
envahir la capitale.
Autrefois, quand l’ex-ORTF interrompait la
nuit ses programmes, la neige sur l’écran nous faisait
rêver. À l’époque quand ils n’avaient
rien à dire, les journalistes savaient fermer leur gueule.
La Damrec, qui extrait sur Glomel un minerai réfractaire au plus haut point stratégique - en bénéficiant donc de nombreux passe-droits, dont une autorisation datant de… Chaban-Delmas ! - s’apprête à étendre sa zone d’excavation sur une zone humide alimentant l’étang de Glomel, ceci à l’intérieur du périmètre de protection rapproché de la prise d’eau de Mézouet. 1 million de mètres cubes vont être détournés par pompage vers le bassin versant de l'Ellé. Autant d'eau de source qui n'alimentera plus le Bavet et l'étang. Le résultat : baisse en quantité, mais aussi en qualité, car les eaux de ruissellement, avec leurs effluents agricoles, ne seront plus compensées par des eaux de source.
Le dossier d’enquête publique, mis à disposition du public en novembre, comportait des études d’impact très fouillées, avec recensement exhaustif de dizaines d’espèces animales et végétales, dont certaines très rares... vouées à disparition. Le jour de son enterrement le disparu se voit toujours paré de toutes ses qualités.
À cet effet, l’association BAGNE
(Breizh Association Glomel Nature Environnement) organise, à
l’occasion de la St Valentin 2012, un grand concours
littéraire sur le thème des « lettres d’amour
». Nous tenons ainsi à apporter notre modeste contribution
à la construction d’un monde plus fraternel.
Les concurrents devront écrire une lettre,
SMS ou mail, d’un maximum 3.000 signes (une page ou deux),
adressée à une personne réelle ou fictive, vivante
ou disparue, individuelle ou collective.
Ces lettres seront lues en public au cours
d’une grande soirée, intitulée « Nuit des
lettres d’amour », organisée à la salle du
lac de Glomel, le samedi 11 février 2012 à 20h30

Durant les lectures, le dessinateur Alain Goutal, laissera courir son
inspiration. Ses dessins seront projetés sur écran tout
au long de la soirée. D’autres artistes chanteront ou
mettront en musique certaines de ces lettres. Lors Jouin, Soïg
Sibéril, Hervé Bellec, Marlu et Erwan Chotard ont
déjà donné leur accord pour intervenir au cours de
cette soirée.
Un jury littéraire, composé
d’écrivains, sous la présidence
d’Hervé Bellec, couronnera la lettre qui lui semblera la
plus pertinente, originale ou émouvante.
Le premier prix consistera en une nuit pour deux en
chambre d’hôtes à Canal Chouette (Glomel), avec vue
sur le canal de Nantes à Brest.
Les lettres contenant injures ou diffamation seront écartées du concours.
Tous les participants seront personnellement avertis
de leur sélection. Les lettres seront lues par des
comédiens ou des comédiennes, mais ceux qui
souhaiteraient lire eux-mêmes leur contribution pourront
évidemment le faire.
Les lettres sont à adresser à
l’association BAGNE, soit par courrier à Kergérard
22110 Glomel, soit par courriel à bagne@orange.fr avant le
1er février 2012.
À vos plumes !

sans commentaire


CE 15 OCTOBRE 2011 : Manifs partout en France pour réclamer la sortie du nucléaire.
À Rennes (photo Philippe le Sauze, avec le sous secrétaire d'étable sur la gauche), l'accent était mis sur l'EPR de Flamanville. Il a déjà doublé de prix (6 milliards annoncés au lieu de 3 au départ) avec 4 ans de retard. Areva se heurte à des problèmes techniques et de sécurité insolubles. La construction ne continue que parce qu'elle est subordonnée à de gros contrats à l'exportation. Autant de fonds qui ne seront pas consacrés aux énergies renouvelables. Comme pour le surrégénérateur de Malville : 20 ans de construction, 20 ans de déconstruction : pas un kilowatt produit au compteur.
Autre catasrophe prévisible : Fessenheim. La centrale est sur les genous après 40 ans de fonctionnement. Mais elle vient d'obtenir l'autorisation de repartir pour 10 ans avec une petite piquouze de 600 millions d'euros dans les réacteurs, destinée à la faire tenir debout.
Reportage France 3 Bretagne bretagne.france3.
La honte !
Ils ont osé. La Bretagne ne croulait pas encore assez sous les fientes et lisiers.
Le
décret assouplissant les règles d'épandage
agricole vient de sortir au JO ce 11 octobre. Le député
UMP Marc Le Fur, qui poussait les feux derrière ce décret
scélérat, mérite la palme des algues vertes et des
cyanobactéries.
Toutes les surfaces agricoles de l'exploitation (et non plus seulement les surfaces épandables) vont désormais servir pour calculer la charge nitrate de l'exploitation. Ceci le même jour où le même ministère rendait pulic le coût induit des nitrates dans l'eau pour les citoyens : 54 milliards par an. 522 milliards si on y ajoute la dépollution des eaux souterraines.
Pour couronner le tout : devinez qui va maintenant former les commissaires enquêteurs affectés aux enquêtes publiques concernant les installations agricoles classées (ICPE) ? La chambre régionale d'agriculture ! Autant dire tout de suite la FNSEA. (info publiée dans la lettre Contact n°54-1 du syndicat SYGMA-FSU )
Comme si les automobilistes étaient maintenant appelés à former les gendarmes et les chasseurs les gardes chasses.
Derniers soubresauts d'une histoire abracadabrantesque

Je me suis rendu au tribunal de St Brieuc, le jeudi 22 septembre (cf photo ci-contre), porter au procureur la liste des 4 033 personnes (une centaine d'autres signatures sont arrivées depuis) qui, en cas de poursuites, devraient logiquement subir le même sort que moi, puisqu'ayant signé un texte identique à celui qui m'était reproché par le maire de Glomel (cf plus bas : plainte)
Dès le lendemain, le procureur, silencieux depuis 3 mois, se fendait d'une lettre pour m'annoncer que "l'examen de la procédure ne justifie pas de poursuite pénale, au motif que l'infraction ne paraît pas suffisamment constituée". L'affaire semblait donc close.
C'était sans compter sur l'esprit revanchard du maire de Glomel qui, dès le mardi suivant, 27 septembre, gonflait les pectoraux dans Ouest-France en déclarant que cette décision du procureur ne le satisfaisait pas et qu'il "n'excluait pas de faire assigner directement Jean Kergrist au tribunal".
Dans la foulée, il se permettait d'avancer un gros mensonge à mon encontre, me faisant affirmer que l'installation contestée se trouvait à 5 mètres du canal de N à B, alors qu'elle se trouve "à 110 mètres, derrière un talus". Ce talus, nouveau bouclier de protection contre les émanations toxiques -525.000 mètres cubes / heure annoncés dans le dossier soumis à enquête- a beaucoup fait rire dans les chaumières... surtout qu'à l'endroit où se trouve le poulailler actuel il ne fait pas un mètre de hauteur.
Hélas pour lui, 3 jours plus tard, Ouest-France rectifiait ce gros mensonge -en terme de justice, cela s'appelle une diffamation, une vraie celle-là- concernant la distance ! N'étant ni bigleux, ni menteur, j'ai toujours bien parlé de "5 mètres du site historique et public de la grande tranchée de Glomel", et non, comme il l'affirmait, 5 mètres du canal de N à B. 
J'attends donc avec impatience le nouvel épisode du feuilleton : ma citation directe devant le tribunal. Chiche ! On pourra alors tout déballer sur la table. On sortira les photocopies du permis de construire, comportant oublis et fausse domiciliation du demandeur, ainsi que le constat d'huissier concernant l'enlèvement du panneau d'interdiction aux poids lourds sur la voie communale menant à l'usine à fiente. On prendra aussi un décamètre pour vérifier les distances.
Pas fini de rigoler !
Vraiment excellent ce maire !
Je n'exclue pas de faire un grand numéro clownesque avec lui.
RASSEMBLEMENT CONTRE LES MARÉES VERTES, LE 18/09/11
Quelques bribes du discours du sous-secrétaire d'étables aux colloques agricoles, s'adressant aux "intégristes" et aux "végétariens extrémistes" (voir aussi l'excellente vidéo de Fanny Chauffin) :
À
Crozon, en juin dernier, le président nous a assuré que
la solution contre les algues vertes existait : le ra-mas-sage, avec
les dents et les pattes de derrière. Dans ramassage il y a
ramage, et si votre ramage est égal votre plumage, c’est
vous, mes amis, qui serez plumés. Mais dans le message du
ramassage il y a aussi l’évocation du massage et je vois
déjà les coquins et les coquines que vous êtes
s’exciter en se frottant aux ulves… initiative de nature
à faire frémir le marché.

Il
nous a aussi assuré que la méthanisation nous
débarrasserai de l’azote excédentaire. Après
recherche très fouillée, nous n’avons trouvé
aucune trace d’azote dans l’hélicoptère
présidentiel. Plus fort que le magicien David Copperfield, qui,
lui, avait réussi à faire disparaître un train !
Gloire à toi président, grand timonier, plus fort que
tous les autres magiciens ! Bientôt, comme Jésus, tu vas
nous transformer l’azote en vin. Ce qui devrait rassurer le
marché.

Dans cette affaire des sangliers, mon ministère et tous mes
services administratifs ont joué la transparence. Nous avons
été tellement transparents, que nous en sommes devenus
invisibles. Suite à ces morts en série, je puis assurer,
à ceux qui nous le reprochent, que nous n’avons
négligé aucune piste. Le gaz, le poison,
l’étranglement, le dépit amoureux, le suicide
collectif d’une secte apocalyptique, le crime passionnel ?
Ont-ils été euthanasiés par le docteur Bonnemaison
? Ou embauchés par Madame Bettencourt ? Transportaient-ils vers
l’Élysée des mallettes bourrées de billets
de banques? Toutes les pistes devaient être inventoriées,
de manière à rassurer le marché.
Je vous signale d’ailleurs que l’enquête sur les
bêtes est toujours en cours. (Bettencourt… ah ah !) Car
avant de prendre les décisions, nous enquêtons toujours
sans relâche. C’est dire notre sérieux. Oui, nous
attendons incessamment les résultats des analyses… Nous
sommes prêts à les attendre très longtemps. Que
dis-je, nous les attendons depuis plus de trente ans. C’est dire
notre constance à travailler dans le durable. Donnez nous encore
trente ans et nous saurons tirer des conclusions sans failles…
sans compter qu’en trente ans, en vertu de
l’espérance de vie, cela nous fera toujours quelques
emmerdeurs en moins. (En a parte) il a quel âge Ollivro ? et Le
Lay ?

N’oublions pas non plus, dans ce rapide récapitulatif de l’année écoulée, le match de
foot international mémorable qui, sur la plage de Morieux,
encombrée d’algues vertes, a opposé, en août
dernier, la FDSEA à la FDSEA. Devinez qui a gagné ? La
FDSEA ! Bravo, comment avez-vous deviné ? Je suis formel : aucun
ballon utilisé ce jour-là sur la plage n’a
crevé. Ce qui prouve bien que les scientifiques sont tous des
écolos, les écolos tous des menteurs et les marcassins
tous des mauviettes… ce qui devrait rassurer le marché.
Quant
aux sangliers disparus, rassurez-vous , nous les remplacerons. Mais
dans le cadre de la limitation des cheptels d’élevage, que
vous réclamez tous, nous ne remplacerons qu’un sanglier
sur deux partant à la retraite, ce qui devrait rassurer le
marché.
Photos : Madeleine Ropars et (celle du milieu) Christian Pierre
Masques et mise en scène : Compagnie BOCOCO
Pour appeler à la grande manif régionale anti-marées vertes de Fouesnant (18 septembre, 15h) une pré-manif était organisée, ce vendredi 9 septembre, en gare de Carhaix avec la compagnie BOCOCO et le sous-secrétaire d’étable aux colloques agricoles. Les voies fluviales, empruntées l’an passé à même époque pour la manif de Ste Anne la Palud, étant aujourd’hui trop dangereuses, pour cause de cyanobactéries, pas question cette fois d’y aller en barge. Une locomotive à vapeur (photo) a donc été réquisitionnée par l’Ankou et ses 36 marcassins. Le sous-secrétaire d’étable, de son porte-voix du haut de la locomotive, a annoncé une activité pharaonique à cette locomotive, « lâchement abandonnée, sans nourriture ni affection » en gare de Carhaix :

« Nous allons, avec l’aide du SMATAH, qui a grande expérience en ce domaine, débarrer le canal de Nantes à Brest. Puis nous y installerons des rails. Cette locomotive pourra alors tirer des wagons bourrés de fientes et lisiers, aussi unis que Sambre et Meuse, du Kreizbreizhkistan vers la mer, puisque c’est toujours là qu’ils vont. Cela permettra, au passage, d’épargner nos rivières. »
Il a aussi donné des nouvelles d’une plainte récente, qui fait toujours beaucoup couler de salive :
«
Le maire d’une commune du Kreizbreizhkistan vient
d’être agressé par un individu louche, dans la suite
2806 du Sofitel de Glomel. Ce malotru a été
arrêté à l’aéroport de Guiscriff,
alors qu’il s’apprêtait à violer
l’espace aérien breton. Il sera bientôt jugé
et enfermé dans un camp ouvert sur la grande tranchée de
Glomel : un immense bagne à poules, bourré de fiente, le camp de Guanta-guano. »
(ce lundi 12/11/11, la pétition -cf plus bas- en est à 3.250 signatures)
Suite de manif imprévue en brigade de Rostrenen (cf plus bas la manif "Bagne à poules") :
une plainte du maire de Glomel
...et, comme la surveillance d'Internet (sport international très en vogue dans certain pays dictatoriaux !) plait beaucoup à notre cher élu local, je lui dédie ce petit court métrage. Il ne sera pas déçu, car on y voit de très beaux poulaillers, dont le + grand, le + beau, situé sur la commune d'à côté, appartient au même industriel que le méga bagne à poule (+ usine à fiente) en construction à Glomel résistance
Cette plainte a maintenant donné lieu à pétition de soutien qui sera bientôt transmise au procureur. Vous pouvez la signer sur le site de cyberacteurs
ou encore faire circuler la pétition papier
Attention : tous ceux qui signent, seront comme moi, susceptibles de poursuites. Ce 3 septembre, déjà 2.800 futurs inculpés en puissance. La fête continue. Du boulot pour le procureur ! C'est ça qui va créer des emplois ! Avec réouverture de tous les tribunaux de proximité. D'une poule deux œufs ! Merci les potes !
Ci-dessous à gauche, le clin d'oeil de Nono, signataire de la pétition de soutien, dans le Télégramme du 12/08/11

pour faire bonne mesure, Ouest-France n'est pas en reste : Hervé Lossec, qui y conjugue tous les jours ses bretonnismes, a aussi signé.
Dans cette liste, beaucoup d’inconnus et aussi des noms prestigieux : des artistes, des journalistes, des scientifiques, des écrivains, des paysans, des fonctionnaires, des historiens, des psychiatres, des élus régionaux, un amiral, les président (e) s de la totalité des associations de protection d’environnement de Bretagne et d'ailleurs (pas de ratons laveurs).
Cette solidarité provient de tous les coins de l’hexagone (aucun département ne manque à l'appel)… comme autrefois ces forçats, creusant, dans la sueur et les larmes, cette Grande Tranchée du canal de Nantes à Brest, aujourd’hui mise à mal par une décision de gribouille. C’est aussi pour le respect symbolique de leur mémoire que je me bats.
Le maire ayant qualifié "d'idéologique et politique" le soutien dont j'étais l'objet (Télégramme du 22/08/11), un des signataires s'est fendu d'une lettre au maire de Glomel, dont il m'a adressé copie :
Monsieur le Maire,
Ai-je bien lu ? Une journaliste de votre presse régionale
prétend que vous
attribuez une « nature
idéologigue » à la signature qui atteste mon
soutien à votre concitoyen Jean Kergrist. J'ai ainsi soutenu,
trop mollement et tardivement, je l'admets, les quelques dizaines de
sangliers qui nous ont pété dans les plumes sur les
côtes de votre département...
Vous imaginez bien que, dans cette affaire, je ne m'incline
également que par errance idéologique.
Le Maire d'une si belle commune que la vôtre ne peut être
un imbécile, et si vous confirmez avoir ainsi
désigné ma signature, il faudra bien que vous me
précisiez à quel idéologue vous me réduisez
; car vous m'avez réduit à bien peu, admettez-le,
méprisant édile.
Depuis la fin des années soixante, je suis familier de Glomel,
au point d'évoquer la tranchée des bagnards à
l'ouverture d'un livre que j'ai consacré, en 2002, à
Danielle Collobert, écrivaine née à Rostrenen,
votre voisine.
La tonalité excessive de vos déclarations me blesse
- à moins que vous ne les contestiez - et j'imagine
qu'aujourd'hui une grande partie de vos administrés doivent se
sentir bien misérables d'avoir consenti à votre mandat.
Vous vous souvenez sans doute que, tout comme vous, le Président
du Conseil Régional de Bretagne s'en était pris à
ceux qui prétendaient que des algues vertes souillaient nos
côtes (j'ai, si vous le souhaitez quelques photos toutes
récentes à votre disposition), avant de retirer sa
plainte tant il risquait le ridicule.
N'agissez pas de même, Monsieur le Maire de Glomel, soyez ferme !
Ne m'ôtez pas le plaisir de témoigner, contre vous et ce
que Jean Kergrist appelle le « bagne à poules », en
compagnie d'idéologues de toutes plumes...
Veuillez croire, Monsieur le Maire, à mon respect
différé.
Jean Pierre Nédélec, 29100 Tréboul
Si d'autres écrivains, amateurs ou pro, se fendent de missives de ce genre - ni injurieuses, ni diffamatoires, mais humour non exclu - n'oubliez pas de m'en adresser copie. L'association BAGNE compte organiser, l'an prochain, un festival des "lettres à mon maire". Nous nous ferons un plaisir de les lire en public.
Et tous à FOUESNANT le dimanche 18 septembre 2011, 15h, pour la manif anti marées vertes. La compagnie Bococo et le sous-secrétaire d'étables y seront.
Une pré manif est aussi prévue devant la gare de Carhaix vendredi 9 septembre à 18h, avec détournement d'une locomotive à vapeur.
sous titre : En attendant l'analyse
Drame en plusieurs actes
Acte 1 - Défaut d’oxygène
Le 7 juillet 2011, la plage de
Morieux (près de Lamballe, 22) était déserte
d’estivants pour cause d’algues vertes. Deux marcassins en
ont profité. On les a retrouvés morts. Dès le
lendemain, le maire interdisait la plage. Dans la foulée Le
préfet des Côtes d’Armor, chaussant ses mocassins
officiels, organisait une conférence de presse pour annoncer,
rapport d’autopsie à l’appui, que les animaux
étaient morts « par étouffements et non par asphyxie ». Ne pas confondre les deux. Et les algues vertes ? « Juste une concomitance ».
Une affaire d’oxygène qui n’arrive plus
jusqu’aux poumons. 20 jours plus tard, l’hécatombe
atteignait le chiffre de 31 marcassins. Une simple affaire
d’arrêt cardiaque... ...comme auparavant le ramasseur
d’algues Thierry Morfoisse, les chiens d’Hillion et le
cheval de St Michel en Grève. Circulez !
Acte 2 - Prestidigitation
Ce même 7 juillet,
où agonisaient les premiers marcassins sur la plage de Morieux,
un hélicoptère battait des ailes au-dessus de Crozon.
Notre président en descendait, protégé par 450
gendarmes, pour stigmatiser, devant un aréopage agricole bien
choisi, « les intégristes de l’écologie ».
Fort de l’approbation de son auditoire, il évoquait ses
deux solutions miracles pour la chasse aux nitrates : le ramassage des
algues (sur deniers publics, bien entendu !) et la
méthanisation.
Lavoisier ("rien ne se perd, rien ne se créée, tout se transforme")
lui avait soufflé à l’oreille la formule idoine du
méthane : CH4. Aucune trace du méchant N, coupable des
marées vertes dénoncées par les «
intégristes » ? La méthanisation ne fait donc
disparaître aucun atome d’azote ! Juste un transfert pour
prestidigitateur. Plus fort que David Copperfield. Du grand art !
Acte 3 - Transparence
En août 2009, la mort par algues vertes du cheval de St Michel en
Grève avait déplacé le Premier Ministre ;
l’hécatombe de marcassins sur la plage de Morieux
seulement le Président de Région. Ce 27 juillet, zappant
à pieds joints sur le modèle productiviste
régional (60% des porcs et 40% des poulets sur seulement
7% du territoire national), Jean Yves le Drian s’est
montré très ferme concernant le résultat des
analyses : « J'appelle à la plus grande transparence sur les causes de cette mortalité brutale et surprenante » (AFP
27/07/11). Cette transparence n’allait donc pas de soi ?
Quelqu’un s’apprêtait-il à mentir ? On veut
des noms !
Acte 4 - Un problème mondial
Ce 30 juillet, on compte un
36ième cadavre. Trois hypothèses sont désormais
officiellement envisagées : asphyxie par
l’hydrogène sulfuré émanant des algues
vertes en décomposition, intoxication par les
cyanobactéries présentes dans le lit du Gouessant ou,
enfin, empoisonnement intentionnel. Un professeur de Rennes 1, Luc
Brient, mesure les cyanobactéries du Gouessant avec un «
florimétre » de son invention. Pour lui, « le
problème est mondial, pas seulement breton ». Les porchers
du coin, les élus et le préfet, au bord de
l’asphyxie, respirent. Toujours pas de résultats officiels
d'analyses... sauf celles de Sauvegarde du Penthièvre et
Sauvegarde du Trégor, qui on trouvé sur la plage des doses d'hydrogène sulfuré à décorner des sangliers.
Acte 5 - Un ragondin
Alors qu’un ragondin vient de subir le même sort que les
sangliers, le secrétaire général de la
préfecture commente, début août, le résultat
des analyses faites sur 6 sangliers… en évitant toutefois
de les communiquer. Cinq marcassins sont morts suite à la
respiration d’hydrogène sulfuré. Le sixième « ne présente aucune trace de ce gaz ni dans son sang ni dans ses poumons ». Il conclue donc : « Pour le moment, ces résultats ne permettent de tirer aucune conclusion ».
Les représentants de la FDSEA s’engouffrent aussitôt
dans la brèche, avec conférence de presse à
l'appui, le 4 août, pour entonner leur habituel « les paysans en ont ras le bol d’être montrés du doigts » et aussi « stop au discours intégriste ». Le discours du président à Crozon a bien été entendu.
La tragédie grecque se limitait à 5 actes. Impossible, cette fois, de s'y tenir.
... à suivre donc ...
Acte 6 - Un renard
Un renard a été
jeté dans la cour d’André Ollivro, président
de l’association « Sauvegarde du Penthièvre » qui
se démène avec Yves-Marie le Lay ("Sauvegarde du Trégor") pour contrer le déni
préfectoral. Le 5 août, 5 scientifiques, dont le Docteur
Lesné, demandent "que toutes les informations des rapports d'expertise soient rendues publiques, sans restriction". Eva Joly, sur la plage de Morieux, déclare que les paysans ne sont pas à stigmatiser. « Ils ont fait ce qu'on leur demandait et nous allons, avec eux, changer de modèle ».
La responsabilité étant clairement placée du
côté de l’état, le soir même la
préfecture rend les armes en annonçant que,
d'après les labos de l'école vétérinaire de
Lyon, "les seuls résultats significatifs portent sur le H2S". Les analyses continuent néanmoins. Résultats en fin de semaine.
Acte 7 - Une mise au poing
Mardi 9 août, la Ministre de l’Environnement NKM tape du poing sur la plage : «
L’agriculture a une part importante dans les nitrates qui sont
produits en Bretagne et se retrouvent dans les rivières. Cela
fait vingt ou trente ans que ça dure… un jour il faut que
ça s’arrête ».(Télégramme
9/08/11) La Ministre avait sans doute été oubliée
dans l’hélicoptère lors de la visite
présidentielle de Crozon (cf acte 2). Un gros boulot de
mise à niveau l’attend à
l’Élysée.
Acte 8 - Ballon rond
Le président de la Chambre Régionale d’Agriculture a trouvé les propos de la Ministre « profondément révoltants et particulièrement insultants ». Pour entonner, de manière plus originale, son désormais fameux refrain : « LA profession en a marre d’être montré du doigt », quelques militants de la FDSEA et JA des Côtes d’Armor (qui s'arrogent aussi le titre de "LA"
profession) ont, en fin de semaine, bravé l’interdiction
municipale de la plage de Morieux pour un rapide match de foot
médiatique. Le discours s’est enrichi d’une
affirmation à la sauce Buson : les algues vertes ne sont pas
dangereuses... et, en matière d’écologie, les
scientifiques sont tous des militants et les militants tous des
menteurs (Télégramme du 13/08/11). La preuve : aucun
ballon n’a crevé sur la plage.
Dessin d'Alain Goutal
à Glomel, un immense bagne à poules est en projet près des remblais historiques de la grande Tranchée du Canal de Nantes à Brest.
L'association BAGNE (Breiz Association Glomel Nature Environnement : site de Bagne) lutte depuis l'été 2009 contre un immense bagne à poules pondeuses (75.000) doublé d'une usine à fiente, en projet à moins de 5 mètres des remblais de la Grande Tranchée. Il s'agit d'une extension qui prévoit de dégager, par d'immenses ventilateurs, 550.000 mètres cubes/heure (c'est le chiffre avancé dans le dossier) de saloperie diverses : ammoniac, virus, toxines, bactéries, particules diverses et surtout le fameux gaz d'hydrogène sulfuré (mortel).
Après le sol et l'eau, maintenant c'est l'air qui sert de terrain d'épandage.
En plus d'être une aberration économique (en Allemagne aujourd'hui aucune grande surface n'accepte de mettre en rayon des œufs produits en batterie), ce projet met en cause l'atout historique (évocation d'une étonnant bagne militaire sous la Restauration), sportif (un centre de canoé kayak juste à côté), touristique (des milliers de visiteurs tous les ans) et environnemental (zone d'intérêt floristique et faunistique) de ce patrimoine exceptionnel.
Plein la gueule pour pas un rond ?
Non ! il va nous falloir, en plus, payer notre empoisonnement.
Car le
gros bulldoozer de l'agrobiss, constitué par des connivences et
des intérêts divers et énormes (Glon Sanders,
filiale de Sofiprotéol, est derrière ce dossier), s'est
mis en route
pour bousiller ce patrimoine remarquable. Tous les coups tordus sont
bons pour arriver au but, en particulier l'enlèvement par le
maire des panneaux d'interdiction aux poids lourds sur une petite route
communale menant à l'élevage. La remise des panneaux
d'interdiction constituait l'objet de cette petite manif du samedi 25
juin (photo de droite).

dessin d'Alain Goutal, signataire de la pétition de soutien (cf plus haut)

Alors le clown atomique ? On ferme sa geule sur ce qui se passe au Japon ?
Que vous apprendre que vous ne sachiez déjà... sinon quelques petits échos par la bande pour vous montrer à quelle intox nous sommes aujourd'hui soumis. Rien de changé depuis le début des années 70. Les nucléocrates contrôlent toujours infos et décisions... même si c'est du genre parfois contradictoire : "on va faire un audit transparent de nos centrales, mais rassurez-vous chez nous il n'y a aucun pb". Sur les 58 réacteurs français, 32 sont construits en zones sismiques et 17 en zones innondables. Quelques-uns ont droit au cumul des deux. Tout baigne ! Sans oublier, en Bretagne, la petite centrale de Brennilis (70Mgw), fermée depuis 1985, dont le réacteur ne peut toujours pas être approché, ni les anciennes mines d'uranium de Berné-Lignol (56) dont la radiocativité, d'après les mesures du Criirad en avril 2008, était décelée 20 fois supérieure à la normale.
À
titre d'anecdote concernant cette omerta, suite à une pleine page d'un interview du
revenant VGE dans le Monde du 25/03/11 (avec 2 interviewers à
son chevet, tellement ce VGE pèse encore son pesant de suffisance !), j'ai adressé
au courrier des lecteurs du Monde ce courriel :

"PLOGOFF"
Guerlédan : UN VIEUX PROJET REFAIT SURFACE
En quoi consiste ce projet de STEP et d’où vient-il ?
Un projet de transfert d’énergie
par pompage (STEP) consistant à pomper l’eau du lac
Guerlédan (22) aux heures creuses vers une retenue collinaire, pour
ensuite la turbiner aux heures de pointe, refait aujourd’hui
surface en Bretagne :
UDB
Vivarmor

Cette technique n’est pas en soi une aberration.
Elle existe ailleurs en France et peut s’avérer
très pertinente quand elle est mise en œuvre au plus
près de la source de courant....ce
qui n'est pas le cas à Guerlédan, où il faudrait
faire venir l'électricité de très loin pour
alimenter les pompes.
Dans le cas présent, le projet a
été initié par EDF, il y a plus d’une
trentaine d’années. Il était étroitement lié à l’accroissement du parc nucléaire faisant suite au choc pétrolier de 1974 (dont le projet
avorté de Plogoff). Il était destiné à
compenser le manque de souplesse des centrales nucléaires,
construites en anticipant les pointes de consommation, mais totalement
inopérantes aux heures creuses, car ne pouvant être
arrêtées. La question était alors : « que
faire du courant excédentaire fourni par ces centrales
?» D'où les nombreuses aberrations qui ont
suivi : l'exportation à tout va à prix cassé vers
les pays voisins ainsi que la propagande acharnée d’EDF
pour doper la consommation des particuliers en les incitant à
adopter le chauffage électrique.
Cette gabegie
commerciale organisée, liée à un parc
énergétique dimensionné en prévision des pointes hivernales,
aboutit à ce qu’aujourd’hui RTE (gestionnaire du
réseau de transport) avance, à grand renfort de constats
fatalistes, la nécessité d’installer en Bretagne
une centrale thermique d'appoint, projetée un temps à Ploufragan (200 Mgw), puis maintenant du côté de Guipavas (400 Mgw).

Pourquoi des réserves à son propos ?
Ce projet de
pompage à Guerlédan qui, en théorie, pourrait
fournir 700 Mgw, avait été, à
l’époque, l’objet d’une forte contestation des
habitants ainsi que des associations de protection de
l’environnement. Le ressortir aujourd’hui, sans
consultation des élus locaux, ni des habitants, ni des
associations écologistes, semble pour le moins imprudent,
d’autant plus qu’il n’est accompagné
d’aucune étude d’impact, en particulier celui
provoqué par le marnage incessant (variations
du niveau du plan d’eau) sur la flore, la faune et les
activités diverses… ce marnage bi-quotidien devant se
conjuguer l’hiver avec les baisses obligatoires de niveau,
liées à la fonction anti-crue du barrage.
L’utilisation des eaux du lac de Guerlédan a, en effet,
été conventionnée par un accord entre les
différents utilisateurs (Départements, État et
EDF) équilibrant tourisme, activités nautiques,
production de courant, fourniture d’eau potable, fonction
anti-crue. Remettre en cause unilatéralement ses différents usages ne peut que ranimer les tensions.
cf
ci-contre la carte des interconnexions démentielles proposées par l'UDB
: faire venir du courant (thermique, donc modulable aux heures de
pointes) de Cordemais !
Y a-t-il d’autres solutions ?
Le courant le moins cher c’est celui qu’on ne consomme pas.
Le meilleur gisement énergétique consiste à
commencer par isoler toutes les maisons, locaux commerciaux et
industriels, par bannir le chauffage électrique des
constructions nouvelles, (une aberration technique consistant à
transformer la chaleur en électricité pour la
retransformer ensuite en chaleur avec parfois jusqu’à 50%
de perte en réseau cf principe de Carnot
), par utiliser des ampoules basse consommation (à Genève
des "ambassadeurs" ont fait du porte à porte auprès des
particuliers (O-F du 23/02/11) et la consommation a baissé de
13,5%).
En plus de faire appel massivement aux énergies renouvelables, EDF devrait obligatoirement proposer aux particuliers,
comme autrefois, l’installation systématique de compteurs
Tempo permettant la modulation des tarifs de pointe (période
rouge, bleue ou blanche).
Les
400MgW, qui, aux dires de RTE, manqueraient l’hiver, en Bretagne,
aux heures de pointe, seraient alors vite trouvés. Nous
éviterions ainsi cette fuite en avant vers la consommation
électrique avec, comme corollaire, la création
d’une ligne à très haute tension sur l’axe
Saint Brieuc/Lorient, pour alimenter de l’extérieur, avec
d’énormes pertes, ce pompage consommant plus
d’énergie qu’il n’en produirait. 25/02/2011
Quand l'image prend le pas sur la réalité et la forme sur le contenu, tout se résume à une question de com et au choix du logo magique, celui qui fera le mieux vendre aux gamins que nous sommes la belle image du catéchisme officiel. Il engage parfois des budgets faramineux. La Région Bretagne vient de consacrer 250.000 € (400.000€ si on tient compte des enquêtes préliminaires : cf à ce propos agencebretagnepresse) à la création (par une boîte lyonnaise !) de ce logo lourdingue, monolithique, triste et sans mouvement, enfermant la Bretagne derrière les barreaux de ses E.
ce ne sont pas pourtant les logos qui manquaient.
en voici quelques-autres :
celui là est exclu : c'était l'ancien logo de la Région Bretagne sous la droite.
Celui-ci est le logo actuel de la Région. Il ne manque pas d'élan
ce dernier, bien didactique, a le mérite au moins d'être lisible.
Les affiches «algues vertes » de France Nature Environnement, souhaitant aux Parisiens "bonnes
vacances" dans la salade des plages bretonnes parfumées
à l’hydrogène sulfuré, ne seront finalement
pas apposées dans le métro, car jugées par
Métrobus (la régie publicitaire de la RATP) «
trop violentes et agressives ».
Pistolets, femmes à poils, bidoche sanguinolente,whisky et p'tites pépées… pourront, par contre, y avoir toujours droit d’affichage, car émanant des grandes firmes agroalimentaires nous assignant à consommer.
Le partage du territoire publicitaire est ainsi fait : aux seuls groupes céréaliers –Sofiprotéol-Glon-sanders contrôlant aujourd’hui la FNSEA- le droit de nous agresser par 900 placards de 4m x 4m posés sur les grands axes de Bretagne et bourrés de gros mensonges ventant la filière porcine -c’était en juin 2010, cf plus bas-.
Chacun à sa place : aux grands arnaqueurs le grand public, aux associations de protection de l’environnement la confidentialité de leurs feuilles de choux ! *
Et
l’inénarrable « député cochon »
Le Fur de réclamer à la ministre Kosciusko-Morizet de
sucrer les subventions de la FNE. Par contre nos
céréaliers, cités plus haut, à
l’origine de presque tous les dossiers de création des
porcheries et poulaillers bretons, pourront continuer à pomper
impunément 60% des 11 milliards de subventions versés par
Bruxelles aux « agriculteurs » français (Montant
2010, annonçé dans le Canard du 16/02/11).
La
Cooperl, trônant à la Mecque du cochon à Lamballe,
pourra récupérer le magot des 650.000 euros que lui a
voté Le Drian (commission permanente de la Région
Bretagne, le 15/07/10). Et ce même le Drian d’assigner en
justice la FNE pour « atteinte portée à
l’image de la Bretagne ». L’atteinte à
l’image est évidemment plus importante que
l’atteinte à la qualité des plages et à la
santé des bretons.
*cf en particulier l’excellent détournement récent
fait par Eau et Rivières de Bretagne d’une campagne de pub
du désherbant Elumis
Hélas ERB n’aura jamais les moyens de
l’afficher dans le métro, ni même dans les journaux
locaux offrant, à pleine page, la pub initiale !

Additif au 24/02/11
: Katia Ivanoff-Aumaître, chargée de communication de
Métrobus y va avec le dos de la pelleteuse : « la
direction de Métrobus a considéré que ces affiches
dépassaient le principe de neutralité qui simpose au
secteur public, comme la RATP… de la même façon,
nous n’affichons pas de pub pour le tabac, ou pour des campagnes
politiques, ou encore pour les religions, dans les couloirs du
métro. »
Le fléau des algues vertes assimilé à celui du
tabac et des religions ! bravo la RATP ! La réflexion progresse
à grands pas. Après les paysans, se sont les curés
qui vont monter au créneau !
Encore une invitation à un salon
du livre! L’auteur devrait sauter de joie. Mais pourquoi
accepterait-il de n’être que la variable d’ajustement
des salons, éditeurs, libraires et autres organisateurs ?
Le paiement des frais serait-il réservé à quelques vedettes parisiennes destinées à attirer le chaland médiatique lors des « grands » salons ? Pourquoi devrait-il considérer comme une faveur de se voir proposer un linéaire d’exposition gratuit… belle entourloupe permettant de mieux faire l’impasse sur les frais réels. Pourquoi l’auteur devrait-il, avec ses 8 à 10% de droits, touchés un an plus tard -si l’éditeur n’a pas fait faillite avant- subventionner organisateurs, libraires et éditeurs en jouant les Bernard Palissy de la littérature enfournant dans le réservoir de sa bagnole ses maigres kopecks. Pourquoi un auteur serait-il moins considéré qu’un maçon, un fonctionnaire ou un voyageur de commerce qui, tous, se voient rembourser repas et frais de déplacement quant ils naviguent loin de leur port d’attache ?

Un jour -« vas-y pépé raconte ! »- je me suis retrouvé à perpette
les oies, dans un salon du bord de mer -c’était la
côte ouest- en train de signer entre un paraplégique en
pleine forme, dont la mère avait écrit un opuscule du
genre « moi aussi j’écris », et un peintre du
dimanche, ventant ses croûtes paysagères à deux
sous, tandis qu’une palanquée de gamins, sous
l’œil attendri de leurs géniteurs, barbouillaient de
hiéroglyphes absconds de grandes feuilles de papier peint. La
résonance médiatique locale avait été
superbement orchestrée les jours précédents et nos
artistes du dimanche déplacèrent la foule des parents,
admirateurs et amis. Bravo pour eux! Toute la journée, les
quelques auteurs jaloux, égarés dans cette kermesse
colorée, entendirent les cris du paraplégique
ébahi, avec l’humiliation de ne pouvoir vendre, dans un
tel capharnaüm, un seul de leurs bouquins dans lesquels ils
essayaient de privilégier écriture et construction romanesque.
J’ai
quitté ce salon en me promettant de ne plus y remettre les
pieds, secouant, comme prophète de l’ancien testament, la
poussière maudite accrochée à mes godasses.
Ce cirque des villes a, depuis peu, gagné les champs, offrant
aux badauds sa triste exhibition d’auteurs humiliés,
singes savants destinée à faire mousser sans frais
l’animation locale. N’allons pas nous étonner
ensuite de la faillite des éditeurs et du peu d’attrait
des gens pour les bouquins.

La cuisine inspire décidément nos poètes. Une publicité des éleveurs de porcs bretons -signée « cochon de Bretagne »- parue dans la presse régionale en fin d’année, nous incite à arrêter de « fourrer la dinde » pour nous convertir -avec Jésus- au cochon de Noël. Ce transfert audacieux ne précise pas qui, dans l’affaire, restera le dindon.
Electricité : zéro pointé pour la France
Le pic de consommation d'électrons en France a fait des
heureux ce mercredi 15 décembre 2010. Mais ce ne sont ni la
planète ni les contribuables.
94,2 milliards de watts produits ce 15 décembre ! Comme chaque
année, le record de puissance électrique est battu, cette
fois-ci avant même l’arrivée officielle de
l’hiver. Un « record » dont on se passerait
volontiers car à chaque fois que la bise vient, la fée
Electricité se retrouve fort dépourvue. Elle est ainsi
obligée d’importer au prix fort du courant et de
construire de nouvelles centrales au gaz afin de subvenir aux usages de
pointe : au niveau de la production, en amont de nos appareils de
chauffage électrique, il y a de plus en plus de gaz russe ou de
lignite allemande.

Les perdants de ce « record » sont multiples : la
planète par accroissement des émissions de gaz à
effet de serre, la collectivité qui finance le
surdimensionnement des infrastructures, les consommateurs qui paient au
prix fort cette électricité de pointe, enfin les
contribuables couvrant le coût social de la
précarité énergétique qui en
découle. Et même les producteurs, à commencer par
le premier d’entre eux – EDF – avec un parc
nucléaire dont la productivité est faible. Une
conséquence de cette curieuse exception française sur un
parc très majoritairement nucléaire (adapté
à la base) et un très fort taux d’équipement
en chauffage électrique (utilisé en pointe).
Quels sont « in fine » les vrais gagnants de la pointe ?
Les traders qui jouent et spéculent sur
l’électricité, les promoteurs de logements «
tout électrique » (les occupants paieront la note plus
tard) et les pays producteurs qui nous vendent du gaz. Des producteurs
stupéfaits mais ravis de nous le vendre pour produire avec un
médiocre rendement (40% au mieux) de
l’électricité pour chauffer nos logements. Alors
qu’en utilisant directement ce même gaz pour se chauffer on
diviserait par 2,5 les importations et les émissions
correspondantes de CO2 !
Chaque nouveau « record » de la pointe électrique
est donc une très mauvaise nouvelle pour la France,
conséquence structurelle du développement sans frein du
chauffage électrique : 75% des constructions neuves en sont
équipées. Une mauvaise nouvelle qui nous éloigne
un peu plus du trio gagnant de la démarche négaWatt
« sobriété, efficacité, renouvelables
». Et qui nous rappelle qu’en matière de pointe
électrique, la France mérite… un zéro
pointé !
SERGE ORRU Directeur général du WWF France
Et en Bretagne ?
La moitié du parc de chauffages électriques européen est en France. En France 30% de l'habitat existant (7,8 millions de logements) est chauffé uniquement à l'électricité. En Région Bretagne c'est pire: 35%. Or, dans les nouvelles constructions le chauffage électrique, c'est 75% des installations de chauffage. Donc le phénomène s'aggrave. Et comme la Bretagne est un territoire en forte croissance démographique, 25 à 30.000 habitants supplémentaires chaque année, c'est la "double peine".
Plus moyen de faire confiance aux jeunes !

"Tout le socle des conquêtes sociales de la Résistance est remis en cause. On ose nous dire que l'État ne peut plus assurer les coûts des mesures citoyennes. Mais comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l'Europe était ruinée? Sinon parce que le pouvoir de l'argent, tellement combattu par la Résistance, n'a jamais été aussi grand, insolent, égoïste, avec ses propres serviteurs jusque dans les plus hautes sphères de l'État."
Stéphane Hessel, 93 ans, "Indignez-vous", 3€ chez votre libraire
Bococa à la giga-manif de Plouray

DISCOURS du Sous secrétaire d'étable et ÉCHOS PHOTOS signées Éric Legret autres photos de la manif
visible en vidéo sur le site Agence Bretagne Presse
Electeurs, électrices électriciens
En ma qualité de sous-secrétaire
d’étable aux poubelles du royaume de Petite Sarkosie,
sénéchal en chef du Gronul de l’Environnement,
j’ai l’insigne honneur de vous présenter un nouveau
venu dans notre paysage rural, qui manquait jusqu’ici un peu
d’animation, car les poudjas, du côté de Kerguzul,
ça finit par devenir un peu monotone : je veux parler de mon
maître et ami GDE, que voici.
(GDE, cigare, chaîne en or, gros bide et haut de forme, le tient au cou par une corde)
GDE : un sigle que certains d’entre vous, mal
intentionnés, traduisent par Gros Dégâts
Environnementaux. Ce qui le peine beaucoup, hein Guy ? GDE : il
s’agit de Guy Dauphin Environnement.
GDE ici présent, accompagné aujourd’hui de son petit navire.
(Navire poubelle à tête de mort)

Oui GDE, qui sait naviguer, ou du moins vous mener en bateau, veut vous
aider à protéger votre environnement. S’il
n’aimait pas l’environnement, soyez certains qu’il
n’aurait pas inscrit ce E dans son sigle. Il se serait, par
exemple, au lieu de GDE, appelé DGM comme Dauphin Grosse Merde.
Ce qui aurait fait, ma foi, très mauvais effet.
Surtout du côté d’Abidjan
où son joli bateau poubelle le Probo Kaola que voici, avec son
commandant, que voilà, a déjà plusieurs
macchabées sur le dos (Il chante avec le commandant « il
était un petit navire qui n’avait ja-ja-jamais
pollué »)
-Tout va bien commandant ?
-Rien à signaler !
-Pas d’iceberg à l’horizon ?
-Rien à signaler
Guy a fait de la taule en Afrique, mais faire de la
taule en Afrique n’empêche pas de faire du fric en taule.
… Il est vrai que la dizaine de macchabées
consécutifs au déchargement des produits toxiques
à Abidjean, étaient tous Africains… faut bien
qu’ils meurent d’une façon ou d’une autre, ces
Africains. Si c’est pas avec les déchets toxiques, ce
serait en crevant de faim en mer, dans des embarcations de fortune, en
fuyant l’avancée du désert lié au
réchauffement climatique. Vous croyez que c’est mieux ?
Autant donc qu’ils meurent utiles, en nous prévenant de la
dangerosité de certains déchets toxiques, chose que mon
ami Guy ne pouvait pas deviner à l’avance… comme au
Moyen âge, pour vérifier que la nourriture du
châtelain n’est pas empoisonnée, il faut bien
d’abord la faire goûter au chat.

Y’en a qui dise que 150 hectares de décharge c’est
quand même beaucoup et qu’avec ça on pourrait avoir
une jolie ferme. Vous croyez qu’un grand gaillard comme Guy
n’est pas capable de tenir une ferme ? La ferme, il
connaît, d’ailleurs il va vous le dire lui-même :
-(Guy, sortant son pistolet) « La ferme » !
Vous voyez qu’il peut faire un bon paysan !
Y’en a qui disent : Va y avoir des incendies.
Et alors ? Vous n’avez jamais entendu parler des pompiers ? Guy
peut même vous faire un pompier gratuitement…(plus
bas) et même vous enculer si vous voulez !
Y’en a qui disent : ça suffit !
c’est assez ! Cétacé parfaitement, ce Dauphin fait
partie de la famille des Cétacés.
Y’en a qui disent ouais…bon… et
puis alors… et ceci et cela etc etc. Je réponds non !
Y’en a qui disent que ça va
éloigner les touristes, alors qu’un Dauphin dans
l’Ellé ça devrait plutôt de les attirer.
Regardez à côté de chez vous le Zoo de Pont Scorff.
Y’en a qui disent que ça va être
la pollution permanente. Faux ! Avec Guy ce sera la protection
périodique. Il s’en tamponne, mais il sait tirer les
ficelles.
Y’en a qui disent : on a déjà le
tout à l’égout. Avec Guy, en plus du tout à
l’égout, vous aurez le tout à
l’Ellé, ce qui est quand même du niveau au-dessus.
Y’en a qui disent qu’il va y avoir plein
de camions sur les routes. Vous voulez qu’ils circulent où
les camions ? Dans les chemins creux ? Alors fallait pas commencer par
les bousiller, bandes d’ignares !

Y’en a qui disent : pas de Dauphin au pays du
roi Morvan ! Mais qui dit roi, dit forcément dauphin. Faudrait
tirer la leçon de l’histoire. Louis 2 était bien le
dauphin de Louis 1, qui lui-même était le Dauphin de Louis
zéro. Louis 3, le dauphin de Louis 4. Louis 11 le dauphin de
Louis 10. Et ainsi de suite. Dites-moi n’importe quel chiffre et
je vous trouve aussitôt son dauphin.
Y’en a qui disent : va y avoir des huiles
usagées à Plouray. Et alors ? Vous avez
déjà Michel Morvan, une huile qui en est à son
5ième mandat. Avec les huiles, vous pourrez toujours faire des
frites et comme les poulets Doux sont juste à côté
: poulets frites tous les jours, ce qui vous changera de
l’andouille de Guéméné.
Mais les gens sont comme ça : ils veulent
toujours plus. On leur donne l’huile, ils veulent les frites. On
leur donne les frites, ils veulent le poulet. Et quand on leur donne
rien, ils en veulent un peu. Retraite à 60 ans et compagnie.
Faut bien savoir que si vous mettez la batterie en
charge, faut bien un jour qu’elle décharge et qu’on
la jette à la décharge. Pas de charge sans
décharge. Et réciproquement le contraire. Comme la
clôture électrique pour les vaches. Seul conseil pendant
la décharge : ne pas pisser sur le fil électrique.
Qui dit pollution, dit dépollution. Qui dit
merde dit démerde. Y’a du fric à faire des deux
côtés. Surtout du côté de la merde, car
personne n’en veut et ça fait monter le prix du water.
Vous seriez vraiment trop bêtes de refuser
cette merde que GDE vous offre à l’œil, sous
prétexte qu’elle sent mauvais. Comme disait ma
grand-mère : « Quand on donne à manger au chat,
faut bien s’attendre aussi à ce qu’un jour il fasse
sa crotte… et qu’il l’enterre ensuite avec les
pattes de derrière. »

Sur son lit de mort, ma grand-mère disait
aussi (Il sort un papier de sa poche) « La meilleure
façon d’éliminer les déchets, c’est de
ne pas en pro… en pro… en pro… »
Elle n’a pas pu finir sa phrase. Elle a clamsé avant la fin du mot. Depuis je cherche en compulsant les dictionnaires.
Pro…
téger ? Pro…spérer ? Pro…specter ?
Pro… fiter ? Pro… state ? Pro… stituer ?
(S’adressant au premier rang) Vous avez une idée ?
(GDE le bâillonne pour le faire taire et le fait descendre du
podium avec sa corde puis la manif se met en route sous la pluie vers
le site convoité par GDE en bordure d'un affluent de
l'Ellé)
Autres échos visuels et sonores : site ABP
Le détournement d'images est un art. Déjà, en 1968, les situationnistes s'y étaient attelé.
Sur
le web, en ces temps de manifs et de déroute sarkosienne (cf cette photo de manif, prise en Vendée),
le film "La chute" inspire avec bonheur l'humour féroce des
artistes du détournement. Bruno Ganz, réfugié dans
son bunker élyséen, fait merveille à organiser la
riposte du pouvoir ou a faire vendre par ses ministres les CD de Carla
...
bunker élyséen
Carla :
... tandis qu'un éminent professeur chinois nous dit tout le bien qu'il pense des larbins français :
24/10/2010

Elle rame depuis quelques jours avec
persévérance sur le Canal de Nantes à Brest pour
rejoindre Douarnenez, capitale de la sardine, afin de participer au
grand rassemblement régional contre les algues vertes et bleues du 19 septembre 2010 à
Sainte Anne La Palud.
Elle a franchi la frontière des Côtes
d'Armoc'h et du Finistère le vendredi 10 septembre à 2
heures du matin GMT et fait escale sur le coup de 14 heures à
Port-de-Carhaix pour embarquer vivres, eau potable (le peu qui en
reste), la bannière de Saint Nitrate de Lisier, l'abbé
Ollivro des Algues, bientôt cardinal, venu du Grand Nord pour
bénir l'embarcation, un apothicaire pour soigner le foie
d’un matelot ainsi que l'urticaire d’un cochon tombé
dans les algues bleues lors d'une manoeuvre, un porcelet
évadé d'une maternité porcine industrielle que
l'équipage a décidé de nourrir au biberon pour le
soustraire à l'élevage concentrationnaire, une fosse
portative mais néanmoins septique, un pan de talus sauvé
du remembrement, un bouc, une fourche, deux coqs, une pleureuse, une
mairie annexe, un radeau, deux méduses, quelques bons mots et
une grosse surprise.
Mr Algues Bleues et Vertes, placé par le gouvernement à la barre de l’arche de Noé, espère conduire l'expédition à bon port. Le bon peuple des badauds a été invité à encourager l’équipée ce vendredi 10 septembre 2010 à 14.00 heures précises à l’embarcadère de Port-de-Carhaix.
Photo : Après l'embarquement, l'équipage au complet vogue vers Douarnenez
Manif contre les algues vertes à Ste Anne la Palud le 19 septembre :
voir la vidéo de Fanny Chauffin
et aussi les nombreuses autres photos sur le site d'Eric Legret : http://actualites.ericlegret.fr/index.php?topic=59.0
Le 16 juin, l’Assemblée Nationale a cédé une fois de plus devant l’offensive des organisations professionnelles du cochon. À la demande de députés bretons, emmenés par M. Le Fur (UMP), un amendement relève désormais le seuil d’autorisation, pour les porcheries de 450 à 2000 places, et pour les poulaillers, de 30 000 à 40000 places. L’État se priverait ainsi d’un moyen de contrôle de la production de lisier, et ouvrirait encore plus le robinet de la pollution.

Manif
ce samedi 26 juin 2010 devant la permanence du député
Marc le Fur. Dépôt d'algues vertes et serment des
manifestants de ne plus consommer de cochon industriel.
À
l’heure où les marées vertes envahissent nos
plages, où les algues bleues ( cyanobactéries)
prolifèrent dans nos rivières, cette Loi du Lisier
Maximum serait une trahison des engagements pris par le gouvernement
pour lutter contre ces pollutions, et une capitulation en rase-campagne
devant les pollueurs.
Nous appelons toutes les citoyennes et tous les citoyens à
rejoindre les associations signataires, à s’opposer
à cette décision en signant la pétition demandant
son retrait : http://www.cyberacteurs.org/actions/presentation.php?id=119

Plus
que jamais nous avons besoin d’elles et d’eux pour
s’adresser en leur nom aux parlementaires, pour leur dire que la
Bretagne n’est pas une porcherie, que c’est vers la
qualité et non la quantité qu’il faut se tourner,
qu’il faut diminuer le nombre de cochons ( 600 au km2 en
Côtes d’Armor pour une moyenne nationale de 50), et non
permettre son augmentation clandestine.
Organisons la résistance pour que l’eau de nos rivières n’ait plus l’odeur de lisier, et nos plages celle des algues vertes en décomposition.
Si cette mesure n’est pas retirée (elle est mise au vote de l'assemblée le 30 juin), nous demanderons à l’Europe de sanctionner la France, devenue alors un véritable État voyou en matière d’environnement.
Devant la porte de la permanence Le Fur, le représentant des cochons bretons sur paille propose un "amendement Bettencourt" : le transfert sur une île des Seychelles de tous les cochons industriels excédentaires.
Petit avantage collatéral de cet amendement le Fur : les dégâts à l'environnement tournant en Bretagne -60% des cochons de l'hexagone pour seulement 7% du territoire- à la catastrophe économique : tourisme en berne, mais aussi impasse d'une agriculture ne tenant debout qu'à coups de subventions et d'aides à l'export, écologique (coût faramineux du ramassage des algues) et sanitaire (mort des chiens, du cheval, du transporteur d'algues vertes...) un nouveau scandale identique à celui de l'amiante et du sang contaminé va finir par éclater devant les tribunaux.
Le travail des enquêteurs sera largement facilité pour remonter la piste des coupables. L'adresse de la permanence lamballaise du député Le Fur dans cette "mecque du cochon" : 8 rue des Augustins. Signe distinctif : pas de boîte aux lettres sur la porte, ce qui est un comble quand on se veut représentant du peuple !
(photos André Morice)
Petite diversion aux histoires de cochons : le plaisir de remonter sur scène en compagnie de Jean Lebrun
avec
Jean Lebrun dans le rôle de Mandel
Jean Kergrist dans le rôle de Blum
Jean
Noël Jeanneney a confié à Jean Lebrun,
Directeur-adjoint de France culture, le soin d’une lecture
publique de sa pièce de théâtre récemment
éditée. Jean Lebrun, avec
qui j'anime l’émission de télévision
mensuelle d’Armortv, «Les Frères Jean »
se glissant dans la peau de Mandel, m'a proposé de de lui donner
la réplique dans le rôle de Léon Blum. Après
plusieurs répétitions à Saint Brieuc, sur une
terrasse dominant la vallée du Légué (cf photo
ci-dessous), le travail, esquisse sobre d’une mise en
scène future, vient d’aboutir. À l’invitation
du député-maire, la lecture-spectacle a été
proposée au public de Saint Dizier, pas très loin de
Colombey-les-deux-églises, pour fêter la
réouverture du théâtre à l’italienne
de la ville, récemment restauré.

LA PIECE
Il
s’agit d’un dialogue imaginaire, les 27 et 28 juin 1944,
entre Léon Blum et Georges Mandel, livrés par le
régime de Pétain aux Allemands, et emprisonnés
dans une petite maison proche du camp de concentration de Buchenwald.
Ils y sont demeurés ensemble près de quatorze mois
à partir du printemps 1943.
Apprenant
l’exécution de Philippe Henriot, ministre de
l’information de Vichy, par la Résistance le 28 juin 1944,
ils pressentent que l’un d’entre eux va être
éliminé en représailles. C’est finalement
Mandel qui est renvoyé en France, livré à la
Milice, et assassiné en forêt de Fontainebleau, le 7
juillet. Léon Blum, après s’être attendu
constamment à subir le même sort, survivra.
Les deux
hommes, au fil des péripéties de leur angoisse et de leur
espoir, confrontent leur vision du monde et de la politique, en se
référant aux deux grands hommes dont ils se veulent
les disciples : Jean Jaurès pour Blum, Clemenceau pour Mandel,
si bien que leur dialogue paraît souvent s’élargir
à quatre voix.
le programme des festivités :
-Dernière répétition en public à Blumeray (Haute Marne), le 18 juin 2010
-Première lecture-spectacle pour l’inauguration du théâtre de Saint Dizier (52), le 19 juin 2010
-Reprise à l’atelier Picasso (Grenier des Augustins, Paris 6e) le 28 juin 2010 à 20h
... puis peut-être à Brest début décembre (festival Longueur d'ondes)

en avant, avec les moyens du bord, pour la nouvelle résistance !

"Les cochons parlent aux cochons" : du haut d'une benne de tracteur le délégué des cochons sur paille, lance son appel à la résistance.
Les cochons industriels vont-ils rejoindre le maquis ?
900 panneaux publicitaires de 4m2, commandés par le comité Régional Porcin de Bretagne, ont fait leur apparition, début juin, sur les grands axes de 4 départements bretons. On y apprend, à coup de cœurs et de flèches, que les 31.000 emplois de la filière porcine sont « directs et non délocalisables » , « investis dans l’environnement et le durable»…
...aussi peu délocalisables que les poulets Doux, qui se sont fait la malle au Brésil, plus près du soja et de la main d'œuvre corvéable à merci
...et aussi durables, hélas, que depuis trente ans les algues vertes et bleues !
7 juin 2010
Appel du 9 mai du Général Ubu à Truie-Brivan
La Compagnie BOCOCO prend le maquis en cette fête de Jeanne d'Arc
Arrivée du Général Ubu sur son char Patton, tirant la papamobie agricole du grand prêtre Ollivro, précédé de l'écuyer de Jeanne d'Arc






L'appel solennel du 9 mai à bouter les cochons industriels hors de Bretagne, bénédiction par le grand prêtre Ollivro
et remise de son bâton à merdre à Jo Boulic, sénéchal de Truie-Brivan, puis dévoilement de la plaque de la nouvelle mairie.
(photos Madeleine Ropars)
QUELQUES EXTRAITS DU DISCOURS DU GÉNÉRAL UBU (et n'engageant que lui) :
... "Vengeons
Jeanne d’Arc, brûlée vive sur le bûcher
à Rouen par l’évêque Cochon. Appelons une
nouvelle croisade pour bouter hors de Bretagne cette merdre
infâme ruisselant de partout, asphyxiant nos sols et nos poumons,
polluant nos rivières et nos plages, nos lacs et nos esprits.
Comme
Jeanne d’Arc, qui, à Domrémy, gardait les
moutons biologiques de plein air -Jeanne d’Arc avait sa
carte à la Conf- sauvons ce vieux continent devenu incontinent,
cette vieille Armorique, dont les couches géologiques sont
aujourd'hui transformées en couches culottes. Entendons le cri
du ver de terre qu’on égorge, croulant sous la merdre,
englouti sous le flot de lisier. Boutons dehors les Glons, Sanders,
Coopagri, Gouessant Cooperl, Ceccab... pilleurs du Tiers monde et de
ses cultures vivrières pour leur seul profit. Qu'ils
arrêtent de nous bassiner avec les emplois, car ils ne songent
qu’à les détruire. Qu’ils arrêtent de
nous faire croire qu’ils nourrissent la terre, alors qu’ils
ne font que l’affamer. Que le préfet de ce
département, qui a aujourd’hui le culot de s’abriter
derrière le parapluie de ses chefs de service, aille donc
lui-même, avec son petit seau en plastique et son râteau,
ramasser les algues vertes sur les plages. Qu’il vienne à
Glomel faire du canoë Kayak pour frotter sa peau poupine aux
algues bleues. Que Jo Boulic, sénéchal du canton,
arrête de croire, ou de nous faire croire, qu’il est
paysan, alors qu’il n’est qu’un larbin au service des
grosses boîtes d’aliment." ...
6 mai 2010 : la culture en rideau
Depuis la mise
en place du Conseil de la Création Artistique -sous la main
directe du président de la République et avec la
complicité d’anciens maos arrivistes, dont Jacques Blanc
du Quartz de Brest (… que sont mes amis devenus !)-
jusqu’aux dernières réformes des directions
culturelles (Sarko va maintenant jusqu’à nommer les
directeurs de chaînes), le démantèlement du
ministère de la Culture est aujourd’hui
opérationnel.
Parallèlement,
la réforme des collectivités, pour leur retirer la clause
de « compétence générale », alors
qu’elles sont les premières à financer les
activités culturelles, vise avant tout à saigner la
création artistique ainsi que la vie associative.
Le grand
élan d’après guerre, avec Malraux aux commandes,
est aujourd’hui totalement sabordé par des affairistes. De
la privatisation culturelle à la primatisation des citoyens, il
n’y a qu’un pas. Ils veulent faire de nous des bœufs,
le nez rivé sur leur volant, la parole en berne et les pieds
englués dans les algues vertes pour le profit de quelques-uns.
Ne nous
planquons pas dans le terrier du chacun pour soi. Ne nous laissons pas
écraser individuellement au fond du trou. Il nous reste le lien
de la parole. Il nous reste l’héritage des mots. Il nous
reste le cri et le rire.
En
solidarité avec tous les artistes réunis ce jeudi 6 mai
partout en France -et à Saint Brieuc à la Passerelle-
pour dire non à cet enterrement programmé, prenez le
maquis.
Il y a mille manières de le faire.
La mienne,
dérisoire mais déterminée : ce jeudi 20h30, dans
la petite librairie Cairn, rue Olivier Perrin à Rostrenen (22),
je lirai des textes jusqu’à plus soif et en parlerai.
Faites
de même, partout où existent encore des espaces de parole.
Jouez hautbois, résonnez musettes ! Ouvrez vos fenêtres !
Sortons de nos trous à rats !
« Si les vaches pouvaient
parler entre elles, l’abattoir n’en aurait plus pour
longtemps » Bertolt Brecht.
Ce 1er mai 2010, après un chantier commencé le matin, les membres du BAGNE (Breizh Assocition Glomel Nature Environnement) ont inauguré le sentier conduisant à la fontaine républicaine des bagnards du Camp de Glomel, débarrassée de ses broussailles. Autre manière de dire non au bagne à poule qu'on voudrait nous imposer, juste à côté, à seulement 20 mètres des remblais de la Grande Tranchée, au mépris de nos narines, de nos yeux, de nos poumons et de notre patrimoine.
À 18h les officiels (Compagnie Bococo) ont coupé le ruban à l'entrée du chemin et devant la fontaine républicaine.










...en souhaitant que l'eau qui coule de cette fontaine arrive en bon état à l'estuaire !
(« De necessitas larbinis » Cicéron)
Portes valises des puissants, tels de gentils caméléons, les
larbins mettent toute leur énergie à se fondre dans un
décor bureaucratique tirant généralement sur le
gris. Bertold Brecht les appelait, à juste titre, « les petits hommes gris ».
Mardi 8 avril 2010, en préfecture des Côtes d’Armor
-que certains bretons, allez savoir pourquoi, appellent aussi «
Côtes d’Ar Morc’h »- deux d’entre eux ont
été propulsés dans la lumière crue des
médias par leur préfet.
Il
s’agissait pour ce dernier, lors d’une conférence de
presse solennelle, de donner son feu vert à la création
d’une maternité porcine géante sur la commune de
Trébrivan. Un préfet, à l’ordinaire, ouvre
son parapluie en s’abritant derrière le gouvernement dont
il n’est que le fidèle rouage départemental. La casquette à glands a fait très fort en
s’abritant, cette
fois, … derrière ses subalternes.
Annonçant tout d’abord que ce dossier de porcherie
n’avait rien à voir avec celui des algues vertes (sic !),
il a fait plancher, devant les journalistes, deux de ses chefs de
services, bien embarrassés de se retrouver ainsi sur la sellette. S’imaginant dans la culotte courte d’un
arbitre de rugby, le préfet a appelé cet exercice « faire appel à la vidéo ». Une vidéo bien pâlichonne, fonctionnant en noir et blanc. « Au niveau de la réglementation, il n’y a pas de problème »,
a déclaré l’un des techniciens, le nez
planté sur sa copie. Il s'agit « typiquement d’un projet de développement durable » a rajouté l'autre.
Avec de tels
chefs de service en guise de parapluie éthique et politique, les
algues vertes dans ce département en auront encore pour
longtemps. On peut conseiller à notre préfet, lors de sa
prochaine conférence de presse, de faire appel à une
vidéo encore plus performante : des techniciens de
coopératives porcines et autres marchands d’aliment. Avec
une telle caution morale, il se sentira couvert jusqu’aux narines. À problème tech, solution nique !
Télérama publie ou publie pas selon.
Ci-dessous un
courrier des lecteurs auquel vous avez échappé. Il
faisait écho au N°3142 : “La nouvelle censure à
la télévision”
CISEAUX
Le mariage d’Œdipe
et d’Anastasie -je castre mon fils, avant qu’il ne vienne
me piquer ma femme- a partie liée avec l’idée
d’Etat. De De Gaule à Sarko, une deuxième loi
s’affirme : plus les jambes raccourcissent, plus le coup de
ciseaux devient vigoureux.
22 avril 2010
A Saint Brieuc, ce 1er avril, sur le parvis du théâtre de la Passerelle , à l'occasion de la journée mondiale du poisson frais, la compagnie BOCOCO, de Bretagne Intérieure Libérée, a remis le couvert, après sa prestation préfectorale très remarquée du Mardi Gras dernier, 16 février.
Cf, pour rappel :
Photos Eric Legret
et
Photos Le Telegramme
Il
s'agissait, cette fois, d'une GRANDE VENTE AUX ENCHÈRES,
présidée par Chantal Jano, Secrétaire
d’étables à la pollution, championne de
karaté anti-algues vertes et bleues -souvenez-vous : «
Nous allons mettre fin aux extensions d’élevages, sous
quelque forme que ce soit » (France Culture, 5 septembre 2009)-.
« Ventre bleu, par ma chandelle verte, vive les karatékas,
mère Ubu ! »
Monsieur Algues Bleues-Algues Vertes, équipé de son porte-voix, a mis aux enchères tous les dossiers d’extension d'élevage de Poulaillie Intérieure et de Grande Cochonnie s’accumulant aujourd’hui en sous-sol de Préfecture, suite à leur mise en sommeil, durant la dernière campagne électorale régionale, pour ne pas nuire au soldat Maligorne, ex préfète de Région, candidate officielle qui a déjà beaucoup œuvré pour l’environnement avec les résultats spectaculaires que l’on sait.

Les dossiers ne trouvant pas preneur ont été ensuite enfournés dans le foyer de la centrale ambulante de Ploufragan -qui paraît, disparaît, reparaît au gré des inspirations technocratiques et politiques des décideurs- après bénédiction du grand prêtre Ollivro Des Algues, bientôt promu cardinal.

Photos Madeleine Ropars
Masques Sylvie Gourdon et Erwan Chotard (+ percussions)
-14 associations de Bretagne ont tenu à s'associer à cette action artistique :
-Sous le vent, les pieds sur
terre
-Ellé Vivante
-Sauvegarde du
Penthièvre
-Cyberacteurs
-Halte aux marées
vertes
-FAPEN (CANE)
-Eau et Rivières de
Bretagne
-B.A.G.N.E.
-Sauvegarde du
Trégor
-Force 5
-Nature Patrimoine Centre
Bretagne
-Vivarmor
-Bretagne
Vivante
-CURC

-Le numéro 2 de notre journal officiel "Cot cot cot coderst" a été, à cette occasion, distribué dans les rues de Saint Brieuc
-D'autres photos et articles:
-Les vidéos :
Dans Ouest-France dimanche de ce 28 mars 2010, ce billet en page Bretagne :
Meeting Europe Ecologie Bretagne
RENNES le 18 mars 2010
La région Bretagne, par l'entêtement du caporal chef Le Drian, qui n'a pas voulu appliquer en Bretagne la règle de la proportionnelle, utilisée dans toutes les autres régions de France pour entériner la fusion PS, Europe Ecologie, Front de Gauche, aura donc une triangulaire.
L'astuce n'est même pas très maligne, tant la ficelle est grosse : Le Drian -PS-, contrairement à toute attente (et avec ce qui avait prévalu en 2004), décide d'enlever 25% des sièges (prime à la liste arrivée en tête) de son calcul et, du coup, n'offre plus que 10 sièges à la liste Hascoet -EEB-, au lieu des 14 qui lui revenaient. Suprême élégance : pendant la négociation, il donne l'ordre à l'imprimeur de tirer ses tracts et affiches ! C'est dire que son plan était établi de longue date : casser EEB en prenant des transfuges sur sa liste et en proclamant bien fort que l'union il l'avait déjà faite dès le premier tour.
D'après Kant, trois choses peuvent alléger la rudesse de la vie : le soleil, l'espoir et le rire. Le soleil ? En Bretagne, n'y comptons pas trop. L'espoir ? le caporal Le Drian nous l'a cassé. Nous reste donc le rire.
Dans
la série "on n'est pas payé cher, mais qu'est-ce qu'on rigole", pour
ceux qui n’ont pu participer au meeting EEB ce jeudi soir
à Rennes, voici quelques passages les plus applaudis du discours
du Sous-Secrétaire d’Etable à la Fusion, lors de
son intervention.

La fusion c’est comme la
mayonnaise : faut mettre tous les ingrédients et en bonne
proportion… je dirais même en bonne proportionnelle. Trop
de moutarde, elle tourne. Dans le cas présent, je crois que
c’était plutôt trop d’huiles...
Pour bien cuisiner la fusion, faut pas commencer par mouliner le
partenaire en chaire à saucisse, sous prétexte
qu’on a le fils Stalaven, roi de la charcuterie en gros, sur sa
liste.
Quand le bon apôtre
Jean-Yves -que certains appellent aussi un ange… à
condition d’enlever le « g » du mot « ange
»- affirme qu’il a déjà fait la fusion
dès le premier tour, sous prétexte qu’il a
débauché deux verts, c’est comme si Sarko tirait
prétexte du débauchage de Kouchner et de Besson pour les
compter dans le quota des élus PS.
A ma droite, un cochon de Trébrivan -où se construit
une
maternité porcine collective- recruté par l'apôtre
Jean-Yves pour faire la campagne de Troadec, ainsi qu'un coq de Glomel
-où se profile, juste au bord de la Tranchée du canal de
Nantes à Brest, un poulailler de 75.000 pondeuses- qui fait
campagne
pour Malgorn en lui soufflant son idée sublime : pour
rééquilibrer l'Ouest de la Bretagne, construisons un
aéroport à
l'Est.
A ma gauche (deux copains avec masques des frères Morvan et chemises à carreau)
: les frères Morvan, qui ont demandé l'asile politique
à Trémargat où EEB a fait 55,43% au premier
tour.
(Sortant un papier) Je lis : «
Chacun sait que, dans la course cycliste, le vainqueur
d’étape partage la prime avec son équipe » :
si je comprends bien cette belle parabole biblique de Jean-Yves
l’évangéliste, il s’agit d’une
invitation directe, faite à Guy Hascoet, de se mettre au
vélo… un vélo bien évidemment
préparé par Jean-Yves… c’est à dire
sans selle… et sans vaseline !
Quand
notre maître coq Jean -Yves annonçait dernièrement
qu’il était prêt à gérer avec
l’Etat ce sublime plan algues vertes, récemment
annoncé, à base d’expérimentation sur deux
bassins versants et surtout à base de ramassage d'algues vertes,
il fallait comprendre qu’il affirmait là
déjà sa volonté de fusion… avec la liste
Malgorn… celle qui, depuis tant d'années, en
préfecture de région et au ministère a
déjà beaucoup expérimenté… avec le
résultat spectaculaire que l'on sait.
Pour ce qui est des ramassages
d’algues vertes, ne vous inquiétez donc pas : ils iront
tous deux, main dans la main, les ramasser sur les plages
photo : Emilie Resmond - Masques de Sylvie et Erwan Chotard - intervention : compagnie BOCOCO, de Bretagne Intérieure libérée.
Mardi
matin 23 février 2010, à la une départementale 22
de Ouest-France, un titre avait de quoi faire bondir : «
Algues vertes : un scientifique dédouane les paysans ».
L’identité de ce « scientifique » était
dévoilée à l'intérieur, avec interview et
photo. Ils sont deux, depuis une vingtaine d’années,
payés par le lobby agroalimentaire, à se présenter
comme porte-parole d’un fantomatique « Institut de
l’Environnement », jouant ainsi de la confusion avec l'ex
et très sérieux Institut Français de
l’Environnement, installé à Orléans. On les
appelle Laurel et Hardy. En fait ils se nomment Buson et
L’Hirondelle. Drôles d’oiseaux !
Cette fois
c’est Buson, se faisant gratifier par O-F du titre de
"scientifique" et de "chercheur", qui est monté au créneau. Toujours avec
les deux mêmes litanies : les algues vertes ne sont pas dues aux
nitrates et, de toute façon, les nitrates sont
bénéfiques pour la santé.
Il y a une quinzaine d’années Jean-Claude Pierre (Eau et Rivières de Bretagne) avait qualifié ce Buson de « révisionniste au service de la fine fleur de l’agroalimentaire ». Buson avait porté plainte pour diffamation. Le tribunal de Lorient l’avait débouté. En appel à Rennes, il avait été condamné aux dépens (jugement du 3 novembre 1998).
Oubliant que
deux oiseaux ne font pas le printemps, le journaliste de Saint Brieuc,
auteur de cet interview, s’est bien fait berner.
J’ai adressé à sa rédaction le rapport,
autrement documenté, du Conseil Scientifique de
l’Environnement de Bretagne (CSEB -Septembre 2009) attribuant
clairement aux pollutions agricoles la responsabilité principale
des algues vertes.
Dans la journée, le chef de rédaction m’a téléphoné, arguant qu’il fallait bien, au nom de la démocratie, donner la parole à tout le monde. Je lui ai rétorqué que c’était donner poids égal à la vérité et au mensonge, mettre sur le même plan, pour reprendre l’allusion de Jean-Claude Pierre à la shoah, Lanzmann et Faurisson.
Que cet interview était d’autant plus dommageable qu’il risquait de réduire à néant les efforts et la réelle prise de conscience du monde agricole.
Je m’attendais donc, ce mercredi matin, à trouver dans ce journal écho à ma réaction, d’autant plus que je sais que d’autres lecteurs, bien plus compétents que moi, avaient aussi réagi.
Rien ! Rien de rien !
Au
lieu de ronger mon frein, j’ai heureusement aujourd’hui la
possibilité de raconter cette histoire sur ce site Internet.
J’aurais moins de lecteurs qu’Ouest-France, mais, au moins
cette nouvelle tentative d’intox ne passera pas totalement
à la trappe.
(Dessins d'Alain Goutal)
Ajout au 25 février :
Toujours rien 2 jours après. Un honorable correspondant me fait remarquer que, cette fois, Buson a encore fait plus fort qu'à l'accoutumé. Son discours est placé sous le signe du bigorneau. J'essaie de résumer : les algues vertes ont pour origine les marées noires car celles-ci ont détruit les bigorneaux, et d'une. Pour y faire face, il suffit de récolter des bigorneaux en masse et de les jeter en mer sur les fonds sableux, et de deux. En "freinant le passage de la lumière" les bigorneaux empêcheront les algues de se développer, et de trois. Une vraie recette de grand prêtre vaudou pour un poisson d’avril ! Bravo Ouest-France ! Ça c'est de l'info scientifique !

Ajout au 26 février :
Courriel
d’un honorable correspondant qui trouve ce Buson génial.
Il vient de calculer que pour « freiner le passage de la
lumière » dans les fonds marins il faudrait un tonnage de
bigorneaux équivalent à celui des algues vertes. Je lui
laisse le crachoir :
« Mais que font donc les technocrates du Pôle emploi ? ...
Ramasser 500.000 tonnes de bigorneaux (qui se sont d'ailleurs
raréfiés en baie de St Brieuc), puis les rejeter à
la mer sur les fonds sableux, devrait bien permettre l'embauche de 500
000 ramasseurs qui, à raison de 4 kg/jour par cueilleur,
devraient bien avoir du boulot pour 1 an : 250 jours ouvrés + 52
week-ends (104 jours) = 354 jours auquel on doit encore ajouter 5
semaines de congés payés, soit un total de 13 mois et une
semaine avant de retourner pointer au chômage !
Et le tour est joué ! Plus d'algues vertes... et 500.000
chômeurs en moins sur l'ensemble des départements de la
façade atlantique et de la Manche !
(faut au moins ça pour ramasser 500 000 tonnes !)... On pourrait
aussi imposer ce service civil aux délinquants des banlieues et
améliorer les statistiques de l'insécurité, voire
désengorger les prisons par du travail obligatoire
encadré... AHHHhhhh... Je m'arrête là, mon cerveau
s'ébullitionne... et quand je pense que je ne me suis même
pas présenté aux élections ! »
D’un autre, qui s'est penché sur le cas Buson :
« C'est un des premiers cas d'effet secondaire grave suite au vaccin contre la grippe A. »
D'un autre :
J'ai
bien vu l'article de Ouest France sur les "découvertes" de ce
prétendu scientifique. Ce n'est pas la première fois (ni
la dernière hélas!) que l'on habille la propagande
commerciale d'un discours pseudo scientifique. Je n'ai pu
m'empêcher de penser aux années 1980 où des esprits
avisés critiquaient l'emploi de l'amiante : que n'a-t-on vu des
ingénieurs nous expliquer doctement tous les bienfaits et
l'inocuité totale de ce matériau. Je me souviens d'un
"dossier de l'écran", cette émission débat
quelquefois artificielle mais qui avait son intérêt, et
d'un défenseur acharné de l'amiante, membre
également d'un institut financé par les industriels. On
sait depuis la dangerosité du produit.
Ce qui me chagrine le plus dans le monde actuel est la banalisation du
mensonge et de la triche, il y a une perte du sens moral, qui me
désespère pour l'avenir de l'humanité.
Toujours aucune suite par contre dans O-F !
AJOUT LE 5 JUIN 2010 :
Suite
à ce papier, l’avocat de Mr Buson vient de
m’adresser, en date du 2 juin 2010, une lettre
recommandée, reçue le 4 juin, avec
demande d’insertion, arguant des dispositions de la loi du 21
juin 2004, assimilant les publications sur Internet à la loi sur
la presse.
L’avocat, «
spécialiste en environnement », doit être
débordé -sans doute des procès liés aux
algues vertes- car il a laissé passer le délai de
prescription des 3 mois révolus, prévu par cette
même loi : « L'action en insertion forcée se
prescrira après trois mois révolus, à compter du
jour où la publication aura eu lieu. » (article 13 de la
loi du 29 juillet 1881 modifiée).
Mais soyons magnanimes :
éloges et critiques étant toujours bons à prendre,
je me fais un plaisir de reproduire une lettre -y compris une phrase
sans verbe ni complément- contribuant à valoriser mon
site :
« Nous apprécions volontiers l’humour, et nous ne
rivaliserons pas avec Jean Kergrist, brillant clown facétieux.
Toutefois, la comparaison entre notre démarche et celle des
révisionnistes ou des négationnistes de la Shoah est
autant injurieuse qu’infondée. Nous sommes
profondément blessés par ces allégations
gratuites. Le tribunal de Lorient avait d’ailleurs effectivement
reconnu le caractère « injurieux » de cette
qualification de notre démarche, lorsque nous avions poursuivi
le fondateur d’Eau et Rivières. La mémoire des
innombrables victimes de cette abomination historique
Nous sommes en profond désaccord avec la caricature que Jean
Kergrist fait de nos propos et de nos intentions supposées. Il
contribue à entretenir des légendes, qui n’ont que
la répétition d’erreurs pour base.
L’institut de l’environnement (ISTE) est une association
à but non lucratif, ne comptant que des intervenants
bénévoles.
Nous renvoyons tous les lecteurs désireux de se faire une
opinion argumentée, à nos articles et à nos
publications : en particulier le livre des docteurs L’Hirondel
atteste des seuls effets bénéfiques des nitrates sur la
santé ; cet ouvrage est préfacé par les
Professeurs Christian Cabrol, Henri Lestradet et Maurice Tubiana, de
l’Académie de Médecine.
Concernant les « marées vertes » en Bretagne, il est
certain que les actions sur l’azote des seuls cours d’eau,
resteront vaines. Le renforcement de la faune consommatrice
d’algues nous semble une voie à approfondir, et qui a
donné des résultats remarquables dans d’autres
régions du monde.
Nous adressons directement une documentation complète à
Jean Kergrist, afin qu’il puisse développer ses farces en
connaissance de cause, et resterons amicalement à sa
disposition, s’il souhaite des éclaircissements sur ces
sujets délicats. »
NB : quelques commentaires :
-Le passage de mon papier
concernant les négationnistes ne faisait que rapporter
fidèlement le contenu d’une décision de justice
-procès Jean Claude Pierre / Buson-, et il était clair que
l’accusation de révisionnisme (« doctrine remettant
en cause un dogme ou une théorie » - Larousse) -que j’estime, comme le tribunal, personnellement
excessive si on y ajoute une référence à la Shoah- n’était pas de mon initiative.
-D’accord avec Mr Buson sur le fait que « les actions sur l’azote des seuls cours d’eau resteront vaines », car ce serait faire l’impasse sur le nouveau procédé d’épandage dans l’air par ventilation dite dynamique. On estime, en effet, à 220.000 tonnes la quantité d’azote ainsi épandu dans l’air de Bretagne... de quoi rendre jaloux les cours d'eau !
-Quant
au fond du problème, à savoir l'origine agricole des algues vertes, je
persiste à faire davantage confiance aux 24 scientifiques du Conseil
Scientifique de l'Environnement (cf : http://www.cseb-bretagne.fr/ ), mandatés par la Région Bretagne, qu'en
des élucubrations à contre courant. N'est pas Galilée qui veut !
-Et, pour ce qui est de combattre les algues vertes à coup de bigorneaux, je crois avoir trouvé mon maître en matière de « brillant clown facétieux ».
Paysages ruraux
La France enlaidie par ses villes ? (Télérama N° 3135).
Ce serait un peu vite oublier ses campagnes. Du moins en Bretagne. Parler de pénétrantes, ronds points et bretelles c’est un peu vite oublier ce que transportent les camions qui y circulent : des milliers de dindes et poulets asthmatiques, des centaines de porcs criards à 85 kg de carcasse, des containers bourrés d’aliments roulant pour les Glon-Sanders, Cooperl, Coopagri, nos grands aménageurs ruraux.

Ah le son des taules rouillées le soir au fond des bois ! Les immenses hangars recouverts de tôles amiantées, vite construits, vite abandonnés, s’écroulant à la moindre chute de neige pour laquelle l’élu avisé va demander l’état de catastrophe naturelle, oubliant que cette catastrophe rurale c’est lui qui l’a programmée.
Texte publié intégralement au courrier des lecteurs de Télérama N°3137, daté du 27 février 2010....Sauf que mon jeu de mot est passé à la trappe. Le correcteur a cru bon de rétablir « tôles » au lieu de « taules ». Cochons et poulets risquent de se faire la belle.
Entendu début février à la télé, à propos du rapport Algues Vertes, dans la bouche d’un responsable de la FNSEA : « Limiter les engrais azotés pour tous les agriculteurs, même pour ceux qui sont très loin des sites où se développent les algues vertes, c'est comme si un médecin imposait à toute une ville de prendre le même médicament pour guérir une maladie qui ne concernerait que 2 ou 3 de ses patients". Le problème c’est que toute la ville est bien malade et qu’il faudrait un remède de cheval pour la remettre d’aplomb.
12/02/10
Bataille du phosphore

La Coordination Rurale, après
prélèvements ponctuels sur cinq stations
d’épuration du Trégor, vient de franchir le
détroit des Dardanelles en lançant la bataille du
Phosphore. D’après son président 22, cette
méchante teigne chimique serait à l’origine
essentielle des algues vertes (ci-contre le Télégramme du
14/01/10). Et de montrer du doigt les disfonctionnements des stations
d’épuration sur lesquelles les écolos feraient
l’impasse. Haro sur les pipis et les lessives !
Certes beaucoup de stations d’épuration laissent encore à désirer. A Eau et Rivières de Bretagne, par exemple, on ne rigole pas avec les « mises en demeure » adressées aux collectivités. Mais, mettre sur le même plan la responsabilité de 3 millions d’habitants et celle de 60 millions d’équivalent habitants (poulets, bovins et cochons), c’est un peu fort de café. Le phosphore ? Chiche, parlons-en !
OK pour mettre sur la table, à chaque projet
d’épandage ou de traitement, ce sujet qui fâche. Il
faudra bien en venir alors (et enfin) à stopper extensions et
intensifications. Engager la bataille du phosphore, ne serait-ce pas,
pour la Coordination Rurale, se tirer une balle dans le pied… ou
dans celui de la FNSEA ?
Infarctus et langue de bois
On ne peut qu’applaudir au récent transfert des voies
fluviales de l’Etat à la Région Bretagne.
Sur le
site Internet de la Région, voici comment, à la page
tourisme, est décrit le joli bébé : 
« Le réseau
navigable breton géré par la Région, c'est 409
km de cours d'eau naturels ou canalisés et leurs ouvrages
d'alimentation (étang,
rigoles...), jalonnés par 265 écluses, mais aussi
ouvrages d'arts, ponts, édifices religieux... A noter : une
section importante du Canal de Nantes à Brest (134 km de canaux
entre Guerlédan et Chateaulin) est gérée par
les Départements (Finistère et Côtes d'Armor)
»
http://www.bretagne.fr/internet/jcms/preprod_59219/la-region-mise-sur-les-voies-navigables?lg=fr
Ce "à noter" sybillin fait beaucoup d'ombre au tableau
idyllique. Etrange prise en compte d’un ensemble qui commence par
en éliminer une partie essentielle, sous prétexte de non
inscription à la nomenclature des voies navigables… tout
en faisant grand état des étangs, chapelles, ponts et
rigoles !
La section centrale du canal de Nantes à Brest,
pourtant aujourd’hui navigable jusqu’à Carhaix,
compterait donc moins qu’une rigole. Merci aux bagnards qui ont
sué sang et eau pour creuser la Grande Tranchée de Glomel
! (photo ci-contre)
Il s'agit, en quelque sorte d'un « d’Accident Vasculaire
Régional », où encore d'un anévrisme
frappant cette section du canal de Nantes à Brest allant de
Châteaulin à Guerlédan, mystérieusement passée
à la trappe.
15/01/2010
« L’entourloupe », avec Michel Galabru à l’affiche,
au Glenmor de Carhaix, donne des idées aux Vieilles Charrues.

À PROPOS D’UN « DON »
Les Vieilles Charrues vont signer un chèque de 280.000 € à la ville de Carhaix pour l’aménagement d’une plateforme événementielle et un autre de 400.000€ à Poher Communauté pour la construction d’un centre de valorisation… des Vieilles Charrues (O-F, Télégramme et Poher du 16/12/09).
Face à un don, personne ne peut faire grise mine, surtout en cette période de Noël, ce qui explique sans doute l’absence de réactions.
Pourtant un don, dont l’objet est défini avec une telle précision, ne s’apparente-t-il pas plutôt à une pression ou a un chantage à la subvention forcée ? « Je te donne cette somme, mais à condition que tu me construises sur ton terrain l’équipement qui m’agrée. » Pourquoi ainsi inverser les appellations et définir comme « don » ce qui, d’habitude, dans les demandes de subvention, s’appelle « autofinancement » ?
Sans vouloir
mettre un bémol au dynamisme d’une association qui nous a
montré depuis longtemps son grand savoir faire, on aimerait
connaître le montant global des projets envisagés sur cet
espace public, afin de mieux cerner ce qui relève de
l’autofinancement (les deux sommes citées comme «
don ») et de la subvention espérée (le reste du
budget).
20/12/09

Cette nouvelle, de portée internationale, n’a sans doute pas échappé aux observateurs autorisés : le magasin Proxi de Glomel vient d’être cambriolé.
Les malfrats se sont précipités sur tabac et whisky, délaissant deux bouquins de Jean Kergrist, vendus au rayon des produits de première nécessité : « Les bagnards du canal de Nantes à Brest » et « Bagnards en cavale », pourtant d’égale valeur marchande.
Ce forfait est signé et je m’en vais de cette plume le signaler à la maréchaussée : il ne peut que s’agir d’illettrés obtus. La piste talibanne ?
Guyau à la FAO : "je te tiens, tu me tiens par la barbichette".
De quoi réjouir boites d'aliments et d'engrais, copératives de bidoche, banques, firmes phytosanitaires...
Luc
Guyau ancien président du syndicat agricole FNSEA, actuel
président de l’Assemblée Permanente des Chambres
d’Agriculture, Vice président du Conseil départemental de l’UMP de Vendée, vice-président du Conseil Economique Social et Environnemental…a été élu le 29/11/09 à la présidence de la FAO (Food and Alimentation Organisation).

Mon commentaire :
C'est pas le tout de fabriquer de la merde...
encore faut-il pouvoir la faire bouffer aux autres !
Qu'en dit, en termes plus corrects, la Confédération paysanne ?
Peut-on aujourd’hui faire
confiance à celui qui, à l’aide de son syndicat, a
jeté l’Europe dans une course folle au productivisme dans
l’ambition de « nourrir le monde » ? « Si
l’Europe (…) ne joue plus son rôle de producteur,
pour nourrir les populations mondiales qui ont besoin de nous, elle
sera responsable de grandes famines.» …… «
Sachons répondre rapidement aux crises, aux guerres ou aux
famines. Il n’est pas trop tard. Nous avons les moyens
d’aider les pays dont les habitants meurent de faim en leur
donnant la nourriture… »
Puis sur le commerce : « Laisserons-nous aux seuls
américains ou australiens le monopole du commerce mondial ? Non,
pas question ? (…) C’est de notre rayonnement (celui de la
France, bien sûr) dans le monde dont il est question. »
N’en déplaise à M Guyau, le problème de la
faim dans le monde n’est pas une question de commerce ou de
générosité. C’est une question de
répartition des richesses et de droit des peuples à se
protéger et à choisir.
Alors que l’Europe dépend aujourd’hui en grande
partie de ses importations pour nourrir ses animaux, privant ainsi les
populations de terres nécessaires à l’agriculture
vivrière. Alors que l’Europe déstabilise de
nombreux pays en voie développement par ses exportations
vers les pays en voie développement.
Espérons qu’il ne mette pas en œuvre ce qui
l’animait hier encore et qu’il saura tirer les conclusions
qui s’imposent : le droit des peuples à la
souveraineté alimentaire est la base de sa
sécurité alimentaire.

Ah ben oui ! Crédieu, les pneus basse pression c'est quand même mieux que les sabots !
Le quad est un bienfaiteur de l’environnement. Jugez-en plutôt : « avec un quad équipé d’un petit distributeur d’engrais, on peut épandre de l’azote sur un blé, même en janvier, en conditions exécrables ». Et le journaliste de gober sans réagir !
Cet épandage d’hiver par temps de pluie, mériterait à nos deux compères (fabriquant d'outils et journaliste) une nomination d’urgence au Conseil Départemantal d'Hygiène (CODERST) du Maine et Loire.
Discours d'Hillion de Monsieur Algues vertes
Manif du 27 septembre 2009
Chers élèves de quatrième,
En ce premier
trimestre, vous avez fait beaucoup de progrès en chimie. Les
années précédentes, vous aviez appris N, comme
nitrates, ainsi que P, comme phosphates et H2O, comme eau
polluée. Vous aviez, dans la foulée, fait la connaissance
avec H5N1et plus récemment H1N1, autrefois encore appelé
grippe porcine, mais dont le nom, comme le virus, a muté, je me
demande d’ailleurs pourquoi, en grippe A, comme
Atchoum.
Vos professeurs
de chimie agricole, désireux de vous faire passer en division
supérieure, vous initient aujourd’hui au H2S, ou
Hydrogène sulfuré, encore appelé œuf pourri,
arme longuement testé sur les façades de
préfectures pour protester contre l’absence de restits
à l’exportation.
Faut-il avoir
peur du H2S ? Cet été notre premier ministre vous a
donné un début de réponse en osant, tel superman,
l’affronter à mains nues sur la plage de St Michel en
grève.
Il y a quelques
années, son prédécesseur à Matignon, avait
pareillement affronté la bête sur une plage
vendéenne et, pour nous signifier spectaculairement son
dégoût des marées noires, n’avait pas
hésité à shooter dans une galette de mazout.
Cette fois mon
maître de Matignon a été plus prudent. Vous avez
remarqué qu’il n’a shooté dans aucun tas
d’algues vertes. Cela devrait vous inciter à la prudence.
Le message s’adressait surtout aux enfants qui ont tendance
à shooter dans tout ce qu’ils trouvent…
contrairement aux footballeurs de l’équipe de France qui,
ces temps-ci , ont beaucoup de mal à shooter dans les buts.
Mais
vous avez pu aussi remarquer que son regard prophétique de
premier ministre portait très loin à l’horizon. On
connaît sa passion pour les circuits automobiles. En voyant un si
bel espace, désormais déserté, et pour cause, de
toute présence humaine, il y a découvert une
opportunité pour exercer son sport favori.
L’hydrogène sulfuré constitue en effet un gisement
prometteur. La bagnole du futur, c’est écrit partout,
fonctionnera à l’Hydrogène. Souhaitons seulement
que le cheval vapeur du moteur à explosion se montre plus
coriace que le cheval de course, dont on a vu les faibles performances
une fois englué dans la choucroute. Voilà donc
réglé le cas de l’hydrogène.
Quant au souffre, un fois séparé de
l’hydrogène, on pourra toujours en faire des allumettes.
Ce qui diminuera nos importations. Évidemment la situation
risque de devenir explosive. Mais c’est la contrainte du
Progrès avec un grand P, comme dans Potimarron et dans
Positivons mes frères.
Certaines mauvaises langues invoquent l’apocalypse,
déferlant sur la Bretagne : marées noires, marée
vertes, marées blanches, pluies acides, grippe aviaire, grippe
porcine : en comptant bien ça n’en fait que 6. Alors ne
venez pas parler des 7 plaies d’Egypte… Même si
quelques signes prémonitoires peuvent légitimement vous
inquiéter. Je vous signale au passage, André Ollivro, que
la dernière des sept plaies d’Egypte étaient
annoncée par une traînée de sang sur la porte et
non par trois roundball devant la maison.
En ma
qualité de Mr Algues vertes, je ne faillirai pas à ma
tâche. Vous allez voir : je vais vous mijoter un de ces
petits Grenelle des algues vertes ! Après avoir
écouté toutes les parties en présence, je
prendrai, croyez moi, les décisions qui s’imposent. Hier
j’ai déjà reçu les chiens et les chevaux.
Aujourd’hui je reçois les poulets et les cochons. (désignant le public)
Je n’oublierai pas, évidemment, les dindons. Quant aux
ânes, je préfère ne pas en parler, car ce sont eux
qui m’envoient.
Ces deux délégués (il désigne le cochon et le coq présents à ses côtés)
viennent de Bretagne intérieure. Ils ont fait le voyage vers
Hillion pour voir la mer . Le délégué des cochons
vient de Trébrivan, où se projette une maternité
porcine collective, le coq vient de Glomel où un bagne de 75.000
pondeuses va bientôt rouvrir, à vingt mètres de la
Grande Tranchée.
Le maire
de Trébrivan, par ailleurs conseiller général
(tiens, il n’est pas dans la délégation rose !)
ainsi que le maire de Glomel, (tiens, il n’est pas dans la
délégation UMP) affirment tous deux qu’il
n’y a aucun lien entre ce qui se met en place chez eux et ce qui
se passe ici chez vous sur cette plage. AUCUN LIEN. Vous
m’entendez. Aucun.
Désireux
d’en savoir davantage, j’avais missionné,
l’été dernier, deux chiens policiers pour remonter
la piste des algues jusqu’à leur origine. Cela
s’avère de plus en plus difficile car en plus de renifler
la rivière, ces chiens doivent maintenant humer l’air. En effet
nos éleveurs compétitifs y épandent
désormais leur ammoniac par ventilation dynamique. L’ammoniac se balade
au gré des vents et n’en a plus rien à foutre des
bassins versants. Pour un chien renifleur, cela devient très
complexe.
Ces chiens
avaient flairé la bonne trace, mais, hélas, ils
n’ont pu mener l’enquête jusqu’au bout, car ils
ont crevé sur le tas. Les analyses vétérinaires
ont suspecté, une fois de plus, l’hydrogène
sulfuré. Mais heureusement le préfet du
département est venu à la rescousse pour affirmer que les
analyses vétérinaires n’étaient pas valables
car ce n’est pas lui qui les avait faites.
En effet seule
la casquette à glands, ornée de feuilles de chêne,
crée la compétence. Pour l’instant je ne porte que
le chapeau. Même si question glands, je suis bien fourni et
question chêne, puisque nommé par le gouvernement,
j’en porte une très grosse autour des poignets.
Faites confiance au réchauffement climatique, car depuis
que mon ami Rocard s’en occupe, il ne véhicule que du bon
: Réfléchissez un peu : le réchauffement
climatique n’a pas que des inconvénients. Il fait fondre
les glaces des pôles. Les 2 pôles en plus. Jean Paul 1 et
Jean Paul 2. Du coup la mer monte. Et, quand la mer monte, les algues
vertes, au lieu de traîner lamentablement sur vos plages,
pourront bientôt, poussées par la marée montante,
s’échouer directement dans les champs... d’où
elles avaient, au départ, vocation à ne pas sortir.
En attendant,
pour ce qui est du ramassage des algues vertes, j’ai tout
prévu : nous irons les chercher désormais en mer avec les
dents. Pour payer la note, mon ami Rocard a eu une idée
fabuleuse : nous allons créer une taxe algues vertes,
appliquée à tous les baigneurs qui iront les chercher au
large. La taxe sera intégralement remboursée à
ceux qui ne savent pas nager et à tout nageur qui
ramènera au moins 5kgs d’algues au bout des doigts de
pieds.

Chantal Jouanno
(il s’adresse à la femme masquée à ses
côtés, déguisée en ramasseuse
d’algues), notre secrétaire d’étables
à l’écologie, a tenu à être
présente à mes côtés. Elle est un peu
fatiguée car elle a passé toute la nuit à nettoyer
la plage. Elle a déclaré, c’était il y a 15
jours sur France Culture, qu’elle « n’autoriserait
désormais plus aucune extension d’élevage, sous
quelque forme que ce soit. » Vous confirmez, Chantal ? (Elle hausse les épaules). Apparemment elle a déjà oublié. Excusez-là : elle fait un début d’Alzheimer.
Vous avez compris ? « Sous
quelque forme que ce soit ». Alors n’allez pas me ramener
à colorier une porcherie en rond ou un poulailler triangulaire.
« Sous quelque forme que ce soit » ! Vous entendez ?
N’allez pas me ramener un parallélépipède ou
un tétraèdre octogonal ou en ellipse. L’ellipse est
exclusivement réservée à mon ministre Borloo,
quand il sort blindé de l’Elysée.
Nous avons
aussi maintenant un ministre de la Relance, mon collègue Patrick
Devedjian. Il vient de déclarer vouloir limiter le recours aux
enquêtes publiques de façon à
accélérer le démarrage des travaux. « En
période de crise, a-t-il déclaré, l'environnement
est une contrainte pour les entreprises dont il faut savoir se
dispenser ».
Le débat
public sur des projets agricoles ou industriels, avec enquêtes et
tout le tremblement, pesait beaucoup trop sur des petites associations
comme les vôtres, qui, du coup, n’avaient plus le temps
d’aller aux champignons ni d’observer à la jumelle
les petits oiseaux. Comme le code du travail, celui de
l’environnement est un frein à la relance et une trop
lourde charge pour vos associations. Nous allons désormais
œuvrer à vous l’alléger.

Pour bien vous
prouver que ces algues ne sont pas dangereuses, je me propose
maintenant d’aller sur la plage m’en farcir une bien grosse
devant les caméras. Veuillez donc me suivre. Pour éviter
les mauvaises surprises, je vous conseille toutefois de mettre vos
masques.
(photos Madeleine Ropars, masques de Erwann Chotard)
cf aussi l'arrivée et le début du discours dans : http://www.dailymotion.com/video/xan8t1_hillion-lintervention-du-delegue-al_news
Un projet démentiel, fruit de la disparition de 3 autres élevages, risque de mettre à mal les efforts engagés par un grand nombre d’acteurs locaux pour valoriser la Grande Tranchée du canal de Nantes à Brest sur la commune de Glomel (22). Par enquête publique, ouverte à la mi-août (tiens, tiens !), un éleveur industriel de poules pondeuses demande l’extension de son élevage à 75.000 places, ceci à moins de 20 mètres du site historique.
Si ce projet se faisait (on s'emploie pour qu'il ne voit pas le jour) des soufflantes (ah la ventilation dite "dynamique" !) vont nous rejeter dans la gueule 525.000 m3/h de saloperies diverses : vapeur d'eau, CO2, H2S (hydrogène sulfuré), ammoniac (19 tonnes), virus, bactéries, toxines, poussières. Déjà que l'eau de la Tranchée et du lac de Glomel sont interdits à la baignade et à la pêche, car bourrée de cyanobactéries (algues bleues) !
Condamnées au bagne avicole, les pauvres poules pondraient en étroite osmose avec les bagnards républicains, artisans forcés de cette Grande Tranchée au début du 19ième siècle. Même si le Camp de Glomel n’a jamais dépassé les 650 insoumis, les épidémies liées à la promiscuité y étaient très fréquentes. Beaucoup y ont laissé leur peau. Les évasions furent massives ! À la place de l’éleveur, on se méfierait.
(photo Madeleine Ropars : le stand de Glomel à la manif d'Hillion le 27 /09/09)
Manif : rdv ce samedi 12 septembre à 11h devant le café du Corong à Glomel (fin de l'enquête publique le 18 septembre)
Une phrase à retenir :"Il faut mettre fin aux extensions des élevages sous quelque forme que ce soit"Chantal Jouanno, secrétait d'état à l'écologie , ce samedi 5 septembre à 18h30 sur France Culture. Y'a plus qu'à mettre en pratique... si ce n'est pas un effet d'annonce répondant dans l'urgence à la catastrophe des marées vertes.
Si les camions de la maison Glon (aliments Sanders) se permettent déjà de nous intimider en bloquant Glomel pendant l’enquête publique (le vendredi 11 septembre), c’est sans doute pour mieux nous persuader que « La réalité économique condamne à échéance les outils de petites dimensions » (page 24 du dossier soumis à enquête publique).

Une petite commune, Glomel, (22) affiche à l'entrée du bourg, sur un rond point public, son ambition pédagogique : "ici on élève les veaux".
Le résultat est imparable : réussite sur toute la ligne.
Un journaliste de "Aujourd'hui la France", édition du lundi 11 août 2009, a pu le constater de visu en se promenant à 500 mètres de cette pancarte, au menhir de Glomel, le plus haut de Bretagne (cf coupure de presse ci-dessous).


avant
à gauche
et
aprèsPrécision : le terme de sagouin ne s'adresse en aucune manière à l'éleveur de veaux label rouge dont on voit la pancarte en début d'article. Il élève des veaux d'excellente qualité. Mais comme la pancarte est plantée à l'entrée du bourg, l'occasion était trop belle de paraphraser la fameuse phrase de De Gaulle "les français sont des veaux". Rien à voir donc avec les barbelés autour du menhir ou le chapardage de la fontaine. Si je m'en explique (et m'en excuse) en ces quelques lignes c'est que mon accroche humoristique du début, mal comprise, ne devait pas être très bonne. 4/10/09

Le 5 mai dernier, lors d’un point presse, Le ministre de la Relance, Patrick Devedjian (cf photo ci-dessus, lors de son discours aux 50 ans de Bretagne Vivante le 11 juin dernier à Sené-56 !) a déclaré vouloir limiter le recours aux enquêtes publiques pour accélérer le démarrage des travaux. « En période de crise, l'environnement est une contrainte pour les entreprises dont il faut savoir se dispenser ».
Les avis favorables presque systématiques des commissaires enquêteurs, qui faisaient suite aux 15.000 enquêtes annuelles induites par la loi Bouchardeau (12 juillet 1983), sont encore de trop. Le débat public, sur des projets concernant population et associations, doit être totalement banni. Comme le code du travail, celui de l’environnement est un frein inadmissible à la relance. Relance vers quoi ? Relance vers où ? Ne vous inquiétez pas, chers amis électeurs, quand on sera au fond du trou, on vous organisera un petit Grenelle du gouffre.
Dommage qu'après le succès de la liste Europe Écologie dimanche dernier, notre gros mammouth aveugle, qui s'apprétait "allègre ment" à rejoindre notre équipe ministérielle, ne puisse plus trop fanfaronner sur l'absence de rechauffement climatique !
11 juin 2009, photo Hervé Ronné

Le fantomatique Institut de l’Environnement du professeur l’Hirondelle fait des émules (cf plus bas "Arte : la santé en débat").
Un Institut français de la nutrition (IFN) vient de voir le
jour. Il est initié par Coca-cola, Danone, Nestlé et tous
les poids lourds de l’agrobusiness.
Son but : lutter contre une éventuelle TVA à 19,6% (au lieu de 5,5%) sur les produits trop gras, trop salés et trop sucrés, mesure proposée par le ministère de la santé pour lutter contre la « malbouffe ».
L’enquête sur la nutrition, lancée par ce ministère auprès de 500.000 français via Internet pour combattre l’obésité, risque en effet d’avoir de grosses conséquences… sur l’obésité de leurs gras bénéfices.

Pour ceux qui se souviennent : dans son numéro de décembre 1998, la revue Science et Vie titrait sur un péril breton lié à la grippe : « le virus mortel viendra-t-il de Bretagne ? ». Une enquête très documentée auprès du centre de recherche Ploufragan (CNEVA) concluait qu’une forte concentration d’élevages porcins ainsi que de poulaillers risquait de donner jour à un virus grippal mortel, transmissible à l’homme. La prophétie se réalise 11 ans plus tard. Pour notre vaine, c’est le Mexique qui a décroché le jackpot.
Tout ce que le
département des Côtes d'Armor compte d'élus, de
responsables du tourisme, de notables aux petits et grands pieds pieds,
crie au scandale suite à l'émission de Thalassa du
vendredi 10/04/09. Georges Pernoud nous a montré comment chez
nous ont escamotait les algues vertes, de la même manière
qu'il y a peu, on escamotait les marées noires : en les
enfouissant comme les chats avec les pattes de derrière.
La politique de gribouille pour ne pas effrayer les touristes. La carte
postale bretonne, construite à coup de com. et de budget
racolage, rattrapée par la réalité odorante et
fétide de poison côtier qui tue les chiens. Cachez ces
algues qui nous ramènent à notre complaisance envers une
agriculture productiviste sur laquelle nous avons bâti notre
église !
Faire fuir le touriste est devenu le péché capital. Une
fois encore, dans la presse locale, la diversion semble fonctionner.
Nos édiles, totalement passifs devant un fléau pourtant
identifié depuis plus de trente ans, s'en tirent par une belle
entourloupe : Pernoud, des excuses !
Et si c'était à nous de réclamer enfin excuses et réparations !
(photo André Ollivro)
Christian
Troadec, maire de Carhaix, se targue d’être un grand
pourfendeur du découpage territorial départemental. Seule
la Bretagne l’intéresse. Bravo ! Vive les grands horizons
!
Le problème c’est
que, comme Sarko, il a du mal à concrétiser ses
déclarations de principe. Il en vient même à faire
tout le contraire : le centre culturel « Espace Glenmor »
de Carhaix avait, au départ, une vocation régionale.
Après en avoir éliminé tous les partenaires
(Région, Drac, Départements, Centre National des
Variétés, Pays COB) ainsi que son directeur artistique,
il tente le réduire à une banale salle de congrès
carhaix-carhaisienne.
Cf à ce propos le site : http://combat.culturel.free.fr/carhaix/

Le vendredi 27 février à Treffrin (22), à 5 km de chez lui, Il avait une occasion en or de s’en expliquer (22).
Armortv ( http://www.armortv.fr/
émission « Les frères Jean ») organisait un
débat, animé par Jean Lebrun (France Culture) sur le
sujet. Après avoir confirmé son accord durant toute la
semaine, il s’est subitement désisté le vendredi
matin. Peur sans doute que les quelques artistes également
programmés ne lui demandent des comptes.
Intervenant régulier de l’émission, j’ai pu lui en toucher deux mots face caméra :
Christian,
J’imagine que
t’es derrière ton ordinateur avec une bouteille de Coreff
à la main… excuse-moi, je recommence, car on ne fait pas
de pub sur Armor tv … avec un bon verre de Bordeaux,
certifié bio sans pesticides, à la main.
Je me permets de te tutoyer car nos pères ont gardé les
vaches ensemble, administrateurs d’une même
coopérative agricole. Assez réacs tous les deux, mais,
contrairement à ce qu’a déclaré
récemment Sarko : je ne crois pas au déterminisme
génétique. On peut changer. La preuve ! T’es
aujourd’hui de gauche.
Regarde-moi bien : rien dans les mains, rien dans les manches. Aucun
couteau dans la poche. Ni faucille, ni marteau sous le siège.
Je n’ai tué ni père, ni mère. Mon casier est désespérément vierge.
Celui de Jean Lebrun aussi, du moins j’imagine. Il s’en expliquera tout à l’heure.
En t’invitant, nous n’avions aucune intention belliqueuse.
Seulement l’idée de s’asseoir autour d’une
table pour discuter ; à la recherche de la vérité.
Je dis bien « recherche » car on n’y arrive jamais
totalement.
Et vérité avec un petit v. Pas avec un grand V comme dans
Vieilles Charrues, qui va bientôt, m’a-t-on dit, avoir son
musée. Avec plein de subventions à la clef,
j’imagine.
Ainsi donc, on l’a appris ce matin, tu t’es débiné au dernier moment.
L’adversaire n’était sans doute pas à ta hauteur.
T’aurais préféré, pour exalter ton courage,
une compagnie entière de CRS, avec plein de pneus à
brûler, comme à Quimper (lors des manifs pour
l’hôpital de Carhaix).
Nous sommes au regret : ils sont tous en Guadeloupe ou en Martinique.
Ne restaient que des adversaires de seconde zone à te proposer. Désolé !
C’est ainsi en période de crise : faut faire avec les adversaires qu’on a, ceux qu’on nous laisse.
Je me permets donc de qualifier ton attitude d’un mot commençant par d…
Cherche bien… et profites-en, si ce n’est encore fait,
pour appuyer sur le bouton enregistrement (il paraît que
t’adores les procès en diffamation).
Christian, sous tes airs de matamore, tu n’es qu’un… dégonflé.
Avec un tout petit d comme dans démagogie.

D’après
plusieurs études scientifiques internationales convergentes (le
Monde du 3/02/09), nos ruisseaux seraient devenus de vraies pharmacies
à ciel ouvert. La France, en quatrième place des pays
consommateurs de médicaments, est bien placée pour
délivrer sans ordonnance dans ses rivières antibiotiques,
anticancéreux, analgésiques, antidépresseurs,
anti-inflammatoires et hormones de toutes sortes. Enfin une solution
à la pénurie de médecins en milieu rural : suffit
d’aller faire trempette à la rivière.

Arrivée de Michel Desjoyeaux dimanche 1 février, 17h :
Sur BFM TV
: des images rien que des images, plein pot. Le vainqueur,
équipé d’un micro-cravate, s’adresse à
la foule massée sur les quais des Sables d’Olonnes.
Sur FR3 : l’image de
Desjoyeaux, toute petite dans un coin de l’écran. Cinq
commentateurs en gros plans, voulant chacun placer sa sauce.
Gros
coup de vieux pour la télé publique et ses mentors,
incapables de s’effacer devant l’évènement.
Manif du 29 janvier 2009 à Saint Brieuc : LIBERTÉ ÉGALITÉ FRATERNITÉ

Sarko (Banques + Medef) - (pas de ) Boulot - Dodo (Tribunaux, Presse, Télé, Parlement, Profs...)
(Photo Jean Paul le Menez)

Télégramme, Saint Brieuc 30/01/2009

Samedi 10 janvier 2008, trois cent opposants à la centrale électrique de Ploufragan (cf plusieurs rubriques ci-dessous) sont venus déposer plainte contre GDF, pour fausses allégations.
Dans une campagne sur son site internet, GDF affirm : une, que la centrale permettra d'éviter « de mettre en fonctionnement d'autres centrales électriques thermiques » ; deux « de réduire les émissions de gaz carbonique par rapport à d'autres solutions alternatives » ; et trois qu'elle « est cohérente avec les objectifs du Grenelle de l'environnement ».
Trois affirmations qui ont le don de nous faire plier en deux.
En novembre, le collectif contre le réchauffement
climatique a mis en demeure GDF de retirer des contenus sur son site
internet dédié au projet. Le gazier ayant refusé,
nous attaquons la société GDF Suez devant les
tribunaux.
Comme à Ploufragan l'humour est toujours de sortie (plus on lutte, plus on se marre !), un tribunal s'était constitué pour l'occasion, avec représentant du clergé, de la noblesse et du tiers état. Il recevait les doléances pendant que les citoyens remplissaient leurs plaintes individuelles (plus d'une centaine au total, en plus de la plainte collective).
Un quidam au nez rouge, qui ne
boit pas que de l'eau de la nappe phéatique bouzillée par
cette centrale (si elle se contruisait), n'ayant pas trouvé de plainte, a
porté planche auprès du Procureur Rancoule, contre M.
Sadi Carnot, physicien, pour son rendement minable qui fait que
lorsque, au lieu de se chauffer au fuel (ou au gaz), on se chauffe au
radiateur électrique alimenté par une centrale au fuel
(ou au gaz), on perd en route plus de la moitié de
l'énergie.
La planche de l'olibrius a quand même été déclarée
recevable par son éminence (comme le slip) président du tribunal,
après avoir été requalifiée en plainte
contre RTE et GDF SUEZ.
AJOUT AU 13/01/2009 :
ON A GAGNÉ ! ONA GAGNÉ ! on a gagné ! on a gagné ! on a gagné !
Borloo vient d'annoncer hier à Claudy Lebreton, président du CG 22, que ce projet de centrale thermique de Ploufragan était annulé.

(Siné Hebdo 7/01/09)
HALTE AU DÉTOURNEMENT !
Texte d'une pétition signée par un grand nombre de citoyens (artistes et usagés...)
Un
projet artistique ambitieux, visant notamment à promouvoir les
musiques de Bretagne et du monde, a vu le jour à Carhaix
au début des années 2000, autour d’un lieu en
construction appelé « Le Miroir ». Artistes et
représentants des collectivités publiques (Fonds
européens, État, Centre National des
Variétés, Région, Départements et Ville de
Carhaix), sous l’égide du Pays Centre Ouest Bretagne,
territoire de Bretagne intérieure à cheval sur trois
départements, n’ont pas ménagé leurs efforts
pour mettre en place les grandes orientations et les financements
nécessaires à cet outil de création et de
diffusion.
En 2001, au
lendemain des élections municipales de mars, la
municipalité de Carhaix suspend la programmation du centre et le
rebaptise Espace Glenmor. Le nouveau directeur artistique, Daniel
Thénadey, s’efforce cependant de conserver au lieu sa
vocation première. Mais sa capacité de décision
est diminuée d’année en année par la
municipalité, qui finit même par fixer
d’autorité une partie de la programmation. Les partenaires
ne peuvent que constater l’éloignement du projet initial
et, un à un, se retirent.
Aujourd’hui, l’éviction brutale de Daniel
Thénadey, dernier maillon du projet initial, constitue
l’aboutissement de cette dérive.
Il s’agit
d’un véritable dévoiement de l’intention
première. Des fonds publics ont été investis dans la
construction d’un centre artistique d’envergure
régionale. Celui-ci est désormais promis au destin
d’une salle des fêtes ou, au mieux, d’un
centre des congrès. Le Centre Bretagne, la Bretagne
entière, le public, les artistes, les associations…
perdent un pôle crucial de vie artistique et culturelle.
Les
signataires, refusant que la municipalité de Carhaix prenne
seule le
contrôle d’un lieu initialement
destiné à l’ensemble du territoire, ainsi
qu’aux musiques et aux arts de Bretagne et du Monde, demandent :
-que l’Espace Glenmor
retrouve ses missions premières sous l'égide des tutells
locales et régionales, avec un véritable projet
artistique concerté et pérenne,
-Que l'espace Glenmor devienne enfin une entreprise culturelle à part entière, respectant la législation sur le spectacle vivant et le droit au travail,
-que le directeur artistique soit réintégré avec un contrat de travail digne de cette fonction
Pour en savoir plus et signer : http://combat.culturel.free.fr/carhaix/index.htm
Gronulle de l'environnement (suite)
Les retombées du Gronulle de l'environnement continuent à nous fasciner. Pour relancer l'économie, Sarko vient de décréter la prime de 1.000 euros à la bagnole ainsi que la reprise des chantiers d'autoroutes. Le Cruiser, pesticide qui avait pris le relais du Gaucho sur le maïs, continue à décimer les abeilles. Adieu la pollinisation des fruits et légumes ! On apprend cette semaine qu'EDF avait menti sur le coût de l'EPR de Flamanville : ce sera 1,5 milliard de plus (au lieu des 3 prévus). Le gouvernement, tout en laissant filer le déficit, sucre 379 millions à l’enseignement supérieur et la recherche et 302 millions à l’écologie et au développement durable. L'Institut Français de l'Environnement passe à la casserole.
Ceux qui proclamaient que la crise financière constituait l'occasion unique de réorienter l'économie, oubliaient les prédateurs toujours à l'affût (lobbies du nucléaire, de la chimie, de la bagnole...). La spéculation à court terme, crise ou pas crise, reste le credo des requins. Borloo, l'amuseur du Gronulle, n'est pas de taille à s'y frotter et ses invités d'il y a un an, encore tout émoustillés d'avoir posé leur postérieur sur des chaises en velours, n'ont pas assez vite raccroché leur cravate. Celle-ci s'est tranformée en corde, et ils pendouillent aujourd'hui au bout de la branche.
VARIANTE :
En vérité je vous le dis
: il est plus facile à une bagnole de passer
par le trou d'un borloo qu'à un sans papier
d'entrée au royaume des Droits de l'Homme.
13/12/08
Algues vertes (cf un peu plus bas : Hillion : chiens imprudents)
Le 25/11/2008 ARTE diffusait « Mâles en péril »,
une étonnante enquête dans le monde de la recherche
biologique en Europe et aux USA. On apprenait que les «
perturbateurs endocriniens » contenus dans les plastiques, les
crèmes cosmétiques et surtout les pesticides, avaient
pour effet de modifier les caractéristiques sexuelles en
provoquant la stérilité, aussi bien chez l’animal
que chez l’homme. Un débat suivait la projection du
reportage, avec quatre intervenants, dont la Secrétaire
d’état à l’environnement.
Lors de ce débat, un des intervenants, Alfred Spira,
présenté par l’animatrice comme «
spécialiste de santé publique », s’est mis
à traiter les autres intervenants de "terroristes", en niant
avec hystérie les effets néfastes de ces perturbateurs
endocriniens sur la santé. Vérification faite, ce Spira
ne figurait pas (et ne figure toujours pas) sur la liste des
invités annoncés dans la grille d’Arte :
http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,CmC=2312242,scheduleId=2287476.html

Cela
n’est pas sans rappeler quelques sous-marins identiques des
grandes firmes empoisonneuses : en particulier le fameux professeur l'Hirondelle, directeur d'un fantomatique "Institut de l'environnement"
(entretenant la confusion avec l'Institut Français de
l'Environnement), qui magnifiait, il y a quelques années, les
bienfaits des nitrates dans l'eau. Ou encore un certain
réseau FARRE, prônant, dans le milieu agricole, une soit disant "agriculture raisonnée" et qui n'est rien d'autre que le sous-marin de ces mêmes industriels de la chimie dans les campagnes.
Ces lobbies de
l’industrie chimique sont bien organisés, ont des moyens
énormes et savent manipuler les médias… en
s'invitant, si besoin de force, dans des débats comme celui
d'Arte, une chaîne étonnamment silencieuse sur la
manipulation dont elle a été l'objet.
27/11/08
(Dessin de Rémi Malingrëy dans Siné Hebdo)
25 000 milliards de dollars évanouis (le Monde du 26/10/08)
Une faillite qui nous fait tous pleurer !

TRÉBRIVAN (22) maternité porcine
TRÉBRIVAN (22) : MOBILISATION GENERALE
le dimanche 28 Septembre en après-midi
pour s'opposer à la réalisation d'une maternité
porcine industrielle dans le "château d'eau" de la Bretagne
centrale.
Cette maternité, basée sur le regroupement
d’éleveurs, cautionne l’irresponsabilité des
plans d’épandage collectifs.
Cf à ce propos, sur le site d’Eau et Rivières de
Bretagne, le jugement du tribunal
administratif de Rennes, en date du 11 septembre 2008,
annulant un plan
d’épandage démentiel de 2965 hectares sur 65
communes d’Ille-et-Vilaine.
http://www.eau-et-rivieres.asso.fr/
L'issue positive de ce projet de Trébrivan serait, pour la filière porcine
agro-industrielle bretonne en pleine restructuration, un tremplin pour
renouveler l'expérience ailleurs.
Seule une opposition citoyenne légitime et massive à ce projet est en mesure de l’écarter.
Il y a heureusement encore un peu de monde dans ce territoire de
Bretagne intérieure, en voie de désertification, pour
lutter contre la multiplication effrénée du cochon, qui
pollue nos plages et détruit inexorablement nos
écosystèmes et nos espaces naturels.
D'autres choix sont possibles.
Aidez-nous et venez faire la fête avec nous.
Le plateau musical, à la hauteur de l'évènement,
est impressionnant ! (cf. ci-dessus l’affiche d’Alain
Goutal)

Le 12 juillet deux chiens sont morts, le museau dans les algues vertes de la plage d’Hillion (22) -cf photo d'André Ollivro-. La propriétaire a porté plainte contre X. La vétérinaire ayant procédé à l’autopsie a déterminé que l’hypothèse la plus probable expliquant cette mort par asphyxie était « l’inhalation d’hydrogène sulfuré produite par la décomposition des algues vertes ».
Cette hypothèse a été jugée « non corroborée par des faits scientifiques » par la préfecture des Côtes d’Armor. Du coup le parquet a classé la plainte sans suite.
Pendant ce temps, la fête continue : le 4 août, le préfet a autorisé l’installation sur Hillion d’une porcherie de 2337 places. Si vous baladez vos chiens sur la plage d’Hillion, faites-vous accompagner par un expert préfectoral ou adoptez un cochon renifleur.
QUIMPER : drôle de fête de la musique ce 21 juin 2008
Brave mairie annexe de Plogoff, devenue hôpital déambulatoire.
Pourquoi, beau légionnaire, te détournes-tu de moi ? 




Quand l'hôpital devient déambulatoire,
L'infirmière se fait péripatéticienne.
Soignez-vous donc comme tout le monde
à la clinique de Neuilly !
L'été sera chaud !
bientôt ils nous enlèveront aussi l'eau et l'électricité,
sous prétexte que, pour eux, cela n'est pas rentable !
Ré sis tance !
ÉPILOGUE : VICTOIRE !
Par décision du tribunal administratif du 25 juin 2008, l'arrêté de l'ARH supprimant maternité et chirurgie de l'hôpital de Carhaix a été annulé.
HÔPITAL SUPPRIMÉ À CARHAIX
DÉCHETTERIE GÉANTE À PLOURAY
La "réforme", joli mot inventé par les maîtres du moment pour baptiser leur politique de régression sociale, fait des étincelles en Bretagne intérieure en matière d'aménagement du territoire. Quand la politique de santé, mise en place par Roselyne Bachelot à travers l'ARH (Agence Régionale d'Hospitalisation) ordonne à l'hôpital de Carhaix de se faire hara-kiri en supprimant ses services de chirurgie et de maternité, qu'est-ce qui reste aux habitants de ce territoire, déjà pénalisé par son éloignement de la côte ? le mouroir d'un service de gériatrie.
Quand les africains d'Abidjan bottent les fesses à la firme GDE (Guy Dauphin Environnement), dont un des dirigeants a été emprisonné en Côte d’Ivoire dans l’affaire de pollution mortelle du cargo Probo Koala, devinez sur quel territoire ce requin du déchet jette son dévolu : 165 hectares de terres agricoles sur la commune de Plouray (la plus grande décharge d'Europe), aux sources de l'Ellé. 150.000 tonnes de déchets prévus avec broyage de voitures non dépolluées et incinération sauvage (comme GDE le fait déjà sur ses autres sites).
Les Bretons de l'intérieur n'auraient-ils d'autre avenir que le mouroir et les déchets ? Sur ces deux fronts la lutte s'organise :
ce mardi 20 mai 2008 :
-départ de cars de Carhaix pour manifester à Paris. Fermeture de toutes les mairies en signe de protestation.
-réunion publique à la salle polyvalente de Plouray à 20h30
ROUNDOPE : un printemps sans pesticides

MONSANTO ATTAQUE
Alors que nos ruisseaux et nos rivières sont fortement contaminés par les pesticides,
Alors que
qu’une étude du l’Inra et du Cemagref a mis en
évidence les risques liés aux pesticides et conduit
à mettre en place un plan Santé Pesticides,
Alors que le Grenelle de l’Environnement prône une réduction drastisque de l’emploi des pesticides,
Alors que de nombreux travaux scientifiques ont montré le
caractère cancérigène du glyphosate,
Alors que
les collectivités bretonnes multiplient les actions pour lutter
contre cette pollution et réduire l’usage de ces poisons
…
Alors
qu’il est indispensable que les particuliers accompagnent cet
effort en apprenant à jardiner et à entretenir leurs
propriétés sans pesticides…
Alors que les associations responsables luttent pour l’interdiction de vente des pesticides en libre service,
une
importante campagne publicitaire à la gloire du Roundup vient
d’être diffusée fin avril 2008 dans toute la presse
hebdomadaire bretonne !
Lors
même que Mosanto a déjà perdu un procès
(intenté par Eau et Rivières de Bretagne) pour
publicité mensongère en présentant pendant des
années ce produit comme biodégradable et
protégeant l’environnement
Cette
publicité scandalise les consommateurs d’eau qui savent
que la plupart des usines de production d’eau potable ont
dû s’équiper de traitements supplémentaires
pour éliminer les pesticides, et qu’ils en supportent les
coûts… Elle a aussi choqué tous ceux, élus
locaux, techniciens, responsables associatifs qui sont engagés
au quotidien sur les bassins versants pour contrer la banalisation des
pesticides et promouvoir d’autres méthodes
d’entretien des espaces verts, des voiries, de nos jardins.
Pour informer les Bretons, Eau
& Rivières de Bretagne a décidé à son
tour de diffuser une publicité en faveur du Roundope !
http://eau-et-rivieres.asso.fr.icodia.info/index.php?47/381
28 ANS APRÈS
La transmission est assurée.
Le cercle celtique de Douarnenez, sous la houlette de Gildas Sergent, ne se confine pas à la célébration du folklore breton.
Les 26 et 27 avril 2008, à Douarnenez, devant une foule compacte, leur création dansée "Plogoff an Arvest"" a fait l'unanimité. Nous avons désormais notre "Breizh Side Story".
En s'attaquant à l'histoire de la lutte de Plogoff, presque trente ans après, le risque était réel : celui de tomber d'un côté dans le réalisme de la reconstitution historique, ou, de l'autre, dans le machiavélisme d'un affrontement sans parole entre bons et méchants.
Ils s'en tirent à la
perfection en évitant tous les pièges, avec 60 acteurs
danseurs, batteurs de fûts et musiciens, une troupe comme les
compagnies professionnelles aimeraient aujourd'hui s'en offrir.
Il faut voir les gardes mobiles danser d'un bloc compact en envoyant valser les barricades. Dans leur élan, ce sont toutes les créations poussives des cultureux, ringardes d'avant-gardisme, qui voltigent de ridicule. Pas de danger que les "Korriged Is" soient invités au Quartz ! Et c'est tant mieux !
La complainte de Plogoff, création du groupe Storlok, chantée autrefois par Mona Jaouen, aujourd'hui par une belle pensardine en tricot rayé (Koulmig Hascoët), nous émeut toujours aux larmes. L'ombre du regretté Jean Marie Kerloch, l'ancien maire de Plogoff, plane alors sur l'assistance.
Le nouveau "clown atomique", Claude Le Bozec, est arrivé (cf son initiation sur la photo Ouest-France 28/04/08 ci-dessus, en tenue d'époque). Il ne lui restera plus qu'à affronter les gardes mobiles "in situ" lors d'un prochain conflit. Cela ne devrait pas manquer, par ces temps où les multinationales veulent imposer aux états leurs diktats (cf par exemple "Ploufragan" ci-dessous).
site de Claude Le Bozec, qui se construit une maison en paille : http://maisonpaillecombrit.over-blog.com/
Les anciens combattants toujours jeunes : Félix et Nicole le Garrec (leurs images de "Des pierres contre des fusils" sont projetées sur écran)... en compagnie des journalistes de l'époque, aujourd'hui retraités (ah l'ineffable Jean Charles Pérazzi ! auteur de l'article O-F ci-contre du 15/03/80), étaient au premier rang pour assurer la transmission de la flamme anti-atomique à ceux qui, à l'époque, pour la plupart, n'étaient pas nés.
Souvenirs, souvenirs...
PS : Bizarrement, le site officiel de la mairie de Plogoff (http://www.plogoff-pointeduraz.com/htfr/0005.htm) ne consacre pas une ligne à ces évènements, qui ont pourtant fait la renommée internationale de la commune. Sur leur site (il est vrai en gestation) les photos de paysages de la commune sont superbes, mais pas un merci à ceux qui ont contribué à les préserver. Trou de mémoire ? Ça se soigne !
UNE DERNIÈRE SCÉANCE est prévue le dimanche 12 juin 2011 à la salle des fêtes de CAVAN (22)

Dormez tranquilles brave gens ! L'armée veille sur vous. La preuve ? Cet accident survenu le 17 mars 2008, vers 11h, sur la nationale 164, au niveau de Plémet (22).
Un camion et sa remorque se sont retrouvés au fossé suite à un malaise du conducteur. Un deuxième véhicule identique suivait. Le convoi banalisé avait été affrété par la Marine nationale pour transporter des missiles (3 par véhicule) du centre de pyrotechnie de Brest vers un bateau basé à Toulon.
Les missiles risquaient-ils d'exploser ? Non bien sûr ! La meilleure preuve c'est qu'un périmètre de sécurité de 800 mètres a vite été établi autour du lieu de l'accident et une dizaine de maisons évacuées. Le temps de sortir, sans témoins, le camion et sa remorque de la douve. À la tombée de la nuit, les missiles repartaient sur Brest.
Le pompier placé au premier plan de la photo (prise par Yves Oliviéro - Le Télégramme), tenant courageusement sa lance a été baptisé "bouclier anti-missile". Il va bientôt être embauché en Afghanistan, où Sarko a décidé d'expédier 1.000 soldats supplémentaires, pour renforcer les 1.500 qui s'y trouvent déjà. Le risque se rapproche. Vive la politique de proximité !
Ajout au 24/03/08
La France s'apprête à
effectuer un nouvel essai du futur missile M51, d'ici la fin de
la semaine au centre de Biscarosses dans les Landes. Ceci en totale
violation du Traité de non Prolifération que notre
pays n’a pourtant signé qu'en 1992, en rejoignant 186
autres états signataires. Au moment où la
communauté internationale agit pour limiter la
prolifération nucléaire à de nouveaux
états, la France perd son crédit en
s’autorisant ce qu’elle interdit à d’autres.
ENQUÊTE PUBLIQUE et mairie annexe
Le commissaire enquêteur chargé, avec ses deux acolytes, de recueillir les dépositions concernant la centrale thermique de Ploufragan (voir plus bas à "Ploufragan") vient de transmettre au préfet des Côtes d'Armor ses conclusions (que ce dernier, bien évidemment, ignorait jusqu'ici !). L’avis est favorable. Les petites réserves, émises pour la forme, ne peuvent faire illusion. L'intérêt de GDF passe avant l'intérêt général. Le vote négatif de la totalité des treize municipalités concernées ainsi que celui, tout aussi unanime, de la Communauté d’Agglomération (CABRI) et de la CLE (Commission Locale de l'Eau) comptent pour du beurre.

Il fallait s’attendre à une telle conclusion : le chargé de communication de GDF, commanditaire de cette centrale, n’a pas lâché le commissaire enquêteur d’une semelle pendant toute l'enquête, se permettant de porter l’antienne à tous les citoyens venus déposer en mairie sur le registre public. Étrange liberté prise avec l'esprit du code de l’environnement concernant les enquêtes publiques, qui prend pourtant toutes précautions pour que l’enquête publique ne soit pas placée sous influence :
(Loi 2002-276 du 27 février 2002 art. 138 Journal Officiel du 28 février 2002)
Article L123-6
"Ne peuvent être
désignées comme commissaires enquêteurs ou comme
membres de la commission d'enquête les
personnes
intéressées à l'opération à titre
personnel ou en raison de leurs fonctions, notamment au sein de la
collectivité, de l'organisme ou du service qui assure la
maîtrise d'ouvrage, la maîtrise d'oeuvre ou le
contrôle de l'opération soumise à enquête. "
L'exigence
de neutralité, qui prévaut pour le choix du commissaire
enquêteur, prévaut à fortiori pour la
manière impartiale dont devrait se dérouler
l'enquête. Il s'agit d'un principe démocratique de base.
Faire pression sur un déposant c'est comme si un candidat
se permettait d'accompagner un électeur dans l'isoloir.
De Plogoff à Ploufragan à il n’y a que quelques lettres manquantes (deuxième f et o) pour y lire un superbe anagramme. Dans les deux cas, l’enquête publique a été pipée. C’est dire, qu’à 28 ans de distance, les mœurs politiques n’ont guère évolué. Les enquêtes, soi-disant démocratiques, destinées à recueillir l’avis de la population, sont toujours sous haute surveillance et le peuple est prié de se satisfaire d’une décision déjà prise.
Ne restait plus qu’à faire le lien entre ces deux évènements. C’était l’objectif de la manif réunissant ce samedi 8 mars 2008, à Ploufragan, à l'initiative du CURC (Comité Urgence Réchauffement Climatique), 300 citoyens venus inaugurer avec humour une « mairie annexe ». Un garde républicain, déjà présent à Plogoff, surveillait l’opération, bouée à la main (il s'agit d'une zone humide), pour empêcher GDF d'approcher et de venir troubler cette nouvelle enquête, placée, cette fois, sous le contrôle des citoyens et des élus locaux, présents en masse.
Un gros bloc à
échantillons a été présenté à
la population qui a pu choisir librement... la couleur du papier peint
du bureau du directeur de la future centrale. Vous voyez qu'on vous consulte !
Le burlesque n’est pas du
côté qu’on croit.
NOUVELLE FÊTE MANIF : le dimanche 18 mai 2008, sur le terrain du Pré Rio : inauguration d'une place de la Résistance avec totem géant. Pique nique. Jeux. Grillades galettes. (de 11h à 17h)
500 personnes ont participé à la fête, avec abattage d'une cheminée cracheuse de fumée, érection d'un totem protecteur sur le terrain de Pré Rio et inauguration d'une rue de Grenelle. De nombreux élus étaient présents pour manifester leur opposition à ce projet aberrant. L'abbé La Connerie de la Panne, grand exorciste délégué par l'évêché, a généreusement béni le totem en se fendant de quelques danses bretonnes rituelles pour éloigner Satan de cette zone humide. Ne manquait que le préfet, qui doit bientôt annoncer une décision sans surprise, tant il nous a habitué à ce simulacre de démocratie, pompeusement appelé "enquête publique". (photo Michel Guillaume)LE CHANOINE DU LATRAN : un nouveau théologien de la libération
... "Sans doute musulmans, juifs et
chrétiens ne croient-ils pas en Dieu de la même
façon. Mais au fond, qui pourrait contester que c'est bien le
même Dieu auquel s'adressent leurs prières ? Dieu
transcendant qui est dans la pensée et dans le coeur de chaque
homme. Dieu qui n'asservit pas l'homme, mais qui le
libère… "
Sarkozy, le 14 janvier 2008, devant le Conseil consultatif saoudien, à Riyad (Arabie Saoudite).
..."Dans la transmission des valeurs
et dans l'apprentissage de la différence entre le bien et le
mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le
pasteur parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du
sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par
l'espérance ..."
Sarkosy, le 20 décembre 2007 à St Jean de Latran (Rome)
ET POUR LES MÉCRÉANTS :
..."Casse-toi pauv'con"
Sarkozy le 23/02/08 au salon de l'agriculture de Paris. (Texte de Guaino)
Pour ceux qui s'intéressent
à la théologie et aux mythes fondateurs : un lien avec le
site d'Etienne Duval :
http://etienneduval.neuf.fr/La%20parole%20qui%20rit.htm


L'expédition élyséenne a bien eu lieu (cf article ci-contre). Sur la photo on ne voit, malheureusement pas, les vingt autres membres de l'aventure. Nous avons fait halte à Rennes le samedi, puis à Montreuil pour une animation de rue le dimanche après-midi, organisée par la Machinante (Didier Koeurspurs du 26 ROCKBROWN) qui nous accueillait. Ce lieu à lui seul vaut le détour.
Le lundi matin, quatre motards sont venus "encadrer" notre convoi, dont le mouton géant, à la sortie du périphérique. Après avoir grillé pas mal de feux rouges, grâce à nos motards zélés, nous avons atterri près de l'église St Augustin où une compagnie de CRS nous attendait. Seules trois personnes furent autorisées à accompagner Marc Morvan en direction de l'Elysée. Au portail présidentiel il a fallu encore abandonner derrière nous une des échassière déguisées en bigouden (ou l'inverse) car la consigne était formelle : pas plus de trois (comme le cheval) à pénétrer par la grille de la petite porte latérale de service.
Après le passage obligé au détecteur de métal et fouille de mon sac sous-ministériel, Marc a été invité à déposer ses deux statues sur le comptoir. Impossible, malgré notre demande, d'accéder à un quelconque secrétaire ou chef de cabinet. Refus également du préposé à la sécurité de signer le bordereau de dépôt des sculptures.
Au retour, nos accompagnateurs galonnés, plutôt courtois, ont demandé à se faire photographier à nos côtés.
Le mouton géant, qui était aussi de l'expédition, n'a pas pu approcher. Il n'aurait fait qu'une bouchée du petit Nicolas. le roi est nu ! Le bouffon a fait son boulot.
PLEIN DE PHOTOS DE L'EXPÉDITION SUR :
http://www.dailymotion.com/relevance/search/gradlon2/video/x4gazp_moutonparisdm_creation
et aussi sur : http://www2.balao.fr/marcmorvanalelysee/
Le
marché de l’électricité est maintenant
ouvert. Appâtés par ce sésame juteux, les
industriels privés se précipitent. Sous prétexte
de conjurer une éventuelle panne de réseau au moment des
pointes de consommation, ils prévoient d’installer un peu
partout en France -et en Europe-, surtout en proximité urbaine
–le coût du transport vers le consommateur est moindre- des
dizaines de générateurs à fuel ou à gaz.
Ceci en totale contradiction avec la consigne affichée au
Grenelle de l’Environnement de lutter contre le
réchauffement climatique et de favoriser les énergies
renouvelables.
Les requins
privés attendent leurs dividendes la bouche ouverte. À
Ploufragan -22-, c’est GDF et RTE qui sont aux commandes. «
Une centrale au gaz et au fuel en cas de panne », proclament-ils.
L’argument est plutôt clownesque quand on sait que la panne
viendra bientôt de l’épuisement des ressources
énergétiques fossiles. Une fois construit, ce
générateur sera rentabilisé à plein. Avec,
à la clef, des incitations publicitaires à consommer
l’électricité produite en excès. Adieu les
économies d’énergie ! 9/12/07

L’enquête publique et ouverte, en mairie des 10 communes
concernées, jusqu’au 7 janvier 2008. Courez vite y
déposer votre autographe !
Grande manif au Pré Rio (Châtelets) le samedi 5 janvier 2008 à 15h (avec discours du sous-secrétaire d'Étable au réchauffement climatique)
DERNIÈRE NOUVELLE : Après une lutte acharnée, toutes les communes concernée ainsi que la Cabri (Communauté d'Agglomération) viennent de voter un avis défavorable à ce projet ubuesque. (8/02/08)
NOUVEAU REBONDISSEMENT (27/02/08) : Malgré tous ces votes défavorables, le commissaire enquêteur, bien secondé par le chargé de com. de GDF, illégalement présent à ses côtés durant toute la durée de l'enquête, vient de rendre au préfet un avis favorable. Les quelques réserves émises ne compensent pas cette grave irrégularité de procédure (voir plus haut à "enquête publique").
Quand un sous-secrétaire d'étable s'aventure en zone humide (manif du janvier 2008 avec, à droite, la remorque podium)
(Photo Michel Guillaume)
Cher ODDC,
J’ai vu ton annonce dans « Le cri de l’ormeau »
de décembre 2007 (page 3). Tu cherches des « lieux
chaleureux » pour programmer, en avril prochain, ton festival des
« petits riens » chez des particuliers.
Ça tombe bien : je suis justement un particulier chaleureux. Ma
salle à manger satisfait presque à ton exigence de mettre
à ta disposition un lieu de 45 m2 minimum. Je m’engage,
pour y arriver, à abattre la cloison de ma cuisine.
De ton côté, tu feras, j’espère, un petit
effort. Voici celui que je te suggère : je te laisse empocher
les entrées et, en contrepartie, tu me files tes
subventions. Avec cette aide, que
j’imagine substantielle, je pourrai programmer les spectacles que
j’aime.
Dernier point : si tu proposes encore ton fameux cycle de spectacles
« en résistance », trouve-moi des kalachnikovs. La
denrée se fait rare et j’en ai grand besoin.
Bien à toi
Nicolas Môquet 02/12/07
Notes :
1-L’ODDC (Office départemental de Développement
Culturel) est un organisme "satellite" (l'expression est du président de l'ODDC) du Conseil
Général 22. Subventionné à plus de 90%, il
possède un monopole de fait sur la vie artistique du
département.
2-« Le cri de l’ormeau » est une revue mensuelle
annonçant les manifestations artistiques en département
22.
PS : Pour en savoir davantage sur le sujet, faites un petit tour, sur ce même site, à la rubrique "pouvoir artistique" (dans http://pagesperso-orange.fr/kergrist/vie.html)

AJOUT AU 20/12/07 :
BILAN ODDC
L’ODDC
vient de publier le bilan de son « festival des arts de la parole
» 2007. Au regard des 280.000 euros de budget
déclaré (on ne précise pas si ce chiffre englobe
les salaires des permanents ), on peut s’étonner de ne
n’y voir aucune mention des recettes. Quelle est, dans ce budget,
la part des entrées payantes, c’est-à-dire
authentifiée par une billetterie d’entrée
déclarée ? En l’absence de cet
élément déterminant, tout bilan chiffré
n’est que poudre aux yeux. La raison de
cette omission semble évidente. La part habituelle des recettes
de billetterie dans les comptes de l’ODDC se situe en dessous des
5%. Quel autre organisme culturel (festival ou compagnie) pourrait se
permettre de présenter un autofinancement aussi
désastreux ?
MANIF canal de Pont Triffen contre la destruction des écluses (24/11/07)
Discours du Sous-secrétaire d’Étables (arrivé sur le toit d’une péniche)
Excusez-moi j’arrive un peu en retard. J’étais au
Guilvinec à résoudre le problème des marins
pêcheurs (on entend « Enculé ! »). Qui
est-ce qui a dit ? C’est toi qui a dit ça ?
Ben descends un peu le dire. Descends un peu !

En ma qualité de Sous-secrétaire d’étables
aux canaux et aux tests ADN, j’ai été
missionné en Bretagne pour participer cet après-midi
à votre comice agricole, le président étant pris
du côté de Pékin, Djaména, Guilvinec,
Moscou, Nouille York et Montcul où il inaugurait ce matin des
chiottes publiques. La ville de Montcul vient d’être exclue
du Monopoly et le Président prend la chose très à
cœur.
Surveillez quand même bien l’écluse dans le virage
là-bas car il est chiche de se ramener en vedette me couper la
vedette en me piquant mes effets d’annonce.
C’est donc à moi qu’incombe, du moins pour
l’instant, la lourde charge de calmer votre grogne en planchant
sur les canaux et aussi sur les tests ADN. Car je cumule aussi ce
sous-ministère. Rassurez-vous, ce cumul est justement
rémunéré. Mon salaire vient d’augmenter de
200%.
À propos de grogne, je salue en passant Sébastien le
Balp, qui m’a prêté sa fourche, les bonnets rouges
et les chapeaux ronds ainsi que tous les timbrés, avec papiers.
Qu’est-ce que j’apprends ? Y’a des saumons qui
changent de nom en cours de route, s’appelant tantôt tacon,
tantôt smolt, tantôt castillon, tantôt Madeleineau.
Ce changement d’identité n’aurait-il pas pour but de
camoufler des sans-papiers ?
Qu’est-ce que j’apprends aussi ? On vient de
décider, du côté d’Orléans que les
canaux bretons n’auraient pas, eux non plus, de papiers en
règle et qu’il va falloir les expulser.
Et, pour couronner le tout, dans les fermes du coin, il paraît
que c’est aussi bourré de sans-papiers. Aujourd’hui
en Bretagne : 12 millions de cochons selon les organisateurs, 15
millions selon la police. Ce qui nous fait dans les 3 millions de
sans-papiers, mais qui, certes, nous mets aussi à l’abri
d’une pénurie d’andouilles.

Avant
d’en venir aux canaux, ce que j’imagine vous attendez tous,
permettez-moi, en tant que sous-ministre du Groëland, de dresser un
rapide bilan de notre récent Gronulle de l’environnement
qui vient d’aboutir à des résultats
décisifs. Je ne vous cite que quelques mesures radicales :
Les semences OGM viennent d’être suspendues par un
moratoire… qui va durer tout l’ hiver, saison comme chacun
sait très propice aux semailles.
Autre exemple : on ne construira plus d’autoroutes… sauf
évidemment exception : pour contourner les villes et pour aller
d’une ville à l’autre.
Autre mesure décisive : nous sommes déterminés
à diminuer de moitié ces pesticides qui empoisonnent
notre nourriture. Cette diminution se fera sur… deux
siècles. C’est dire notre grande détermination
à agir dans la durée, dans le cadre d’un
développement durable.
Pour limiter le réchauffement climatique, nous allons…
réfléchir, activité qui a l’avantage de
pouvoir durer également très longtemps, tout en
n’étant pas trop consommatrice en gaz carbonique.
Nous ne construirons plus de nouveaux sites nucléaires. Les
nouvelles centrales seront construites uniquement sur les 80 sites
déjà existants, dont Brennilis.
Ah le nucléaire ! cette grosse cocote minute inventée par
Papin à la fin du 17ième siècle, transformant la
vapeur en électricité, avec 70% de perte, belle
innovation qui ne provoque pas de gaz à effet de serre…
même si elle produit, par-ci par-là, grâce à
ses déchets, quelques petites mutations chromosomiques. Suite
à ces mutations, si vos petits enfants naissent un jour avec
quatre pieds, certes ça vous coûtera un peu plus cher en
sabots, mais, avec quatre jambes, c’est quand même plus
pratique pour courir après les vaches. Et si d’autres
naissent avec deux langues, cela favorisera en Bretagne la cause du
bilinguisme et facilitera aussi la prise de salive pour les
contrôles ADN.
Mais venons-en aux canaux ! S’ils sont pollués, chacun
sait que ce n’est pas à cause des gentils riverains qui
ont rasé tous les talus pour gagner plus en rasant plus et qui
répandent pesticides, lisier et nitrates sur leurs champs. Ce
n’est pas non plus à cause des stations de traitement des
eaux, ni des piscicultures, ni du tout-à-l’égout
des particuliers. Non, les coupables sont ailleurs. Nous les
tenons enfin. Grâce au flair de quelques vaillants limiers de la
fédération de pêche, nourris exclusivement au
saumon sauvage. Les coupables, je le dis bien haut et fort, ce sont les
écluses.
Ah ! elles cachaient bien leur jeu ces salopes quand elles couinaient
des gongs pour se faire plaindre à chaque passage de
péniche ! Le ravinement des terres, le lisier, les pesticides,
les nitrates : c’étaient elles. Elles nous pissaient tout
ça la nuit en douce. Et l’agence de l’eau n’y voyait que du feu. Heureusement que le
président de l’agence, le brave Ambroise de Pouldreuzic, a
mené une enquête minutieuse permettant de disculper nos
amis riverains en dénonçant enfin les vrais coupables.
Nous avons donc engager de vaillants Talibans kamikazes : ils vont
s’attacher une ceinture de dynamite autour du ventre afin de se
faire sauter avec les écluses, ces ennemis ignobles contre
lesquels nous venons de lancer une fatwa. Allah Akbar ! Dieu est grand
et Ambroise est son prophète !
Et quand nous en auront fini avec les écluses, il nous restera
encore du boulot : combler la tranchée de Glomel, creusée
en toute illégalité par des bagnards, au détriment
du marais initial et de ses si jolis moustiques, si
représentatifs de la diversité du biotope. Puis effacer
toutes traces du passage de l’homme, cet ennemi de
l’écosystème. Mener un travail de taupe dans le
biotope et, enfin, l’apothéose, mettre un saumon sur le
trône, lui, qui, jusqu’ici, terminait plutôt dans
l’assiette. Allah Akbar ! Morts aux écluses et vive
Cro-Magnon !
Un saumon un peu tendancieux, dont je n’ai pas
vérifié l’ADN, que j’ai récemment
reçu au ministère, m’a raconté comment il
était parvenu sans dommage, grâce aux échelles
à poissons, à rejoindre sa belle, nageant des mers du
Groëland jusqu’aux frayères de l’Aulne sur les
hauteurs des monts d’Arrée. Il m’a expliqué
que sa crainte principale, pendant ce long parcours,
n’était pas de sauter les écluses mais de se faire
sauter dans la poêle des pêcheurs. Il se trompe bien
évidemment. En cette affaire, je serai impartial, intraitable :
si je fais sauter les écluses, j’interdirai aussi les
poêles.
Quant à la terre, aux lisiers, aux pesticides et aux nitrates,
ils ont vocation naturelle à aller à la mer pour donner
naissance aux fameuses algues vertes, si prisées des touristes,
car si typiques de la Bretagne côtière… alors que
le saumon, lui, a vocation à remonter dans l’autre sens,
vers la source. Les uns descendent, les autres remontent. Le
problème s’est d’éviter qu’ils ne se
croisent en cours de route, ce qui devient source de conflits.
J’ai donc demandé à Ambroise de Pouldreuzic de
faire installer des pipelines à lisier et à nitrates le
long du canal, dans les rigoles de ceinture.
Les communes pourront ainsi puiser directement leur eau en se branchant
sur ces pipelines, ce qui ne les changera pas beaucoup. En pompant dans
le canal, elles prenaient jusqu’ici trop de risque : un poisson
pouvait passer sans crier gare par le robinet dans le biberon du
bébé, au risque de l’étouffer. Si certaines
communes le préfèrent, elles pourront aussi se brancher
sur des tonnes à pinard, ce qui nous permettra, dans la
foulée, de résoudre la crise viticole.

Reste le problème posé par les péniches, car ce
canal, si je me souviens bien, a, au départ, il y a près
de deux siècles, été aménagé pour
elles. J’ai réfléchi toute la nuit avant de venir
et j’ai trouvé la solution : il faut leur mettre des roues
à ces péniches et les transformer en camping car. La
nationale 164, juste à côté, sera heureuse de les
accueillir et, en plus, elles pourront aller beaucoup plus vite car
c’est une honte aujourd’hui de ne faire que du 8 km heure,
alors qu’il faut aller beaucoup plus vite si on veut gagner plus.
Quant aux promeneurs, flâneurs et randonneurs,
glandeurs, qui aiment se balader le long des berges et du halage, sans
motif nettement défini, gratuitement en plus -c’est dire
s’ils ne sont d’aucune rentabilité pour notre
économie- nous leur proposerons un vaste ensemble touristique,
construit ici, à Pont Triffen, avec un superbe canalorama,
payant, avec promenade virtuelle, en relief, le long du canal que nous
auront pris soin de filmer avant de le détruire.
Reste les kayakistes, un nom qui flaire l’étranger
à plein nez. Avec leurs deux K, ne feraient-il pas partis du PKK
? Nous les conduirons donc dans un centre de rétention ultra
moderne avec cascades d’eau vive construites avec les vielles
pierres des écluses.
Je n’oublie pas les pêcheurs à la ligne. Comme, sur
certaines portions du canal, il n’y aura même pas un filet
d’eau pour faire remonter une loche, non demanderons aux enfants
des écoles -qui en ont déjà l’habitude lors
des kermesses du curé ou du cochon laïc de l’amicale
grillée- de fabriquer des pochettes surprise et des poissons en
chocolat pour les attacher au bout des lignes. Ainsi, plus aucun
pêcheur ne rentrera le soir bredouille.
Et alors le canal, enfin débarrasser de tous ses gêneurs,
pourra retrouver sa vocation initiale de tout à
l’égout.
Et si Isabelle, qui balade, quelques écluses plus bas, ses 3
pénichettes et ses 4 pédalos, veut sauver sa peau, elle
n’a qu’à se transformer en saumon.
Quant à moi j’ai fait mon choix. Je me mets
délibérément du côté de
l’ethnie aujourd’hui dominante en me transformant tout de
suite… (il met son masque)… en cochon.
Si certains ont encore des questions à poser, ils peuvent
le faire par Internet où mon sous-ministère vient
d’ouvrir un site, ce qui me permet de dialoguer avec la populace
sans prendre un jet de lisier dans la gueule. Je vous en donne
l’adresse : WWWC-7-1-Q-K-P-T.
Allah Akbar ! Dieu est grand ! Le cochon est son prophète !
Pont Triffen 24/11/07
- photos Paul Pairel (1-2), Yves Pouchard (4), Pierre Morvan (3 et 5)
SUITE :
Le
30/11/07 à Orléans, le Comité de Bassin a
pris la décision par un vote (50 voix pour, 10 voix contre
et 30 abstentions) de conserver au canal sa vocation initiale de voix
navigable. Il reste maintenant à s'attaquer au problème
de la pollution de l'eau. On espère que les défenseurs du
canal seront aussi nombreux aux avant-postes de cette lutte.
NOUVEAU : Retour visuel sur la problématique du conflit surgit à l'automne 2007 :
le
projet de destruction de 98 écluses du Canal de Nantes à
Brest .
Cliquer sur ce lien pour décharger un diaporama exposant les enjeux et dessous de l'affaire :
NUCLÉAIRE, le retour
À
lire ces temps-ci la presse, le nucléaire aurait encore de beaux
jours devant lui. Un puissant lobby sait tirer partie des crises
énergétiques pour le promouvoir dans l’opinion. En
1974 c’était la crise pétrolière, en 2005 le
réchauffement climatique. Jean Marc Jancovici, par exemple, un
expert conseil se disant « indépendant » -qui n'est autre que le conseiller particulier de Nicolas Hulot- se
répand en conférence sur « l’avenir
climatique », magnifiant le nucléaire, une énergie
« propre ».
Pourtant rien de plus obsolète comme technique : fabriquer de la
vapeur à partir d’un combustible non renouvelable pour
ensuite la transformer en électricité,
c’est-à-dire – d’après le principe de
Carnot- avec plus de 50% de perte. Une vraie gabegie
énergétique ! Autant l’éolien ou le
photovoltaïque constituent une avancée technique, autant le
nucléaire marque une régression nous renvoyant à
la machine à vapeur de Papin (inventée en 1687).
Certes, comparé au seul thermique à base de charbon, la
production de CO2 s’en trouve réduite. Mais
qu’est-ce que ce gain à côté de la
production, pour des milliers de générations, de
déchets dangereux dont on ne sait que faire ? Entre
léguer aux générations futures un
réchauffement climatique contre lequel on peut encore lutter et
un poison nucléaire irréversible, mon choix est vite fait.
5/11/07
"DÉBARRAGE"du canal de Nantes à Brest
Pour
répondre aux objectifs de qualité de l’eau
recommandés par Bruxelles à l’horizon 2015,
l’agence de l’eau Loire-Bretagne vient de préconiser
le démantèlement des canaux bretons. La connivence entre
des technocrates, soucieux de rentabilité à court terme
et d’écolos bornés, opposant nature et
culture, risque de porter un rude coup au patrimoine de Bretagne
intérieure, construit autour du canal de Nantes à Brest.

Dans la logique apocalyptique de ces quelques jusqu’au-boutistes
de l’environnement, il faudrait aussi, pour revenir à
l’état naturel, combler la tranchée de Glomel pour
y reconstruire le marais initial, milieu très riche s’il
en est, détruire le barrage de Glomel et celui de
Guerlédan.
L’homme
et son travail fait partie de notre biotope. On appelle cela la
culture. Détruire notre patrimoine, sous prétexte de
satisfaire l’assiette d’un petit lobby de pêcheurs de
saumon, procède d’une logique d’ayatollah
détruisant les statues de Bouddha : sus au travail de
l’homme et vive le retour à Cro-Magnon !
Tous les
usagers du canal (sportifs, randonneurs, amoureux du patrimoine,
consommateurs d’eau, plaisanciers, kayakistes…) ne
devraient avoir qu’un but commun : le retour à la
qualité de l’eau. En ce domaine, les solutions magiques
n’existent pas. Plutôt que de fermer les yeux en tirant la
chasse avec les technocrates de Bruxelles, il nous faut agir sur les
vraies causes de la pollution. Affaire autrement plus subtile ! Chiche
?
4/11/07
Note au 5/11/07
Un ami me fait remarquer, à juste titre que, dans l'affaire, "les technocrates de Bruxelles" n'y sont pour rien, puisque la décision a été prise par l'agence de l'eau et son président Ambroise Guellec, Conseiller régional, maire et député européen UMP. Je propose donc une autre version des deux dernières phrases : "Les gros pollueurs du canal ont enfin trouver un alibi écologique : la pollution c'est pas nous, c'est la faute aux écluses. Plutôt que de fermer les yeux en tirant avec eux la chasse..."
TOUS À LA PREMIÈRE MANIF PRÉVUE CE SAMEDI 24 NOVEMBRE 2007 APRÈS-MIDI À L'ÉCLUSE PONT TREFFIN -CLEDEN-POHER-29
ECOLOCLOWNERIE
Lors du Grenelle de l’environnement, le
personnage clownesque du « sous-secrétaire
d’étables aux colloques agricoles », que j’ai
baladé pendant des années, de fêtes en manifs, a
trouvé plus ubuesque que lui. Oyez plutôt :
Les semences OGM sont suspendues par un
moratoire… qui va durer l’hiver, saison comme chacun sait
très propice aux semailles.
On ne construira plus d’autoroutes…
sauf exception notoire : pour contourner les villes et pour aller
d’une ville à l’autre.
On va diminuer de moitié les
pesticides… sur deux siècles. C’est dire notre
grande détermination à agir dans la durée, dans le
cadre d’un développement durable.
Sur le réchauffement climatique, les
incinérateurs, les biocarburants nous allons…
réfléchir, activité qui a l’avantage de
pouvoir se prolonger longtemps sans être trop consommatrice en
gaz carbonique.
Nous allons développer le transport par
rail… c’est-à-dire le TGV. Les usagers des lignes
secondaires, comme les vaches, auront le droit de regarder passer le
train.
Nous allons proposer une taxe sur les voitures
polluantes… Les pauvres iront à pied, ce qui les
réchauffera leurs pieds sans pour autant réchauffer la
planète.
Il ne sera plus construit de nouveaux sites
nucléaires… les nouvelles centrales le seront sur ceux
déjà existants.
Et Hulot, Voynet, Bové d’applaudir.
Vraiment bon public ces écolos !
C’était le moment choisi par Bruxelles
pour entrer en scène avec une surenchère clownesque
encore plus désopilante : l’annonce de l’abandon de
notre patrimoine fluvial par le démantèlement des canaux
bretons (le Télégramme du 28/10/07).
Au secours, nos clowns sont devenus fous !
Jean Kergrist
Clown retraité 28/10/07
Si
vous voulez réagir à ce texte, il se trouve aussi sur le
blog Ouest-France, avec de multiples réactions :
Additif au 5/11/07 :
L'annonce par Sarkozy du gel des nouveaux sites nucléaires est
à pleurer de rire : la France a déjà plusieurs
centaines de sites nucléaires répartis sur tout le
territoire et les projets de nouvelles installations sont tous sur des
sites déjà existants :
- le réacteur EPR est prévu sur le site de le centrale nucléaire de Flamanville (Manche)
- le
réacteur à fusion nucléaire ITER est prévu
dans le site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône)
- l'usine GB2 d'enrichissement de l'uranium est en construction sur le site nucléaire de Pierrelatte (Drôme)
- le site
d'enfouissement des déchets nucléaires à Bure
(Meuse) a déjà été créé.
Mais plus c'est gros, plus ça marche ! Encore 5 points de gagner dans les sondages clownesques !
CHASSE PÊCHE NATURE... ET RELIGION
En mai-juin, à
l’abbaye de Bon Repos (St Gelven-22), la culture officielle
costarmoricaine (CG22/ODDC), offre aux autochtones du Centre Bretagne
(appelés aussi « population locale »), une biennale
d’art contemporain intitulée « murmures ». Sur
un thème cher au candidat Nihous, un joli texte annonce
l’expo. Petit extrait. Accrochez-vous, ça va
décoller !
"Le
projet de Victoria Klotz, à la dimension onirique, est
centré sur l’idée d’une mystique de la
chasse. Inspirées de la légende de la construction de
l’abbaye de Bon-Repos, des photos montées dans des
caissons lumineux, figurent endormis des chasseurs locaux pratiquant
les différents types de chasses du Centre Bretagne.
Retranchés chacun dans leur espace intérieur, dans un
état paradoxal de lâcher prise, une sorte «
d’absence d’être au monde », ils sont
installés dans « une relation physiquement intime avec
leur biotope » pour explorer le lien fusionnel d’ordre
quasi-religieux entre la communauté des chasseurs et la nature.
Présentée en parallèle, la séquence
filmée d’un chien à l’arrêt, lui aussi
figé dans un instant de suspension, souligne la dimension
particulièrement intériorisée de la chasse pour
chacun de ses acteurs."
La population locale, dans son
être au monde en relation physiquement intime avec son biotope,
se retrouve, avant même d’avoir vu l’expo, en
état de lévitation avancée.
J.K. 13 mai 2007
DEUXIÈME TOUR

LALI ET SES PARENTS DOIVENT POUVOIR VIVRE EN PAIX À SAINT-BRIEUC
Des parents d’élèves d’une
classe du collège Anatole Le Braz de Saint-Brieuc viennent de
constituer un groupe de soutien, pour l’instant informel. Ils
sont en effet confrontés à un grave problème
concernant une élève de 6ième, Lali, amie de leurs
enfants, fille de réfugiés sans papiers, présents
à Saint Brieuc depuis déjà 2 ans.

1-RÉSUMÉ DE LEUR HISTOIRE
La mère, Leila, chrétienne orthodoxe dont la famille est
originaire d’Ossétie du Sud, habitait en Géorgie.
Elle a fui le Caucase et les lynchages ethniques accompagnant la guerre
entre la Géorgie et l’Ossétie du Sud (1990-92)
après la dislocation de l’URSS. «
L’épuration ethnique » qui s’y est
déroulée est comparable à celle de Bosnie,
même si elle a été moins médiatisée.
La zone est, aujourd’hui encore, en proie aux tensions
permanentes au point que l’ambassade de France «
déconseille fortement » aux Français de s’y
rendre (site Internet du ministère).
En octobre 1990 la famille de Leila est attaquée par une milice géorgienne. Son père fusillé.
Réfugiée en Ossétie du Nord (début 1991
à fin 1993), elle y a rencontré son mari, Emzar,
originaire d’Azerbaïdjan, vivant avec ses parents à
Voronej (Russie). Ils s’installent donc à Voronej et
s’y marient selon le rite orthodoxe. Lali naît en 1995.
Considérés avec mépris comme des «
caucasiens », ils ne peuvent obtenir un permis de séjour.
L’enregistrement temporaire, auquel ils sont soumis, coûte
de plus en plus cher.
Fin 1998, excédés par la persécution dont ils sont
l’objet à Voronej, ils décident de
s’installer en Azerbaïdjan, à Gandja, dans la maison
des parents d’Emzar. La persécution recommence, cette fois
parce qu’ils sont chrétiens orthodoxes dans un pays
où l’Islam est religion officielle. Ils doivent faire face
à des tentatives d’enlèvement de Lali. En octobre
2001, Emzar est torturé par la milice (perte d’un
œil), son frère défénestré. Leila et
Lali repartent pour Voronej (Russie). Emzar les rejoint en mars 2002,
après l’incendie de sa maison.
À Voronej, les persécutions ethniques envers les
Caucasiens redoublent. Les skinheads, agissant en bandes
organisées, sont devenus le bras armé de la milice. Leila
est agressée par eux. Conduite à l’hôpital,
on lui refuse un certificat médical. Ils sont cachés par
des amis dans un petit village avoisinant Voronej, le temps
d’organiser leur départ pour l’Europe. Emzar passe
la frontière en juin 2003.
Après une nouvelle agression par les skinheads, Leila et sa
fille tentent de regagner l’Ossétie du sud, son pays
d’origine. Elles se font refouler à la frontière
géorgienne n’ayant ni citoyenneté géorgienne
ni citoyenneté russe. Elle apprend que la maison familiale est
désormais habitée par un policier. On la somme, sous
menaces, de renoncer à son titre de propriété.
En juillet 2004, après avoir vendu tout ce qu’elle
possédait, Leila, accompagnée de Lali, passe la
frontière européenne pour rejoindre Emzar à Saint
Brieuc.
2-QUELQUES COMMENTAIRES
-La famille de Lali est victime d’une sorte de « double
peine » : on leur refuse les papiers, permettant
l’accès à la citoyenneté, à la fois
en France et dans leurs pays d’origine. Ils sont rejetés
de partout : pour les Géorgiens, se sont des traîtres
Ossètes. Pour les Russes, des traîtres Géorgiens.
Pour les Azerbaïdjanais des renégats orthodoxes. Pour les
Français, des sans-papiers apatrides.
-Meurtre, lynchages, persécutions par les milices, menaces de
kidnapping de la fille, tabassage de la mère, attaques par des
Skinheads, maison du père brûlée, celle de la
mère confisquée... Depuis 15 ans, ils ont tout
enduré et sont à bout.
-Jusqu’ici, leurs demandes d’asile
réitérées à l’OFPRA (Office
Français de Protection des Réfugiés et Apatrides)
faites au nom du père et de la mère ont toutes
échoué. Une demande familiale est en cours. Le CADA
(Centre d’Accueil pour Demandeurs d’Asiles), qui les
hébergeait à Saint Brieuc, leur a demandé de
quitter le petit appartement qui leur servait d’ultime refuge.
Pour aller où ? Avec quelles ressources ?
-Lali, 12 ans, est parfaitement intégrée. Excellente
élève, elle parle le français avec beaucoup de
subtilité, suit des cours de dessin, de danse et de piano. Le
père est prof de judo et plâtrier, la mère
esthéticienne... sans, évidemment pouvoir aujourd'hui
exercer leur métier.
-Leur histoire
est la résultante du racisme ethnique, nationaliste et
religieux. Le Caucase est constitué d’une multitude de
familles ethnolinguistiques et religieuses, mais cela n’explique
pas tout. Il y a aussi les stratégies économiques et les
enjeux planétaires (Gaz et pétrole de la Caspienne). Ces
enjeux « expliquent » en grande partie une présence
militaire et policière exacerbée dans cette région
du globe et les « dégâts collatéraux »
qui s’en suivent.
-La France, qui proclame, dans le préambule de sa Constitution,
son attachement aux Droits de l’Homme (article 1 : « Les
hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit »),
se ferait honneur d’être fidèle à ses propres
principes en faisant passer la dignité des personnes avant les
stratégies pétrolières.
le 20 avril 2007
Contact et dons d’urgence : Marianne Hamon
21 Rue Coëtlogon St Brieuc Tél : 02 96 77 24 39
Chèques au nom de l’association ASTI (Association de Soutien aux Travailleurs Immigrés)

DERNIÈRES NOUVELLES : Le
comité de soutien du collège Anatole Le Braz, avec
l’aide de ASTI (Association de soutien aux travailleurs
immigrés), les a aidés a trouver un appartement en se
portant caution du paiement du loyer (Il nous faut collecter 180 euros
par mois). Un parrainage civil de Lali a eu lieu à la mairie de
Ploufragan le 23 mai 2007.
Le 18 juin 2007 (date historique !), ils ont reçu du
préfet de Saint Brieuc une OQTF (Obligation à quitter le
territoire français). Ils ont engagé un recours gracieux
et, par avocat, fait appel de cette décision auprès du
Tribunal Administratif de Rennes. L’audience est fixée au
4 octobre 2007.
13 août 2007
DERNIÈRE
HEURE : Le T.A. De Rennes a rendu son jugement en date du 18 octobre :
l’OQTF du préfet des Côtes d’Armor est
annulée. Le préfet est mis dans l’obligation par le
tribunal d’accorder une carte de séjour temporaire
à la famille Guseinov portant la mention “vie
privée et familiale”, ceci dans un délai d’un
mois. Dans cette attente, il doit leur délivrer sous 48h
une autorisation provisoire de séjour.
22 octobre 2007
CATASTROPHE
: Le préfet des Côtes d'Armor s'acharne a détruire
cette famille. Au dernier jour du délai, il a fait appel de la
décision du T.A de
Rennes. Son recours est désormais sur le bureau du tribunal
d'appel de
Nantes. Le jugement n'est pas à espéré avant
6 mois. Tout est brisé : Emzar venait de trouver du travail dans
sa spécialité (plaquiste). Il va nous falloir
réactiver la collecte pour les aider à payer leur loyer
et les frais de justice.
26 novembre 2007
UNE PÉTITION PEUT ÊTRE SIGNÉE EN LIGNE SUR LE SITE DU RÉSEAU ÉDUCATION SANS FRONTIÈRES :
"http://www.educationsansfrontieres.org/?article6597" (CLIQUEZ SUR CE LIEN)
VICTOIRE ! LE PRÉSIDENT DE LA COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE NANTES VIENT DE DÉCLARER IRRECEVABLE LE RECOURS DU PRÉFET (notification reçue le 29/02/08)
PÂQUES : PETITS RIENS, GROS OEUFS
Tous les ans,
avec les cloches, le copinage artistique départemental des
Côtes d’Armor reprend ses droits avec un festival des
"petits riens" gros budget.
Après la
résistance autoproclamée de l’automne
("Théâtre en résistance"), l’ODDC nous
annonce avec audace du « socialement incorrect ». Que
d’efforts de communication pour tenter de se démarquer
d’une culture officielle !
On nous annonce
aussi comme une étonnante innovation, pourtant vielle comme le
monde, des marionnettes « manipulées à vue ».
Dans
l’affaire, le « manipulage à vue » concerne
surtout l’ODDC, financée à 90% par un
Vice-Président du Conseil Général aussi
président de l’ODDC. On n’est jamais si bien servi
que par soi-même !
Quant aux
troupes et artistes, contribuables du département trop «
socialement incorrects » pour bénéficier de la
manne pascale, qu’ils aillent se faire sonner les cloches ou se
faire cuire un œuf (au choix) !
J. K. 8/04/07
Manif EPR Rennes
17/03/07
Discours du sous-secrétaire d'étable aux nouveaux mutants.
Électeurs, électrices, électrichiens, Monsieur le
chou Préfet, Messieurs les RG (entre parenthèses, si vous pistez dans le fond de la place trois
José Bové, sachez qu'il y en a deux en trop. Tirez bien
sur ses moustaches avant de lui passer les menottes.)
En ma qualité de chou
secrétaire d’étables aux nouveaux mutants, mutant
moi-même, mutant à mi-temps, merci de m’avoir
invité aujourd’hui à votre superbe comice agricole.
Je n’ai pas encore aperçu les vaches mais je vois
déjà les veaux. Depuis un mois, c’était le
18 février, nous sommes entrés avec les Chinois dans
l’ère du cochon, ce qui veut dire que nous n’avons
pas fini de rigoler : en Bretagne aujourd’hui, 12 millions de
cochons selon les organisateurs, 15 millions selon la police, ce qui
nous met à l’abri d’une pénurie
d’andouilles.
Moi-même, enfant,
déjà prédestiné aux plus hautes fonctions,
j’adorais faire des tours de manège sur le dos d’un
cochon en bois. La langue de bois m’est venue avec mon
entrée en politique. Et le cochon qui en moi sommeille, ne
demande qu’à s’épanouir pour réaliser
son rêve de mutant.
Je suis venu à Rennes vous
encourager à promouvoir les moyens naturels de mutation, qui ont
l’avantage de se passer des greffes de visage, certes
spectaculaires mais combien dispendieuses pour le trou de la
Sécu. Il suffit, comme moi, de ne rien refuser de ce que nous
offre la modernité rurale. Mon parcours est exemplaire :
- Il y a trente
ans, pris d’un accès de fièvre acheteuse, forme
bretonne ancienne de la grippe du poulet, je me suis mis à
ingurgiter de manière boulimique colorants, émulsifiants,
conservateurs, édulcorants, épaississants, amincissants,
stabilisants, arrosés d’une bonne eau nitratée.
- Il y a
quelques trente ans encore, je me suis senti beaucoup mieux grâce
à la déferlante des 200 tranches de pudding
nucléaire accordées par nos pâtissiers Mesmer et
Giscard. Il y a vingt cinq ans, à l’ombre de la centrale
de Brennilis à l’agonie, j’ai respiré
à pleins poumons le nuage de Tchernobyl, si riche en subtils
rejets de césium, ceux que n’avait pas totalement
réussi à refouler à la frontière notre bon
professeur Pellerin.
- Il y a vingt
ans, je me suis enhardi à ingurgiter en masse des pesticides,
herbicides, fongicides. C’était à la portée
de toutes les bourses et des miennes en particulier. Pour cela,
suffisait d’habiter près d’une ferme modèle
de la FNSEA. Lors d’une bonne pulvérisation, il y en a
toujours suffisamment à passer par-dessus le talus.
C’était ma période Gaucho, bien connue des
abeilles, toutes un peu gauchistes.
- Il y a dix
ans, grâce aux incinérateurs qui se multipliaient pour
brûler les déchets divers et d’été,
plastiques des villes et les plastiques des champs, fleurissant au
printemps entre les rangées de maïs pour récolter
les primes de Bruxelles, je me suis farci de poulets à la
Dioxine, accompagnés de frites belges à l’huile de
vidange, toujours arrosés d’eau parfumée au lisier.
- Enfin, depuis
cinq ans, j’ai mis à mon menu tout ce qui contenait des
OGM : riz, maïs, soja, betteraves, corn flakes, kouign
aman… C’était ma période Monsanto, mais
attention : je l’ai fait sous contrôle toxicologique.
Parfaitement madame, on fait des contrôles ! Sur qui ? Sur des
souris et des rats. Qui fait ces contrôles ? Et bien les
boîtes qui produisent les OGM tiens ! Elles sont quand même
les mieux placées pour juger de leurs dégâts.
Les résultats de ces contrôles ?
Alors là, top secret ! Je ne peux rien vous dire. Je suis tenu,
par ma fonction, au devoir de réserve. Pas question que ces
résultats tombent dans des mains d’un Ben Laden qui
risquerait de les disséminer lors d'un attentat suicide contre
un EPR.

En
vérité, en vérité je vous le dis : regardez
les oiseaux des champs, ils ne sèment ni ne
moissonnent et pourtant ils bouffent des OGM. Puisque nous en
avons désormais la possibilité, en plus de respirer le
délicat césium de Flamanville, semons aussi à tous
vents du maïs transgénique. Nos enfants, grâce aux
mutations induites pourront ainsi naître avec quatre jambes, ce
qui est quand même plus efficace pour courir après les
vaches, même si cela coûte un peu plus cher en sabots.
D'autres naîtront avec deux langues ce qui fera avancer en Bretagne la cause du bilinguisme.

Ah ! Ce mot
transgénique me met en transe, mais quelque chose, je
l’avoue, aussi me gêne : dans transgénique il y a
nique, comme ta mère, mais surtout comme titanique. Et je
surveille à l’horizon l’iceberg sur lequel on va
bientôt se casser la gueule, mettant ainsi fin à une si
belle odyssée… rimant avec sang contaminé qui rime
lui-même avec procès.
En octobre dernier, au tribunal
de Carcassonne, deux PDG d’une multinationale étaient au
banc des accusés, suite à une plainte de la
Confédération paysanne : Mr Mon et Mr To. Et pour une
fois José Bové était du côté des
plaignants, non des accusés. On les accusait d’avoir
fait entrer illégalement en France des semences de soja sans
papiers. Bizarrement, mon collègue de l’intérieur,
Mr Sarko, pourtant expert à refouler les sans papiers, n’a
rien fait pour les expulser. D’où mes doutes et interrogations. Mon
gouvernement est dans l’embarras car si ces PDG, Mr Mon et Mr To,
pourtant propre sur eux, sont condamnés il nous faudra faire
face à des frais supplémentaires. Au lieu de la paire de
menottes habituelle, celles qui servaient pour José Bové,
il nous en faudra deux, car Mr Mon et Mr To sont toujours ensemble, on
n’a jamais vu Mon sans To.
Et rebelotte fin janvier au
tribunal de Lyon. Nos deux amis Mon et To ont été
à nouveau condamnés à 15.000 euros pour
publicité mensongère, suite à une plainte de
l’association Eau et Rivières de Bretagne qui trouvait que
leur Roundup n’était pas aussi biodégradable
qu’annoncé sur l’étiquette. Mais
quand arrêtera-t-on d’emmerder ces deux braves. Veux-t-on
les séparer ? Veux-t-on voir Mon sans To ?
Photo Dominique Bernard
Certes la mondialisation va bon train, mais n'exagérons rien. Il
nous reste des espaces de liberté, quelques cours de
récré au milieu des cours de la bourse. Certes Total
s'occupe des plages, Nestlé engraisse les veaux. Certes la
terre, l'air et l'eau, de Bogota à Calcutta,
d’Asnières à Plougastel Daoulas vous sont
aujourd'hui offert aux couleurs de Rhône Poulenc, (Salut Hulot
!), Monsanto, Cogéma, Aréva… mais faudrait quand même
pas exagérer : le feu, que je sache, n'a pas encore
été totalement privatisé. Les pompiers ne roulent
pas encore tous pour Vivendi. Au creux de l'incendie, il vous reste un
espace de liberté pour griller vos brochettes en faisant flamber
quelques bagnoles de banlieue.
Certes les politiques, qui
avaient vocation depuis les Grecs à gérer pour nous ces
éléments premiers que sont l'air l'eau le terre et le
feu, ont, depuis quelques temps, un peu déserté le
chantier. Mais c'est parce qu'ils ont été appelés aux
urgences, pour conduire la voiture-balai des éclopés de
la mondialisation. De quoi vous plaignez-vous ? La démocratie
vous donne encore le droit d'élire vos brancardiers et quand le
fisc vous pompe votre fric, vous pouvez toujours l'imaginer déguisée en belle
infirmière vous pompant autre chose.
Et toi José, roi des
faucheurs, patience ! Tu vas bientôt battre Nicolas et
Pimprenelle. Sans oublier le vieux borgne de St Cloud et
François les grands feuilles. Certains, comme Nelson
Mandéla, sont passés directement de la tôle
à la présidence. Ce qui, logiquement devrait impliquer
aussi le parcours inverse : le passage direct de la présidence
à la taule. Mais là, pour des raisons très
obscures et qu'il ne m'appartient pas d'élucider, cette
réciproque est plus difficile à constater. Une question
me brûle pourtant les lèvres : José, quand tu seras
président, exerceras-tu ton droit de grâce envers Jacquou
le Croquant, le croqueur de frais de bouche, d’emplois fictifs,
de fausses factures, de commissions sur travaux et de voyage
payés en liquide ?
José, toi qui dans les années 70 chantais
l'Internationale sur le plateau du Larzac, as-tu chanter assez fort,
assez Roquefort ? Ta voix n’a-t-elle pas été
couverte par celle de tes brebis. Tu donnais le la, elle donnait leur
lait. Et l'internationale des capitaux, appelée aussi
mondialisation, a coiffé sur le fil l'internationale des
travailleurs, appelée par Arlette Laguiller. C’est la loi du
libéralisme, José : que le meilleur gagne. Bonne
chance pour ton prochain match : la grande course au sac de
l’Élysée pour laquelle tu manques non seulement de signatures mais aussi
d’entraînement car tu n’as pas assez appris
à ramper. Mets toi donc à quatre pattes.
Si l’homme vient du singe,
il faut bien qu’il y retourne. En faisant étape au passage
par le cochon. C’est une exigence de la biodiversité.
Donnons une chance à chacun de nos gènes. Laissons nous
féconder par la pollinisation sauvage des champs
expérimentaux ainsi que par les effluves des longues
cheminées de Flamanville. Brevetons le vivant, car le brevet,
à défaut du bac, est un diplôme valable, pouvant
déboucher sur un Contrat Nouvelle Embauche.
Et soyez
comblés, vous les tenants d’un développement
durable : ces mutations sont durables, car totalement transmissibles
à la descendance. Mon fils, par exemple, en stage dans une
coopérative agricole, à, comme moi, une jolie petite
queue en tire-bouchon et ma cochonne de fille, qui vient de concourir
pour la Star-Ac, de grandes oreilles, atout tellement avantageux quand
il s’agit d’y accrocher des piercings. Et je ne vous dis pas
la taille de son string !
N’oubliez pas ce que Jacquou , mon patron, vous a dit il y a 8
jours à la télé : le nucléaire va nous
sauver du réchauffement climatique, ce méchant loup qui
fait fondre la calotte polaire. Bandes d’anticléricaux !
À force de répéter « à bas la calotte
», vous l’avez fait fondre. Pour sauver la calotte une
seule solution : revenir à la religion. La religion du tout
nucléaire.
Venons-en à la question des déchets
nucléaires. Quand donne à manger au chien, il faut bien
s'attendre à ce qu'un jour ou l'autre il fasse sa crotte. Nous
qui, au milieu des années 70, avons construit la niche du cabot,
en compagnie des D'Ornano, Giscard, Pompidou, Mesmer, Peyrefitte, Poniatowski, Debré, j'en
passe et des plus cons, ne nous étonnons pas aujourd'hui de
marcher dans la crotte. Le petit chien est devenu un vrai pitbull et,
à Flamanville, Didier Anger marche dans la crotte.
Heureusement
nous est venue du ciel la verte Dominique, qui, assumant
généreusement l'héritage pluriel, nous
a tiré de la merde en signant en 1999 le décret autorisant
l'enfouissement des crottes sous la burka, ou plutôt sous la
Bure. (Normalement, à cet endroit, je devrais perdre 1%
d’opinions favorables. Comme apparemment personne n’est
parti, je continue !)
Quant aux
autres, glorieux combattants du Hezbollah de Plogoff, Malville,
Erdeven, Le Pellerin, Fesheneim, Flamanville... qui, depuis plus de 30 ans, avez
bravement affronté la bête, je comprends aujourd'hui votre
réticence à en avaler les étrons. Certes vous
êtes très cohérents, mais aussi un peu cons. En
refusant l'enfouissement des crottes, vous allez provoqué la
constipation du chien, et attention : un cabot, même tout petit,
une fois constipé, devient aussitôt très
méchant. Couché Sarko!
Faites
confiance au grand philosophe Lagaffe, technicien de surface pour
cerveaux disponibles à TF1, quand il chante à la
télé "Il est beau il est beau le labo, il est laid, il
est laid le bidet" car, à Bure, ce n'est pas un chiotte qu'on
vous propose mais un labo avec un grand L, comme Lionel, avec
carrelage, pipettes et éprouvettes, à rendre jaloux Jack
Lang et les cochons en batterie, qui aimeraient bien, eux aussi, pisser
dans la porcelaine.
De pots en
dépôts, bonjour le dépotoir : marées noires,
marées vertes, fientes et lisier, déchets divers et
d’été : notre vieille terre souffre d'incontinence.
Il faut lui acheter des couches culottes pour troisième
âge car les couches géologiques, manifestement, ne
suffisent plus. Tout ça évidemment de la
faute à Eau et Rivières de Bretagne. Je vous invite donc,
tout à l’heure après le comice, à aller
faire un tour à Brest pour aider les paysans à saccager
leurs bureaux.
En attendant,
dans l'état actuel de la question, je ne vois qu'une solution
pour éliminer les déchets : faire appel à un as de
la disparition. Personnellement j'en connais deux : le magicien David
Cooperfield, qui a déjà réussi à escamoter
un train, pour le joindre adressez-vous à son imprésario,
et le grand navigateur malouin, le docteur Godard, qui a
déjà réussi à faire disparaître en
mer sa famille entière. Pour le joindre adressez-vous à
la gendarmerie locale qui fera suivre.
Si vous voulez
d'autres lumières sur la question, vous pouvez contacter mon
sous-secrétariat aux nouveaux mutants sur Internet. Nous y avons
ouvert un site « second life », sur lequel nous
espérons pouvoir un jour enfouir les déchets. Ce site
nous permet aussi à mon gouvernement de dialoguer avec la
populace sans prendre un jet de lisier dans la gueule. Je vous en donne
l'adresse :
-Pour les déchets solides : wwwc/OQPHIÉ.PQ Vous tomberez directo sur mon chef de cabinet.
-Pour les déchets gazeux : wwwc/C1QKPT.
L’évolution, mes
amis, passe obligatoirement par des mutations, ce qui nous
réserve parfois quelques surprises, charme de l’inconnu.
Moi-même, par exemple, en ce moment, j’ai des doutes sur ma
véritable identité. J’ai encore un peu de mal
à me faire à mon nouvel instinct et à ma
nouvelle voix. Mais mon psychiatre, un superbe verrat de la Cooperl
à qui on a greffé un porte monnaie et une paire de
lunettes, m’encourage à aller à fond dans le sens
de ma nouvelle nature. (Il met son masque de cochon. Grognement, cris).
Devinez le point commun entre le Crédit Mutuel de Bretagne,
Montpellier Agglomération et l'ODDC 22 (Office Départemental
de Développement Culturel des Côtes d'Armor)?
Tous les 3, dans leur pub, nous invitent à tirer la langue.
À croire que les publicitaires qui ont lancé ce
concept se copient pardessus l'épaule. Du coup l'impertinence
supposée sombre dans la banalité, la résistance
affichée se dilue dans l'effet de mode. N'est pas Einstein
qui veut !
J.K. 25/11/06
" THÉÂTRE EN RÉSISTANCE "
À partir de fin octobre
2006, en Côtes d'Armor, le théâtre entre en
résistance. Au signal de l'ODDC (Office Départemental
de Développement Culturel ), nous sommes tous invités
à " délier nos langues " et même
(à voir l'affiche) à la tirer. Je n'attendais que
ce signal pour prendre le maquis. Je me découvre tout à
coup très con d'avoir attendu tant d'années avant
d'ouvrir ma gueule, au risque de passer pour un honteux collabo.
L'oeuvre est immense. Tirer la langue ne s'improvise pas. Par
où commencer ?
Je vais d'abord me faire adouber par un parrain en maçonnerie.
Comme au théâtre : rien de tel qu'une bonne loge
pour participer de près au spectacle. Sans réseau
d'influence, la résistance manque d'efficacité.
Ensuite, bien introduit dans le milieu, je m'encarte en politique.
Ça tombe bien, aujourd'hui on distribue des cartes à
prix cassé. Je finirai bien par décrocher un petit
boulot. Conseiller Général m'irait bien. Ce mot
" général " me fait déjà
flipper.
Une fois en place, je crée une association bidon dont je
me nomme président d'office. Avec ma casquette politique,
je me vote une subvention le matin que je vais chercher l'après-midi
avec ma casquette associative.
Combien je m'accorde ? Ne lésinons pas sur le magot. Un
million cinq cent mille euros pour commencer. Pour résister
faut de la thune et la thune on la prend où elle se trouve
: dans la caisse. C'est quand même moins risqué que
d'attaquer une banque.
Que vont dire les artistes fauchés ? S'ils gueulent à
la concurrence déloyale, je les programme dans mon cycle
" résistance ". Ceux qui résistent encore
? Je les harcèle au téléphone en leur annonçant
que s'ils ne la ferment pas ils n'auront plus un rond de leurs
maigres subventions. S'ils persévèrent ? Rien à
faire contre ces fils de ploucs, nés sans savoir vivre,
sinon serrer les fesses en attendant qu'ils clamsent !
Et ensuite je résiste à quoi ? C'est là que
ça se complique. Il y a tellement de causes. À tout
et à rien. À l'air du temps. Pas trop près
de Lamballe si possible. Faut pas mettre en question le modèle
économique qui fait la richesse de mon financeur.
Cette résistance me rend vraiment très joyeux. Ça
tombe à pic : c'était le but du jeu. Je trinque
" au lendemain qui arrive " et qui sera encore plus
résistant si demain j'obtiens encore un peu plus de pognon.
12/10/06
Ce texte a été choisi par Didier Pillet, Rédacteur en chef d'Ouest-France pour une chronique sur le blog de Ouest-France. Il a suscité à ce jour des dizaines de commentaires. 12/11/06
Une machine à récolter et à nettoyer les algues vertes vient de faire son apparition à St Michel en Grève. Le centre de valorisation des algues de Pleubian (22) vient de découvrir que ces algues contenaient du sucre. Le déchet tant redouté passe désormais au statut de matière première : le sucre, une fois extrait dans une usine de Pontivy, est amalgamé à de l'argile. Cette mixture est ensuite donnée aux cochons : elle a le pouvoir de digérer les toxines présentes dans le tube digestif de l'animal. Le directeur de l'usine annonce " à l'avenir nos besoins en algues seront énormes " (Le Télégramme). En résumé : pour donner de la confiture aux cochons, il faudra de plus en plus de cochons. Comme le disait Ionesco : " caressez un cercle, il deviendra vicieux ".
20/09/06
Un Mac-Do vient de s'implanter à Lamballe, le long de la quatre voies (il s'agit de restauration rapide !). Lors de l'inauguration (Le Penthièvre), les élus n'ont pas tari d'éloge sur cette avancée civilisatrice. Loïc Cauret, (surnommé dans le coin Loïc Goret) maire de Lamballe, s'est félicité d'apprendre que le resto servait du cochon lamballais produit par la Cooperl. Et nous qui imaginions que le Mac c'était du pur boeuf ! Le député Marc le Fur était aux anges : désormais il pourra mener ses enfants au Mac-Do " sans sortir de sa circonscription ". Noble ambition politique pour un élu de l'assemblée nationale !
15/09/06
à Rédaction Ouest-France St Brieuc, 26/03/06
Chers rédacteurs,
Par deux fois en des termes identiques (O-F du 16/03 et Guide O-F dimanche du 26/03) vous nous annoncez le lancement pour avril des Petits Riens de l'ODDC " au bout du bout des territoires du département pour tenter de créer du lien social et donner de l'art à ceux qui, au fond des campagnes, pensent que c'est trop compliqué et pas fait pour eux ".
Je tiens à faire savoir amicalement à l'auteur anonyme de cette citation rapportée par vos soins qu'au " bout du bout des territoires du département " il y a autant de lien social qu'au centre du centre. Les indigènes campagnards de ces territoires oubliés n'ont pas attendu le don de l'ODDC pour se frotter à l'art, même s'ils se sont contentés de petits riens pour le promouvoir. La distorsion de concurrence créée par ces tsunamis culturels à gros budgets qui submergent ces territoires 2 ou 3 fois l'an est plutôt de nature à distendre le lien social qu'à le créer.
Bien cordialement à vous.
Appel international contre le réacteur nucléaire EPR
NON à l'EPR, OUI aux alternatives au nucléaire
Alors que notre pays est déjà largement suréquipé en centrales nucléaires et qu'il est urgent à la fois de maîtriser les consommations d'énergie et de développer les énergies renouvelables, le gouvernement français a demandé à EDF de construire un nouveau réacteur nucléaire de type EPR (European Pressurized Reactor) à Flamanville dans la Manche.
L'intention du lobby est de nous mettre une fois de plus devant le fait accompli et de nous imposer à terme le renouvellement de tous les réacteurs existants par des réacteurs EPR.
Pourtant, la construction d'un réacteur EPR est une mauvaise décision à tous les points de vue
* Au point de vue énergétique
: la France est en situation de surproduction électrique
et n'a donc besoin d'aucune nouvelle centrale avant plusieurs
décennies. Le nucléaire représente certes
78% de l'électricité consommé en France,
mais seulement 15% de notre consommation totale d'énergie,
et... 4% de la consommation énergétique mondiale!
Il ne peut pas non plus se substituer à l'usage du pétrole
dans les transports. Il n'est donc pas une réponse au réchauffement
climatique.
* Au point de vue économique : ce chantier de plusieurs
milliards d'euros entraînera un retard dommageable dans
les nécessaires investissements de l'industrie française
vers d'autres solutions énergétiques, sans résoudre
les difficultés inhérentes au secteur nucléaire.
* Au point de vue social : les énergies renouvelables et
la maîtrise de l'énergie sont bien plus créatrices
d'emplois et porteuses d'avenir. A investissement équivalent,
un programme éolien produirait deux fois plus d'électricité
et créerait près de 5 fois plus d'emplois - comme
le montre l'étude "Eole ou Pluton?" réalisée
en 2003 par l'association Détente.
* Au point de vue environnemental : l'EPR n'apporte aucune
amélioration notable quant à la sûreté
nucléaire ou à la gestion des déchets radioactifs,
dont le fardeau continuera à peser sur les générations
futures.
Parce que nous refusons la perpétuation
des risques du nucléaire;
Parce que nous refusons que le lobby nucléaire nous
impose un nouveau réacteur;
Parce que nous refusons la confusion entre service public et intérêt
du lobby nucléaire;
Parce que nous savons que cet investissement inutile restera finalement
à la charge des clients d'EDF et des générations
futures;
Parce que nous voulons que l'avenir s'ouvre à des énergies
renouvelables, décentralisées, propres et sans risques;
Ensemble, nous disons NON à l'EPR et nous soutenons le grand rassemblement de Cherbourg contre l'EPR, les 15 et 16 avril 2006
Nous signons cet Appel contre l'EPR et nous appelons au grand rassemblement de Cherbourg (*), qui sera également l'occasion de commémorer les 20 ans de la catastrophe de Tchernobyl.
signez ici "http://www.stop-epr.org/comment-fr.php"
(*) Rassemblement à l'initiative du Collectif Régional de Normandie et de l'Ouest "L'EPR, non merci, ni ailleurs, ni ici !" et du Réseau "Sortir du nucléaire".
Le collectif régional est composé de : Attac Centre Manche. Attac Sud Manche. Alternative citoyenne/La Gauche autrement. Alternative Libertaire. Collectif contre l'enfouissement des déchets nucléaires Athis de l'Orne. COEDRA Mayenne. COEDRA 35. Confédération paysanne Basse-Normandie. CRILAN. GRAPE. LCR. Manche Nature. Mayenne Nature Environnement. Pays de Granville Environnement. Greenpeace. Groupe Radical Citoyen Vert au Conseil Régional. Sud Solidaires Manche. UFC Que Choisir Saint-Lô. Les 7 vents du Cotentin. Les Verts Basse Normandie. Les Verts Haute Normandie. Les Verts Mayenne.
Le Réseau "Sortir du nucléaire" est une Fédération de 720 associations.
Toute ma compassion au préposé à la prise d'antenne sur Canal + lors de la nuit des Césars. Le pauvre Laurent Weil interviewait les vedettes à leur arrivée au Châtelet en tentant de couvrir le slogan des intermittents massés dans la rue : " pas de cinéma sans intermittents ". Pour l'enfoncer un peu plus, la régie nous proposait, en médaillon à l'écran, la scène du théâtre occupée par ces mêmes intermittents. Le journaliste, sacrifié sur l'autel de Canal et de ses financeurs du MEDEF, n'en finissait pas de délayer son cauchemar en tentant de boucher un trou, plus profond que celui des annexes Assedic.
2/03/06
MANIF anti OGM
ST BRIEUC 18/02/06 (extraits)
Électeurs, électrices,
électriciens, Monsieur le Préfet
En ma qualité de sous secrétaire d'étables
aux nouveaux mutants, mutants moi-même comme vous pouvez
le constater, mutant à mi-temps, je suis venu participer
ce samedi à votre pique-nique près de ses grilles
préfectorales en forme de barbecue vertical qui a vu passer
des pique-niques plus musclés. Ceci pour vous encourager
à promouvoir les moyens naturels de mutation, qui ont l'avantage
de se passer des greffes de visage, certes spectaculaires comme
on a pu le voir récemment à la télé,
mais combien dispendieuses pour le trou de la Sécu.
...
Depuis deux ans j'ai mis à mon menu tout ce qui contenait
des OGM : riz, maïs, soja, betteraves, corn flakes, kouign
aman. Attention : sous contrôle toxicologique. Parfaitement
madame, on fait des contrôles ! Sur qui ? Sur des souris
et des rats. Qui les fait ? Et bien les boîtes qui produisent
les OGM tiens ! Elles sont quand même les mieux placées
pour juger de leurs éventuels dégâts. Les
résultats de ces contrôles ? Alors là, top
secret ! Je ne peux rien vous dire. Je suis tenu, par ma fonction,
au devoir de réserve. Pas question que ces résultats
tombent dans des mains malintentionnées d'un juge Burgaud.
Imaginez alors le gâchis ?

Pour parfaire mon look, il me reste à programmer une croisière sur les côtes d'Afrique à bord du Clémanceau. Miam miam l'amiante.
Aujourd'hui le résultat de ces expérimentations vous pouvez l'observer sur ma tronche : je suis passé de l'autre côté de la barrière transgénique. En passe de rejoindre l'ethnie désormais dominante en Bretagne : 12 millions de cochons selon les organisateurs, 15 millions selon la police, ce qui nous met à l'abri d'une pénurie d'andouilles.
Si l'homme vient du singe, il faut bien qu'il n'y retourne. Avec
étape par le cochon. C'est ça la biodiversité.
Donnons une chance à chacun de nos gènes. Laissons
nous féconder par la pollinisation sauvage des champs expérimentaux.
Brevetons le vivant, car le brevet, à défaut du
bac, est un diplôme pouvant déboucher sur un CPE.
Et soyez comblés, vous les tenants d'un développement
durable : ces mutations génétiques sont totalement
transmissibles à la descendance. Mon fils, par exemple,
en stage dans une coopérative agricole, à, comme
moi, une jolie petite queue en tire-bouchon et ma cochonne de
fille, qui vient de concourir pour la Star-Ac, de grandes oreilles,
atout tellement avantageux quand il s'agit d'y accrocher des percings.
Et je ne vous dis pas la taille de son string.
N'ayons pas peur de l'évolution. Elle passe obligatoirement
par des mutations, ce qui nous réserve parfois quelques
surprises, charme de l'inconnu. Moi-même, par exemple, par
moments, j'ai encore un peu de mal à me faire à
mon nouvel instinct et à ma nouvelle voix. Mais mon psychiatre,
un superbe verrat de la Cooperl à qui on a greffé
un porte monnaie et une paire de lunettes, m'encourage à
aller à fond dans le sens de ma nouvelle nature.(Grognement
de cochon, cris). Vive les OGM, vive la France. (Il sort en poursuivant
un participant).
Le Couvreur, l'artiste et l'écrivain
(petite fable)
Quand le couvreur fait parler de
lui dans le journal c'est plutôt mauvais signe. C'est qu'il
travaillait au noir, que les voisins l'ont dénoncé,
les flics épinglé et le tribunal condamné.
À moins qu'il ne soit tombé de la toiture et qu'il
est déjà quasiment mort. Un bon couvreur, bien en
règle avec la loi, prudent sur sa toiture, ne fait jamais
parler de lui.
Pour l'artiste, c'est le contraire. Si on ne voit pas son nom
et sa binette pendant un mois entier dans le journal c'est qu'il
est cuit, oublié, laminé. Il ne lui reste qu'à
pointer aux Assedic. Plus comme intermittent, mais comme vrai
chomdu.
L'écrivain est un cas à part : comme la vache, il
a besoin de beaucoup ruminer avant de lâcher son lait. Voilà
pourquoi il rase les murs pour rester seul avec ses pensées.
Il les cache sous un chapeau et des lunettes fumées pour
éviter qu'elles ne s'envolent. Le plus dur c'est qu'il
doit ensuite, comme l'artiste, faire le zouave dans le journal
pour que son bouquin se vende.
Fichu métier que celui d'artiste écrivain ! Ecartelé
entre se montrer et se planquer ! Un vrai boulot d'équilibriste
! Comme celui de couvreur !
6/02/06
Réf : Le supplément au Monde "Spécial cadeaux" du 25 novembre 2005
Fidèle lecteur du monde depuis 30 ans, j'imaginais constituer la base de votre panel de lecteurs moyens. Je viens d'en avoir la preuve. Ma famille cherchait des idées de cadeaux à me faire pour Noël. Votre supplément "spécial cadeaux" est venu à mon secours. J'ai longuement pensé leur demander une montre Piaget à 13 700 euros, mais, devant leurs mines effarées, je me suis vite rabattu sur le sac de voyage Tod's à 7 500 euros, puis sur le stylo Graf von Faber-Castell à 2 300 euros, pour enfin trouver un objet dont le choix a semblé les soulager : une ceinture Celio "avec transfert de photos" à 19,90 euros. Pouvez-vous me dire en quoi consiste ce transfert de photos agrippé à la ceinture ? Et merci au Monde de me faire rêver au futile d'une condition sociale hors norme partagée avec le commun de vos lecteurs.
J.K. 28/11/05
"LA GAVOTTE DU COCHON" À SAINT BRIEUC
Le TNP se promène toujours
avec plusieurs spectacles dans son sac. Parmi eux, "La gavotte
du cochon", prix régional de Bretagne 2000 à
la création artistique. Joué plus de 150 fois dans
toutes les régions de France, ce spectacle, qui fait rire
petits et grands, n'a encore jamais été programmé
dans la région de Saint-Brieuc/Lamballe * où ce
ne sont pourtant pas les équipements culturels qui manquent.
La culture officielle, celle sous tutelle politique, aurait-elle
peur d'entendre le mot "cochon" résonner dans
sa fameuse "baie des cochons" ? Y verrait-elle une allusion
à son impasse économique plombée par les
algues vertes ? Ce "cochon" renverrait-il au cochon
sauvage, le sanglier, relevant de fantasmes maléfiques
peuplant les méandres de l'imaginaire breton ?
Les médiateurs-coordinateurs-programmateurs, qui foisonnent
sur ce territoire, sont-ils à ce point débordés
pour ne pas avoir le temps de jeter un oeil au spectacle ? Auraient-ils
peur d'un rire trop subversif ? Auraient-ils jeté l'éponge
devant la difficulté de classer l'objet dans une de leurs
catégories favorites : conte, clown, théâtre,
variété, humour, parole d'été, petit
rien, grand tout, grosses subventions ?
Heureusement, il reste les bistrots, recours traditionnel des
dissidences artistiques.
"La gavotte du cochon" au Verdelet , quartier Croix St Lambert à 21h le vendredi 4 novembre.
*À l'exception d'une soirée privée, au Bleu Pluriel de Trégueux, organisée par le Crédit Mutuel de Bretagne devant 500 personnes.
SUITE
Cette soirée du 4 novembre a vite affiché complet.
Gilles, patron du Verdelet, a donc décidé, pour
tous les spectateurs recalés, de remettre le spectacle
à l'affiche de son bar . Cela se fera le vendredi
soir 3 février 2006. Réservations au même
numéro.
NON AU DÉMANTÈLEMENT
DES ÉCLUSES DU CANAL DE NANTES À BREST
Plusieurs écluses du canal de Nantes à Brest sont
aujourd'hui menacées de démantèlement.
Quelques pêcheurs du Finistère et du Morbihan, alliés
de circonstance à quelques aménageurs ne jurant
que par les routes, ainsi qu'à des élus des Côtes
d'Armor, à l'affût d'une aubaine honorable pour se
débarrasser d'une voie d'eau qu'ils rechignent à
remettre en état de navigabilité, font pression
avec insistance sur les SAGE (Shémas d'aménagement
et de Gestion de l'Eau) de l'Aulne et du Blavet pour qu'ils remettent
à l'état sauvage la partie centrale du canal (Aulne
et Haut-Blavet). Ceci sous prétexte de " libre circulation
des espèces migratrices ". Par un glissement sémantique
aussi audacieux que tendancieux, les écluses sont assimilées
à des "barrages" et l'affaire audacieusement
appelée " débarrage ".

Si ce lobbying parvenait à
ses fins, le fragile équilibre d'un écosystème
bicentenaire risquerait d'être brutalement mis en péril.
Faune et flore sont d'une richesse inouïe et, au fil des
décennies, un consensus entre les différents utilisateurs
(pêcheurs, communes et sociétés fermières
de distribution d'eau, sportifs en eau vive, randonneurs, plaisanciers,
riverains, écologistes, touristes, agriculteurs...) s'était
établi. Ce consensus se fonde sur un objectif noble, hélas
bien loin d'être aujourd'hui atteint : la recherche de la
qualité de l'eau. Ce lobbying prend le risque fou de le
faire d'éclater.
Tout le monde ne peut être que
pour "la libre circulation des espèces migratrices",
à condition d'y inclure aussi l'homme. Est-il pour cela
nécessaire de supprimer les écluses du canal ? Les
passes à poissons, conçues à grands frais
en relation avec les fédérations départementales
de pêche, ne rempliraient-elles plus leur rôle ? Tout
nous porte à croire le contraire. Sur l'Ellé, par
exemple, rivière "débarrée" s'il
en est, les pêcheurs n'atteignent jamais leur quota de prises
de saumons, alors qu'en comparaison sur l'Aulne, grâce aux
écluses maintenant le débit d'étiage, ces
quotas sont toujours atteints et aujourd'hui le saumon remonte
jusqu'aux Monts d'Arrée. Sur les passes à poissons
"nouvelle génération", le taux de franchissement
est en moyenne de 95%.
Ce n'est pas l'eutrophisation, constatée
dans tel ou tel bief, qui crée la pollution mais les pratiques
culturales alentour. Évacuer la pollution plus rapidement
vers la mer reviendrait à casser le thermomètre
au lieu de s'attaquer durablement aux causes de la fièvre.
Certes l'entretien et la valorisation d'un patrimoine de cette
ampleur (écluses, échelles à saumon, glissières
à canoës, aires de repos) peut paraître exorbitant
au regard du nombre de saumons ou de péniches qui passent.
Mais, à moins de s'appeler Ubu, il ne viendrait à
personne l'idée folle de détruire les innombrables
chapelles bordant ce même canal sous prétexte que
les fidèles n'y fassent que rarement dévotion !
Au moment où le canal du midi
se voit inscrit au patrimoine de l'humanité, la Bretagne
n'aurait-elle d'autre projet d'avenir que détruire ses
écluses et d'inscrire le canal de Nantes à Brest
à la nomenclature des friches industrielles du 19ième
siècle ?
Arrêtons vite cette farce de mauvais goût et consacrons
nous, tous usagers du canal confondus, à la reconquête
de la qualité de son eau. 29/08/05
1-le 16 août 2005
NANTES ET SES " ESCLAVES DE L'INTÉRIEUR "
à la presse et à la mairie de Nantes
La tournée aquatique du TNP le long du canal de Nantes
à Brest (cf rubrique "à l'affiche") s'achève
aujourd'hui. Elle était destinée à honorer
la mémoire des bagnards de Glomel, condamnés militaires
républicains, déserteurs de la guerre d'Espagne
sous la Restauration.
Toutes les villes étapes, contactées dès
octobre 2004, ont répondu favorablement à notre
proposition à la notable exception de la ville de Nantes.
C'est pourtant cette ville qui, au 19ième siècle,
a tiré la plus grande richesse du trafic généré
par ce canal.
L'adjoint à la culture de la ville (Mr Y. Guin), sans même
daigner nous accorder le rendez-vous que nous lui demandions,
nous a écrit en date du 19 novembre 2004 :
" Il n'est pas possible, pour des raisons de rigueur budgétaire,
de répondre favorablement à votre demande ".
Suite à la défection de Nantes, cette tournée
s'achève donc à Sucé sur Erdre. Le bilan
est plus qu'honorable : de 300 spectateurs (Peillac) à
700 spectateurs (Malestroit) à chacune des représentations
(moyenne de 500 spectateurs par représentation). À
la fin de chaque spectacle, nous avons organisé une collecte
des pièces roses en annonçant notre intention d'aider
la ville de Nantes à surmonter sa mauvaise passe budgétaire.
Nous en avons récolté 1,706 Kg, que nous nous honorons,
ce mardi après midi, de remettre à Mr Guin pour
la ville de Nantes.
Petite souris face à l'éléphant, il ne nous
viendrait jamais à l'idée de contester les choix
culturels d'une ville dont nous ne sommes pas contribuables. Nul
ne peut cependant nous interdire de nous en amuser. Nous avons
appris (" La lettre à Lulu ", été
2005) que l'éléphant baladeur avait coûté
2 millions 263 mille euros à la ville de Nantes. Par comparaison
et sous le seul angle de la " rigueur budgétaire ",
les 700 euros que nous lui demandions pour y faire étape,
afin d'honorer la mémoire de ses " esclaves de l'intérieur
", nous paraissent assez incongrus... du luxe royal à
la sobriété républicaine !
Jean Kergrist,
2-Suite au 22/08/05
POUR 406 GRAMMES DE PLUS
à Monsieur Guin,
Adjoint à la Culture de la Mairie de Nantes
Cher Monsieur Guin
Veuillez trouver, ci-joint, des coupures de presse concernant
notre équipée nantaise ainsi que le produit de notre
dernière quête de pièces roses à Sucé,
que nous n'avions pas encore collectées lors de notre passage
en mairie : 0,406 kg, ce qui fait un total de 2,108 kg.
Nous avons, comme promis, fait étape le 16 août à
Nantes afin d'y évoquer la mémoire de ces condamnés
du canal qui, au 19ième siècle, ont contribué
à la prospérité de votre ville. Nous aurions,
certes, souhaité une étape plus festive et, si vous
aviez daigné nous accorder le rendez-vous demandé
en octobre, nous aurions sans doute pu mieux vous expliquer notre
démarche et notre projet. Le mépris n'est jamais
bon conseiller.
Connaissant le coût des politiques de communication destinées
à promouvoir l'image des villes, je suis navré d'avoir
fait grimper la note. Les 7OO euros demandés initialement
pour l'achat de ce modeste spectacle pèsent peu aujourd'hui
au regard des quelques milliers de spectateurs qui, chaque soir,
ont éclaté de rire à la lecture de votre
lettre et des quelques milliers de lecteurs des articles d'Ouest-France,
de Presse Océan, de La lettre à Lulu ainsi que des
auditeurs de Radio Alternante.
Les gueux montent aux grilles de votre palais et il vous faudra
autre chose que de l'argent, des vigiles (il y en avait 4 à
nous entourer à la mairie), des communicants, des designers,
des promoteurs pour ré-enchanter notre vie politique.
Si vous passez par Glomel revisiter le berceau de votre famille
nous aurons l'occasion d'en reparler amicalement autour d'un verre
de cidre.
Sans rancune aucune.
Jean Kergrist
L'attente en mairie de Nantes: élus et chefs de services sont aux abonnés absents. Que des vigiles !
3-Suite au 08/09/05
l'accusé de réception
DE LA"VILAINE ACTION" À LA "BONNE ACTION"
Nantes, le 5 septembre 2005
Cher clown,
Soyez remercié pour l'immense générosité du public en faveur des "paillettes" nantaises. Le C.C.A.S. de Nantes bénéficiera en fait de vos dons, qui s'élèvent à 2,108kg, soit 17,07 euros, ce qui permettra de transformer votre vilaine action, flatteuse pour votre ego mais totalement décalée par rapport à le réalité de la politique nantaise en une bonne action.
Recevez, cher clown, mes salutations les plus distinguées.
Yannick Guin, adjoint à la
culture.
à l'équipe de Charlie
Quand le clown aveugle ne fait plus rire, la délicatesse consiste à lui indiquer discrètement la sortie du chapiteau. Pauvre Philippe Val ! Aveugle mais aussi sourd ! Il s'acharne, de semaines en semaines, à répondre à une question qui n'est pas posée :"Êtes vous pour ou contre l'Europe ?". À Charlie, au soir du 29 mai, un "référendum des courageux" devrait être envisageable. Avec le départ probable de Raffarin, l'opportunité d'une fenêtre de tir se présente. Si le peuple est souverain, l'équipe de Charlie doit l'être aussi. Guidez avec ménagement votre gâteux de premier ministre vers la sortie pour vous choisir un plus jeune. Je suggère Cavanna. Il commencera sans doute par rétablir le courrier des lecteurs pour aérer un peu le chapiteau. 25/05/2005
AREVA
Areva,
ex Cogéma, qui ne fréquente pourtant que de loin
les particuliers, veut nous vendre son rêve : le nucléaire.
Une grosse campagne de pub tous azimuts dans les médias
prépare le terrain pour les futures constructions de centrales
qui pointent à l'horizon raffarinesque. La bande dessinée,
en quatre planches joliment colorées, s'adresse aux grands
enfants que nous sommes et qui n'ont pas encore compris les bienfaits
de cette énergie. Areva mérite d'être cru
car, sous son logo, figure le label autoproclamé d'"experts
en énergie". Une des quatre planches traite de l'épineux
sujet des déchets. Le mot n'est jamais prononcé.
La chose s'appelle désormais "combustibles nucléaires
usés". On y apprend que 96% du "combustible usé"
est recyclé après traitement. On oublie de préciser
s'il s'agit de 96% du volume ou de 96% de la toxicité.
Areva est décidément un grand magicien, même
si le lapin sorti du chapeau ressemble plutôt à un
mammouth. (8/04/2005)
BIENTÔT ICI ON VENDRA DE L'EAU
Cette belle tourbière éventrée
se trouve aux sources du ruisseau Saint Jacques, près de
Rostrenen (22).
Ce ruisseau, qui se jette dans le canal de Nantes à Brest
en a déjà vu d'autres : une pollution due à
un abattoir à poulet, une autre due à un foirail
sans bassin de décantation, et une troisième due
à la rupture d'une cuve de gas-oil dans une exploitation
agricole. Réussira-t-il cette fois à sauver sa peau.
Regardez bien la photo : au fond et au milieu on aperçoit
un engin jaune qui s'affaire : une pelleteuse! Serait-elle conduit
par un archéologue curieux, pratiquant l'autopsie d'une
tourbière pour savoir d'où et comment, autrefois,
les humains tiraient et purifiaient leur eau ? Non !
À la fin de l'année 2005, une fois transportée la tourbe par camions dans une ancienne décharge, sur cette belle tourbière asséchée, un grand magasin fera commerce d'eau minérale en bouteille ! (26/03/05)
Le pauvre ministre Gaymard n'en finit
pas de justifier ses domiciles précaires. C'est pourtant
lui qui, ministre de l'Agriculture, avait signé, en août
2003, un décret visant à "assouplir" la
loi concernant l'hébergement des saisonniers. La loi était
en effet trop dure, beaucoup trop dure. Jusqu'ici les saisonniers
agricoles devaient légalement être hébergés
dans des constructions en dur. Après lui, cabanes de chantier
et tentes, aux parois nettement plus souples, ont fait leur apparition
dans le monde rural. Enfin un ministre "d'origine modeste"
qui connaît de près la précarité des
logements de fortune !

Miamm miam, la bonne crème aux pesticides ! C'est dans le très catho Télérama (il est vrai racheté par Le Monde) que l'on découvre cette nouvelle recette de santé : les pesticides dans l'alimentation c'est tout bon pour "le respect de la santé de l'homme et de son environnement" (sic !). Le cuistot jeune et dynamique nous invite à partager sa mixture de grand sorcier blanc en nous renvoyant à un site web intitulé "protectiondesrecoltes". Le tout est signé ni par Monsanto, Adventis, Bayer, BASF ou Dupont Nemours mais par une énigmatique et très drôle "Union des Industries de la Protection des Plantes". Avec de telles associations de protection de la nature nous pouvons bâfrer tranquilles. Merci Télérama !
(n° 2773 du 19 au 25 février 2005 page 37)
Suite : ma lettre a été publiée dans Télérama du 12 au 18 mars, celui avec Clint Eastwood en couverture (j'adore !) mais sans les noms des firmes (Monsanto...).
Comme Télérama a récidivé sa pub, avec cette fois, une sorcière blanche, j'ai ré-écris. Re-réponse au courriel suivi d'un nouveau courriel et d'une re-re-réponse du rédac chef en personne.
Roger Planchon vient de sortir un gros pavé (APPRENTISSAGES, Roger Planchon, PLON, 630 pages, 25¤ ). J'ai eu la chance de l'avoir comme premier "patron", à Avignon en 1967. Je faisais de la figuration dans "bleus blancs rouges" et dans "Tartuffe". Je me réjouis de le retrouver aujourd'hui dans cet ouvrage remarquable. Mon "vieux" maître à penser Ardéchois est toujours aussi lucide et revigorant. Quelques extraits de ce long texte :
-"Un acteur (artistique) répond à
une double demande, celle des aventures artistiques de son temps
et celle du travail que lui offrent les "producteurs".
Notre temps est-il un temps de "créateurs-producteurs"
? Non. Les "décideurs" contrôlent de plus
en plus le marché du travail, donc sélectionnent
les acteurs utiles à ce marché." p.501
-"Aujourd'hui, nos intendants de théâtres subventionnés,
eux, misent sur l'import". p.501
-"Depuis 90, en France, le "parrain" du théâtre
public, le ministère de la Culture, pousse les metteurs
en scène vers la sortie. Pourquoi pas ? Au profit des auteurs,
des acteurs ? Non. Au profit des décideurs. Là le
bât blesse." P.502
-Je tremble d'aborder un problème éthique et politique : le pouvoir des créateurs artistiques dans une démocratie. Balzac me conseille d'être prudent. Les gens puissants veulent et veillent. Le ministère de la Culture, comme tous les "parrains", pour son confort, met en place, de plus en plus, des sous-traitants dociles : des "producteurs d'État" nos producteurs n'engagent pas leur argent. Un risque financier personnel justifierait leur pouvoir. Ce n'est pas le cas." P.503
-En France, sur quatre-vingt "scènes nationales",
seules quatre ou cinq sont dirigées par des artistes. N'est-ce
pas un peu excessif ? De combien de grands théâtres
parisiens, de combien de grands festivals les artistes ont-ils
été dépossédés ? La politique
des intendants subventionnés n'est-elle pas trop axée
sur l'importation aux dépens de l'exportation ? La réponse
est oui. Examinez leur programmation. L'élu choisit le
confort : "on ne va pas se faire chier avec les créateurs,
surtout si leur projet artistique ne correspond pas à l'énoncé
de nos lignes budgétaires." P.505
-" ne confiez pas le pouvoir aux petits hommes gris Les petits hommes gris, c'était l'expression des dissidents au temps de Brejnev pour qualifier les roublards qui se glissent dans les bonnes planques lorsque les politiques ne sont pas vigilants. L'Europe, actuellement, connaît une invasion microbienne dont nos politiciens n'ont pas pris la mesure. Les "décideurs artistiques" qui n'ont rien d'artistique. Partout ces roués confisquent aux artistes, en prétendant se mettre à leur service, le pouvoir artistique à leur profit. Nous demandons aux élus d'écarter ces nouveaux barbares." P.517
Sur ce même sujet (le pouvoir artistique) cf. aussi mon propre texte donné lors d'une conférence à Moëlan (29) le 22/01/2005 à la rubrique "Kergrist, sa vie son oeuvre".
Un convoi très serré
Le plutonium américain, débarqué à Cherbourg en fanfare grâce aux écolos de Greenpeace, a aussitôt emprunté la route de Cadarache. Grand étonnement en voyant une photo du convoi, prise par l'AFP et publiée dans le Télégramme du vendredi 8 octobre : les pandores ont tellement peur de perdre leur précieuse marchandise qu'ils encadrent le camion contenant les fûts en se caressant les pare-chocs. Le code de la route nous oblige pourtant a laisser deux bandes blanches entre chaque véhicule. Ici, entre deux bandes on peu compter un motard, deux voitures de police et l'avant du camion. À croire que les convois de sécurité sont dispensés des mesures de sécurité ! Qui va dresser la contredanse ?
10/10/04
Irak sur Dordogne
Deux inspecteurs du travail, pris en otage à Irak sur Dordogne
par un groupe de cueilleur de prunes de la branche terroriste
du Medef, viennent d'être froidement exécutés
d'une balle dans le dos. La revendication de ce groupe terroriste
reprenait à la lettre une revendication clairement exprimée
lors d'une fatwa prononcée par l'ayatollah Seillières
lors de son dernier prêche à sa mosquée d'été
: la suppression pure et simple du code du travail protégeant
les salariés.
10/09/04
Plaque posée le 14/02/05 à
la DDAF de Dordogne

Les Jeunes Agriculteurs des Côtes d'Armor, halte-garderie de la FDSEA, organisent cette année la "finale européenne et nationale de labour". Pour l'occasion, leur fameux concours départemental de labour, avec charrues à 20 socs, accompagné de son inénarrable course de "moiss-batt" s'est travesti en "fête de la terre et de l'eau". Mais le masque est translucide et, derrière l'affiche, on devine les protagonistes. La terre est désespérément nue. L'herbe, l'ennemi de toujours, est bannie de la fête. Quant à l'eau, elle est symbolisée par un tuyau d'arrosage... sans doute en prise directe et gratuite avec la nappe phréatique.
31/08/04
Je viens d'être démarché par fax pour consulter sur minitel, à 1,41 euros la minute, mon classement dans les "Trophées de l'Entreprise 2004". Pour m'allécher, on m'annonce qu'après délibérations, 10 entreprises du secteur artistes du spectacle ont été sélectionnées pour intégrer la catégorie "meilleure rentabilité" et que Kergrist Jean, artiste,"figure peut-être dans la catégorie "meilleure rentabilité" du classement des entreprises". Voici ma réponse à cet organisme :
à : Optima Online BP 278000 13797 Aix en Provence cedex 3
le 29/07/2004
Madame ou Monsieur,
Je vous prie de ne plus m'importuner avec vos "Trophées de l'entreprise".
Vouloir classer les artistes en de
catégories de "meilleure rentabilité"
démontre à l'évidence que vous n'avez rien
compris à l'art. Allez donc faire un tour au musée
Cézanne d'Aix en Provence, puisque votre siège semble
y être établi. Vous verrez que Cézanne, de
son vivant, n'aurait récolté que clopinettes dans
votre classement.
Quant à l'arnaque consistant à facturer 1,41 euros
une consultation minitel j'espère que les artistes ne seront
pas les seuls à éviter ce piège un peu lourdingue,
uniquement destiné à capter les petits chefs d'entreprises
infatués, en mal de rêve après avoir assisté
à la télé à une distribution des Césars.
D'autre part je ne vois pas pourquoi il me faudrait payer une
communication téléphonique pour ne plus figurer
sur votre fichier. C'est à vous de vous conformer à
la loi Informatique et Liberté en n'inscrivant pas mon
nom sur un fichier sans mon consentement explicite.
Je vous prie donc de vous conformer à la loi.
Bien à vous
Les offices officiels et autres médiateurs patentés, dotés de budgets faramineux, déguisés en associations, "petits riens" cachant les grosses ficelles, instrumentalisant la création pour mieux l'assujettir au pouvoir politique du moment, n'ont pas encore réussi la récupération de nos pratiques culturelles. Ils nous collent à la roue, nous sucent au train, s'essoufflant à récupérer nos idées, les lieux que nous avons dénichés, les spectateurs que nous avons formés mais avec toujours un train de retard. Ils peuvent bourrer leurs salles d'invités, jouer de la distorsion de concurrence en proposant des spectacles à l'oeil, sortir des dépliants tonitruants sur l'art de combat, le public n'est pas dupe, préférant toujours l'original à l'imposture de la copie.
JK 20/04/04
Charlie Hebdo, édito du 17 mars 2004
Petit Poutine de la pensée psychorigide,
accroché comme à une bouée de paille à
sa langue bientôt, elle aussi, minoritaire, confondant diversité
culturelle et combat ethnique, emporté par le courant niveleur
d'une mondialisation qu'il assimile au métissage de la
pensée des lumières, Philippe Val nous donne un
bel exemple de son ignorance sémantique en écrivant
Glenmor avec un "e". Ce pseudonyme du barde breton Milig Ar Scanv signifie qu'il n'est pas de langue sans enracinement
dans les éléments constitutifs d'un peuple, en l'occurrence
peuple de marins et d'explorateurs, à l'affût de
terres nouvelles, ancestralement ouvert sur le monde. "Glen"
veut dire "terre", "mor" veut dire "mer".
Si, en rajoutant un e à "mor", Philippe Val voulait
nous suggérer l'étymologie de morue, qu'il sache
que c'est son édito qui pue.
J.K.
TELECOM
On n'arrête pas le progrès !
Quand l'agence France Télécom, ex-service
public de mon chef-lieu de canton, a fermé, on nous avait
promis, comme lot de consolation, une permanence de ce service
dans un magasin local d'électroménager. Une fois
passé l'émoi, cette solution de remplacement a vite
été abandonnée. Désormais il nous
faut faire 20km A-R dans le département d'à côté
pour quémander l'assistance des services téléphoniques.
La semaine dernière, mon chargeur de téléphone
a rendu l'âme. Je me suis donc rendu à la ville d'à
côté. Après une queue de 1h30, pendant laquelle
j'ai eu droit d'entendre toutes les conversations des clients,
y compris de ceux qui, en difficulté financière,
ne pouvaient payer leur facture, on m'annonce que le modèle
de chargeur correspondant à mon téléphone
n'est pas disponible en stock. On me propose donc d'acheter un
nouveau modèle. Refusant cette gabegie technologique et
connaissant mes droits de consommateur, l'obligation décennale
(l'obligation légale de fournir les pièces et accessoires
pendant 10 ans), je demande à ce qu'on me commande un nouveau
chargeur.
Boites, petites boites... vocales
Dix jours plus tard, victoire, je reçois un coup de
fil de l'agence, m'annonçant l'arrivée de mon chargeur
: "vous pouvez venir le chercher dès aujourd'hui,
nous ouvrons à 10h". Pas le temps de demander à
mon interlocuteur l'heure de la fermeture, il a déjà
raccroché. Je me mets en demeure de le rappeler pour obtenir
ce précieux renseignement. Je cherche sur le minitel le
numéro de l'agence. On ne me propose que des 10 13, 10
14, 10 15, 10 16, autant de boîtes vocales. Je les essaye
toutes. À chaque fois je suis invité à taper
le 1, le 2 ou le 3 selon mes demandes. On m'invite parfois aussi
à laisser un message.
Soulagement : sur l'une de ces boîtes, on m'aiguille vers
les renseignements, le 10 10. Peut-être la fin de mon errance
? J'obtiens enfin un opérateur à voix humaine. Je
déchante vite. Répondant à partir de mon
propre département, il ne connaît pas le numéro
de l'agence avec laquelle je veux entrer en relation, car elle
se trouve dans le département d'à côté.
Il n'a aucune idée des heures de fermeture. Je lui demande,
dans ce cas, de me passer les renseignements du département
voisin. Impossible, me répond-il, l'agence de renseignements
de Quimper vient d'être supprimée. J'insiste lourdement.
Pour me dépanner il veut bien me donner le numéro
de la direction à Rennes. Un vrai numéro cette fois.
À Rennes, nouvel opérateur mais pas plus de chance.
On ne connaît ni le numéro de l'agence, ni ses heures
de fermeture.
Et l'alerte à la bombe ?
Je prends donc le risque de faire les 20 km A-R en misant
sur une fermeture tardive de l'agence. Coup de chance, elle est
ouverte. Après une demi-heure d'attente, je tiens enfin
mon chargeur dans les mains. Je signale à l'agent les difficultés
auxquelles je viens d'être confronté.
-"Oui, c'est vrai, on ne peut pas nous joindre de l'extérieur.
Vous voyez la queue au magasin ? Rendez-vous compte, si en plus
il nous fallait répondre au téléphone !"
Et voilà mon agent qui, sans perdre un instant, s'occupe
du client suivant, une dame venue offrir à chacun de ses
trois jeunes enfants, un téléphone portable. Beaux
moments de communication en perspective !
Imaginez une catastrophe quelconque, genre alerte à la
bombe. Impossible de prévenir ces pauvres agents, enfermés
dans leur métier de communicants ultra compétitifs
! Comme une nouvelle version du tableau de Bruegel le Vieux "La
parabole des aveugles" : un aveugle guide des aveugles vers
le précipice. Il suffit de remplacer le mot "aveugle"
par le mot "sourd".
J.K. 7/03/04
Monsieur Aillagon, pressé de partir
"en guerre contre l'immobilisme" (Le Monde du 26/02/04)
se prend les pieds dans le tapis. Une fois de plus, on retrouve
sous sa plume l'élément décisif, le prétexte
unique, avancé pour justifier la remise en ordre du statut
des intermittents : le fameux déficit de "plus de
800 millions d'euros en 2002" des annexes 8 et 10 de l'Unedic.
Il peut ensuite faire appel à toutes les théories
du monde pour prouver qu'il est le sauveur de la culture, s'il
construit son édifice sur des prémisses aussi hasardeuses,
il perd son temps à vouloir nous amener à l'étage,
cet olympe où il siège et dont il refuse obstinément
de descendre.
Le chiffre plus précis avancé jusqu'ici par le MEDEF
était de 828 millions d'euros. Il mérite qu'on s'y
arrête, car il constitue la seule base de l'argutie patronale.
On se demande ce que sont devenues, dans un tel calcul, les cotisations
de l'ensemble du secteur culturel : artistes permanents, administratifs,
commerciaux induits (y compris les cafetiers d'Avignon qui préfèrent
payer des cotisations Assedic plutôt que de voir couler
un festival, y compris les vendeuses de la FNAC quand elles vendent
un CD réalisé par des intermittents). En avançant
unilatéralement un tel déficit, on s'arrange, d'un
côté à isoler les intermittents de l'ensemble
du régime général en comptant à part
leur balance cotisations/prestations, de l'autre à faire
malgré tout appel au régime général
pour estimer représentatif un syndicat ultra minoritaire
(CFDT). C'est un peu comme si, pour faire la balance cotisations/prestations
de la sécurité sociale, on ne prenait en compte
que les cotisations des malades. À ainsi isoler les précaires,
pour prouver qu'ils grèvent un budget, on établit
comme prémisses ce qu'il fallait démontrer. Facile
ensuite de noyer son chien ! Et ce seraient les artistes qui,
d'après Mr Aillagon, voudraient "jouer sur tous les
tableaux à la fois !" Étonnante incohérence
! J.K. 26/02/04
Lettre au Rédacteur en chef du journal Ouest-France,
Dans Ouest-France du 20/02/04, vous annoncez
à vos lecteurs l'arrêt de la commercialisation du
Régent, avec mise en examen du président de BASF
par un juge d'instruction de Haute-Garonne. L'article présentant
cet insecticide, présumé coupable de la disparition
des abeilles, est bien documenté et présente aux
lecteurs les réactions des différents protagonistes
: BASF, Afssa, Ministre de l'agriculture, Unaf (apiculteurs).
Il est, par contre, accompagné, sur une pagination quasi
identique, de l'interview outrancière d'un agriculteur
vendéen intitulé "Et après, on supprime
les agriculteurs ?"
De la part d'Ouest-France, qui a récemment publié
un supplément de haute tenue sur le développement
durable, on se serait attendu à un autre son de cloche
en guise de commentaire. Pourquoi pas, par exemple, une interview
du professeur Belpomme, directeur de l'Artac, en charge du fameux
"plan cancer", auteur de "Ces maladies créées
par l'homme" (Albin Michel) ? Cet éminent cancérologue
nous annonce que quatre cancers sur cinq ont pour origine la pollution
(dont celle par les insecticides) et que les cancers dus à
l'environnement ont doublé en 50 ans.
Le sérieux habituel de votre information aurait certainement
mérité mieux que ses propos de café du commerce,
caricaturant l'état d'esprit des agriculteurs. J.K. 23/02/04
Extrait de le réponse du Rédacteur en chef, Didier Pillet, en date du 24/02/04 :
"Je perçois votre irritation mais on ne comprend rien à la survivance de ce produit si on ne donne pas la parole à ceux qui l'utilisent".
ASSOUPLISSEUR
Pas de grande lessive sans
assouplisseur. Le ministre de l'agriculture, par décret
paru en plein mois d'août, a "assoupli" la loi
concernant l'hébergement des saisonniers. La loi était
trop dure, beaucoup trop dure. Devinez pour qui ? Jusqu'ici les
saisonniers devaient légalement êtres hébergés
dans des constructions en dur, beaucoup trop dures. Désormais
feront l'affaire cabanes de chantier ou tentes, aux parois nettement
plus souples, d'où le terme d'assouplissement. Alors que
le ministre de la culture donnait son aval a l'assouplissement
du statut des intermittents, le ministre de l'emploi, après
avoir assoupli les allocations des chômeurs en fin de droit,
annonçait son intention imminente d'assouplir les règles
du travail, elles aussi trop dures, beaucoup trop dures. Devinez
pour qui ?
25/09/03
Menaçant de bloquer les festivals d'été, les intermittents sont accusés de couper la branche sur laquelle ils sont assis. Tiens donc ! Cette branche ne cacherait-elle pas l'arbre tout entier ? Ceux qui, au MEDEF, au gouvernement et ailleurs, rêvaient d'une culture artistique sans techniciens et sans artistes, (comme dans leurs usines : des produits robotisés, fabriqués sans salariés) découvrent soudain le poids économique de ceux-ci. On est désormais au coeur du problème.
Pour justifier un soi-disant déficit des annexes Assedic
concernant les intermittents, on commence par les isoler du régime
général. Facile ensuite de prouver le déficit
: à ne considérer que les précaires, un statut
de solidarité social sera toujours déficitaire.
Si on ne prend, par exemple, en considération que les cotisations
des malades, en les isolant de celles des bien-portants, la sécurité
sociale sera toujours au fond du trou. Où sont passées,
dans le calcul du soi disant déficit avancé par
le MEDEF, les cotisations des permanents de la culture, y compris
celles des administratifs ? Qu'en est-il des richesses induites
par les artistes et techniciens ? Un CD de musiciens intermittents,
mis sur le marché, génère une multitude de
cotisations sociales. Pourquoi ces cotisations ne sont-elles pas
prises en compte dans le calcul initial ? Et les commerçants
bénéficiant des retombées d'un festival,
ne paient-ils pas de taxes et cotisations diverses ?
À avoir voulu isoler les cotisations des intermittents
de celles du régime général, le MEDEF récolte
aujourd'hui ce qu'il a semé. À vouloir isoler la
branche, ils ont coupé le tronc.
Et le pauvre Aillagon, pourtant initié aux problèmes de sauvetage en mer lors d'un récent passage à Locquirec (29), n'a encore rien compris au film.
1/07/03
LETTRE OUVERTE
À LAURENT RUQUIER
Cher Laurent Ruquier,
Dans ton émission de mardi dernier sur Europe 1, tu
t'es permis d'ironiser, avec une de tes intervenantes, sur la
manif réunissant à Rennes, le samedi précédent,
15.000 bretons attachés à la défense de leur
langue. Il y aurait, parait-il, inconvenance à participer
à une telle manif alors que les bombes tombent sur l'Irak.
Je te signale que, dans cette même ville, le même
jour et à la même heure, se tenait une manif de 3.000
personnes contre la guerre en Irak. Les organisateurs de cette
manif ont été invités à prendre la
parole sur le podium de la manifestation bretonne, préparée
depuis des mois. Leur intervention, longuement applaudie, s'est
d'ailleurs faite en français et en breton.
Il faudra apprendre à tes exécuteurs de basses oeuvre
à faire le lien entre Kurdes et Chiites, gazés par
Saddam Hussein, peuple Irakien, bombardé par Bush et l'ethnocide
programmé d'une langue. Les droits des minorités,
reconnus mais bien mal défendus par les lois internationales,
doivent se crier haut et fort tous les jours et partout. Il ne
manquait à Rennes samedi dernier qu'une manif en faveur
des Palestiniens, une autre en faveur des Tchétchènes.
La guerre en Irak ne doit pas servir de prétexte à
accepter en silence le rétrécissement nombrilique
de vos petits cerveaux parisiens. Si inconvenance il y a, c'était
mardi dernier, sur les ondes d'Europe 1.
Jean Kergrist (28/03/03) (Photo Hervé Ronnet)
Lettre publiée dans Le Monde radio-télé du 7 avril et dans Bretagne Info du 2 avril
UN SCANDALE !
LA COUR DES COMPTES COUVRE LA FRAUDE DU SIÈCLE
La Cour des comptes vient d'épingler le monde du spectacle.
Celui-ci, composé d'intermittents et de permanents (artistes,
techniciens, administratifs), serait à l'origine de la
moitié du déficit des Assedic. Pas étonnant
: la balance cotisations/prestations de cette branche serait de
1 à 8. Cet énorme déficit vient du fait que
les permanents du spectacle, ne paient aucune cotisation Assedic,
sinon la Cour des Comptes, réputée pour sa méticulosité
et sa quasi infallibilité, les aurait sûrement prises
en compte dans son calcul. Plusieurs milliers de fraudeurs sont
concernés, à commencer par le Ministre de la Culture
lui-même, qui aurait dû donner l'exemple en réglant
ses cotisations Assedic de permanent (provisoire) du spectacle.
Premier fraudeur, il doit donner l'exemple et immédiatement
démissionner. (4/02/03)
Lettre adressée le dimanche 2/02/03 à Didier Pillet, rédacteur en chef d'Ouest France, suit à un article paru le même jour.

photo Didier Mignon
Cher Monsieur
J'ai lu avec intérêt,
dans Ouest France de ce dimanche, les résultats de votre
sondage sur les retraites, ainsi que vos commentaires. Les questions
posées par ce sondage IFOP portent sur les différentes
variables susceptibles de sauver à terme nos retraites.
Je m'étonne que l'une de ces variables ne soit, à
aucun moment, évoquée, ni dans le sondage, ni dans
les commentaires. Elle me paraît pourtant déterminante.
Pourquoi éliminez-vous d'emblée la possibilité
d'une extension de l'assiette des cotisations à l'ensemble
de la valeur ajoutée ? Alors que, dans les entreprises,
cette valeur ajoutée n'a cessé de croître,
la masse salariale n'a fait que diminuer. L'avenir des retraites
réside aujourd'hui dans un examen attentif de cette variable.
Certes, dans 20 ans, les actifs ne seront plus assez nombreux
pour payer les retraites par répartition, mais leur gain
de productivité, s'il continue sur la lancée de
ces vingt dernières années, compensera largement
ce manque à cotiser. Encore faut-il que les médias
osent avancer cette possibilité car on voit mal le MEDEF
la mettre en avant.
En vous priant d'agréer, cher Monsieur, l'expression de
mes sentiments cordiaux.
Par petites touches, l'intox concernant les intermittents du spectacle (ces privilégiés !) est distillée dans les médias. Voici ce que cela donne dans Ouest France. Mais on peut aussi découvrir le même discours dans les autres médias. Une fois de plus il faut monter au créneau.
Monsieur le Rédacteur en Chef,
Dans l'édition de ce jour (page 5 : "Les banderilles
de la Cour des comptes") Ouest France fait écho à
l'observation de la Cour des comptes concernant le régime
des intermittents du spectacle "qui a versé 838 millions
d'euros de prestations en 2001 pour 100 millions d'euros de cotisations
perçues." Deux jours plus tôt (O F du 28/01/03,
page 5 : "Intermittents : Raffarin veut redéfinir
le statut") vous rapportiez des propos identiques dans la
bouche de Mr Raffarin : "Les cotisations sont très
faibles par rapport aux prestations".
Le discours du MEDEF sur le différentiel, prétendument
scandaleux, cotisations/prestations est ainsi relayé, par
petite touches, au plus haut niveau de l'État, avec, on
l'imagine, le but évident d'une remise en cause d'un statut
que le MEDEF tente depuis des années de supprimer. Permettez
à vos lecteurs pour se faire une idée plus objective
du problème, d'entendre, pour une fois, le point de vue
contradictoire d'un intermittent du spectacle.
Le secteur du spectacle vivant, pour lequel, au départ,
a été créé ce statut, participe du
régime général Assedic, basé sur la
répartition des risques entre contrats à durée
indéterminés et emplois précaires. Isoler
ces derniers, pour, ensuite, en fustiger le coût, est idée
assez vicieuse du MEDEF. C'est un peu comme si, pour fustiger
le déficit de l'assurance maladie, on ne prenait en compte
que les malades. C'est d'ailleurs une des idées géniales
de Mr Kestler, ex vice-président du MEDEF : laissons les
malades à la solidarité nationale, les assurances
privées se chargeront des biens portants et la solidarité
sociale volera en éclats !
Pour en revenir aux intermittents, pourquoi donc le Medef, Mr
Raffarin et la Cour des comptes n'avancent-ils jamais le chiffre
des prestations versées par les permanents du spectacle
vivant : artistes, administratifs, techniciens, auxquels il faudrait,
également, ajouter tout le secteur marchand induit par
l'activité artistique : vente de disques, CD, vidéo,
chaînes radios et T.V. ? La SACEM, de ce point de vue, a
une approche beaucoup plus réaliste qui va jusqu'à
imposer le chiffre d'affaires des buvettes ouvertes pendant un
spectacle.
Certes le secteur culturel, drainant tout un tissus social, n'a
pas vocation à la rentabilité immédiate,
mais, avant d'accuser son chien de la rage pour mieux le noyer,
commençons par compter, sans à priori, les moutons.
à : Télérama
(texte inspiré, entre autres, de Télérama N°2758 page 92)
"ÂNE INTÉGRAL"
Le médiateur culturel nouveau
est arrivé. Jadis l'interprète (du latin "inter
partes", "entre les parties") avait conscience
de son humilité de passeur : pont entre la parole (de l'auteur,
des mythes, de la tradition orale...) et le public. Au départ
simple organisateur chargé de la mise en forme matérielle
de cette rencontre, le médiateur culturel s'est glissé
dans cet échange, empressé de tirer les projecteurs
à lui. Tel l'âne de la Fontaine portant les reliques,
il s'est peu à peu imaginé que les applaudissements
du public lui étaient destinés. "L'âne
intégral", cher à Kundera, braie aujourd'hui
sur la scène et dans les médias.
J.K. (26/11/02)
Des amis bretons luttent en ce moment pour connaître
la vérité sur l'assassinat de Simon, arrivé
en France à l'age de 6 ans, accompagné de sa mère
Myriam, réfugiée politique Colombienne. Quelques
années plus tard Myriam a épousé Jean-François
Prié, maraîcher à Boisgervilly (35). L'an
dernier Simon a voulu retourner vivre en Colombie. Au mois de
mai, alors qu'il attendait un bus, il s'est fait enlever par des
paramilitaires. Son corps a été retrouvé
le lendemain dans un bananeraie: il avait deux balles dans la
tête et une dans la poitrine. Il avait 22 ans.
Aucune des promesses faites à sa mère par le consulat
n'a été tenue. Le jour où Simon a été
assassiné six autres corps sont arrivés à
la morgue: tous étaient jeunes et tués de la même
manière. Une association vient de se créer pour
aider à faire la vérité. Ci-dessous leur
lettre. Vous pouvez les aider en écrivant au ministre français
des Affaires Étrangères (cf. plus loin un modèle
de lettre).
Association " Les amis de Simon.
Pour la Vérité "
La Ruée
35360 Boisgervilly Boisgervilly, le 21 novembre 2002
Chers amis,
Le 21 mai dernier Simon était
assassiné à Cienaga ( petite ville de la zone bananière
au nord de la Colombie) très probablement par un groupe
de paramilitaires, le seul groupe armé qui contrôle
Cienaga. Simon ayant la double nationalité, le consul de
Bogota s'était engagé auprès de nous pour
que la lumière soit faite sur les circonstances de sa mort
et que soit condamné publiquement le groupe responsable.
Le consulat de France à Bogota n'a pu obtenir qu'un rapport
insignifiant du consulat de Santa Marta et des autorités
judiciaires et policières locales. C'est pourquoi le consulat
de France considère qu'il ne peut rien faire de plus et
que cette " affaire " n'est plus de son ressort mais
de celui de l'Etat colombien. Or nous savons que le gouvernement
colombien, malgré ses promesses, n'a pris jusqu'ici aucune
véritable mesure pour démanteler les groupes paramilitaires.
Devant cet immobilisme nous avons décidé, avec quelques
amis, de constituer un comité pour connaître les
circonstances de la mort de Simon et que soient condamnés
publiquement ici et là-bas ces groupes qui régulièrement
assassinent en toute impunité.
Nous le faisons en mémoire de Simon, très attaché
à toute idée de justice et de liberté, mais
aussi en mémoire de toutes les victimes, dont nombre d'amis
colombiens, assassinés là-bas dans le silence le
plus total.
Nous le faisons tout simplement au nom des droits de l'homme.Nous
vous invitons à reproduire la lettre ci-jointe, à
la signer en indiquant vos coordonnées et à l'expédier
à l'adresse suivante :
Monsieur Dominique de VILLEPIN
Ministère des Affaires Etrangères
37 Quai d'Orsay
75351 Paris
afin d'exiger une enquête poussée auprès des
autorités judiciaires colombiennes. Faites lire ce courrier
autour de vous, faites-le signer individuellement ou collectivement
: plus nous serons nombreux à écrire, plus notre
demande aura de chance d'aboutir. Il est important que ces lettres
arrivent au ministère avant le 31 décembre 2002.
Myriam Jean-François et l'association.
MODÈLE DE LETTRE :
à l'attention de
Monsieur Dominique de Villepin
Ministre des Affaires Etrangères
Monsieur le Ministre,
Simon E. GONZALEZ RAMIREZ, ressortissant
français, a été assassiné le 21 mai
2002 à Cienaga, département du Magdalena ( Colombie).
Le juge d'instruction de Cienaga, Monsieur Alvaro Ibanez, s'était
engagé à fournir une enquête au consulat français
à Bogota le 16 juillet 2002.
A ce jour nous avons seulement reçu un compte rendu de
la police de Santa Marta, document qui n'apporte aucun élément
nouveau.
En tant que citoyens, nous ne pouvons accepter que l'État
français ne cherche pas à élucider l'assassinat
de l'un des siens. C'est pour cela que nous vous demandons de
mettre tous les moyens en uvre pour que les circonstances de la
mort de Simon soient connues et que les responsables soient dénoncés
publiquement par les autorités françaises.
Persuadés que vous comprenez notre démarche et que
vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour qu'une enquête
soit ouverte nous vous prions d'agréer, Monsieur le Ministre,
l'expression de notre haute considération
Delacroix, après les Trois Glorieuses
de juillet 1830, peignit "La liberté guidant le peuple".
Aujourd'hui le Comité Régional Porcin de Bretagne-Pays
de Loire, après les trente glorieuses, nous propose "Le
cochonnier guidant le monde". Le petit cochon cache pudiquement
des seins qui, depuis l'arrivée de Christian Jacob, ancien
patron du CDJA, au ministère délégué
à la Famille, risquaient de troubler nos prudes campagnes.
Mais la véritable innovation est ailleurs : les barricades
se sont transformées en un lit de chariots de supermarché.
Nulle incitation au désordre. Comme le précise le
texte, il s'agit "d'une communication pacifique". Les
deux frères jumeaux : production libérale hors-sol
et supermarchés casseurs de prix, qui marchaient jusqu'ici
main dans la main, se foutent maintenant sur la gueule à
grands coups de flux tendu. Les Trois Glorieuses accouchèrent
de la bourgeoisie Louis Philliparde et de son slogan "enrichissez-vous".
Les trente glorieuses aimeraient bien accoucher du même
slogan. Là s'arrête le détournement. Merci
Delacroix.
J.K. (24/10/02)
Le 21 octobre 2002 les intermittents du spectacle manifestaient dans la rue. À Rennes ils étaient 800 selon la police, 1200 selon les organisateurs et ... 600 selon Ouest-France ! Cette nouvelle manière de faire le décompte s'accompagnait d'un article inspiré par les seuls arguments du MEDEF. Ci-dessous, ma lettre au journal.
Monsieur le Rédacteur en Chef,
Les intermittents du spectacle sont
descendus hier dans la rue pour défendre leur régime
Assedic, mis en question par le MEDEF, ainsi que le budget de
la culture, mis à mal par le Gouvernement.
Paradoxalement, l'article de Ouest-France, rendant compte de cette
action, ne fait droit qu'aux seuls arguments du Medef, comme si
c'était eux qui manifestaient ce lundi dans la rue pour
se faire entendre.
En bref : L'Unedic, pour établir ses comptes, laisse délibérément
de côté les cotisations des permanents du secteur
culturel (artistes, techniciens et administratifs, commerciaux,
embauchés en contrat à durée indéterminée).
C'est un peu comme si, pour calculer le rapport cotisations/prestations
du régime d'assurance maladie, on ne prenait en compte
que les malades. À ne considérer que les précaires,
tout régime de solidarité social ne peut être
que déficitaire. Facile ensuite de se scandaliser de ce
déficit.
Face à cette approche fallacieuse, nous affirmons la totale
imbrication des intermittents et des permanents. Voilà
pourquoi nous entendons également dire notre mot sur la
baisse du budget de la culture (5% annoncés). L'intermittent
ne peut se concevoir que s'il existe des permanents en nombre
suffisant, donc des budgets culturels permettant d'en embaucher.
Plus largement : quand une vendeuse, au rayon disquaire d'un supermarché,
vend un C.D. enregistré par des intermittents, ses cotisations
Unedic contribuent aussi, indirectement, à conforter le
régime de ces Intermittents qui justifient son emploi.
Les artistes irriguent tout un tissu social. Il serait mal venu
de les en isoler.
En espérant que vous pourrez d'une manière ou d'une
autre, éclairer vos lecteurs sur les raisons réelles
de notre exaspération, je vous prie d'agréer, Monsieur
le Rédacteur en Chef, l'expression de mes sentiments les
plus cordiaux.
Jean Kergrist
Intermittent du spectacle (22/10/02)
Cette lettre a été publiée dans Ouest-France Rennes du 28/10/02
Cher Télérama,
La teneur de votre excellent reportage (premier volet cette
semaine) sur la culture en péril remet en selle un projet
de charte cher à Catherine Trautman. Après les années
d'esbroufe du règne Lang, elle entendait redonner à
la culture son assise populaire. L'action des Théâtre
Nationaux, Centre Dramatiques, Scènes Nationales, ne serait
plus seulement évaluée en fonction du public (présent)
mais aussi de la population (absente). On revenait aux idées
généreuses proposées par Francis Jeanson
aux assises de Villeurbanne en mai 68, avec la célèbre
distinction "public/non-public".
Aussitôt les barons de la culture virent rouge. Réunis
en conspirateurs, au printemps 1998 au Quartz de Brest, "pour
en finir avec le Vilarisme", ils organisèrent le lynchage
médiatique de la Ministre à qui fut accolée,
par Télérama interposé, l'étiquette
"d'erreur de casting du gouvernement".
Revenir aujourd'hui si longuement et si justement sur le sujet,
constitue une forme de courageux mea-culpa. Pour Catherine Trautman,
merci !
Cette lettre a été publiée dans Télérama du 30/10/02 sous le titre "Barons"
DISCOURS DE CARHAIX
MANIF RÉGIONALE CONTRE L'INCINERATION 29/09/02
Electeurs, électrices, électriciens
En ma qualité de Sous Secrétaire d'Étables
aux Déchets, représentant officiel du gouvernement,
je suis venu pour vous raffurer, pardon, vous raffariner... vous
rassurer. Car aujourd'hui nous n'avons qu'une consigne : commu-niquer,
c.à.d. de faire du raffut avec rien, en un mot de faire
du Raffarin.
Pour appréhender de l'intérieur le problème
des déchets, je me suis moi-même glissé dans
la peau d'une ordure. Anticipant par là sur notre destin
ultime. Poussière retournant à la poussière.
Nos amis de Plouray qui m'avaient accueilli l'automne dernier,
savent tous, au contact des bouddhistes de Kerguzul, que le déchet
n'est finalement que le résultat d'un mauvais karma : la
réincarnation de la France d'en bas. Alors que l'incinération
va le propulser vers le ciel, nirvana du déchet.
Nommé sous le précédent gouvernement, je
suis toujours là sous le nouveau, car l'ordure de droite
ressemble comme un frère à l'ordure de gauche.
D'abord je tiens, en guise de préambule, à vous
rassurer sur le réchauffement climatique que certains évoquent
à propos de l'incinération. D'aucuns on crut, récemment,
percevoir une contradiction entre ma ministre de tutelle, Roselyne,
et mon Président, en vacances à Johannesburg avec
Mr Hulot (Les vacances de Monsieur Hulot, Nicolas). La première
à affirmé, début septembre, dans le journal
officiel, Paris Match, que le réchauffement climatique
était dû pour 99% à l'écliptique, c.a.d.
à l'inclinaison de la terre dans sa rotation autour du
soleil. Alors que notre Président a affirmé, lui,
que c'est l'activité humaine qu'il nous fallait sévèrement
corriger si nous ne voulions pas aller dans le mur. Alors ? Écliptique
ou activité humaine ? Je suis ici missionné pour
vous apporter la synthèse, en soulignant l'absence totale
de contradiction entre mes deux patrons. Regardez : aujourd'hui,
sur ce superbe site carhaisien de Kérampuil, labouré
par d'immenses vedettes internationales, dont Vanessa Paradis,
un nom qui est à lui seul tout un programme en matière
de déchets, vous vous êtes tous mis du même
côté du terrain, au risque de faire pencher l'écliptique.
Au fond, là-bas : personne. La prochaine fois, il faudra
veiller à mieux répartir les charges sur le site,
de manière à équilibrer le territoire et
ainsi redresser l'écliptique.
Cette vigoureuse mise au point effectuée, venons-en à
l'incinération. Qu'est-ce que j'apprends ? L'incinérateur
félon de Plouray a fait des petits. Profitant de mon absence
à Johannesburg, il s'est glissé dans votre éco-système
pour pondre ses ufs dans tous les coins de Bretagne ?
Farines animales, boues d'épuration, poubelles ménagères,
déchets d'hiver et d'été. En voyant la liste
des déchets mais surtout celle des promoteurs de ces projets,
certains s'affolent en y découvrant de vieilles connaissances
agroalimentaires : Doux, Tilly, la Cooperl, la Ceccab, le Gouessant...
qui se seraient, dit-on, partagé ce marché très
juteux. L'eau et la terre leur doivent déjà beaucoup...
de pollutions et vous craignez qu'en s'attaquant maintenant au
feu et à l'air, ils étendent leurs dégâts
aux quatre éléments. Réfléchissez
trois secondes. Qui dit pollution dit dépollution. Qui
dit merde, dit démerde. Donc création d'emplois.
En confiant la dépollution à des pollueurs professionnels,
nous créerons des emplois durables, alors que les pollueurs
occasionnels ne créent que des emplois intermittents.
Autre objection : contrairement à ce que croient certains
jardiniers du dimanche, qui en brûlant leurs tas de branches,
ne voient plus, à la fin, que des cendres, vous estimez,
vous, qu'en brûlant, le déchet, au lieu de diminuer,
augmente, par l'adjonction des 7 volumes d'oxygène nécessaire
à la combustion du 1 volume de matière. Ainsi le
volume du déchet, loin de diminuer, serait donc multiplié
par 7 et sa maîtrise rendue aléatoire, au gré
des vents dominants. J'accepte votre argumentation. Mais, là
encore, réfléchissez trois secondes. L'augmentation
est une loi naturelle, inscrite dans les étoiles et la
fuite perpétuelle des galaxies. Tout augmente : l'inflation,
le chômage, le trou de la sécu, le budget militaire,
les gardiens de prison, la paye des ministres. Pourquoi donc voudriez-vous
que les déchets soient les seuls à diminuer ? L'augmentation
est inscrite dans la bible : "croissez et multipliez".
Certains s'affolent des retombées : fumées acides,
dioxines, métaux lourds. Je tiens tout de suite à
les rassurer : ces retombées seront organisées de
manière démocratique, bien réparties sur
50 km à la ronde. Chacun aura sa part. Les promoteurs de
ces projets également obtiendront leur quota, surtout en
métaux lourds, surtout l'un d'eux, l'or, grâce aux
généreuses subventions à l'enlèvement
du caca. Encore que, aux dernières nouvelles, elles auraient,
cette semaine, diminuées de 46%, ce qui, à mon avis,
devrait vous laisser bientôt un peu de répit sur
le front des incinérateurs.
D'autres craignent la dioxine, produite en abondance dans les
incinérateurs ménagers. Mais, que je sache, le gouvernement
n'y est pour rien. Ce sont les Belges qui l'ont inventée,
avec leur fameuse recette du poulet à la dioxine pour accompagner
les frites à l'huile de vidange, alors n'allez pas injustement
accuser le gouvernement. Et si, récemment, du côté
d'Albertville, il a fallu abattre des centaines de bêtes,
contaminés à la dioxine échappée d'un
incinérateur, ces bêtes, il a bien fallu, une fois
abattues, les brûler ensuite dans un incinérateur,
ce qui montre bien la nécessité des incinérateurs
car autrement comment brûleraient-on les carcasses des animaux
contaminées par les incinérateurs... vous suivez
?
Certains disent : pour la région Bretagne, ça va
être une catastrophe ! Mais faudrait voir à partager
un peu, car chaque région a droit à ses catastrophes
: Les Alpes : les avalanches, l'Auvergne : les volcans, la vallée
du Rhône : les tremblements de terre, la Somme et le Gard
: les inondations, le Var : la mafia, l'Ile de France : Line Renaud.
Pourquoi la Bretagne serait-il la seule à être épargnée
?
Vous me direz que la Bretagne a déjà les marées
noires, les marées vertes, les déferlantes de fientes
et lisiers, bientôt les déchets nucléaires
et que cette vieille terre hercynienne, notre vieux continent,
commence à souffrir d'incontinence. Rassurez-vous, nous
allons bientôt lui acheter des couches culottes, puisque,
apparemment, les couches géologiques ne suffisent plus.
Sur la fin du précédent gouvernement, nous étions
sur le point de trouver la solution définitive pour éliminer
les déchets. Juste au moment où mon patron Jospin
a brutalement disparu de la circulation, il venait d'écrire
une phrase décisive, mais hélas interrompue. Dans
son journal interrompu, avec l'aide de Sylviane, j'ai retrouvé
cette phrase inachevée. Je vous la livre, comme énigme
à résoudre : "La meilleure façon d'éliminer
les déchets est de ne pas en pro..." En pro quoi ?
J'ai cherché désespérément le mot
à compléter dans mon dictionnaire des Hautes Études
sur les Déchets. Voici les résultats de mes recherches
: procéder, procréer, procurer, prodiguer, proférer,
professer, profiler, profiter, progresser, prohiber, projeter,
prolétariser, promener, promiscuité, pronostiquer,
prononcer, prophétiser, propulser, prospérer, prosterner,
prostate, prostituer, protester, protozoaire, proxénétisme...
Finalement je pense qu'il faut s'en tenir au pro tout court. Il
nous invitait à faire appel à un pro de la disparition.
Personnellement j'en connais trois : David Cooperfield, le magicien,
le pro qui a déjà fait disparaître un train.
Pour le joindre, adressez-vous à son imprésario.
Ensuite, le bon docteur Godard, qui a réussi à se
faire disparaître lui-même avec toute sa famille.
Pour le retrouver adressez-vous à la brigade de gendarmerie
la plus proche qui fera suivre. Et enfin José Bové,
qui a déjà fait disparaître un champ de colza.
Pour le joindre, adressez-vous à la Confédération
Paysanne, ici présente.
De toute manière, dans le cadre démocratique de
nos institutions, comme à Plogoff, vous serez consultés
: une mairie annexe sera bientôt à votre disposition.
Vous pourrez y choisir librement la couleur du papier peint du
bureau du directeur de l'incinérateur.
Vous qui, avec le Galcob du Centre Bretagne, voulez qualifier
les produits de votre terroir, je me permets, en terminant, de
vous suggérer quelques slogans publicitaire : "Avec
Glon, respirez à plein prion". "Avec Doux même
la merde a du goût".
"La Bretagne outragée"
: l'éditorialiste du journal Le Monde (11/09/02) a paradoxalement
choisi, à la date anniversaire de la catastrophe de New
York, de dénoncer, à travers le modèle breton,
une autre catastrophe : "toute l'absurdité d'un circuit
économique surréaliste : production encouragée,
mais débouchant sur un désastre écologique.
Ce que le consommateur gagne (en bas prix), il le perd en tant
que contribuable (réparation de l'environnement)."
La nouvelle carte des 104 cantons bretons en ZES (Zone en Excédant
Structurel d'Azote) n'épargne pas le Centre Ouest Bretagne,
ce "château d'eau de la Bretagne" où toutes
les grandes rivières prennent leur source et que l'on estimait,
il y a encore une dizaine d'années relativement épargné.
Depuis 1994, date du précédent état des lieux,
le rouge s'est étendu du centre (cantons de Carhaix, Gourin,
Maël Carhaix) vers la périphérie. Comment se
fait-il que Le GALCOB (Groupe d'Action Local Centre Ouest Bretagne),
qui va bientôt fêter ses 10 ans, et qui avait prétention
à fédérer les énergies, n'a pas réussi
à enrayer cette évolution vers la catastrophe annoncée
?
C'est évidemment et toujours "la faute à l'État"
qui a fait preuve de laxisme en laissant poulaillers et porcheries
s'agrandir sans contrôle. Les Préfets ont en effet,
les seuls à avoir autorité en matière d'installations
classées. Les élus, comme le Conseil Départemental
d'Hygiène, n'ont qu'un avis consultatif. Mais cet argument
massue, permettant vite aux élus du GALCOB de botter en
touche, est-il totalement, et à lui seul, crédible
?
Au début des années 90 nous étions quelques
associations, réunies en Fédération Centre
Bretagne Environnement (FCBE) a avoir dressé, dans un cahier
blanc, un constat sévère des atteintes à
l'environnement en Centre Ouest Bretagne. Connaissant parfaitement
le terrain, nous étions, devant l'urgence, prêts
à prendre notre part de responsabilité dans la reconquête.
Quand le GALCOB s'est créé, je me suis ainsi retrouvé
premier président en exercice de la commission environnement.
Nous ne ménagions ni notre temps (nous étions tous
bénévoles) ni nos ressources (jamais un remboursement
de déplacement ou de téléphone) pour instruire
et faire aboutir les dossiers. Nous avons assez vite compris que
nous étions l'alibi des élus du Conseil d'Administration.
Nos idées et nos propositions étaient en général
bien acceptées... sauf si on touchait au secteur clef de
l'agroalimentaire.
Je me permets une anecdote significative que j'ai préféré
taire jusqu'ici : au cours de la deuxième année
GALCOB, je me suis rendu, lors d'une enquête publique concernant
l'extension d'une porcherie, dans le canton de St Nicolas du Pélem,
près du Commissaire Enquêteur pour lui signifier
mon avis défavorable. Pour donner plus de poids à
mon témoignage, sur le registre d'enquête j'ai joint,
à ma signature, la mention "président de la
commission environnement du GALCOB". La semaine suivante
le bureau du GALCOB, prévenu aussitôt par le maire,
me signifiait un blâme. Je n'avais pas à faire état
de ma fonction sans en référer au C.A., seul habilité
à prendre position. Ainsi donc, bien que moi même
élu (à 90% des voix de la commission), je me faisais
convoqué et rabroué par un Directeur du GALCOB (nommé)
et par un Président (désigné au tourniquet
tous les 2 ans). Le C.A ne fut, bien évidemment, jamais
invité à donner son avis sur le sujet. Ce jour-là,
mon opinion était faite : j'ai compris que le Centre Ouest
Bretagne allait dans le mur. J'ai, alors, préféré
démissionner, me sentant plus efficace en reprenant ma
liberté.
Les prérogatives réglementaires ("la faute
à l'État") n'expliquent pas tout. Existent
aussi le pouvoir exemplaire, le pouvoir médiatique, le
pouvoir judiciaire Pourquoi serait-ce toujours aux associations
de monter au créneau ? Quand les élus, missionnés
et payés pour défendre le bien commun, décident
un coup de gueule (pour la N164, contre les raveurs) ils savent,
d'ordinaire, se faire entendre. S'ils ont choisi, dans leur grande
majorité (bravo aux quelques exceptions !), de ne pas faire
de vague sur le thème de l'environnement c'est que trop
d'intérêts sont en cause. Plus facile d'entreprendre
un programme sur la rénovation des crêperies ou de
disserter à perte de vue sur la centralité du centre
que de s'attaquer aux problèmes qui fâchent. "Je
te tiens, tu me tiens par la barbichette" : le délitement
supposé de la classe politique se nourrit de consensus
mou.
15/09/02
Ce week-end du 24 août 2002, s'est tenue à Tréogan (22) la première rave officiellement autorisée en France. À dix kilomètres de ma porte, en plein centre Bretagne, l'occasion était trop belle d'y saluer les 15.000 participants. Quelques excités agricoles, qui s'étaient déjà manifesté l'an passé (cf. plus bas Rave 1) prétextant d'une dizaine de poulets étouffés dans un poulailler en batterie voisin, ont tagué la mairie d'une croix gammée. L'analyse dira qui, des poulets ou des raveurs, étaient les plus drogués. J'ai écrit au maire pour lui dire mon soutien :
MERCI HONORÉ !
Pour ne pas mourir idiot,
j'ai traîné quelques heures sur le site de la rave
de Tréogan. Dans les années 70, j'avais fait les
festivals du sud de la France. C'était cheveux longs et
musique pop. Aujourd'hui c'est devenu crâne rasé
et musique techno. À chaque génération ses
marques ! Dans 30 ans leurs enfants inventeront sans doute autre
chose. J'ai découvert que cette musique boum-boum était
plus subtile que je ne le pensais au départ. J'ai observé
un bon moment le D. J. titiller ses vinyles et ses boutons de
sono. Un vrai artiste ! Pas plus de drogue à circuler dans
l'assistance qu'un jour de fête patronale dans un bourg
ordinaire... même si l'emballage différait quelque
peu !
Mes cheveux blancs sont très vite devenus l'attraction
de l'entourage. Tout le monde venait me saluer en me disant :
"Merci monsieur le Maire". J'ai vite compris qu'on me
prenait pour Honoré Lescoat, Maire de Tréogan. Je
tiens à rendre à Honoré ce qui lui appartient.
Ce merci lui revient. Cet acte fort qu'il a posé, en ce
mettant pas mal de monde à dos, est à l'honneur
du Centre Bretagne. Le racisme anti-jeune s'est d'un seul coup
dégonflé. Les milices rurales, apparues il y a un
mois pour empêcher une rave, me semblent bien davantage
porteuses de violence que ce pacifique rassemblement musical.
Merci Honoré d'avoir maintenu le trait d'union entre les
générations !
Jean Kergrist
Cette lettre a été publiée
dans Poher Hebdo du 29/08/02
Dans un article du Monde, daté du 22 août 2002 (page 6), Virginie Malingre se fait l'écho d'une étude de l'Unedic dressant "un constat alarmant du régime d'assurance-chômage des intermittents du spectacle". Celui-ci est "structurellement et chroniquement déficitaire". Alors que la journaliste glisse dans son article de nombreux commentaires sur ce rapport, jamais elle ne fait entendre d'autre son de cloche que celui du Medef.
Ci-dessous ma lettre au Monde :
Monsieur le Rédacteur en Chef,
Votre journaliste fait état
du constat de l'Unedic concernant le déficit chronique
du régime des Intermittents du spectacle. Elle le fait
sans aucun recul critique, se contentant de faire écho
aux arguments de l'Unedic et du Medef. Aucune ligne de son article
ne propose la version des intermittents. En particulier le fait
que l'Unedic, pour établir ses comptes, laisse régulièrement
de côté, dans son rapport cotisations/prestations,
la contribution Unedic des permanents du spectacle vivant et du
secteur culturel dans son ensemble (comédiens, administratifs,
techniciens des centres dramatiques, orchestres, musées,
organismes subventionnés).
C'est un peu comme si, pour calculer le rapport cotisation/prestations
du régime d'assurance maladie, on ne prenait en compte
que les malades.
Face à un argumentaire aussi spécieux, les intermittents
du spectacle, c'est-à-dire les précaires du secteur
culturel, ne peuvent qu'être scandalisés.
En espérant lire bientôt dans le Monde, dont je ne doute pas de l'objectivité, un rectificatif à cet argumentaire fallacieux, croyez, Monsieur le Rédacteur en Chef, à l'expression de mes sentiments les meilleurs.
J.K.
Cette lettre a été publiée au courrier des lecteurs du Monde le 31/08/02
Les conteurs des villes seraient-ils en passe de submerger les conteurs des champs ? Ils sont en tout cas très habiles à courtiser les médias dits "nationaux" (et qui, en fait, ne sont que parisiens). Ainsi "Le Monde" du 3/08/2002, sur une page entière, signée Rosita Boisseau, se met au service de la maison du conte de Chevilly Larue (Valle de Marne). Les "maisons du conte" sont aux conteurs ce que sont les maisons closes sont à l'amour : artifice, leurre et arnaque.
Ci-dessous ma lettre adressée à la journaliste du Monde :
Réf : votre article du 3/08/02 "Le conte nouvelle parole de la ville"
Chère madame,
J'ai lu avec intérêt
votre article cité en référence. Votre présentation
(les deux lignes précédant le titre) m'a stupéfié
: "Cet art populaire tombé dans l'oubli des campagnes...".
Une telle affirmation n'est que le reflet de votre ignorance.
Elle scelle avec mépris la dérisoire tentative de
quelques usurpateurs qui, à coup de "centres du conte",
d'attaché de presse, de stages de formation bidons, s'activent
aujourd'hui à profiter du système.
Si cet art populaire rural vous intéresse vraiment, venez,
par exemple, faire un tour en Bretagne. Je vous ferai rencontrer
Alain le Goff, Patrick Ewen, Albert Poulain, Achille Grimault,
Gigi Bigot, Roger Le Contou et Fred le Disou... (cf. ci-joint
un programme d'été des "Pierres qui parlent").
Pour ce qui est de mon cas personnel, conteur "autoproclamé"
(comme vous le dites) des années 70 (à la radio
comme les Gougaud et Chabrol), en trente ans autour du monde,
je n'ai jamais rencontré un seul journaliste du Monde.
Rassurez-vous, cette lacune ne m'a jamais handicapé pour
vivre de mon art. Le public a toujours été au rendez-vous.
Cordialement votre. J.K.
Cette lettre, avec copie adressée à Chevilly Larue, n'a eu aucune réponse.
Dessin de Cabu dans Charlie du 19/06/02
Si José avait voulu éviter la taule, il n'avait qu'à faire président. Ou alors s'inscrire à la FNSEA : Dans la nuit du 15 au 16 octobre 2001, 400 paysans de ce syndicat ont détruit 2.000 tonnes de bidoche dans un entrepôt de Fougères (35). Dans les 12 millions d'euros de dégâts selon le patron. Que croyez-vous qu'il arriva ? Aucune poursuite contre les délinquants et l'Ètat (c.a.d. nous !) a payé la casse. Autrechose que de faire joujou avec un Mac-Do ! (19/06/02)
RÊVE
La machine à rêver
en bleu s'est enlisée dans la guerre de Corée. Zidane
a rejoint le juge Halphen aux vestiaires. Orphelins de père
et de Lemerre, les braves citoyens se retournent vers la machine
à vide. Sur l'écran de leurs nuits blanches : le
bon gros Raffarin, flanqué du grand escroc Chirac et du
petit shérif de banlieue Sarkozy. Du rêve au vent
! De la source à la pissotière! Buvez ! Éliminez
! Merci Volvic ! (11/06/02)
La vache et le tracteur. (07/06/02)
Alors qu'autrefois la vache tirait le carrosse des puissants,
aujourd'hui, folle ou pas, elle risque de lui mettre des bâtons
dans les roues. John Deere, grand constructeur de machines agricoles
va bientôt mettre sur le marché un tracteur équipé
d'un gyroscope, du GPS, de caméras vidéos, de capteurs
reliés à un ordinateur central. Plus besoin du paysan
: ce tracteur pourra labourer seul en effectuant même le
trajet de la ferme au champ. D'après les ingénieurs
maison, qui testent ce tracteur en Illinois, il reste juste à
"optimiser les performances des capteurs qui, pour l'heure,
n'offrent pas véritablement de solution quand, par exemple,
le tracteur croise le chemin d'une vache égarée
dans un champ".
Ma suggestion : l'installation d'un laser à l'avant du tracteur pour désintégrer la vache en la transformant en carburant.
(source : www.Washingtonpost.com article du 22 mai 2002)
Jusqu'en 2000, 80% des aides directes PAC allaient à 20% des exploitants agricoles, principalement les gros céréaliers puisque qu'il s'agit essentiellement de primes à la surface. En 2000 Jean Glavany avait institué une légère modulation de ces aides, ce qui permettait, entre autres, de financer les mesures agri-environnementales (CTE) mais aussi les préretraites agricoles, le boisement...etc. Le commissaire européen à l'agriculture, Franz Fischler, prévoyait d'étendre ces modulations à tous les pays de la CEE en les rendant obligatoires à partir de 2003. C'était sans compter sur le lobbying de La FNSEA, aux mains des céréaliers, qui, dès le départ, s'était insurgée contre cette répartition plus équitable des aides. Notre tout nouveau ministre de l'agriculture, Hervé Gaymard, les a entendus. Il a réservé sa première visite sur le terrain aux céréaliers de Seine et Marne en leur annonçant sa décision de suspendre la modulation des aides à l'agriculture. En matière agricole, le pèlerinage en terre céréalière vaut pèlerinage en terre sainte. 25/05/02
Avec quelques centaines de milliers de tonnes d'azote organique en excédant, l'importation en Bretagne d'azote minéral y a mauvaise presse. D'autant plus qu'une forte taxe douanière devrait contribuer à en réduire l'usage. L'ammonitrate ainsi taxé nous arrive principalement des pays de l'Est, grands producteurs de pétrole (il faut environ 2 kilos de pétrole pour produire un kilo d'azote). Mais il est aujourd'hui difficile de trouver un sac d'ammonitrate en coopérative agricole. Souci éthique ? Taxe trop forte ? Tout simplement astuce. Il suffit de rajouter une trace de potasse (K) dans le sac d'ammonitrate (N) et le produit échappe aux taxes à l'importation en affichant la nouvelle étiquette "NK". Les coopératives agricoles bretonnes contribuent ainsi à lutter vaillamment contre les excédents d'azote. Le souci éthique est manifestement moins rémunérateur que le souci de l'étiquette ! 23/05/02
BACHELOTAGE
Roselyne Bachelot, sitôt
promue "ministre de l'écologie et du développement
durable" s'est déclarée groupie inconditionnelle
du nucléaire, "industrie la moins polluante, à
moins de revenir à la France de la lampe à l'huile".
Avec Roselyne, nous tenons enfin la bougie qui manquait à
notre avenir radieux. Son tailleur rose, détecteur de radiations,
va remplacer avantageusement le compteur Geiger du fameux Professeur
Pellerin, qui, tel autrefois Charles Martel à Poitiers,
avait courageusement arrêté le nuage radioactif de
Tchernobyl à la frontière de l'Est. En effet, le
rose, exposé aux radiations, devient aussi noir qu'une
pierre à feu crachant sa première étincelle
médiatique. Du fond de leur caverne, les Australopithèques
et Néandertaliens te disent : "Merci Roselyne !"
13/05/02
02/05/02
À ma grande surprise, mardi soir 30 avril, mon fax s'est
mis à cracher une lettre de Jean Marie Le Pen. Cet individu
s'autorise, pour se faire, d'un fichier déclaré
à la CNIL sous le N° 504697.
Étonné d'être ainsi l'objet d'un fichage politique,
j'ai immédiatement demandé à l'auteur ma
radiation de ce fichier et saisi la CNIL ainsi que le Conseil
Constitutionnel. Ci dessous, ma lettre au Président de
la Commission Nationale Informatique et Liberté.
Monsieur le Président
Le 30 avril 2002 à 20h44, j'ai reçu, par fax,
une lettre de Jean Marie Le Pen, datée du même jour
(cf. copie jointe). En note de bas de page l'auteur de cette lettre
s'autorise, pour cet envoi, d'un accord de la Commission Nationale
Informatique et Liberté (fichier enregistré sous
le N°504697). J'ai demandé aujourd'hui même à
cet expéditeur ma radiation de son fichier. Je vous demande
s'il vous est possible
1-de contrôler l'effectivité de cette radiation
2-de me confirmer la légalité d'un tel fichier politique.
Je vous précise, à ce sujet, que je ne suis ni membre,
ni sympathisant, ni prestataire de services, ni utilisateur de
services de cet individu ou de son organisation.
Dans l'attente de votre réponse, je vous prie d'agréer,
Monsieur le Président, l'assurance de ma haute considération.
Les routes, comme le répétaient
depuis des mois les grands augures, étaient décidément
peu sûres : prenant l'une d'elles tu risquais de se faire
dépouiller par un grand escroc, prenant l'autre de te faire
tabasser par un gros facho ! Drôle d'itinéraire ne
laissant le choix qu'entre peste et choléra !
L'artiste, au carrefour, avait des états d'âme, bien
décidé à se garder les mains propres. La
lutte contre l'insécurité n'avait jamais été
sa tasse de thé. Lui revint alors la menace paternelle,
tant de fois brandie quand la famille nombreuse cacophonait outre
mesure : "Tout à l'heure je vais en prendre un, pour
taper sur les autres". Il prit alors le grand escroc par
les pieds pour faire valser le gros facho à la douve, se
promettant de régler ensuite son compte au premier.
Mes frères, pour une fois soyons un peu machiavéliques.
Embrassons CHIRAC joyeusement sur la bouche ! Un baiser à
l'étouffer en juin.
22 avril 2002
DERNIÈRE HEURE : INCINÉRATION : NOUVEAU FRONT en 22
La trêve pascale des confiseurs aura
été de courte durée. Claudy Lebreton, Président
du Conseil Général 22, maire de Plénée-Jugon
a évoqué, jeudi 28/03/02 en conseil de Communauté
de Communes, la création en 22 d'un incinérateur
géant destiné à brûler les farines
animales. Le Télégramme du 30/03, rapportant la
nouvelle, en fait l'apologie détaillée et va jusqu'à
titrer : "Un projet innovant", en évoquant
la future bénédiction de la MIÉFA (Mission
Interministérielle pour l'Élimination des Farines
Animales). Ouest-France du 1/04/02, craignant sans doute de laisser
prise à un poisson d'avril, fait surtout état de
l'inquiétude des riverains et de la création prochaine
d'une association de défense.
Trois sites sont avancés : Plénée-Jugon (fief
du Président du CG 22), Plouvara (où se trouve déjà
l'usine d'équarrissage) et St Aaron (près de la
zone de non-droit de Lamballe). Comme à Plouray, les initiateurs
de ce projet (Le Gouessant et Novergie) promettent la totale :
farines et lisiers, fientes et boues. L'usine est "très
innovante", comme affirmé par le Télégramme.
Voyez plutôt : l'incinérateur "produira de
l'énergie qui servira à un séchoir. Ce séchoir
permettra d'optimiser l'assèchement des coproduits qui,
issus des stations des élevages de porcs et de volailles,
ne sont pas suffisamment secs. Les rejets de ce séchoir
retourneront à l'usine d'incinération".
Que voilà de la bonne innovation, permettant de tourner
en rond dans le cadre d'une sempiternelle fuite en avant !
Si le lobby productiviste a si facilement signé à
Rennes, avec les associations de protection de l'environnement,
ce "Plan d'action pour un développement pérenne
de l'agriculture et de l'agro-alimentaire en Bretagne et pour
la reconquête de la qualité de l'eau", c'est
parce que sa tactique de rechange, le transfert de pollution,
était déjà bien élaborée.
"Air et nuages de Bretagne", assoc. nouvellement créée,
et ses partenaires associés vont avoir du pain sur la planche.
En cette période électorale le Grand Parti Productiviste
présente de nombreux candidats, sous diverses étiquettes.
Période propice à faire (un peu) réfléchir
les citoyens-électeurs-pollués-payeurs ?
02/04/02
DISCOURS DE LANGONNET
(Lors du fest-noz contre l'incinérateur projeté
à Plouray, 56)
Électeurs, électrices, électriciens,
En ma qualité de Sous-Secrétaire d'Étable
aux farines animales, je n'ai pas l'intention de vous rouler dans
la farine. Je ne suis pas venu à Langonnet pour parler
langue de bois, mais pour parler langue honnête. Je suis
heureux de mettre les pieds au pays du roi morveux, si fier de
sa capitale : Plouray, plou-raie du milieu de la Bretagne Centrale
qui porte bien son nom car, depuis les origines, c'est toujours
dans la raie que le divin créateur, maître de l'univers,
a positionné le trou du cul.
Alors elle n'est-y pas belle cette future usine ? Produire de
l'électricité à partir d'énergie renouvelable,
ça devrait quand même inspirer les écolos.
Tout, ici bas, est renouvelable surtout les mandats électoraux.
Pour les conserver, cela demande beaucoup d'énergie renouvelable,
carburant à la farine de pognon à 700 francs la
tonne enlevée. Voilà pourquoi le roi du pays se
transforme parfois en majordome, voyageur de commerce du Père
Dodu et des frères Roudoudoux, frères Dalton de
la mondialisation, en cavale aujourd'hui au cul de la poulaille
brésilienne, au pays de Pelé, pour mieux nous plumer.
J'ai écouté vos récriminations, lors du grand
pèlerinage, samedi dernier à la Mecque de Plouray,
et j'entends examiner une à une toutes vos objections.
Certains, qui ont lu le dossier, disent : oui, mais ça
va faire 80 camions de plus par jour sur les routes. Mais que
je sache, dans une journée, il y a au moins 24 heures,
ce qui, une fois la division opérée, ne fait plus
que trois virgule 33 camions à l'heure. Faut donc pas exagérer.
D'autant plus que pour mettre le 0,33, on peut toujours accrocher
des remorques, ce qui fera moins de camions et sera aussi, après
plusieurs passages en 33, 33, 33, recommandé pour la santé.
Les mêmes disent : il va y avoir des retombées. Je
ne parle pas ici des retombées financières pour
les frères Roudoudoux qui seront payés, comme je
l'ai déjà annoncé, 700F la tonne de merde
transformée en fumée, je veux parler, n'ayons pas
peur des mots, des "retombées surfaciques"
: dioxines, acides, métaux lourds. "Surfaçique
!", joli nom poétique rimant avec colique. Quatre
kilos, dit-on, à l'hectare. Certes ! Mais, que je sache,
dans un hectare, d'habitude on compte au moins 10.000 mètres carrés, ce qui
fait à peine quelques grammes au m2, soit seulement quelques
millipicogrammes au centimètre, pas plus gros qu'une puce
sur la fesse d'une bonne soeur, invisible donc aux yeux des croyants.
Quant aux mécréants, qu'ils ne viennent pas chercher
des poux dans la tonsure des grands prophètes de l'agroalimentaire.
Certains s'affolent de la dioxine. Mais que je sache ce n'est
pas le père Dodu qui l'a inventée. Ce sont les Belges
avec leur fameuse recette du poulet à la dioxine pour accompagner
les frites à l'huile de vidange. Et si, récemment,
du côté d'Albertville, il a fallu abattre des dizaines
de troupeaux contaminés à la dioxine échappée
d'un incinérateur, ces bêtes, il a bien fallu les
brûler ensuite dans un incinérateur, ce qui montre
bien la nécessité des incinérateurs car autrement
comment brûleraient-on les carcasses des animaux abattus
à cause des incinérateurs qui brûlent les
carcasses des bêtes contaminées par les incinérateurs...
vous suivez ?.
En plus cet incinérateur va produire de l'électricité
qui permettra de produire des farines qui alimenteront l'incinérateur
destiné à produire de l'électricité
permettant de produire des farines qui alimenteront l'incinérateur
destiné à produire de l'électricité.
Une fois engagé dans le grand prix de Plouray, suffit de
pédaler. Et si le circuit tourne en rond, c'est pour permettre
aux spectateurs de mieux voir la course.
Certains disent : pour la région, ça va être
une catastrophe ! Mais faudrait voir à partager un peu,
car chaque région a droit à ses catastrophes : Les
Alpes : les avalanches, l'Auvergne : les volcans, la vallée
du Rhône : les tremblements de terre, la Somme : les inondations,
le Var : la mafia, l'Ile de France : Line Renaud. Pourquoi le
Centre Bretagne serait-il le seul à être épargné
?
Certains disent que les frères Roudoudoux ont l'habitude
de s'asseoir sur les normes et qu'ils ont déjà été
condamnés au moins 10 fois pour pollution de l'eau par
les tribunaux. Mes amis, faisons confiance à un récidiviste,
car dans pollution il y a dépollution, dans merde il y
a démerde, ce qui ne va jamais sans création d'emplois.
Un pollueur intermittent ne crée que des emplois occasionnels.
Alors qu'un pollueur professionnel connaît l'art de pérenniser
le boulot.
Le pays du roi Morveux, veut qualifier les produits de son terroir
en les labellisant. Voilà une idée qu'elle est bonne.
Je propose un slogan pour ses étiquettes : "avec Roudoudoux,
même la merde a du goût" ou encore "avec
le Galcob, faites-vous mettre plein zob".
Certains disent que Roudoudoux a répondu à l'appel
à projet du Ministère de l'Environnement avant même
que cet appel ne soit lancé. Voilà, mes amis, une
attitude dynamique. Si nos coureurs à pieds partaient toujours
de cette manière, avant le coup de pistolet du starter,
Marie José Pérec aurait gagné haut la main
tous les jeux olympiques.
Et n'oublions surtout pas la taxe professionnelle qui va enrichir
la commune. Plou-raie du milieu se pare déjà d'un
joli plan d'eau avec poissons rouges et canards de barbarie. Avec
la taxe professionnelle, vous pourrez bientôt y mettre des
crocodiles.
Je reconnais que certains auraient des raisons légitimes
de protester : je veux parler des vénérables Rimpoché
bouddhistes, priant au carrefour de Kerguzul. Pas facile, pour
l'âme des défunts de se réincarner dans une
vache folle. Encore moins dans la farine animale. Que dire de
la réincarnation dans la fumée ? Pour leur faciliter
le karma, nous peindrons donc les fumées en jaune, couleur
de leur céleste compagnie.
Mais je vous sais tous impatients de voir enfin à quoi
ressemble cette fameuse usine. Pour calmer votre impatience, j'en
ai fais faire ce matin, par mes services, une maquette. La voici,
encore toute chaude sortie de mon cabinet, dessinée par
Juppé, compagnon de parti du Roi Morveux. Son nom ? Vous
l'avez tous sur le bout des lèvres. Une ça commence
par un M. Oui! Une mallette ! Une mallette des rois, avec une
fève à l'intérieur. Car il faut bien une
mallette pour mettre la galette. Ce n'est pas Didier Schuller
qui me contredira.
Certains sont très déçus car ils n'aperçoivent
pas, sur cette maquette, à l'architecture futuriste, la
fameuse tour cracheuse. Ce braquemart géant qui va bientôt
s'enfoncer dans Plou-raie du milieu. Cette tour de Babel destinée
à remplacer les tours jumelles de Nouille York, réconciliant
terre et ciel, sol et hors-sol, consommateurs et cons tout court.
Je l'ai gardée pour la fin. La voici. Elle va vous en mettre
plein la vue, et surtout plein les poumons. Que vienne la nuit
celtique !
Douce nuit, sainte nuit !
Nuit celtique, piège à fric !
Le prion se transforme en fumée.
Nos poumons vont pouvoir le choper.
Pour la Bretagne a sonné
La nuit des longues cheminées.
21/02/02
NUIT CELTIQUE
Nos jours seront bientôt
plus noirs que nos nuits. Sous peu, si nous laissons faire, marées
noires et marées vertes vont se découvrir dans le
ciel une petite soeur particulièrement teigneuse. La nuit
des longues cheminées vient d'être programmée
par l'agroalimentaire breton. On savait déjà la
menace de Val d'ouest à Milizac, avec ses camions chargés
d'acide sulfurique et d'ammoniac, destinés à régénérer
350.000 tonnes d'excédents de lisier de cochon, 17.000
tonnes de boues d'épuration, 16.000 tonnes de déchets
divers. On venait d'apprendre le projet diabolique de Doux, qui,
après avoir, à de multiples occasions, détruit
la faune piscicole de l'Aulne et de l'Ellé (cf plus loin),
pousse maintenant à Plouray les feux d'un incinérateur
géant, destiné à brûler farines animales
(100.000 tonnes), boues d'épuration (32.000 tonnes), sang
d'abattoirs (20.000 tonnes), eaux usées (10.000 tonnes)
avec, à l'horizon, cinq autres projets de même type,
dont un à Guiscriff, initié par Glon, nouveau propriétaire
des lieux, la belle Corinne, vitrine de la dinde en gros, s'étant
envolée, avec son père et un de nos grands comédiens
nationaux, prospecter le pétrole à Cuba.
Parenthèse, au passage, à propos des farines animales
: on attend toujours le résultat de l'enquête concernant
l'ESB, suite à la plainte déposée en 1996
par "Que Choisir" et la "Confédération
Paysanne" pour importation illégale de farines britanniques.
L'enquête piétine, mais ceux qui ont été
à l'origine de cette catastrophe se positionnent aujourd'hui
pour tirer profit des tonnes de farine ainsi accumulées
(700 F de subvention à la tonne éliminée).
Continuons notre visite de l'agroalimentaire breton : voici que,
dans le cadre de "la lutte environnementale contre les excédents
d'azote" -prière de ne pas rire de cette lutte éminemment
écologique - les industriels bretons de la filière
avicole projettent la création de quatre à cinq
usines d'incinération de fumier de volailles, avec, à
la clef, l'élimination des 300.000 tonnes d'excédents.
Une réunion interministérielle, qui s'est tenue
à Paris le 15 janvier, a donné le feu vert aux subventions
(Télégramme du 17/01/02). Pour en glaner un maximum
-la moitié de l'équipement sera payé par
nos impôts- ces usines magiques fourniront de l'électricité,
rachetée au prix fort par EDF à faire pâlir
de jalousie les éoliennes qui n'ont touché jusqu'ici
que clopinettes. Cette énergie est, évidemment,
baptisée "renouvelable", car, désormais,
l'extension des poulaillers va pouvoir se renouveler à
l'infini.
La terre et l'eau avaient, en trente ans de surexploitation, révélé
leurs limites. Le hors-sol, cette fois, va décoller définitivement
du sol, s'accrochant au feu et à l'air. Les agro-businessmen
bretons, entre deux convois douteux, auraient donc prit le temps
de revisiter Bachelard, en procédant au viol systématique
de nos quatre éléments. Les mauvais esprits auront
vite fait de qualifier cette nouvelle donne de transfert de pollution,
multipliant par 7, par adjonction d'oxygène, le volume
des déchets. Le feu purificateur va éponger, disent-ils,
les tonnes d'immondices. Fermons les yeux, les narines et les
poumons. La pollution s'en ira d'elle-même vers d'autres
planètes et la terre se refera virginité. Le phare
de "Produit en Bretagne" va cracher à jet continu
une fumée, bourrée d'acides, de métaux lourds
et de dioxine, qui, n'en doutons pas, s'en ira fièrement
défiler sur les Champs-Élysées.
Dans leur aveuglement à court terme, ces as du flux tendu
et de la circulation rapide des capitaux n'imaginent même
pas qu'ils vont couper la branche sur laquelle ils sont assis
: bientôt plus personne ne voudra de leurs produits de merde.
Reste, heureusement, nos luttes. Mais, une fois de plus, elles
vont bouffer notre temps et capter une énergie que nous
aurions aimé consacrer à des causes plus nobles,
celles que nous nous sommes nous mêmes choisies
20/01/02 
Manif à Plouray le 16 février 14 h
Fest-Noz à Langonnet le 22 février 21h avec discours du Sous Secrétaire d'Étable aux farines animales.
La société Doux, reine de la poulaille bretonne, projette la construction à Plouray (56) d'un incinérateur géant, destiné à brûler farines animales (100.000 tonnes), déchets d'abattoir (20.000 tonnes) et boues d'épuration (32.000 tonnes). Le tout est présenté sous la forme hautement écologique d'une "production d'électricité à partir d'énergies renouvelables". L'enquête publique s'est déroulée, comme toujours, de manière très discrète dans les seules mairies de Plouray et Glomel, alors que les retombées des fumées sont prévues, d'après le dossier d'impact, sur un rayon de 50 km. Au menu : métaux lourds (une bonne dizaine, dont le mercure), acides divers (dioxyde d'azote, ozone, souffre, chlore, fluorure d'hydrogène...) et dioxine. En annexe : production de 21.000 tonnes de résidus (cendres et mâchefers).
D'après Doux, les normes européennes de rejet de son incinérateur géant seront (évidemment !) respectées. On connaît l'attachement de Doux à respecter les normes, lui qui a été, a de multiples reprises, condamné par les tribunaux. Pour rappel, on peut citer les trois condamnations les plus récentes : (voir le site Eau et Rivières de Bretagne :"http://assoc.wanadoo.fr/erb/")
-en 1991, l'abattoir Doux de Châteaulin, occasionne une pollution
de l'Aulne. Plusieurs tonnes de poissons crèvent. L'enquête
de police conclue à un agrandissement de l'abattoir sans
autorisation. Doux fait traîner le procès d'appel
en cassation. Il est définitivement condamné en
date du 16 octobre 1998 par rejet de son pourvoi en cour de cassation.
-en juin 1994 et en août 1995, l'abattoir Doux de Plouray
occasionne une grave pollution de l'Ellé (mortalité
piscicole sur plus de 30 km). Cette fois encore une insuffisance
d'épuration, suite à une augmentation illégale
de production, est à l'origine de la catastrophe. Là
encore, Doux essaie de jouer la procédure pour éviter
la condamnation. La chambre criminelle de la cour de cassation
le condamne définitivement en date du 23 mars 1999.
-le 17/12/96 Doux est condamné par le tribunal de police de Pontivy pour l'utilisation d'une eau non conforme dans la transformation de produits alimentaires destinés à la consommation humaine : lavage de carcasses de poulets sur le site de l'abattoir de Plouray avec une eau surchargées en nitrates.
23/12/01
Un reportage, tourné récemment en Bretagne
par Sandrine Mörch, devait passer à l'antenne le 15
décembre à 9h40 dans "La ruée vers l'air",
émission hebdomadaire de France 3 national. Cette programmation
vient d'être annulée et sera remplacée par
un reportage sur les Landes.
Le contenu de l'émission a été jugé
"politiquement incorrect" par la direction de France
3 (producteur). Il comportait en particulier un interview de Camille
Guillou, auteur de "Les saigneurs de la terre" (édit.
Albin Michel) et un autre de Jean Kergrist présentant "La
gavotte du cochon" (édit. Ton Doubl) et "Conseils
à gogo" (édit. Des Dessins et des Mots).
LE COMMENTAIRE
La réalisatrice, délaissant le passage obligé
par les offices de tourisme et les porte- paroles autorisés,
avait l'intention de montrer une autre image de la Bretagne :
l'envers de la carte postale traditionnelle. Les interlocuteurs
qu'elle s'était choisis dénonçaient en particulier
le rôle et les méthodes du lobby agricole dans la
destruction de l'environnement en Bretagne.
Sa direction lui a rappelé que "La ruée vers
l'air" était un magazine d'évasion.Trois jours
d'un tournage assuré par cinq personnes passe ainsi à
la trappe. On se croit revenu à l'époque où
Alain Peyrefitte présidait aux destinées de l'ex
ORTF... sans même avoir le courage politique d'assumer une
telle censure : lors de la réunion où a été
signifiée cette décision à la réalisatrice
(le 6/12), il a été convenu d'invoquer un problème
technique pour justifier ce passage à la trappe.
PETITS RAPPELS
En mars 2000 un direct était prévu sur France 3
au Salon de l'Agriculture. Quand la FNSEA a appris que Camille
Guillou y était invité, elle a interdit le tournage
de l'émission dans l'enceinte du salon. Toute l'équipe
technique a dû déménager d'urgence dans les
studios de la SFP.
L'an passé, l'ODDC (Office Départemental De la Culture
22), lors de son festival "Paroles d'hiver", avait pré-programmé
"La Gavotte du cochon" le jeudi 7 décembre à
Plédéliac. Suite à des pressions identiques
("trop près de Lamballe, la Mecque du cochon"),
le spectacle avait courageusement été remplacé.
CONCLUSION
1-Il se trouve des zones de non-droit ailleurs que dans les banlieues.
2-Vive l'art, mais à condition qu'il n'entre pas dans le
lard !
(08/12/2001)
L'Institut de Locarn (22) était
la semaine dernière sur la sellette. 18 mouvements et syndicats
(Attac, Sud, AC, Confédération Paysanne, Fédé
anarchiste, Parti des Travailleurs, LCR...), appelaient à
une manifestation contre ce "Davos breton", dans le
cadre de la journée anti-OMC. Comme par hasard, 4 jours
plus tôt les locaux de l'Institut avaient été
victimes d'un début d'incendie d'origine criminelle. Cet
attentat, plutôt poussif (un carreau cassé et un
bout de moquette calcinée), tombait on ne peut mieux. Le
bureau "pentacéphale" de l'Institut a vite exprimé
son indignation par la bouche d'une de ses cinq têtes, Jean
Jacques Hénaff, promoteur du fameux pâté en
boîte. Anticipant sur les résultats de l'enquête
de police, il a vite fait l'amalgame entre les coupables de cet
acte imbécile et ceux qui appelaient à la manifestation
: "avec ces méthodes, on ne peut pas considérer
que ces gens ont choisi l'ouverture. Si c'est ça le monde
qu'ils veulent promouvoir !".
L'ouverture est sans doute le fait du Président Fondateur
de l'Institut, Jo le Bihan, ex-consultant des services secrets
du SDEC et de la DGSE pour l'Asie du Sud-Est (Golias N° 59
mars-avril 1998), actionnaire principal de la société
civile immobilière propriétaire de l'Institut, chantre
d'une initiative privée construite avec force fonds publics.
Grâce à ses compétences passées, il
ne va sans doute pas tarder à découvrir les vrais
coupables de ce début d'incendie.
Morceaux choisis
En attendant la suite de l'enquête, on peut relire quelques
morceaux choisis de ses écrits (dans "Genèse
de l'Europe Unifiée"1993). On comprend aussitôt
en quoi consiste cette ouverture tant prônée : "La
pitié est une donnée individuelle. La pitié
collective ne dure jamais bien longtemps. En Asie, aux Indes,
en Afrique, tout faible crève au bord de la route. Il ne
faut surtout pas l'aider, on ne peut pas s'en occuper."p.143,
"L'entreprise de compétition est au coeur de la société
de demain" p. 5, "Ça ne sert à rien de
diminuer la mortalité infantile, puisque vous ne pourrez
pas donner du travail à ces enfants." p.119, "Contrairement
aux illusions, le soleil n'est pas générateur de
travail et de succès économique durable, il favorise
l'indolence" p.77, "Nous pouvons donner tout l'argent
de la France à l'Afrique, nous ne verrons jamais naître
un développement dans ces pays. On ne crée pas,
on n'enfante pas à partir de la mollesse." p.43.
Vous avez dit "Davos breton" ?
Conférences
L'institut de Locarn organise
régulièrement des conférences de haut niveau,
toujours sous le signe de l'ouverture. Le 23 novembre dernier,
Christian Blanc, ancien PDG d'Air France, donné partant
aux présidentielles, en était l'invité sur
le thème : "comment sortir la France de ses impasses".
Après Air France, faire voler la France : tout un programme
! Voici les tarifs : grosses entreprises : 1.500f, petites entreprises
: 1.000f, élus et particuliers : 500f.
À trop habituer les autochtones à des moules frites
ou cochons grillés à 50f, à des festou-noz
à 30f et à des conférences gratuites, on
les éloigne des bienfaits d'une mondialisation ouverte
à tous.
(20/11/01)
La pub radio nous bassine en ce moment avec le poulet de Loué,
qui s'autoproclame le meilleur protecteur de l'environnement.
Reste à expliquer le mécanisme précis du
phénomène. Dialogue :
-Alors, le poulet de Loué qu'est-ce qu'on fait pour l'environnement
?
-On plante des haies.
-Ah bon ! Je ne savais pas que les poulets poussaient dans les
arbres.
-C'est nouveau ! Un poulet génétiquement modifié
qui s'accroche aux branches.
-Et pour l'environnement ?
-On n'a plus besoin de plan d'épandage : au lieu de chier
vers le bas, il chie vers le haut.
-Vraiment miraculeux !
-Et pour la récolte, suffit de secouer l'arbre.
-À Loué, vous êtes vraiment très forts.
-On s'accroche à la pub, comme les poulets aux branches.
23/10/01 (dessin de Nono)
(Extrait du discours du Sous-Secrétaire d'Étables aux Algues Vertes lors de la manif d'Hillion -22- le 16/09/2001)
"Qu'est-ce que j'apprends? Deux algues vertes, à la solde de Ben Laden, se sont abattues sur la ville de Lamballe, décapitant deux silos et privant d'alimentation des milliers de cochons. Une autre algue verte enragée s'est abattue sur le pentagone de la Cooperl, faisant chuter la bourse du cochon au marché au cadran de Plérin. La guerre du bien contre le mal est déclarée. Défendons le cochon, dernier rempart de l'Occident contre l'Islam."
(relaté dans Ouest-France du 1-2 septembre)
Sale temps pour les cochons ! Alors que,
début août, le Préfet du Finistère
avait fait abattre 148 truies non déclarées, le
31 août, sans attendre l'hécatombe routière
de la Toussaint, un accident de cochons a fait 100 morts. Un camion
et sa remorque trois étages s'est renversé dans
la douve à quelques kilomètres de l'abattoir de
Collinée (22), destination finale du voyage organisé.
100 cochons ont survécu au vol plané. Le chauffeur
du camion s'appelait Gérard Couenne.
Les pompiers de Dinan ont récupéré un à
un, à la grue, les cochons trucidés pour les amener
à l'usine d'équarrissage. Pas question d'amener
à l'abattoir un cochon accidenté, c'est-à-dire
syndicalement irresponsable. L'égorgeur de cochons doit
faire son travail selon la règle.
Les cochons survivants, soit 50 % du car scolaire, ont été
récupérés dans la nature et envoyés
à Bégard, ville réputée pour son hôpital
psychiatrique.
Gérard Couenne a sauvé sa peau en sortant par la
portière, sonné mais indemne.
NOTE : Hormis le nom du chauffeur, tous ces faits avaient été décrits, il y a quatre mois, dans une nouvelle intitulée "Barouf à Bringolo", publiée dans "Crachins, nouvelles fraîches de Bretagne", éditions Baleine-le Seuil. On y rencontrait également un Préfet tueur de cochons. Mais où les auteurs vont-ils donc chercher tout ça ?
07/09/01 (dessin de Nono)
Un sommet dans le surréalisme agricole a été
atteint début septembre en Centre Bretagne. La Chambre
d'Agriculture des Côtes d'Armor décernait le premier
prix de son concours "Fermes et Paysages". Un événement
à attirer 6.000 spectateurs un dimanche après-midi,
lors de la porte ouverte organisée par la Chambre et les
heureux gagnants du concours. Présence exceptionnelle du
Préfet et du Président de la Chambre Régionale
d'Agriculture, aux côtés de tous les élus
du canton.
Ferme irréprochable de propreté. Pas un brin de
fumier à dépasser des massifs fleuris. Pas une paille
à traîner sur les milliers de mètres carrés
de l'aire bétonnée. Des arbustes partout. De l'intégration
paysagère étudiée sur maquette. Des couloirs
de circulation différents pour les tracteurs, les vaches
et les voitures. Aucun risque de contamination croisée.
De la mise aux normes à grand renfort de crédits
européens. De la réussite à tout va : vache
primée au Space de Rennes et au Concours Général
de Paris. Dindes de sélection. La ferme modèle par
excellence. Le top de l'efficacité technique agricole.
L'exemple à donner aux culs terreux.
Dans son discours, le président de la Chambre Régional,
invente un nouveau concept : "L'agriculture productive".
Cette dernière "n'est pas incompatible avec le respect
des milieux, des hommes et des territoires". Le public reste
un peu sur sa faim, attendant la description de l'agriculture
"improductive" qui, par contraste, permettrait d'éclairer
ce nouveau concept rural. Sans doute une agriculture où
les vaches n'ont pas de pis et les épis pas de grains.
Le préfet, à défaut de planter une vache
ou un épis, plante un chêne, "symbole de vie
et de renaissance" et finit par lâcher le morceau :
"Ce n'est pas parce qu'on a l'ESB qu'on est un mauvais éleveur".
Tout le monde commence à comprendre le film : pas une vache
dans la stabulation hyper moderne. Pas un beuglement dans les
champs avoisinants. Pas une eau de ruissellement autour de la
salle de traite. La ferme est déserte. Juste 6.000 visiteurs
ébahis par une telle réussite. Huit jours plus tôt,
le troupeau de laitières a été abattu en
totalité. Une vache folle est venu perturber la fête.
Celle, justement, qui avait gagné les concours et fait
parler d'elle jusqu'à Rennes et Paris. Le sommet n'est
jamais très loin du précipice. Quand le Colisée
tombe, Rome s'écroule.
On exalte le courage du couple d'éleveurs qui, malgré
sa douleur, a tenu à maintenir la journée porte
ouverte. Le préfet enfonce le clou : "Le hasard a
été très dur avec vous, alors que vous aviez
un remarquable troupeau". Hasard, hasard ? Vous avez dit
hasard ?
04/09/01
Ils se sont abattus comme des sauterelles
sur le Centre-Bretagne à 10 km des Vieilles Charrues et,
surtout, à 5 km de mes fenêtres. Les paysans du
coin qui, jusqu'ici, se dopaient exclusivement au lambic ont découvert
l'ecstaty ainsi qu'une nouvelle manière de compter les queues
et les oreilles. Ils étaient, soyons généreux,
à tout casser 4.000, sans compter les bagnoles, les tentes
et les étrons. Comme il ne s'agissait pas d'une manif contre
la mondialisation, flics et journalistes ont fait mousser l'évènement.
En annonçant le chiffre de 40.000 raveurs leur prose passait
en nationale et les brigades avaient droit au soutien des hélicoptères
de combat. 
Aujourd'hui tout le monde contemple le spectacle de désolation en ramassant papiers gras et bouteilles de Kro. Se pose désormais la seule grande question métaphysique qui vaille : qui va payer l'addition? Et que je te cogne à tout va contre les Vieilles Charrues, appât local d'une jeunesse en mal de sensations. Pas étonnant : Vanessa Paradis attire les mouches!
On constate au moins une retombée environnementale déterminante : les gros paysans du coin, qui ne voulaient jusqu'ici rien entendre au périmètre de protection du captage d'eau de Paule, sont devenus des écologistes convaincus, ne jurant que par la protection de la nappe. Quand on sait qu'un cochon chie et pisse comme quatre raveurs, le calcul du plan d'épandage est simple : il va falloir désormais supprimer 1.000 cochons sur la commune de Paule. Merci Vanessa!
27/07/01 (dessin de Nono)
(*en breton "cochon" se dit "morc'h")
Je vais bientôt crouler sous le
pognon. Mon père, le premier, a inventé Loftstory,
l'émission qui fait gagner des milliards à M6. Je
suis l'héritier légitime des droits d'auteurs attachés
à cette grande émission culturelle faisant plonger
TF1, bétonnière en chef de la morale télévisuelle
qui, elle, ne gagne que des millions. Même en partageant
avec une bonne flopée de frères et soeurs, il devrait
m'en rester un bon paquet. Préparez-vous à une invitation
collective. Je vais bientôt sabrer le champagne.
Des preuves? D'abord un rapide flash back : à une époque
où ma mamm gozh, qui affichait des avantages à faire
pâlir ceux de Loana, n'avait pas encore transformé
sa coiffe bretonne en récepteur satellite TPS, toute les
fermes possédaient un puits. C'était bien avant
l'invention des tuyaux et des nitrates pour mettre dedans. Bien
avant l'arrivée des forages privés, permettant aujourd'hui
à certains éleveurs de laver leurs bottes à
l'eau de source, ce qui est très bon pour le caoutchouc
et les femmes enceintes... mais là je change de sujet.
En plus de fournir de l'eau pure et gratuite, le puits servait
à tout un tas d'autres choses. L'été, par
exemple, quand le beurre était trop mou, on descendait
la motte dans un seau à une dizaine de mètres au
dessous du niveau du sol. Quand un enfant n'était pas sage
: hop! un tour dans le seau au fond du puits. Si tu voulais arrêter
l'épreuve, t'avais intérêt à crier
très fort le sésame du retour à la surface
: "Pardon papa, je ne recommencerai plus". A part le
coup de grisou, Zola, à l'époque n'avait pas inventé
mieux.
Tonton Alexis, ancien facteur, qui, à ce titre, avait arpenté
le monde, fit un jour remarquer à mon grand père
que ce procédé punitif faisait un peu barbare, sinon
très risqué car, depuis la guerre 14-18, le fer
entrant dans la fabrication des chaînes à remonter
le seau n'était plus d'aussi bonne qualité. Mon
grand père, craignant pour son seau, transforma la punition
familiale de la descente à la mine en un petit séjour
forcé dans l'écurie des cochons.
Toutes les fermes bretonnes possédaient alors un cochon.
C'était bien avant l'invention des cochons en gros ( 12
millions aujourd'hui en Bretagne selon les organisateurs, 15 millions
selon la police) et des antibiotiques pour mettre dedans... mais
là je change de sujet. Pour sortir du loft cochonnier,
il nous fallait crier la fameuse phrase de soumission déjà
citée plus haut : "Pardon papa...etc".

Mon père hérita tout naturellement de cette originale épreuve traditionnelle. Attentif à l'avenir de ses enfants, il perfectionna le système en construisant une petite lucarne sur le toit de la soue pour observer, de l'extérieur, le face à face entre l'humain et le cochon. Morc'hstory, ancêtre direct de Loftstory, était né.
Cette petite trouée dans la toiture va bientôt me valoir de l'or. Juste le temps de défendre mes droits près des tribunaux. Chaque fois que vous regarderez par la lucarne le comportement d'un cochon, les tunes des droits d'auteur vont me tomber dans la tirelire. Merci chers dindons d'élevage de vous laisser ainsi plumer... mais là je change de sujet.
15/05/2001
Le 14 avril 2001 à LAMBALLE
(22) le collectif des victimes des pollutions, regroupant plusieurs
dizaines d'associations, organisait une manifestation régionale
destinée à réclamer des pouvoirs publics
des mesures énergiques en faveur de la restauration de
la qualité de l'eau. Cette manifestation a été
l'objet d'une contre-manifestation de type fascisante : des agriculteurs,
manipulés par le lobby des coopératives porcines,
dont Lamballe est le fief, ont d'abord tenté, lors d'une
réunion haineuse tenue le vendredi soir, d'intimider les
participants en leur promettant un accueil musclé. Pour
ceux qui, malgré tout, gardèrent intacte leur détermination
à manifester, tracteurs et camions d'aliments furent, dès
le samedi matin, disposés en travers des routes, barrant
tous les accès à la ville. Au final, 4.000 personnes
réussirent cependant à déjouer les obstacles
en parvenant au centre ville.
Dans les airs un hélicoptère tournait. Le préfet
du département suivait les manoeuvres d'encerclement...
sans donner l'ordre à ses CRS de dégager les voies
publiques. A sa descente, s'adressant aux journalistes, il se
félicitait du fait que les deux manifestations aient pu
se dérouler sans incidents... mettant ainsi sur le même
plan les manifestants pacifiques et ceux qui, par la force, leur
avaient barré les routes.
On apprenait, les jours suivants, que certains militants écologistes
avaient été l'objet de menaces de mort. Monsieur
Salmon, Président de la Chambre Régionale d'Agriculture,
tout en refusant, du bout des lèvres, de cautionner ces
menaces, se répandait dans la presse pour les justifier.
J'ai adressé, à ce propos et sans grande illusion,
au courrier des lecteurs du Télégramme et de Ouest-France
la lettre que voici :
Certes Monsieur Jean Salmon, Président
de la Chambre Régionale d'Agriculture et Vice-Président
de la FNSEA, refuse de cautionner ces menaces de mort, mais c'est
pour s'en prendre aussitôt "aux associations qui jouent
de la procédure, violence morale ne pouvant que générer
des actes incontrôlés".
On ne peut qu'être étonnés de cette mise en
parallèle entre la violence physique et le recours au droit,
assimilé, dans la bouche de Mr Salmon, à une "violence
morale". Une société démocratique se
construit sur des lois. Les pouvoirs exécutif et judiciaire
ont pour mission, en faisant valoir le droit, d'éradiquer
la violence exercée par les forts sur les faibles. Mettre
sur le même plan ceux qui, pour se défendre des agressions
diverses, font appel au droit et ceux qui, par le lynchage physique
et l'obstruction de la force aveugle, refusent de s'y plier, c'est
rendre un très mauvais service à la démocratie.
Les chars de Budapest, Prague, Santiago du Chili ou Tian an Men
ressemblent tellement aux grosses fourches de tracteurs aperçues
sur les routes de Lamballe un certain 14 avril !
À l'occasion de cet évènement, de nombreux journaux ont donné la parole aux éleveurs hors-sol, une des cibles des manifestants. Le Poher du 18/04 publiait un interview du maire du Scaër, porcher de profession. Ses arguments étaient tellement démagogiques que je n'ai pu, là encore, m'empêcher d'y répondre.
Mon nez de clown s'est baladé
dans toutes les salles de Bretagne, à l'exception d'une
seule : le Centre Culturel de Scaër. À la lecture
du dernier Poher, je comprends enfin pourquoi. La place était
déjà prise par un sérieux concurrent en la
personne de François Bleuzen, maire. Il nous fait beaucoup
rire en affirmant que s'il pollue, c'est "par contrainte
qui génère l'activité économique...
pour nourrir ceux qui n'ont pas les moyens de se payer les produits
bio".
As-tu calculé, cher collègue clown, le prix de revient
de tes produits? Qui paye les "restits" à l'exportation,
le stockage des surproductions pour soutenir les marchés,
les milliards des plans Bretagne Eau Pure, les milliards du Plan
de Maîtrise des Pollutions Organiques Agricoles (PMPOA),
la note du ramassage des algues vertes sur les plages, les usines
de dénitratation, l'eau en bouteilles plastiques, les dégâts
sur la santé induits par herbicides, pesticides et nitrates,
la désertification du territoire liée aux plans
d'épandage ? Ceux "qui n'ont pas les moyens"
de se payer des produits bio te remercient vraiment de ton dévouement
à leur fabriquer une nourriture pas cher. Pas cher pour
qui?
Tu pourras même bientôt demander le remboursement
de ton travail par la sécu : les silos sont tellement bourrés
d'antibiotiques qu'on peut désormais soigner la grippe
la plus tenace avec deux côtes de porc sur ordonnance.
21/04/2001
SUITE AU 4 MAI 2001
Aucune nouvelle concernant mes deux lettres : les journaux font l'autruche. Sans doute trop d'intérêts en jeu ! Aucun autre lecteur, aucun autre journaliste n'a relevé les deux déclarations citées plus haut.
Ce dessin de Charb, passé dans Charlie, illustre bien le propos. Je l'enlèverai évidemment en cas de suite venant du Télégramme, Ouest-France ou Le Poher.
Ce jour j'ai adressé une deuxième lettre au Poher :
Monsieur le Rédacteur en Chef,
Aucun journaliste, aucun lecteur, aucun
élu n'a encore répondu, dans le Poher, à
l'ânerie monumentale proférée par le maire
de Scaër dans votre journal daté du 18 avril (N°268
p.3) : Il y affirmait de manière péremptoire qu'il
s'il produisait, certes en polluant, c'était "pour
nourrir tout le monde, même ceux qui n'ont pas les moyens".
Dans une réponse, que je vous adressée la même
semaine, je faisais la liste des coûts à inclure
dans ces produits appelés "pas chers" (en l'occurrence
les porcs) : les "restits" à l'exportation et
le stockage liés à la surproduction, les milliards
des plans Bretagne Eau Pure, les milliards du Plan de Maîtrise
des Pollutions d'Origine Agricole (PMPOA), le ramassage des algues
vertes, les usines de dénitratation, la consommation d'eau
en bouteille, les dégâts sur la santé, la
désertification rurale...
Connaissant votre sens aigu de la déontologie (confirmé,
par exemple, par l'édito du N°270 p.5) j'imagine que,
si vous n'avez pas rectifié, d'une manière ou d'une
autre, la grave contre-vérité économique
exprimée par le Maire de Scaër, c'est parce que, dans
l'énoncé des coûts, j'avais oublié
un dernier élément : le montant des amendes infligées
à l'État (donc aux contribuables) pour la sur-nitratation
des eaux : le Tribunal Administratif de Rennes, en un jugement
daté du 2 mai 2001, vient de fixer le montant de la première
facture : 751.440 F.
Les produits "pas chers" commencent à coûter
"bonbon" !
A LA NICHE
Certains imaginent que les sous sont à prendre là
où ils sont. Erreur grossière! Illusion de cambrousse!
A ce jeu, même un Sirven s'est fait piquer. Il n'y a plus
que les frères Dalton pour oser l'attaque frontale.
Les gros planquent leur fric ailleurs que dans leur coffre et
sortent les dents dès que t'approches pour flairer leur
magot. Les petits sont beaucoup moins méfiants. Ils n'ont
certes pas grand chose à planquer sous leur matelas mais
c'est pourtant chez eux que se trouve le gros gisement à
picaillon. En première année de marketing on appelle
ça "faire la chasse aux petites niches". C'est
beaucoup plus facile de plumer des milliers de pauvres qu'un seul
Crésus. Le Ministre des impôts connaît le truc
depuis toujours. L'impôt sur la fortune ne lui rapporte
que des clopinettes, alors qu'une petite taxe, bien généralisée
à la base, des milliards.

Baisse du téléphone
Le truc le plus génial est toujours le plus vicieux. Par
exemple le téléphone : l'art d'organiser le carnaval
du kidnapping consiste à camoufler une grosse augmentation
de l'abonnement sous le masque d'une petite baisse de la minute
de communication. À l'arrivée c'est le pactole assuré.
Comme le plus paumé des érémiste est abonné
au téléphone, la petite niche ratisse large. Le
gros, qui téléphone beaucoup et ailleurs qu'au 22
à Asnières, applaudit des deux mains. La baisse
lui fait visitation tous les matins et il peut entonner son magnificat
à la gloire de France Télécom privatisée.
Quand aux autres, la majorité, ceux qui hésitent
à deux fois avant de téléphoner à
leur oncle du Pouldreuzic, ils ne voient même pas passer
l'arnaque étant donné que c'est écrit "La
baisse" en gros dans leur journal du matin. Ils n'iront même
pas vérifier leur facture car on leur a fourgué
le prélèvement automatique. Librement bien entendu!
C'était soit signer l'autorisation de prélèvement
soit payer deux mois d'avance sur consommation.
banque minitel-mutuelle
La petite niche peu varier au gré du secteur opérationnel.
Dans la banque, par exemple, on te propose, depuis l'automne dernier,
un forfait génial pour la consultation de tes comptes par
minitel, sans oublier, là encore, de l'enrober dans le
chocolat d'une baisse de la minute de consultation. Le clampin
de base, qui ne consulte ses comptes qu'à toute vitesse
une fois par mois pour voir si sa paye est tombée, se retrouve
avec une jolie augmentation à lui brouter la laine sur
le dos : 1,50 F avant, 15,02 F après, soit une augmentation
de 1.000% (mille!). De quoi attirer les fonds de pension américains.
Quand la banque affiche le mot "Mutuel" sur sa devanture,
l'affaire est d'autant plus croustillante. Les bénéfices
de la banque peuvent largement assurer le casse-croûte saucisson
de l'assemblée générale annuelle destinée
à obtenir, à l'unanimité de la main levée
vers le verre de kir, le quitus de comptes aussi florissants.
Bien sûr on garde jusqu'à la retraite le conférencier
maison qui fait toujours un tabac avec son topo sur l'histoire
de l'éthique mutualiste. Les petits commerciaux costard-cravate
aux dents longues ont pris les commandes. Les employés
baissent l'échine en plaçant les produits maisons,
harcèlement téléphonique à l'appui.
Ils sont notés sur le chiffre. Le passage à l'euro
va bientôt leur permettre l'arnaque du siècle. "Voulez-vous
un rendez-vous personnel pour vous présenter notre nouveau
compte Euro?" Plus c'est cynique mieux ça marche!
On n'a pas écrit "gangster mutuel" sur la pancarte
du guichet d'accueil. Les petits à la niche! C'est là
que se trouve leur écuelle. Depuis toujours.
26/03/2001

Début mars, les relations franco-africaines vont se réchauffer. A Paris, un procès d'un autre âge va tenir la vedette.Trois chefs d'états africains, Bongo du Gabon, Déby du Tchad, et Nguesso du Congo, traînent au tribunal un journaliste français, François Xavier Verschave, président de l'association "Survie"(1), spécialiste des problèmes africains. L'an passé celui-ci a écrit un ouvrage intitulé "Noir silence"(2), dans lequel il démonte, preuves multiples à l'appui, le fonctionnement du système "françafrique". L'affaire Elf, avec son prolongement ougandais, a, depuis, éclaté au grand jour et le grand public connaît un peu mieux ces mécanismes néocolonialistes. Mais le pétrole d'Omar Bongo n'en est pas le seul moteur. Hévéa, coton, tabac, cacao, uranium, diamants, transport, construction : le pactole africain se conjugue en de multiples secteurs. De grandes sociétés françaises se sont créé des empires économiques en achetant des dirigeants africains ainsi que leurs familles. Ceux-ci, en retour, leur accordent tous les passe-droits permettant d'asseoir des monopoles au détriment des sociétés locales. Plus les affaires sont florissantes, plus le peuple africain sombre dans la misère. Le trafic d'armes vient couronner l'édifice en confortant par la force cette razzia économique. Les révoltes locales, trop facilement qualifiées d'ethniques ou de tribales, se transforment vite en génocides.
Lèse majesté
Ces trois chefs d'État ont choisi Maître Vergès pour avocat. Le défenseur de Papon a exhumé pour l'occasion une vieille loi datant de 1891 (article 36 du Code Pénal), héritée de l'Ancien Régime : l'injure à chef de l'état, anciennement appelée "crime de lèse majesté". Alors qu'une plainte en diffamation permet à la partie adverse d'apporter ses preuves, cette loi, utilisée la dernière fois pendant la guerre d'Algérie, ne permet aucune discussion sur le fond. Milosevic ou Pinochet auraient pu, en recourant à une telle astuce juridique, faire condamner tous les journalistes rapportant leurs exactions. Ces trois chefs d'État, loin d'être "Blanc comme nègre"(3), vont tenter d'exporter chez nous l'arbitraire qu'ils pratiquent chez eux.
Bretagnafric
Parmi les sociétés mises en avant par F-X. Verschave
on retrouve bien entendu le trio Elf, Vivendi, Bouygues, mais
aussi Vincent Bolloré, "breton du 16ième arrondissement"
qui adore domicilier ses nombreuses sociétés dans
le sud Finistère en leur donnant des noms bretons aux consonances
très poétiques. Au total : 70 sociétés
implantées dans 35 pays africains. La forêt guinéo-congolaise
par exemple lui doit son total saccage par l'entremise de la "Forestière
de Campo" ravitaillant les bateaux de la Delmas, une autre
de ses filiales. Le cas Bolloré est si fourni que l'association
"Survie" lui consacre un dossier entier : "Bolloré,
monopoles services compris"(4) en y détaillant au
passage ses amitiés hétéroclites (de Madelin
à Rocard).
Au delà du cas Bolloré, les Bretons sont bien évidemment
concernés par tout ce qui touche à l'Afrique. Une
page peu glorieuse du commerce international s'y est écrite
il n'y a pas si longtemps, faisant la fortune d'armateurs nantais
peu scrupuleux. Ce retour à une économie de négriers
ne peut que nous choquer. Les quelques mots écrits en breton
au fronton d'un empire, loin de valoir circonstance atténuante,
ne font qu'ajouter au sordide.
28/02/2001
1-57 avenue du Maine 7504 Paris
2-éditions Les Arènes, 598 pages, 145F
3-titre d'un récent interview laborieux d'Omar Bongo, éditions Grasset, 310 pages, 126F
4-dossier noir N°15
SUITE au 25/04/2001 : Le Tribunal correctionnel de Paris a relaxé les prévenus (F.X. Verschave et l'association Survie) et débouté les trois chefs d'État africains en invoquant le droit européen : le délit français d'"outrage envers un chef d'État étranger" est incompatible avec la Convention Européenne des Droits de l'Homme (CDEH).
Lettre ouverte à la rédaction sportive du journal Ouest-France de Saint Brieuc
Chers amis,
Je vous fais humblement part d'un grave problème qui, tous les lundis matins, désormais m'attriste. Les années passées, quand les filles du Goëlo, évoluant superbement en Nationale1 de volley-ball, jouaient à Saint Quay Portrieux, nous avions droit, le lundi matin dans votre journal, au sourire candide de leurs fesses joyeuses. Ma semaine en était ensoleillée.
Depuis qu'elles jouent à la salle Stereden de Saint Brieuc, elles apparaissent, dans votre supplément sportif du lundi matin, à l'identique des femme-troncs officiant à la télé. Affaire de rédaction locale? Changement de photographe? Je suis d'autant plus marri que, dans mon polar "Flora" (édition Ton Doubl), je me suis cassé la tête à décrire par le menu un superbe match de ma formation féminine préférée.
Rien n'y fait, je n'arrive pas à me culpabiliser de préférer vos photos d'avant. Traitez-moi de vieux macho, d'obsédé libidineux, je ne changerai pas d'avis. Je suppose ne pas voler à la sauvette et "à l'insu de leur plein gré" leur anatomie festive : si elles jouent ainsi, c'est qu'elles entendent bien le faire savoir. Autre chose que les chichiteuses cadavériques et vulgaires s'affichant dans la pub, y compris dans votre journal, pour nous venter casseroles de Noël ou tondeuses à gazon. Nos amies du Goëlo ne nous proposent que du beau jeu, une bouffée de vie gratuite, sans piège commercial, sans retour égotique sur elles- mêmes. Elles sont les bulles dans le champagne du supporter sportif.
Alors pourquoi cette censure de leur corps? N'allez quand même pas me dire que le bon père Hutin Desgrées ou Madame, propriétaires de votre quotidien, vous ont donné de pieuses consignes tartuffiennes. Ils ne vont quand même pas jusqu'à vérifier dans le détail les nouvelles de leurs territoires d'outre-Rennes. Si c'était le cas, j'irais, bible en main, les convertir à ma religion. Dieu, qui créa la femme, a aussi créé les filles du Goëlo. Du haut jusqu'en bas. Alors pourquoi aujourd'hui les amputer du bas?
Il nous reste heureusement votre journal
concurrent, le Télégramme, dans lequel Yves le Druinnec,
de son grand angle, nous restitue fidèlement le surgissement
joyeux de la vie. Sa photo dans Sport-Dimanche d'hier était
superbe. Allez les filles!
18/12/00
REPONSE DE LA REDACTION EN DATE
DU 13/01/01
Kergrist mollets où ? (allusion subtile à ma commune de naissance : Kergrist-Moëlou!)
L'humoriste Jean Kergrist nous a écrit pour exposer un "grave problème" qui chaque lundi l'attriste. "Depuis quelques temps les volleyeuses du Goëlo apparaissent, sur les photos du cahier sportif du lundi, en femmes tronc". D'où cette question cruciale, "pourquoi cette censure de leur corps?" Jean Kergrist qui avait créé le clown atomique, prépare-t-il le clown anatomique? On connaissait déjà Kergrist-Moëlou, mais avec cette histoires de gambettes il y aura maintenant la question de Kergrist... mollets où?
"LA GAVOTTE DU COCHON", mon récent spectacle de contes paysans, vient d'obtenir de la Région Bretagne le grand prix régional de la création artistique 2000 (catégorie conte).
Je croyais les distinctions généralement
réservées aux défunts ou agonisants. Étant
en parfaite santé, j'avoue être un peu ébranlé
dans mes convictions. Je m'apprête néanmoins à
faire face au surcroît de demandes en promettant de ne pas
en profiter pour augmenter mes tarifs.
En 30 ans de scène et d'écriture j'ai glané,
de ci de là, quelques prix. En 1991 en particulier, j'ai
reçu le "Prix Hermine de la décennie"
décerné par la S.E.P.N.B. (Société
d'Étude et de Protection de la Nature en Bretagne) pour
"l'ensemble de l'oeuvre de décapage et la permanence
dans tous les combats en faveur d'une Bretagne vivante...".
J'avais reçu, à l'époque, un poster noir
et blanc. Les 50.000F d'aujourd'hui vont me permettre de le colorier
agréablement.
Molière, après son parcours provincial, s'honorait de la protection du roi de France. Je viens d'obtenir celle du duc de Bretagne. "Fou du duc" donc, désormais à l'abri, je vais pouvoir poursuivre mon école buissonnière par les chemins creux et, à l'exemple de mon illustre modèle, brocarder dans mes contes (certifiés sans princesses, fées, ogres ou sorcières) les courtisans, avares, précieux, bourgeois, tartuffes... et autres gardiens du temple. La fête paysanne se promet d'être belle.
VACHE FOLLE
Manif du collectif "Eau pure" : "les protéines
sont dans le pré".
Saint Brieuc, place de la préfecture le 16/12/00
Homélie du père Kergrist, aumônier charolais.
Mes frères, prions! Prions et reprions sans cesse pour
que le taureau fou ne monte plus sur la vache, envoyant tout à
vau-l'eau.
Après les plages aux algues vertes, le maïs et le
soja transgéniques, le veau aux hormones, l'eau aux nitrates,
le cochon aux antibiotiques, le poulet à la dioxine, les
rillettes à la listeria, l'internet au virus, voici
venu, mes frères, le temps du boeuf aux prions, annoncé
par l'apocalypse selon Saint Jean Glavany. Je comprends votre
émoi, vous qui vous vous posez maintenant les seules questions
qui vaillent : qui suis-je, d'où viens-je, où cours-je,
et surtout la question fondamentale : si cela continue, y aura-t-il
de la dinde à Noël?
Rassurez-vous mes frères, "à brebis tondue,
Dieu mesure la dinde". Si Jésus a inventé la
dinde, abandonnant la vache à Vichnou, ce n'est pas pour
vous laisser tomber à 10 jours de Noël. En cas d'accident
digestif, il saura, je suis sûr, vous procurer en temps
voulu le suppositoire farci qui va avec la dinde.
En mangeant la dinde de Noël, ne craignez plus la mort, car
l'Etat, qui vous avait un instant abandonnés, laissant
le marché de la farine animale aux margoulins internationaux,
l'État moribond va bientôt sortir de son tombeau,
telle la banque Lazare sortant d'une faillite pour vous verser
les indemnités compensatoires. L'État gère
et Glavany est son prophète.
Il n'y a jamais faute sans rédemption, jamais poison sans contre poison, jamais pollution sans dépollution, jamais maïs sans soja, jamais prion sans subventions. Quand le veau plonge, le poulet s'envole, quand le boeuf tombe, le cochon remonte. Quand le Charles de Gaulle perd une hélice, le RPR gagne un électeur. C'est une loi universelle. "Ami si tu tombe, un autre sort de l'ombre à ta place". Quand le bovidé dérape, un Bové se lève. Quand le prion attaque, les antibiotiques sont là. Le cochon en est aujourd'hui tellement bourré que vous pourrez bientôt juguler le prion en absorbant deux côtes de porc sur ordonnance... même si, à 9,50f francs au marché au cadran, le salut par le porc, commence à devenir port-salut, c'est à dire un peu salé.
Soyez heureux vous qui en 68, avec José, bourriez vos pipes avec autre chose que du tabac : voici enfin venu, mes frères, le temps du retour à l'herbe. Pendant cette traversée du désert, l'herbe s'était faite discrète même si Dédé Pochon en faisait parfois tout un foin. Aujourd'hui la terre promise nous tend les bras. Mettons-vous à quatre pattes, mes frères, la protéine est dans le pré et la lapine nous y attend, cherchons les zones humides et broutons joyeusement la touffe.
Mes exhortations ne s'adressent pas qu'aux ruraux, les citadins
eux aussi doivent avoir accès à l'herbe. Tout le
monde y a droit. Même le préfet. Transformons le
parking de Poulain-Corbion en pâture. Corbion, qui sait
garder les poulains, saura aussi garder les ânes. Et si
Poulain-Corbion se désiste, on pourra toujours faire appel
à Creuzfeldt-Jakob.
A propos d'âne, on a vu récemment dans le journal
le préfet descendant sur cette même place à
la rencontre d'une procession concurrente (manif de la FDSEA)
pour y manger des brochettes. J'espère qu'aujourd'hui il
va renouveler son geste en descendant, comme Jésus, parmi
nous, pour manger une botte de foin.
Monseigneur Luc Guyau, évêque de Vendée, grand argentier du denier du culte des primes Bruxelles, tel le bon pasteur conduisant son troupeau, car les moutons suivent toujours les boucs, voudrait aujourd'hui abattre tout le troupeau... crainte sans doute que celui-ci n'abatte un jour le berger pendant son sommeil à la Chambre. Pourquoi donc vouloir l'empêcher d'aller jusqu'au bout de son geste : lui, qui a su mener son troupeau au bord du gouffre, laissons-le faire, aujourd'hui, le grand pas en avant. Enfin une agriculture durable!
Une plainte aurait été déposée à Nantes il y a quelques années contre ces fraudeurs qui vous ont roulé dans la farine. Si elle n'a pas abouti, c'est uniquement parce qu'elle n'a pas été déposée par une vache, seule compétente à beugler en la matière. Tout n'est pas de la faute à Chirac. Prenez garde de ne pas l'abattre, sinon il faudra aussi abattre tout le troupeau qui a partagé avec lui la farine d'Ile de France, complément minéral indispensable à l'engraissement politique. (À cet instant de l'homélie, Brice Lalonde, seul homme politique du département présent à la manif, s'éclipse discrètement)
Il y a également quelques années, des agriculteurs de Trémargat se sont donnés en spectacle au théâtre de la Passerelle en entreprenant une grève de la faim pour obtenir des primes à l'herbe. Certes le spectacle de la Passerelle était pour une fois accessible au grand public, mais ces agriculteurs inconscients ouvraient ainsi une dangereuse brèche dans le répertoire classique. Comme le dit Molière : "si on donne des primes à ceux qui cultivent propre, que va-t-on faire ensuite de ceux qui polluent?" (Tartuffe, acte 3, scène 2). Ne désespérons pas Billancourt, ni Plougastel-Daoulas, en changeant les primes PAC au milieu du gué.
Le maïs est certes très décrié car il implique herbicides et compléments minéraux, mais qu'est-ce que le maïs? sinon une herbe qui a un peu grandi. Avec un bon ralentisseur de croissance, offert par Rhône Poulenc ou Monsanto, le maïs devrait bientôt limiter ses ambitions. Comme d'habitude, doublez la dose. Le maïs, au lieu de pousser vers le haut, poussera alors vers le bas, ce qui vous évitera d'avoir à le ressemer pour l'année suivante.
Et la viande, mes frères? La viande, dites-moi, est-elle vraiment bien nécessaire? Jésus, pour nous nourrir de son corps dans l'hostie, a choisi comme les paysans de la Beauce, le blé; Alors qu'il aurait très bien pu choisir les brochettes, vu qu'à l'époque les Romains n'avaient pas encore inventé les primes de Bruxelles aux céréales.
Revenons à nos origines divines. Redevenons allègres,
revenons au mammouth. Broutons mes frères! Dans l'homme,
retrouvons l'animal. Et si, lors de ce retour à la rumination,
vos mâchoires sont un peu ankylosées, entraînez-vous avec
du chewing-gum à la chlorophylle. (La ville de saint
Brieuc vient de trouver 1 millions de francs pour nous montrer
la terre vue du ciel, ce qui évite de trop s'appesantir
sur quelques détails susceptibles d'entacher la fête
de Noël; elle trouvera bien aussi, j'en suis sûr, quelques
centimes pour vous payer les chewing-gums).
Si vous avez du mal à tenir à quatre pattes, mettez-vous
une grosse massue sur la tête. Avec le réchauffement
climatique vous verrez bientôt apparaître à
vos côté notre ancêtre le dinosaure qui nous
consolera de la disparition du boeuf, comme Jérome Monod, conseiller de Chirac à l'Élysée, nous a
consolé de la disparition de Théodore, arpenteur
du désert. (Quoique Jérôme, à l'Élysée,
fréquente aussi tous les jours le désert.)
Ainsi, mes frères, après avoir été,
pendant des années, com-pétitifs, vous redeviendrez
cons tout court. "Bienheureux les cons, car le royaume des
primes de Bru-ciel leur appartient!"
Amen!
MENHIR,
BARBELÉS, VÉRANDA... ET CROTTIN
Cette histoire aurait pu se passer à Clochemerle et se terminer par un grand éclat de rire. Elle se passe en centre Bretagne et laisse un goût amer.
ACTE 1
Au printemps 1999, quelques habitants de Glomel (22), pétition
à l'appui, tentent de libérer leur menhir, haut
lieu du Centre Bretagne. Bien sûr ce n'est pas Carnac, mais
l'engin fait quand même ses 11 mètres, un des plus
imposants de Bretagne, la fierté du coin. Il est classé
monument historique depuis 1975. Cependant le champ dans lequel
il se trouve, à 50 mètres de la route, est resté
propriété privée. Alors que l'accès
était libre depuis des temps immémoriaux, en tous
cas bien plus que les 30 ans exigés par le droit coutumier,
les propriétaires du champ en ont soudain interdit l'accès.
Le prétexte ne manque pas de piquant : des jeunes se retrouveraient
autour du menhir la nuit pour surveiller la pousse des champignons
hallucinogènes sur le crottin de cheval (!).
Le maire, fin stratège, après moult tergiversations,
contourne l'obstacle en achetant une bande de terrain dans le
jardin d'une voisine. A l'automne 1999 on peut donc approcher
à nouveau le mégalithe. Mais, à l'arrivée,
celui-ci est toujours inaccessible, entouré d'un talus
ainsi que d'une triple rangée de barbelés, ornée
de branches piquantes d'aubépine. Plus question de capter
d'une caresse le courant tellurique sur la paroi du géant,
ni de se frotter le pubis à un symbole phallique qui, dit-on,
possède la vertu de requinquer les femmes stériles.
Les propriétaires ont décidé de se le garder
à usage personnel. Les veinards !
Au lieu de faire jouer le droit coutumier ou d'engager une procédure
d'expropriation, les autorités locales jouent l'autruche.
Ceux qui avaient érigé ce menhir, pour la jouissance
de tous, il y a quelques millénaires, ne viendront pas
déposer plainte en mairie. Possible même qu'à
l'époque ils l'aient érigé sans permis, les
filous ! Fin du premier épisode.
ACTE 2
En début d'année 2000, nouveau rebondissement :
ces mêmes propriétaires, habitant à 200 mètres
du monument historique, déposent en mairie une demande
d'agrandissement de leur véranda. Demande problématique
: ils habitent à l'intérieur du périmètre
sensible du monument classé, régi par les Bâtiments
de France; le menhir, qui leur apporte tant de satisfactions personnelles,
leur vaut aussi quelques contraintes. Qui plus est, ils n'ont,
sur l'espace envisagé pour leurs travaux, aucun titre de
propriété. Et pour cause : le terrain de la future
véranda se trouve sur le chemin public reliant le barrage
de Glomel, propriété du Conseil Général,
au fameux menhir.
Cela ne les a pas empêchés d'anticiper largement
l'autorisation, puisqu'ils ont construit, au fil des ans, sur
ce domaine public : une petite véranda, un muret, une terrasse
carrelée, avec annexion au passage d'un poteau EDF, le
tout sur une bande de 5 mètres, prise en totalité
sur le chemin. Cela s'appelle "avoir de la suite dans les
idées" !
Au lieu d'exiger la remise en état des lieux et de signaler
l'infraction à l'autorité judiciaire, le maire décide
de la cautionner. Le même qui refusait d'appliquer le droit
coutumier pour permettre l'accès immémorial au menhir,
y fait maintenant appel pour entériner l'annexion récente
d'un lieu public par un particulier.
Cette parcelle annexée d'office, pudiquement appelée
"délaissé de voirie" se retrouve déclassée
par une rapide enquête publique. Le brave commissaire enquêteur,
un ancien gendarme, y va, comme à l'accoutumé, de
son avis favorable. Vote du conseil municipal. Vente du terrain
pour 2F le mètre carré. Circulez, y'a rien à
voir !
MORALITÉ
Ainsi donc chacun peut "se servir sur la bête".
Un cafetier peut construire une guinguette sur la place du bourg,
un paysan piquer un chemin de remembrement, un pêcheur à
la ligne construire sa paillote en annexant une partie des rives
d'un lac. Il suffit, quelques années plus tard, de demander
au maire une régularisation administrative du chapardage.
Respectez bien notre barbelé privé mais surtout
ne nous empêchez pas de mettre la main sur le patrimoine
public. Dans les campagnes, on a vite assimilé la leçon
internationale de la mondialisation. Pendant le vol, les pouvoirs
publics, garants, dit-on, du bien commun, sont, ici comme ailleurs,
aux abonnés absents. Jean Kergrist 20/11/00
(12/10/2000)
Autrefois il y avait l'Ordre d'un côté,
les rigolos de l'autre. Dans le théâtre de marionnettes,
par exemple, Gnafron se foutait du Brigadier et le brave Pandore,
en retour, tapait allègrement sur Guignol, pour la plus
grande joie des marmots de maternelle. Les choses étaient
simples, le monde bien délimité des deux côtés
du talus. Les veaux, pour se défouler, pouvaient bien crier
de temps en temps "mort aux vaches". Quand la règle
du jeu est claire, la ligne blanche bien visible, chacun prend
ses risques en connaissance de cause.
Voilà qu'aujourd'hui on apprend ("Le Monde" du
10/10/200) que de plus en plus de policiers, après leurs
35 heures, bossent au noir. Au point que la hiérarchie
poulaga s'inquiète et s'apprête incessamment à
sortir une circulaire destinée à serrer les boulons.
Bientôt plus question de jouer au détective privé
entre deux rondes en uniforme, ni de faire garde corps des hommes
politiques lors des tournées électorales.
A l'occasion on découvre, et c'est là que ça
se complique, la liste des activités qui restent, malgré
tout et de tout temps, autorisées hors service, une fois
le pistolet raccroché au vestiaire du magasin bleu. Elle
comprend, écoutez bien braves gens, le boulot de paysan
et aussi celui de clown.
D'un seul coup le monde se complique et les lignes blanches se
barrent en zig-zag ! De quoi se mélanger les pédales
entre contrôle routier et contrôle laitier. Si ça
se trouve le brave gars en casquette et en botte, cassant du parcmètre
devant la préfecture pour protester contre la chute du
porc au marché au cadran, est un flic pur jus de lisier.
Pour boucler ses fins de mois, il élève du porc
sous taule, histoire de ne pas se retrouver sur la paille.
Si ça se trouve le gros nez rouge en uniforme qui t'arrête
au rond point pour te faire souffler dans le ballon, tu le retrouveras
ce soir habillé en clown à l'arbre de Noël
de Diwan. Et l'Auguste faisant éclater ses pétards
chez Zavatta, écoule tout simplement les surplus de cartouches
de son 7,65.
Si ça se trouve José Bové se balade le soir
avec des fausses moustaches qu'il enlève au matin pour
te foutre des PV sur ton pare brise. Pas étonnant que sur
la couverture de son bouquin il exhibe ses menottes : il les a
gratuites. Si ça se trouve à Plogoff, il y a vingt
ans, c'étaient des clowns qui, à flux tendu, te
foutaient sur la gueule du gaz hilarant.
Si ça se trouve le clown qui viendra bientôt passer
les menottes à Chirac pendant l'arbre de Noël de l'Elysée
sera un vrai flic agissant sur commission rogatoire du juge Halphen.
On n'a pas fini de rigoler !
Jean Kergrist
31 JUIN 2000 (discours sur la place du Mandarous)
Electeurs, électrices, électriciens
Faux électeurs, fausses électrices, travailleurs
au noir
On vous donne le Mac-do, vous voulez la terre. On vous donne le Coca, vous voulez l'eau. On vous laisse la pipe vous voulez le feu. On vous donne les moustaches, vous voulez l'air. La terre, l'eau, l'air, le feu! Et quoi encore? Il faudrait quand même accepter quelques bornes, sinon y'a plus de limites. Vous allez finir par demander Dieu, alors que vous avez déjà Jack Lang.
Certes l'eau se présente aujourd'hui en bouteilles plastiques, vendue par Vivendi... mais c'est pour mieux en faciliter le transport. Vous vous voyez aujourd'hui à la manif avec une rivière sous le bras? Et rien ne vous empêche, si vous voulez l'eau gratuite, de creuser sous vos pieds dans la nappe phréatique qui est bien pratique. N'exagérez pas : même en Bretagne toutes les nappes ne sont pas encore polluées. Faites comme les paysans : creusez. Dans certains endroits si vous creusez à 100 mètres vous avez de l'eau aussi pure qu'au premier jour. Si, à 100 mètres, la pollution vous rattrape, vous creusez à 200 mètres. Si à 200 c'est pollué, vous creusez à 500. L'essentiel c'est d'aller toujours de l'avant. A 2000 mètres vous aurez l'eau chaude au robinet.
Evidemment, si vous habitez au quatrième étage d'un HLM, il vous sera difficile de creuser, à cause des voisins du dessous. D'où les bouteilles plastiques, destinées plus particulièrement aux classes défavorisées. Ayez alors l'attitude écologique responsable : ramassez bien les bouteilles plastiques vides. Vous les mettez ensuite dans le girobroyeur et vous donnez ça à vos cochons. Ainsi le boudin sortira pré-emballé.
Certes la mondialisation va son train. Même si elle n'est pas encore tout à fait totale, on s'y attelle (Seattle)... surtout aux Etats unis. Chez nous Total s'occupe des plages, Nestlé engraisse les veaux. Certes la terre et l'air, de Bogota à Calcutta, en passant par Plougastel Daoulas, vous sont aujourd'hui offerts aux couleurs de Rhône-Poulenc ou de Monsanto, mais faudrait quand même pas exagérer : le feu, que je sache, n'a pas encore été privatisé. Les pompiers ne roulent pas encore pour Vivendi. Au creux de l'incendie, il vous reste un espace de liberté pour griller vos brochettes à la dioxine. Et les moustaches, José? Elles sont, que je sache, encore jusqu'ici en vente libre... même si les menottes sont pour l'instant rationnées.
Certes le pouvoir politique, qui avait vocation depuis les grecs à gérer pour vous les éléments premiers que sont l'air l'eau la terre le feu, a déserté subitement le chantier. Mais c'est parce qu'il a été appelé aux urgences, pour conduire la voiture balais des éclopés de la mondialisation. De quoi vous plaignez-vous? Vous êtes encore en démocratie, ce qui vous donne le droit d'élire vos brancardiers. Et quand le fisc vous pompe votre fric, rien ne vous empêche d'imaginer une belle infirmière vous pompant autre chose.
Et puis, ne déconnez pas : cette mondialisation, mais c'est vous qui l'avez réclamée en chantant sur le plateau du Larzac en 1973 "l'internationale sera le genre humain". L'Internationale aujourd'hui vous l'avez.
Certains font la fine bouche en disant que cette internationale n'est pas exactement celle que vous souhaitiez. Et alors? Il fallait bien commencer par un bout. Si le lièvre patronal, étrangement monté ces temps-ci par Nicole Notat, syndicaliste génétiquement modifiée, a coiffé au poteau la tortue prolétarienne, c'est qu'en 1973 vous ne chantiez pas assez fort... pas assez Roquefort. Votre voix a été couverte par celle des brebis. Vous chantiez dans vos moustaches et j'ai l'impression qu'à l'époque vous bourriez vos pipes avec autre chose que du tabac. Ce n'est pas Monique Pétard, Conseillère Générale de l'étape qui, sur ce point, me contredira.
Ce rappel historique effectué, venons-en au faits : le démontage d'un Mac-Do n'est pas en soi répréhensible, car il est généralement suivi du remontage qui, lui, crée des emplois... surtout s'il s'agit d'emplois jeunes qui attirent moultes subventions... alors que le démontage seul n'attire que des emmerdes.
Aujourd'hui, au lieu de vous endormir sur le plateau du Larzac en comptant vos moutons, vous avez suivi le prophète Josué vers la terre promise, en tournant 7 fois autour de la Vénus de Millau. Vous êtes courageux mais, à mon avis, vous pourriez quand même choisir des modèles plus modernes. Par exemple Fabien Barthez, le double mac, qui fait sa pub pour Mac-Do à la télé. Lui s'est trouvé un but... en défendant les filets... de boeuf haché, sans poils sur le caillou mais avec beaucoup de gras autour.
La disneylandisation de notre société est inéluctable mais rien ne vous empêche de ramoner une brebis... de ramener une brebis dans ce grand dessein, ce dessin animé, car il en faut pour tous les trous... pour tous les goûts. Au pays des fromages, à côté du gruyère, le Roquefort peut faire aussi son trou, avec le camembert ma mère... Mamère qui commence à agacer même les verts à force de laisser supposer méchamment que Chirac était, il y encore pas longtemps, maire de Paris... alors que tout le monde sait qu'il était en Corrèze en train d'arroser les poireaux locaux en compagnie de sainte Bernadette qui y fait aussi de lourdes apparitions.
Mon ami Bourgoin, roi du poulet, qui depuis des années parcours les trottoirs... les terroirs, en compagnie de sa fille Corinne, vitrine de la dinde en gros, à la recherche de dindons à plumer, vient de déposer le bilan, première victime de la mondialisation. Dans son total désintéressement, il va désormais engraisser ses poulets au Brésil, au pays de Pelé, après vous avoir plumés. Il nous reste son dépôt à gérer. Cela va vous faire, avec les déchets nucléaires, un étron de plus à enfouir en grattant le sous sol avec vos pattes de derrière, ce qui créera des emplois.
Lisier, fientes, algues vertes, marée noire, déchets, dépôts.. : notre bonne vieille terre et ses cinq continents est devenue incontinente. Il va bientôt falloir, avec la cagnotte fiscale, lui acheter des couches culottes pour troisième âge, car apparemment les couches géologiques ne suffisent plus. Comme le dit le prophète Malachie, la malbouffe libère l'homme. Surtout ses sphincters.
L'OMC, l'Organisation Mondiale de la Clownerie, possède à Marne la Vallée un camp de rééducation pour clowns dissidents. Car l'humour s'apprend. Vous ne faites rigoler personne quand vous confondez le sommet de Davos avec Raymond Devos... qui, lui aussi, place son argent en Suisse. Si José accepte de se raser les moustaches en portant la perruque colorée offerte par Mac-do, enfin nourri à l'humour génétiquement modifié, il redeviendra le gentil petit clown de supermarché pour enfants, neuneus et brebis qu'il aurait, comme moi, toujours dû rester.
le 15 juin 2000
à Daniel Mermet
France Inter
Cher Daniel Mermet,
Votre assistant, Thierry Scharf a insisté pour que je participe à "là bas si j'y suis" en direct de St Brieuc ce vendredi 16 juin. Après avoir annulé un rendez-vous important, je lui ai finalement donné mon accord.
J'apprends ce jeudi matin, par un communiqué des journalistes de France Inter publié dans Ouest-France, que cette journée décentralisée est en fait un publi-reportage payé par le Conseil Général. Cette conception du journalisme me semble une dérive grave. L'information n'est pas une marchandise. Depuis 30 ans je me bats contre un tel monde, je me vois mal en être aujourd'hui le complice.
Dans ce même quotidien, votre Directeur Jean-Luc Hees, interviewé, affirme "En payant sa redevance chaque français a un droit de regard sur Inter. C'est son pognon qui est au travail..." Habitant les Côtes d'Armor mon pognon sera donc deux fois au travail ce vendredi. C'est une fois de trop. Voilà pour mon droit de regard.
Monsieur Hees ajoute: "ça fait du bien de sortir du XVI° arrondissement et du tropisme parisien". Vous voulant beaucoup de bien, j'espère donc retrouver bientôt France Inter en des occasions plus saines, "hors du tropisme parisien", puisque telle est désormais la ligne éditoriale. Je ne m'en fais pas une angoisse. 30 ans loin des journalistes parisiens ne m'a pas empêché de vivre ma vie d'artiste. Je n'ai aucune envie de me précipiter sur le premier os qu'on me tend. On a sa dignité de chien.
Quant à vous, Daniel, depuis des
années, sans attendre ces publi-reportages, vous nous faites
voyager dans la tête, nous donnant à écouter
la voix des gens de peu, des humiliés, des oubliés,
des provinciaux du bout du monde. Je devine que, ce vendredi,
vous saurez, une nouvelle fois, vous en sortir avec dignité.
J'ai bien peur d'en être incapable. Vendredi, je vous écouterai
donc sur mon transistor, et vous retrouverai, dans la clarté,
auprès de notre ami José Bové, à Millau
le 31 juin.
Encore merci pour ces bulles d'air dans le bocal. Jean Kergrist
LES PESTICIDES
S'ENVOIENT EN L'AIR, Coca se dope à l'eau
juin 2000
Les pesticides prennent la file de l'air. Sur les 110.000 tonnes
pulvérisés en France en 99, soit une quinzaine de
kilos à l'hectare et 28.000 tonnes de plus qu'il y a vingt
ans, 55.000 tonnes au moins sont directement destinées
à nos bronches (revue "Environnement Magazine"
mai 2000). Sur sols humides, le taux de volatilisation peut atteindre
les 90%. Merci à mamie Rhône-Poulenc ainsi qu'à
son petit Nicolas Hulot! Rien ne se perd, tout se respire! Ce
n'est pas demain qu'on trouvera de l'herbe dans nos poumons! Derrière
les tracteurs d'Attila-Monsanto, roi du Roundup, la Gaule ne repousse
plus.
Autre nouvelle fraîche : Douglas Daft, patron de Coca-Cola,
vient d'avoir une révélation : saint Lisier lui
est apparu pendant son sommeil en lui pulvérisant sous
le nez quelques citernes d'ammoniac frais. Au matin, Douglas a
procédé, selon le titre ému du journal le
Monde, à son "autocritique" (le Monde du 12 mai
2000). Avec un titre comme celui-là, on s'attend à
une confession de choc, du genre : "pardon aux millions d'intestins
que j'ai bousillé avec mon tord-boyau gazeux". Mais
non, le gars Douglas va seulement transformer ses usines et supprimer
5.200 emplois. En voilà de la saine autocritique! Il pêche
et ses employés se farcissent la pénitence.
Tout ça pour annoncer une grande diversification de sa
production de dope. Il va se jeter enfin à l'eau après
"avoir bien perçu toutes les subtilités
de ce marché" aquatique. "Nous devons
d'abord définir notre stratégie dans l'eau, puis
être sûrs d'y gagner de l'argent." Pollution
dans les pays développés, sécheresse dans
les pays "émergents" : Douglas a vite compris
où se trouvait la galette. L'eau polluée active
les ventes de bouteilles plastiques aussi vrai que l'incendie
dope les vente d'extincteurs. Les collectivités territoriales,
réduites à jouer les voitures balais de la mondialisation,
ont, une à une, déserté les éléments
constitutifs de notre bien commun : la terre, l'air, l'eau. Elles
ne s'occupent même plus du feu : les pompiers, privatisés,
vont bientôt rouler pour Vivendi. "C'est le moment
de se mettre à l'eau" se dit Douglas Cocaïne.
Comme il n'est pas tombé de la dernière pluie acide,
il a bien compris son boulot de PDG autocritique en posant à
chaque instant la bonne question, la seule intéressante,
celle qui fait gonfler son crâne critique en forme d'auto
: "comment s'y prendre pour mieux plumer le dindon?".
Suite à une étude marketing, il prépare pour
bientôt l'autocritique complémentaire : après
l'eau il va s'attaquer à l'air, vendu en petite bouteilles
rouge et noir. "Air light" pour les enfants, afin de
ne pas trop vite les doper à l'air pur.
L'ombre de Lavoisier plane sur les attaché-cases des têtes
de noeuds scientifiques d'Air Breizh, chargés d'analyser,
au titre du Plan Régional, la qualité de l'air en
Bretagne. "Rien ne se perd, tout s'oublie" : la recherche
de pesticides ne fait pas partie de leur programme. Trop chers
à analyser! Moyennant quoi, après autocritique,
la qualité de l'air, comme celle de l'eau, est déclarée
"globalement satisfaisante". On respire un grand coup,
en attendant Douglas!
juin 2000
Une agricultrice de Rostrenen, Odile Le Jeann, revient du Mali. Au titre d'une association de retraités (AGIR) elle a vécu pendant un mois dans une communauté de 500 Touaregs en voie de sédentarisation à Assanah, au nord-ouest de Tombouctou. Intervenant pour les initier au jardinage, elle a découvert un problème d'urgence immédiate. Suite à une guerre des pâturages au sud du Sahara, ils n'ont plus ni tentes, ni troupeau. Le paludisme est en train de les décimer tous. Leur petite réserve de riz est épuisée. Les ONG de Tombouctou, sollicitées, font la sourde oreille : "ce ne sont que des Touaregs".
Suite à une première collecte, elle leur a adressé dès son retour de quoi acheter quelques sacs de riz ainsi que des médicaments d'urgence. Il faut maintenant les aider à reconstituer un début de troupeau en commençant par le moins cher : les chèvres. Avec 150F, ils peuvent acheter une chèvre en début de lactation.
La collecte, entreprise avec les moyens du bord, est en train de devenir efficace. Au 10 août , 182 donateurs se sont déjà signalés pour parrainer l'achat d'une chèvre (en proposant un nom pour elle). 50.000 F sont déjà partis pour Tombouctou. Les 90 premières chèvres viennent d'être achetées. Une rizière est désormais opérationnelle (5 hectares). Au tour des moutons! Sur place, Mossa, 20 ans, dont la femme vient d'avoir un bébé, faisait l'aller et retour à pied jusqu'à Tombouctou (40 kms) pour téléphoner et récupérer l'argent à la banque. Nous venons de lui acheter un chameau.
Le 18 juin 2000 quelques donateurs se sont réunis pour créer une association loi de 1901. Tous les dons transitent maintenant par cette association. A l'automne nous allons y envoyer un médecin de Tombouctou ainsi que deux experts en développement rural pour tenter de définir avec la communauté touarègue les axes d'un développement durable.
"S.O.S. Assanah" Le Couart 22110 ROSTRENEN tél-fax : 02 96 29 01 57
Libellez vos chèques au nom de l'association "SOS Assanah"
"Ils ont des plages à l'infini
Avec d'infinies solitudes
Et pour les vaisseaux méhari
Des cargaisons de servitudes." François Budet
25 Avril 2000
Un professeur de biologie en fac de Brest, militant à
Bevan e Menez Are ainsi qu'à d'Eau et Rivières et
à la SEPNB, est actuellement dans la ligne de mire du lobby
porcin. Avec sa compétence et sa rigueur de biologiste,
il a démonté un à un des dossiers d'impact
bidons, destinés à faire passer la création
de porcheries sur le canton de Huelgoat (29), jusqu'ici à
peu près préservé.
Jean Paul Guyomarc'h, c'est son nom, est aujourd'hui l'objet d'une
campagne de diffamation avec appel au lynchage. Une lettre anonyme
circule à Berrien, où il habite. Elle déclare
ouverte "la chasse au guyomarc'h, animal nuisible".
Une dizaine d'associations de protection de l'environnement ont
décidé de ne pas le laisser s'exposer seul à
la vindicte de quelques têtes brûlées. Avec
lui, elles ont porté plainte en gendarmerie.
A travers cette histoire d'environnement, se trouve posée
la question d'une forme de fascisme agricole rampant. Le modèle
porcin breton n'a certes plus le vent en poupe mais c'est en partant
que la bête se montre la plus dangereuse ("in cauda
venenum : dans la queue le venin").
A Berrien une autre lettre vient d'être distribuée,
pas du tout anonyme celle là :
DESCRIPTION D'UN AUTEUR DE LETTRE
ANONYME
Un phénomène que l'on croyait en voie de disparition
vient d'apparaître sur la commune de Berrien : l'auteur
de lettre anonyme. Il sévissait déjà sous
l'occupation pour dénoncer ses voisins à la Kommandantur.
Aujourd'hui il opère de la même manière en
s'avançant masqué, en déposant des lettres
en mairie, en faisant circuler des torchons nauséabonds,
en faisant croire qu'il constitue une force, en s'imaginant que
les paysans sont avec lui, en misant sur la lâcheté
de quelques trouillards.
Le signataire anonyme se croit en pays conquis, en pollution acceptée, en diffamation impunie. L'espace lui appartient, les rivières et les champs lui ont été donnés de droit divin. Tout le monde doit s'écraser pour laisser passer sa merde. Il se croit très malin car en effet il fait rire les taupes qui sont de la même famille, creusant à la tombée du jour pour ne pas être vues.
Très courageux il se planque derrière
son tas de fumier, joue à cache cache derrière sa
tonne à lisier, planque ses doigts de pieds dans sa fosse
à purin. Comme l'autruche il croit se dissimuler en enfouissant
sa tête dans le sable.
Il oublie qu'ici c'est du granit et qu'il va bientôt s'y
casser le nez.
signé:
Patrick Ewen, Hervé Jaouen, Jean Kergrist, Gilles Servat
ADDITIF A CETTE AFFAIRE (30/08/00)
Suite à la plainte déposée en gendarmerie de Huelgoat le 13 avril 2000, l'auteur de ce tract anonyme a officiellement été identifié, mais le Procureur de la République de Morlaix a jugé bon, par avis daté du 30 août, de classer l'affaire sans suite pour "infraction insuffisamment caractérisée". Si on a bien compris le film, "la chasse au Guyomarc'h" peut donc continuer impunément!
NOUVEAU REBONDISSEMENT (27/11/00)
L'avis de classement sans suite du Procureur de Morlaix a été intégralement reproduit dans le numéro 5 (novembre 2000) du journal de l'association "Bevan e Menez Are" (Vivre dans les Monts d'Arrée). Cet avis mentionne en toutes lettres le nom de l'auteur de la lettre anonyme à l'origine de l'affaire, un céréalier local, grand chasseur de primes, bel et bien identifié par l'enquête de gendarmerie. Du coup l'énergumène a porté plainte pour diffamation et atteinte à sa vie privée. Le jugement n'a pas traîné : l'association a été condamnée par le tribunal de Morlaix, lors de l'audience du 27/11/00, à 5.000F d'amende ainsi qu'au retrait de tous les exemplaires du journal en circulation, sous menace d'une astreinte de 100F par numéro. Conclusion : informer d'une décision de justice est condamnable, par contre inciter au lynchage rapporte 5.000F. Vous avez dit "République bananière"?
ATTAQUE EN RÈGLE (11/01/01)
Non content de ses 5.000F (sans doute trop juste pour un céralier, généralement habitué à des primes plus conséquentes) voilà que notre énergumène traduit J-P Guyomarc'h, l'association et son président, en "citation directe devant le tribunal correctionnel de Morlaix" pour diffamation publique à son égard (audience du 25/01/01). Toute la famille cette fois s'y met car elle a "subit un préjudice moral important, l'honneur de leur mari et père ayant été bafoué". Après avoir fait l'addition il demande 100.000F de dommages et intérêts. Le nom de ce céréalier n'a pourtant pas été avancé par l'association qui s'était contentée de porter plainte "contre x". C'est la gendarmerie, suite à son enquête préléminaire, qui l'a sorti pour la première fois du képi et transmis au procureur. C'est bien ce nom qui figure en toute lettre dans l'avis de classement sans suite. Si l'infraction, aux dires du Procureur était "insuffisamment caractérisée", le nom de son auteur, lui, l'était bel et bien. Sinon pourquoi l'afficher ainsi? S'il se sent aujourd'hui diffamé d'avoir été clairement identifié comme auteur de la lettre anonyme, qu'il se retourne donc contre la gendarmerie ou le Procureur.
RENVOI (25/01/01)
Ni J-P Guyomarc'h, ni le Président de l'association ne se sont présentés à cette audience abracadabrantesque du 25/01/01. Le Tribunal a donc renvoyé l'affaire au 15 mars prochain.
DÉSISTEMENT (15/03/03)
Ce 15 mars les plaignants, prenant connaissance des nombreuses erreurs de procédure qu'ils ont commises, ont préféré annuler leur plainte. Point final donc!
LETTRE
OUVERTE
A MON PHARMACIEN
mars 2000
Cher Pharmacien,
Vous avez affiché durant ces dernières semaines à pleine devanture de votre officine, sur la place centrale du bourg, les courbes de dégénérescence des facultés humaines : intellectuelles, physiques, sexuelles... ceci dans le but de doper vos ventes de Ginseng, proposé à 300 F la cure d'un mois.
Supposant votre attachement professionnel au serment d'Hippocrate, je ne peux évidemment vous suspecter de publicité mensongère. Vos statistiques émanent très certainement d'un organisme scientifique indépendant.
Votre publicité a toutefois eu pour effet de démoraliser une grande partie de la population cantonale découvrant qu'à 40 ans les facultés humaines ont diminué de moitié et qu'à 60 ans, dotés d'une incapacité à 80 %, nous ne sommes plus que des larves, bonnes à être enfouies dans la future poubelle nucléaire des Monts-d'Arrée.
Dans le but de redonner espoir à notre population locale, déjà fortement éprouvée par la tempête, je me propose pour fêter mes 60 ans, en mars prochain, de vous affronter en combat singulier sur tous les terrains mentionnés plus haut. Je vous sais jeune et dynamique et j'ai bien conscience des risques que j'encours.
Le duel intellectuel se devra d'être arbitré par une personnalité scientifique incontestable, éloignée des firmes commerciales. Je vous propose Théodore Monod, un chercheur qui, à 98 ans passés, continue à arpenter le désert à la recherche de nos traces. Pour les épreuves sportives, je vous laisse le choix de la discipline et de la distance. Le contrôle antidopage sera présidé par Richard Virenque. Quant aux évaluations sexuelles, afin de ne pas choquer nos braves paroissiens, je vous propose de les effectuer à huis clos sous l'arbitrage actif d'une de vos charmantes préparatrices.
En espérant que vous aurez à coeur de relever ce défi, je vous prie de croire, cher pharmacien, à l'assurance de ma verte jeunesse, garantie sans Ginseng, O.G.M., ni Viagra...
ADDITIF À CET ÉCHO :
Théodore Monod, à 98 ans, vient de s'ensabler définitivement dans le grand désert dont on ne revient pas. (permettez une ligne de silence)
Mon pharmacien, lui, est bien vivant et il a de la suite dans les idées. Son ginseng et ses courbes de dégénérescence des facultés humaines ornent à nouveau la devanture d'hiver 2000-2001 de son magasin. Pour arbitrer le défi intellectuel, comme je travaille toujours en Monod (la stéréo est trop cher), après la disparition de Théodore, je pourrais toujours faire appel à Jérôme, ancien Président de la Lyonnaise des Eaux, lui aussi grand habitué du désert : il travaille à l'Élysée, comme conseiller personnel de Chirac.
(26/11/00)
Manif de QUINTIN (22) 15 Avril 2000
Sketch Kleenex à propos du projet d'enfouissement des déchets nucléaires
CROTTES ET LUMIÈRE
Electeurs, électrices, électriciens,
En ma qualité de Sous-secrétaire d'Etable aux colloques
agricoles, je vous suis envoyé aujourd'hui pour vous transmettre
la parole officielle.
Quand donne à manger au chat, il faut bien s'attendre
à ce qu'un jour ou l'autre il fasse sa crotte. Vous donc
qui, dans les années 74-75, aviez construit la niche, en
compagnie des D'Ornano, Giscard, Pompidou, Mesmer, Peyrefitte,
j'en passe et des plus cons, ne vous étonnez pas aujourd'hui
de marcher dedans. Votre chat est devenu un vrai pitbull, difficile
à castrer, et n'allez pas vous plaindre s'il a maintenant
la chiasse.
Et vous, roses rouges ou verts, qui avez si généreusement
assumé l'héritage pluriel, en signant l'an passé
le décret autorisant l'enfouissement des crottes, n'allez
pas aujourd'hui pleurer en faisant la fine bouche sur la taille
du crottier. (Normalement, à cet endroit, j'aurais déjà
dû perdre les 3/4 de mon auditoire; comme apparemment il
en reste, je continue)
Quand aux autres, glorieux combattants du Hezbollah de Plogoff, "Je vous ai compris". Il y a 20 ans, vous avez bravement affronté la bête. Je comprends aujourd'hui votre réticence à en avaler les étrons. Certes vous êtes très cohérents, mais aussi un peu cons. En refusant l'enfouissement des crottes, vous provoquez la constipation du chat, et attention : un gros chat constipé devient aussitôt très méchant. Couché Chevènement!
Ecoutez plutôt les braves syndicalistes responsables en visite il y a quelques jours à Brennilis, qui vous invitaient à fermer les yeux et à vous pincer les narines. Le réalisme économique cogestionnaire de Nicole viendra à bout de nos tas. De nos tas de déchets, évidemment.
Faites confiance au grand philosophe Lagaffe, penseur de TF1, quand il chante à la télé "Il est beau il est beau le labo, il est laid il est laid le bidet" car ce n'est pas un chiotte qu'on vous propose mais un labo avec un L majuscule, comme dans Lionel. Un Labo avec carrelage, pipettes et éprouvettes, à rendre jaloux Jack Lang ainsi que les cochons en batterie, qui aimeraient bien, eux aussi, pisser dans la porcelaine.
Si, aux dernières nouvelles, le massif de Quintin tient
aujourd'hui la corde des sites granitiques potentiellement favorables,
c'est parce que ses habitants étaient depuis longtemps familiarisés
avec cette problématique sanitaire. Merci Monsieur le Comte
qui, dans ce beau château de Quintin, avez sponsorisé
il n'y a pas très longtemps une si belle exposition de
pots de chambre.
Evidemment votre esprit est très choqué en apprenant
soudain, en cours de défilé pour certains, qui ont
pris le coche à mis parcours, que la fée électricité
illuminant nos vies, nos télés, nos croix de Dozulé,
nos salles polyvalentes fleurant si bon l'eau de javel sous leurs
néons si poétiques, produit aussi de la merde. Mais
c'est sur le fumier que poussent les roses. Voilà pourquoi
il vous faut maintenant l'enterrer à 800 mètres
de profondeur en grattant avec vos pattes de derrière.
Bientôt trois rois mages, chargés d'or, d'argent et accompagnés de sbires, vont visiter vos crèches. Ribouldingue, Croquignol et Filochard, les fameux Pieds Nickelés qui ont enchanté votre enfance, vont à nouveau vous faire rigoler. Soyez accueillants et compréhensifs à leur égard car il n'est jamais facile de vendre un trou, même en refilant sous la table une petite enveloppe de 60 millions. Et si à la fin de leur visite, pour la plus grande joie des enfants rigolards, nos Pieds Nickelés tombent dedans, cela fera toujours une partie des déchets de casés.
Le granit ou l'argile? Que choisir? Dans quoi faut-il creuser?
Le dilemme est atroce mais il est la preuve même de votre
liberté car on vous consulte. Au jeu de casse pipe de la
grande kermesse qui s'annonce, guidez donc le choix de nos braves
pieds nickelés en leur proposant des essais comparatifs
: l'argile sur la gueule fait "flop", le granit sur
les couilles fait "ouille".
Photo Louis Blonce
Aux dernières nouvelles, il parait que nos trois pieds nickelés ont décidé de faire une pause en reportant leur voyage en Côtes d'Armor. Ils ont dû s'endormir sur le pot et n'arrive plus à faire leur rot. Ils vont, parait-il, changer de tactique : s'amener plutôt pendant les vacances et avec de fausses moustaches. Si vous rencontrez dans la rue trois José Bové, sachez qu' il y en a deux en trop. Tirez sur les moustaches avant de passer les menottes.
Qu'est-ce que j'apprends : Bourgoin, roi du poulet, qui a longtemps fait le trottoir en Bretagne avec sa fille Corinne, vitrine de la dinde en gros, à la recherche de dindons à plumer, vient de déposer son bilan. Un dépôt de plus à gérer! On n'est pas dans la merde! De pots en dépôts, bonjour le dépotoir. La Bretagne hercynienne se retrouve submergée de crottes. Marée noire, marée verte, fientes et lisier, déchets nucléaires : notre continent souffre d'incontinence. Il faudra, avec la cagnotte fiscale, songer à lui acheter des couches pour troisième âge car les couches géologiques, manifestement, ne suffisent plus.
En attendant, dans l'état actuel de la question, je ne vois qu'une solution pour éliminer ces fameux déchets : faire appel à un as de la disparition. Personnellement j'en connais deux : le magicien David Cooperfield, qui a déjà réussi à escamoter un train, et le grand navigateur malouin, le docteur Godard, qui a déjà réussi à faire disparaître sa femme. Pour joindre le premier, adressez-vous à son imprésario. Pour le deuxième, à la gendarmerie locale qui fera suivre.
Si vous avez d'autres lumières sur la question, vous pouvez contacter mon sous-secrétariat sur Internet. Nous y avons ouvert un site, dans lequel nous espérons enfouir un jour les déchets. Pour l'instant il nous permet de dialoguer avec la populace sans prendre un jet de lisier dans la gueule. Je vous en donne l'adresse : wwwc/OQPHIÉ.PQ// Vous tomberez directement sur mon chef de cabinet. C'est lui qui, avec Voynet, s'occupe de l'ouverture de la chasse.
Avant de repartir vers mon sous-ministère, il me faut passer maintenant aux choses sérieuses en remettant le fameux chèque de 60 briques à un élu. Ecoutez bien ma question et répondez en levant le doigt. "Y-a-t-il dans l'assistance un élu intègre?" Attendez, j'ai pas fini! "...un élu intègre qui accepterait de se laisser corrompre". Allez! petits petits petits, Personne à gauche? Félix? Et à droite? Brice? Marc? Personne? Ah je vois enfin un candidat qui s'avance pour notre jeu des 60 millions. Bien propre sur lui, mais est-il seulement politiquement correct? Car je n'entends pas avoir les mêmes ennuis qu'à Bure. Le maire de Bure, dans l'est, est en train de retourner son burnous sous prétexte que son chèque s'est rétréci au contact de l'argile.
Cher élu, vous avez déjà un mandat, vous
allez bientôt recevoir un chèque... en attendant
le virement aux prochaines élections. Nous allons commencer
l'examen de moralité. Pas d'affaire louche en cours? Pas
de procès? De détournement de fonds? Ni de détournement
de mineurs? De délits d'initiés? De prise illégale
d'intérêts? Pas trop de cumul de mandats? Pas de
valise en Suisse. D'enveloppe d'Elf dans les poches? Et pendant
la dernière guerre? Un peu collabo? Bezen Perrot? Lettres
à la kommandantur? Quoi? Pas né? Vous-êtes
notre homme! On va pouvoir passer aux tests.
Première question blanche de Stourn Marie habitant Surlétravot
à Langoëlan (Ma ristourne sur les travaux de Langoëlan).
A quoi vous fait penser cet objet... Oui! A une carotte! Il reconnaît
tout de suite la carotte. Sexualité sublimée grâce
à son mandat. Merci monsieur Freud (c'est le directeur
des travaux à Langoëlan).
Deuxième question bleu de Bol Maguy (Maguy Bol) dans le
granit de Trémargat. Une question : "que ferez-vous
une fois en possession de ce gros chèque?"... Oui!
Il va achetez du grillage pour mettre autour du trou! C'était
la bonne réponse.
Et enfin, question rouge de madame Stérol Colette (Colette
Stérol) gare de Quintin, une question d'histoire : "s'il
vous reste de l'argent, sur le trou lui-même que contruiriez-vous
de manière à faire oublier à la populace
les déchets enterrés dessous?"... Oui! Une
boulangerie et un casino! C'était la bonne réponse,
une réponse qui marche depuis l'antiquité : du pain
et des jeux! Qu'on lui amène le chèque! C'est du
costaud! Un vrai chèque en bois. Qu'est-ce qu'on dit?
(l'élu reçoit un immense chèque de deux
mètres, dessiné par Alain Goutal, des cracheurs
de feu brûlent le chèque en public)
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